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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Maison d’à côté » Caroline Silhol au Petit Saint-Martin

« La Maison d’à côté » Caroline Silhol au Petit Saint-Martin

Bien présomptueux celui qui prétendrait posséder l’ensemble des clefs de « The Other Place », titre original de la pièce de Sharr White créée en 2011 sur Off-Broadway.

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LA MAISON D’A CÔTE
photo © Lot

Et c’est donc cette matière théâtrale ambivalente qui, d’emblée, séduit le spectateur se déplaçant, a priori, pour (re)voir Caroline Silhol, dont la belle étrangeté ne cesse de fasciner.

Ce dont on est sûr dès le départ, c’est que Juliana & Ian, tous les deux médecins, sont en couple ou plus exactement l’étaient jusque-là !

Mais voilà que subitement, lors d’une conférence au sujet d’un médicament révolutionnaire devant freiner la dégénérescence cérébrale, un souvenir écran vient s’interposer dans la perception sensitive de Juliana… obligée en conséquence d’interrompre son argumentaire !

Une jeune fille en bikini à la fois sur une plage et dans l’auditoire lui apparaît avec une telle insistante ubiquité qu’un processus de mémoire régressive s’enclenche immédiatement alors qu’à partir de cet instant symbolique, le spectateur ne sera plus en mesure de différencier ce qui est réel de ce qui est irrationnel !

Cet entre-deux à la fois dramatique et empli d’une poésie affective infinie s’empare alors de l’imaginaire collectif pour l’entraîner dans une enquête psychosociale digne d’un thriller aux multiples options.

Néanmoins, en toile de fond, c’est bel et bien la maladie d’Alzheimer qui s’affiche en interprète principale d’un récit fantasmatique où Laura, la fille supputée du couple aurait soudain disparu à quinze ans après avoir été la complice ou la victime d’un rapport sexuel avec l’un des assistants de sa mère, ayant donné lieu à une scène d’hystérie familiale !

Qu’en est-il donc de la mémoire de ces faits ? Ont-ils vraiment eu lieu ? Qu’est devenue Laura ? Serait-elle revenue dans la « maison d’à côté » dans laquelle se déroula ce psychodrame vingt ans auparavant ?

Bien évidemment, nous n’en dirons pas plus pour laisser tout l’intérêt de cette situation exceptionnelle, mais surtout parce que nous restons a posteriori dans l’impossibilité de nous ranger derrière un diagnostic incontesté.

Serait-ce, en effet, la dégénérescence progressive du cerveau qui aurait peu à peu échafaudé un scénario délirant autour du manque d’enfant ou serait-ce un véritable traumatisme refoulé autour de la perte réelle d’un enfant qui, surgissant ultérieurement à l’occasion d’un choc émotionnel, déclencherait ce processus pathologique ?

Il nous apparaît que la problématique reste entière lors des saluts des quatre comédiens ; ce qui donne à cette pièce un puissant gage d’ouverture artistique pour l’ensemble des questions qu’elle soulève.

Caroline Silhol y est à la fois magistrale et subtile ; la mise en scène de Philippe Adrien délivre à chacun des comédiens la palette d’ambiguïté intrigante nécessaire à ce happening psychique élevé à la hauteur des films d’Hitchcock où le spectateur accumule, au fur et à mesure du scénario, l’ensemble des données détenues par l’auteur mais celui-là pourra-t-il, au final, découvrir une vérité fondée ?

photo © Lot 

LA MAISON D'A CÔTE - ***. Theothea.com - de Sharr White - Mise en scène Philippe Adrien - avec Caroline Silhol, Hervé Dubourjal, Léna Bréban & Stéphane Comby - Théâtre du Petit Saint-Martin


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