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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La Madone de Laroque, oeuvre de jeunesse de Léonard de Vinci

La Madone de Laroque, oeuvre de jeunesse de Léonard de Vinci

Dans mon article du 15 février 2008, influencé par la datation tardive estimée par l'expert, j'avais écrit que cette accumulation de détails léonardesques faisait plutôt penser à un suiveur, lequel aurait rassemblé en un seul tableau des éléments qui, en fait, ne sont apparus dans l’oeuvre de Léonard que dans une longue évolution de son art. Je pense aujourd'hui que tous ces "signes" plaident plutôt en faveur d'une attribution au maître, mais d'une oeuvre de jeunesse.

Dommage que les experts n'aient pas pris au sérieux le rapprochement que je faisais entre ce tableau et celui d'une autre Vierge à l'enfant dont la peinture en sfumato est caractéristique du style de Léonard. Il suffisait pourtant de mettre côte à côte cette Madone de Laroque (à gauche) et cette autre Vierge à l'enfant (à droite) pour s'en rendre compte.

Dommage qu'ils n'aient pas vu qu'il s'agissait du même visage, du même port... un visage somme toute encore très classique mais dont Léonard s'éloignera pour des représentations plus expressives. C'est pour cette raison, contrairement à l'avis général, que je situerai aujourd'hui ces deux tableaux au début de la carrière de Léonard, vers 1478, date à laquelle, d’après ses carnets, il aurait réalisé deux "Vierge à l’enfant" dont on a perdu la trace. 

Comme curiosités dans ces deux tableaux, il y a le cou un peu trop "planté" de la Vierge de droite, la représentation palmée de ses mains, l'articulation trop soulignée des poignets des enfants de gauche, mais aussi l'arrondi volontaire du bras droit de la Vierge que Raphaël a corrigé dans sa copie de la Madone de Bridgewater (troisième tableau). A noter la prédilection de Léonard pour les enfants potelés que l'on retrouve dans nos deux tableaux alors que dans sa copie, Raphaël a amaigri l'enfant. En agissant ainsi, il a affaibli le modelé du corps que Léonard cherchait à mettre en valeur. A noter l'exagération bizarre du potelé - jambe et cuisse - de l'enfant Jésus du tableau de Laroque qui ne peut s'expliquer que dans ce contexte. 

Léonard de Vinci est un peintre à la fois pressé et méticuleux... pressé quand il ne s'agit que d'une esquisse, méticuleux quand il s'agit de préciser et de terminer l'oeuvre. Esprit scientifique, il procède suivant un processus d'élaboration logique mais plus ou moins long. Avant de réaliser sa célèbre Joconde, il a fait poser son assistant Salai dans la position qui lui semblait favorable et il l'a peint ainsi sans beaucoup de façons. Pour sa Vierge à l'enfant (deuxième tableau), il a réalisé d'abord un modélo très sommaire (quatrième tableau), rapide esquisse où seul le paysage a fait l'objet de ses soins ; l'arrondi maladroit du bras de l'enfant révèle une intention de mouvement, celle qui apparaît dans le tableau définitif mais, évidemment, en plus travaillé et donc en plus harmonieux. A noter l'inversion de la scène (Léonard pouvait écrire de gauche à droite et inversement. En outre, il utilisait des miroirs).  

Plus que peintre, Léonard de Vinci est à la recherche du mystère de l'être. Les deux premiers tableaux seraient à placer au début de son interrogation.

Léonard ne pouvait échapper à la réflexion sur les livres de son époque, notamment de l'Évangile. L'Évangile est un livre qui se lit. Le tableau de Laroque pourrait être son illustration picturale, les temps successifs de la tragédie - tragédie de l'humanité - étant rassemblés dans un seul tableau. La Vierge est à la fois Anne, Elie-sabeth et Marie qui "couve" Jean-Baptiste et Jésus (l'association des deux enfants est fréquente dans les tableaux religieux de Léonard avec même la tentation de les mettre au même niveau). A droite, deux oliviers évoquent le jardin des oliviers où le Christ souffrit ses derniers instants. A gauche, le tombeau typiquement juif évoque sa mort et son enterrement. A droite, à l'arrière plan, c'est la résurrection au bord du lac de Tibériade, puis les montagnes de Galilée qui conduisent à l'ascension jusqu'à un ciel lointain de lumière. Se profilant à l'horizon du ciel, un arbre symbolise le renouveau éternel de la nature et de la vie. Il s'agit bien là d'une évocation du mystère de la vie de l'être, de la naissance à la mort - mais dans une sublimation qui s'élève et s'échappe vers la lumière d'un infini que seule la peinture peut évoquer. Ce mystère de la lumière préoccupera beaucoup plus Léonard de Vinci que la lecture littérale des textes sacrés. Autrement dit, Léonard cherche l'explication du mystère du monde au-delà de la révélation chrétienne de son époque. 

Dans sa recherche sur le mystère de l'être, le tableau de la Joconde est la réponse que Léonard nous laisse.

Giovanni Paolo Lomazzo, peintre italien écrit : « Par Léonard, une riante Pomone dont un côté est couvert de trois voiles, ce qui est très difficile dans cet art. Il la fit pour Francesco Valeio (François Ier de Valois) ». Trois voiles ? Un sourire ? Aucune hésitation, le tableau du Louvre est une Pomone, autrement dit une Flora, en français une Flore, autrement dit une fleur.

Dans cet autre tableau, faussement intitulé "Le printemps", Botticelli avait ouvert une nouvelle perspective sur la beauté du monde de la nature en couvrant de fleurs les nymphes antiques retrouvées http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/merveilleux-botticelli-57135. Dans son tableau du Louvre, le génie de Léonard est de n'avoir représenté qu'une fleur, celle qui, dans l'aboutissement de la création, lui paraissait, en toute logique, devoir être la plus belle. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/existe-t-il-un-autre-portrait-de-35941 et http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/le-sourire-de-la-joconde-l-art-et-35795

Si la Madone de Laroque est de Léonard de Vinci, ce qui est probable voire certain, il faut la situer au début de sa production.

En effet, et c'est logique, l'art accompli de Léonard est d'aller à l'essentiel sans surcharger son oeuvre, c'est-à-dire en éliminant tout détail inutile. C'est ainsi qu'il a supprimé dans la Vierge à l'enfant de mon deuxième tableau la colonne de la fenêtre qu'il avait pourtant prévue dans son modélo. C'est ainsi qu'il a agi de même pour aboutir à son tableau du Louvre, tel qu'il nous est parvenu, sans colonnes encadrant la fenêtre. C'est ainsi que dans la suite de son travail, il a abandonné l'encombrement de symboles de son tableau de Laroque, recherchant plus de pureté et de simplicité.

Mais si les deux premiers tableaux de mon article ne sont pas de Léonard, il faudra m'expliquer pourquoi je me trompe dans les interprétations que j'y trouve et pourquoi cela ne correspondrait pas à ce qu'on sait de l'homme et à ce qu'il nous dit dans ses autres tableaux. 

Il faudra aussi s'interroger sur le fait que Léonard a compris, avant moi, que le Christ, enterré à Jérusalem, était ressuscité au bord d'un lac, donc à Tibériade. S'interroger également sur ce que Giorgio Vasari a dit de lui : « qu’il se forma dans son esprit une doctrine si hérétique qu’il ne dépendait plus d’aucune religion, tenant peut-être davantage à être philosophe que chrétien ».

Emile Mourey

Illustrations Wikipédia libres de droits, photos de l'auteur et http://www.midilibre.fr/2013/02/24/il-ne-peut-s-agir-que-d-un-leonard-de-vinci,650122.php


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21 réactions à cet article    


  • soi même 26 août 2013 10:31

    Quelle est la différence, entre un érudit de la peinture, un habitué des musés et un amateur sensible à l’Art.
     Et bien le premier est un producteur de confiture, le deuxième, le consommateur de confiture et le troisième est sourd à la réclame abusive du premier et laisse vivre l’œuvre qui obcerve en lui.
    quand les premiers auront compris cela, ils seront un peut plus modeste devant Léonard et ses mystères !


    • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 11:53

      Bonjour

      Il faut rajouter le paragraphe suivant en bas de mon texte : 

      La Vierge est assise sur un siège caquetoire au haut dossier en bois dont on voit une anse et le haut de la partie centrale.
      Le tableau est composé suivant trois plans successifs. La famille sainte et le siège caquetoire, premier plan. Le tombeau et le jardin des oliviers, deuxième plan. Les rives, le lac de Tibériade, les montagnes qui s’élèvent jusqu’à Gamala, troisième plan. La trouée du ciel constitue, si l’on peut dire, le fond du tableau.
      La perspective picturale s’accompagne d’une perspective dans le temps avec changement de lieu. Premier lieu : ?. Deuxième lieu : Jérusalem. Troisième lieu : Tibériade.
      Il y a là une “expérience” qu’il est difficile de ne pas attribuer à Léonard de Vinci quand on connaît sa disposition d’esprit pour inventer, y compris de nouvelles formes d’expression.





      • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 13:17

        La Vierge est dans une pièce qui s’ouvre sur le paysage mi-réel mi-symbolique par une grande fenêtre/ouverture voûtée. Dans le tableau de droite, la même ouverture voûtée y figure mais reportée sur le côté et plus étroite. Dans la pensée de Léonard, c’est l’élément essentiel de son tableau sans lequel il n’a plus de sens. Dans sa copie, Raphaël - qui n’a rien compris - a repoussé la fenêtre jusqu’à faire disparaître le paysage.


        Cette ouverture voûtée n’est fermée par rien... ou bien par une paroi de verre... Entre la chambre noire et ce paysage derrière lequel règne l’infini, se trouve comme une paroi de verre. Si l’homme n’ouvre pas son œil, il ne voit rien, mais s’il l’ouvre, c’est un mouvement de l’âme qui lui fait franchir la paroi de verre. (Léonard dixit).



      • Demian West 26 août 2013 13:02

        Vous vous trompez totalement, Léonard n’a jamais peint aussi mal, et depuis ses premières oeuvres. Il y a tant de faiblesses dans ces oeuvres que vous attribuez à Léonard que tout bon praticien de l’art constaterait qu’elles ne sont pas de sa main mais d’élèves ou d’étudiants qui étaient si nombreux à l’époque. Si vous ne croyez pas les praticiens et devant le corpus des oeuvres de Léonard qui manifestent toutes cette excellence qui est sa signature, c’est que vous vous trompez vous-même. 


        Le faussaire qui voulait faire accroire qu’il vendait des Vermeer à Goering, disait aussi qu’il s’agissait d’oeuvres de jeunesse, pour camoufler les lacunes grossières de ces oeuvres frauduleuses. « Oeuvre de jeunesse » pour mauvaises oeuvres c’est un peu facile.
        Et Léonard était bon d’arrivée. Il y a des preuves irréfutables.

        Votre théorie n’a aucune chance d’être acceptée.


        • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 14:09

          Demian West


          Bonjour. Votre commentaire est intéressant. C’est celui d’un homme de l’Art qui juge en fonction de ce qu’il croit être bien ou pas bien. Le problème est qu’il s’agit de jugements le plus souvent subjectifs et personnels, ce qui explique que les experts ne soient pas toujours d’accord entre eux. C’est le cas pour le tableau de Laroque. 

          Je ne me place pas sur ce plan là. Je m’appuie sur les textes et j’essaie de comprendre le message que le peintre a voulu délivrer, que ce soit Rembrandt, Caravage, Léonard de Vinci, ou autres intellectuels brillants de cette époque lointaine. En cela, je ne suis pas moins compétent qu’un homme de l’Art, mais si l’homme de l’Art ne veut pas s’abaisser à raisonner comme je le fais, on n’est pas sorti de l’auberge. On ne peut pas seulement juger sur des impressions à partir d’un à priori mais sur des faits et des écrits. C’est ainsi que vous allez me dire, également, que la « Cène » récemment étudiée sur une toile à Tours est un faux ou l’oeuvre d’un assistant alors qu’on y trouve la trace d’une étude préalable.

          Certes Léonard a bien essayé d’apprendre à ses protégés successifs quelques rudiments de peinture mais quant à y voir un véritable atelier comme Rubens en avait un, je n’en trouve pas la trace dans les écrits. Vous croyez que Léonard a reçu le don de peindre de naissance. Il s’agit là encore d’une affirmation gratuite. Dans cet article, j’argumente pour montrer qu’il n’en est rien. Je ne crois pas non plus à la thèse chère aux experts des plusieurs mains. Imaginer que Salaï ou un autre ait été autorisé par Léonard à appliquer une des nombreuses couches nécessaires pour réaliser ses « sfumato » est absurde ; cela aurait été un désastre. 

        • Demian West 26 août 2013 14:16

          Il y a des faits techniques dans l’art qui ne sont pas subjectifs. Car l’art c’est travailler des matériaux. Et c’est de ça que je parle. Et Léonard est né avec l’art qui s’est développé à l’adolescence. Et très jeune, il était déjà plus grand que son maître qui était un des plus grands de son époque, c’est vérifié.

          En revanche, vous ne pouvez pas faire naître des oeuvres de Léonard simplement de votre esprit. ll faut des faits irréfutables inscrits dans les matériaux de l’oeuvre. Et il y faut des moyens énormes que vous n’avez pas. 
          Donc votre réflexion est subjective.


        • Demian West 26 août 2013 14:21

          Si vous considérez qu’une pratique de 40 ans de la peinture est un a priori dont il faudrait se débarrasser pour bien comprendre les oeuvres, il faudrait réapprendre à faire le feu lors de chaque matin que le monde fait et pour mieux appréhender vos théories. 


          C’est trop nous demander. Et vraiment un parangon de contre productivité pour le confort et la vérité ou l’esprit.

        • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 14:47

          @ Demian West


          Des moyens énormes ? Pas forcément ! En revanche, il faudrait plus d’humilité quant à la fiabilité de la technique. Votre technique donne une datation tardive au tableau de Laroque. Je lui donne une datation précoce en m’appuyant sur ce que je sais de l’homme d’après ses carnets et d’après ce qu’on a écrit sur lui de son temps. Qui a raison ? Vous dites que c’est l’expert, j’ai l’audace de croire que c’est ce que ce tableau nous dit, à condition d’en faire une bonne interprétation.

        • Demian West 26 août 2013 13:27

          Plus encore, vous faites une erreur de taille en disant que « Léonard était rapide dans ses esquisses et lent pour la peinture ». 

          Car il travaillait toutes ses esquisses pendant des mois voire des années. Et elles sont travaillées avec tant de soin. 

          Vous parlez des croquis de ses carnets et ils paraissent rapides, mais ne le sont jamais à ce degré. Tout est travaillé et pensé avant. Rien n’est laissé au hasard, puisque ses croquis sont des résultats d’études « cosa mentale ».

          Ce qu’on appelle rapide est la Sprezzatura des peintres et elle date de l’Antiquité, quand des peintres voulaient représenter la bave d’un chien par exemple, ils jetaient une éponge de couleur qui faisait effet en laissant une trace suggestive sur le support.

          Bien sûr, il y a des croquis rapides, mais jamais aucune esquisse de Léonard pour un tableau n’a présenté cette sprezzatura ou ce jet initial, d’une composition née toute faite d"un premier geste. N’oubliez pas que les compositions devaient correspondre au nombre d’or et donc il y avait de grands calculs pour les parfaire, et parfaitement incompatibles avec une rapidité d’exécution.

          Bref, ce détail exprime que vous ne maîtrisez certainement pas assez l’art des praticiens pour dire comment une oeuvre aurait été créée. C’est une chose d’aimer les oeuvres et de les goûter et une autre chose de décrypter comment elles ont été faites dans leurs strates si nombreuses et souvent bien cachées.

          • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 14:33

            @ Demian West


            Oui, c’est là le problème. Vous voudriez que Léonard ait un don inné. Je pense que ses tableaux étaient le fruit d’une longue réflexion et d’un travail. Je pense également qu’on doit pouvoir suivre l’évolution de son art et de ses progrès dans ses peintures.

            Je n’ai pas dit que Léonard était lent dans la réalisation mais méticuleux car à la recherche de la perfection. Je n’ai pas dit, non plus, qu’il ne cherchait pas à faire des esquisses les plus parfaites pour pouvoir ensuite les reproduire. Je dis seulement, qu’il est tout à fait plausible qu’il en ait réalisées d’imparfaites, et même de volontairement imparfaites, ceci seulement pour imaginer l’oeuvre finale à partir de là. Le modélo de mon article en est la preuve. 

          • Demian West 26 août 2013 14:54

            Ce n’est jamais ce que je veux qui fait preuve, c’est ce qui a été constaté communément par l’immense majorité de tous ceux qui ont étudié le sujet pendant plusieurs décennies.


            Si maintenant, vous vouliez démontrer que Léonard n’a pas eu un génie inné, tout comme un Mozart, il vous faudra encore plus de génie qu’à eux. Et permettez-moi d’en douter un peu. 

            Votre article présente l’intérêt de discuter un peu de Léonard, mais vous n’apportez aucun nouvel élément qui pourrait être un débout de commencement de preuve. Donc il s’agit d’un débat qui tournera évidemment au rappel de vérités élémentaires et éprouvées au sujet de ce grand artiste hors du commun. 

            Aucun homme en-dessous de lui ne saurait le décrypter. Soyez plus humble Monsieur Mourey, vos théories y gagneraient en force de conviction sincère.

          • Demian West 26 août 2013 14:56

            Sur ce commentaire je finis ma participation, car elle ne fait que vous pousser à contredire les observations utiles. Pour toujours entraîner le lecteur dans des chimères amusantes et fantasmatiques. je vous laisse donc vous amuser, ce qui est votre droit. Bon débat ! smiley


            • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 15:06

              @ Demian West


              Vous dites que je suis contre ce qui a été constaté communément par l’immense majorité de tous ceux qui ont étudié le sujet pendant plusieurs décennies.

              C’est en effet mon grave défaut, je le reconnais bien volontiers.

              Merci d’avoir échangé avec moi quelques piques.

              • Taverne Taverne 26 août 2013 17:16

                Pour un génie comme Leonard de Vinci, une vie humaine est d’une durée trop courte. Ce n’est pas seulement ses oeuvres qui sont non finito, c’est l’artiste lui-même. Si la science était capable de donner des décennies de vie en plus aux génies, elle serait à même de dater parfaitement les oeuvres...Mais on dirait que Dieu a jeté une espèce de sfumato sur l’oeuvre et le génie de l’artiste. Je dis « artiste » parce qu’il n’était pas seulement peintre mais aussi sculpteur, architecte, inventeur...Dieu a consenti à le laisser vivre assez vieux mais pas assez. Des fois qu’il serait parvenu à lui faire de l’ombre... smiley

                Le sfumato divin jeté sur l’oeuvre de Léonard continuera longtemps, à mon avis, de susciter des débats passionnés.


                • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 17:57

                  A gauche, il pourrait s’agir du tombeau de juges à Jérusalem


                  • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 18:54

                    tombeau des Juges


                  • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 19:15

                    Quant au visage de la Vierge, il ressemble plus à celui des Vierges romanes qu’à celui d’Isabelle d’Aragon.


                  • Antenor Antenor 26 août 2013 19:12

                    A la limite, peu importe la main qui a réalisé l’œuvre. Ce qui compte, c’est l’esprit qui l’a conçue.


                    • Emile Mourey Emile Mourey 26 août 2013 19:28

                      @ Antenor

                      Ce qui compte, c’est l’esprit qui a conçu l’oeuvre. Bien d’accord ! Mais je ne vois pas Léonard demandant à un Salai de peindre un tableau pour y exprimer son propre message. C’est bien Léonard qui a peint le tableau et il est temps que les experts se mettent d’accord entre eux s’ils veulent que leur profession soit encore crédible.

                    • Christian Labrune Christian Labrune 26 août 2013 23:39

                      Emile Mourey
                      Ca n’est certes pas la meilleure peinture de Léonard de Vinci, mais je ne vois pas comment on pourrait imaginer que cela a été peint par quelqu’un d’autre. N’était l’ancienneté probablement indiscutable du support et de la couche picturale (je ne connais pas du tout le dossier technique concernant ce tableau) on pourrait penser que cela a été peint par un faussaire génial qui se serait appliqué à rassembler tous les traits caractéristiques du style de Léonard. Si on découpait l’image en une dizaine de carrés, on retrouverait dans chacun quelque chose qui rappellerait tel ou tel détail d’une autre de ses oeuvres. Si ce n’est ni un faussaire ni un élève, c’est forcément Vinci lui-même.
                      Il y a quelquefois chez les « experts » des hésitations vraiment curieuses. Ainsi, par exemple, au Louvre, « Le faux pas » a été jusqu’à ces dernières années « attribué » à Watteau. Sur l’étiquette, désormais il n’est plus question d’attribution, c’est bien un Watteau, et même si l’oeuvre n’est pas signée. Il est vrai qu’ilsuffisait de la regarder attentivement une petite heure...
                      En revanche, il y a plusieurs peintures de Georges de La Tour, dans notre grand musée national, qui ne sont évidemment pas du même peintre !


                      • Emile Mourey Emile Mourey 28 octobre 2013 17:25
                        Mourey le 12/10/2013, 14h51
                        Concernant la composition du tableau et les arrières-plans, je confirme ce que j’ai écrit dans mon article d’Agoravox http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=140090

                        Et j’ajoute concernant l’arbre penché que l’on voit, très petit, à l’horizon du ciel, sur le flanc de la montagne éloignée, qu’il s’agit d’une « fantaisie » que seul Léonard de Vinci pouvait se permettre à cette époque. Scientifiquement et géométriquement parlant, vu l’éloignement, n’importe quel arbre, aussi haut soit-il, ne pouvait être distingué ainsi sauf sous forme d’un point minuscule.

                        Comme l’a très bien expliqué le grand spécialiste du peintre, notamment dans la Cène de la fresque de Milan, Léonard se joue de la perspective géométrique pour créer l’illusion du mouvement, ce qui a pour résultat d’animer l’oeuvre en lui insufflant de la vie.

                        E. Mourey

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