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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La littérature et la guerre

La littérature et la guerre

JPEG Dans tous les salons littéraires et dans toutes les librairies, le lecteur a le choix entre de nombreux

Livres relatant la grande guerre.

Certains sont des pages de l’histoire de France, d’autres des recueils de témoignages….

On rencontre aussi des biographies et des œuvres qui évoquent des vies passées pendant la guerre et après.

Au salon de Vaux le Pénil du dimanche 12 octobre, deux auteurs, une femme et un homme vont présenter leurs ouvrages.

Leurs livres fort différents sont tous les deux « des œuvres d’art » dans l’écriture et donnent à la grande guerre toute la place qui lui revient en broyeuse d’hommes et de destinées.

Gisèle Leconte a écrit « Jeanne le pardon » et Guy Alamarguy « requiem pour l’Angèle »

« À l’armistice, le onze novembre mille neuf cent dix-huit, la quasi-totalité des familles du peuple français a été touchée par la mort d’un ou plusieurs proches. Le principe de filiation a été brisé. Pépé Georges a sans doute été un des rares à échapper à cette guerre exterminatrice. Son infirmité, qui a été pour lui un lourd fardeau, lui a sûrement sauvé la vie. Il a été reformé. Pas d’emblée ! Non. Il a quand même été appelé, au début de la guerre, à Guéret, à la caserne des Augustins. Il y est resté dix-sept jours avec pour mission des permissions de promenade dans la ville. À chacune d’elles, un gradé le suivait pour être sûr qu’il ne simulait pas son infirmité. Pépé Georges n’a pas fait la guerre. Il n’est pas mort à la guerre. Il s’est marié. Il a élevé une famille de quatre enfants. La paix, c’est la vie tranquille, comme celle que pépé Georges et mémé Marie ont menée au cours de ce siècle. Ne peut-on pas laisser le peuple vivre en paix ? Est-ce lui qui doit toujours payer de sa vie, les intérêts de la grande bourgeoisie !

La guerre ! La guerre ! N’est-ce pas l’enfer ? La guerre de 14-18 a massacré tant d’innocents. Les soldats, masse hurlante à l’assaut des tranchées lancés baïonnette au canon, tiraient à l’aveuglette au milieu de l’horreur. Le sang giclait, les tripes et les boyaux se répandaient dans un amoncellement de cadavres aux entrailles dévorées de rats noirs, tas de chairs informes. Anonymes. Odeurs de poudre et de charogne. Odeurs de sang. Odeurs fétides de la mort. Corps mutilés. Cous béants égorgés. Crânes ouverts d’où dégoulinait la cervelle. Râles des agonisants. Râles interminables.

On leur avait fait croire qu’ils seraient de retour chez eux trois mois plus tard, qu’il fallait reprendre l’Alsace et la Lorraine, qu’il fallait se venger de l’affront de 70-71. L’école, les instituteurs de la république bourgeoise de Jules Ferry, les cathos, avaient exacerbé le sentiment patriotique de la jeunesse des campagnes. J’entends les mots d’André Duprat jaillir de son livre « Un pas de croix »,  

« Certains aiguisent les signes de croix

Sur les poitrines de la génération montante

En vue d’une revanche à trancher. »

Parmi les morts, peu de gradés, mais le peuple, envoyé à la boucherie. Une guerre de masse. Aucun conflit jusqu’à ce jour n’avait provoqué autant de morts : près de neuf cents Français, et autant d’Allemands tués par jour, pendant plus de quatre ans. Guerre industrielle : disparition des corps déchiquetés par les obus et les canons. Guerre chimique véritable laboratoire : l’ypérite anéantissant les vies humaines dans d’atroces convulsions. Martyrs ! Borgnes, cul-de-jatte, amputés, écrabouillés, gueules cassées, charcutés, gazés. Morts ! Noms gravés sur les monuments. Morts aux champs d’horreur… Victimes de la tyrannie et de l’hystérie bourgeoise !

Poilus ! Rescapés ! Quelques rescapés des tranchées assassines, je respecte votre silence, votre deuil. Votre souffrance intime refoulée, enfermée. Victimes aussi.

Quand rendrons-nous justice au million de morts dans les tranchées et dans les combats au corps à corps ? Quand reconnaîtrons-nous le génocide parmi la longue liste de ce siècle : l’Arménie, la Shoa, le Rwanda, l’Europe centrale, la Tchétchénie et autres goulags de toutes sortes, sans oublier Hiroshima ?

Le vingtième siècle, siècle monstrueux, siècle de barbares, siècle de carnages. Nous en souviendrons-nous, à l’aube du vingt et unième siècle !

 Félix est mort à la guerre de 39-45, pour sauver ses camarades. Il laissait l’Angèle dans la solitude et le désarroi. Elle avait vu les draps blancs flotter dans le ciel, le jour de la mort de Félix.

 « Ah ! Si seulement avec une goutte de poésie et d’amour nous pouvions apaiser la haine du monde, » écrivait Pablo Neruda en mars 1939. »

Le salon est un espace de rencontres et de débats.

Un déjeuner débat aura lieu le dimanche 12 octobre à 12H 30 avec Pierre Clavilier, historien, auteur du livre : « Jaurès un éveilleur de conscience ».

Il s’agira d’aborder la question qui taraude beaucoup de personnes : « 1914 : Jaurès pouvait-il éviter la guerre ? »

Ce débat va permettre à des auteurs, notamment ceux cités, et d’autres de débattre entre eux et surtout avec les lecteurs.

Jean-François Chalot

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4 réactions à cet article    


  • CHALOT CHALOT 9 octobre 2014 13:28
    La guerre et la littérature
    lire l’extrait de « Equiem pour l’Angèle » de Guy Alamarguy

    C’est lui qui a écrit l’extrait que j’ai reproduit avec son accord

    • asterix asterix 9 octobre 2014 14:06

      Pour ceux que cela intéresse, je crois t’en avoir déjà parlé Chalot, le livre le plus sublime sur la guerre 14/18 vue côté tranchées est celui de Gabriel Chevallier LA PEUR. Seul roman tragique d’un auteur dont on connait surtout la série comique des CLOCHEMERLE, il est paru depuis longtemps en livre de poche, donc accessible à un prix démocratique.
      Bonne chance à ton salon auquel j’ai participé l’année dernière.


      • COVADONGA722 COVADONGA722 9 octobre 2014 19:20

        bonsoir 

        Parmi les morts, peu de gradés, 

        cette guerre fut une immonde boucherie , mais cette affirmation est fausse
        sur 195000 gradés il en est mort 35693
        sur 8 500000 hommes 1400000 sont morts 

        faites le ratio vous même cette affirmation est comme bon nombre d’autres une contreverité historique 

        asinus

        • COVADONGA722 COVADONGA722 9 octobre 2014 20:07

          moinsser des stats c’est dire le niveau !


          quand la vérité se confronte au dogme les sectaires deviennent visibles marwaaff !



          sinon s’agissant de littérature et d’humanité chevalier , giono , junger ont visités les tréfonds humains de l’époque et mieux qu’un long discour et des velléités littéraire gangrénées par le dogme regardez un tableau d’Otto Dix !

          je vous laisse entre vous 
          asinus 

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