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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Maison des bois », de Maurice Pialat. Série télévisée (1971)

« La Maison des bois », de Maurice Pialat. Série télévisée (1971)

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Au cours de la Première Guerre mondiale, Jeanne et Albert Picard, qui est garde-chasse, habitent une maison au fond des bois avec leurs deux enfants, Marcel et Marguerite. Ils logent également trois petits parisiens donc les pères sont au front. Si Albert et Michel reçoivent régulièrement la visite de leurs mères, le petit Hervé, lui, est sans nouvelle de la sienne….

Après "L’Enfance nue" (1968), son premier film qui se solde par un échec commercial et ceci malgré une critique enthousiaste, Pialat est ruiné.Pourtant, malgré une envie de tourner intacte, il ne peut mener à bien ses propres projets.

A l’époque la deuxième chaîne de télévision a l’idée d’un feuilleton de six épisodes qui se situe lors de la première guerre mondiale, et dont les personnages principaux sont des enfants délaissés recueillis par de braves gens.

Maurice Pialat à qui on a offert d’en être le réalisateur, a toujours été fasciné par la guerre 14-18. Après avoir lu le scénario écrit par René Wheeler, qui est aussi à l’origine de films comme "Jour de fête" ou "Fanfan la Tulipe", il accepte de faire parti du projet.

La Maison des bois est un feuilleton à l’ancienne,qui peut sembler au prime abord terne et vieillot , mais il faut se laisser prendre à son rythme, avec ses personnages pittoresques d’une France aujourd’hui révolue.

On retrouve dans cette oeuvre le peintre de formation qu’était Pialat. On a effectivement l’impression d’être devant une succession de toiles représentant aussi bien la vie quotidienne d’un village français que les grands bouleversements d’un pays en guerre. L’une des scènes cultes restera la sortie familiale pour un pique-nique , qui est un hommage à Renoir dans "Une partie de campagne" . Pialat filme une scène de vie et de joie comme il en existe plus, où tous les personnages oublient dans un moment de bonheur simple l’horreur de la guerre.

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L’époque est merveilleusement reconstituée. On y retrouve toutes les couches d’une société mal en point. La bourgeoisie, la noblesse, les fonctionnaires, les Hussards de la République, le monde rural, des enfants abandonnés, des poilus abattus et dignes, et puis cette guerre dévastatrice en toile de fond.

Dans ce monde en mutation, Maman Jeanne incarne la femme mais surtout la mère, qui rongée par la nostalgie et la perte de son fils unique, est le symbole d’une France qui s’en va mourir après avoir vu ses enfants disparaître.

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Pour le rôle de papa Albert, le garde-chasse, on fait appel au comique Pierre Doris. Dès les premiers essais, Pialat est emballé par sa performance. Il se révèle être à la fois cabot et bon père de famille, humble, drôle et tendre. Lors des scènes douloureuses de deuil, il se montre formidable de discrétion et de retenue face à la fatalité.

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Pour le rôle de Maman Jeanne, un des personnages les plus émouvants de toute l’oeuvre de Pialat, il fait appel à Jacqueline Dufranne qui sera également la mère de Loulou, autre film de Pialat. C’est elle qui donne sans compter de la tendresse aux enfants délaissés, mais aussi à son mari Albert et à ses propres enfants.

Fernand Gravey, acteur que l’on retrouve dans "Le Capitaine Fracasse" d’Abel Gance (1940), interprète le Marquis.

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Le jeune Hervé (Hervé Lévy) sera le protagoniste principal de ce feuilleton. Dès la déclaration de guerre, sa mère le conduit chez les Picard puis disparaît définitivement. Son père est au front . Environ une fois par mois, les mères viennent voir leurs enfants, mais pas celle d’Hervé . A ces moments il se sent de trop, et préfère errer dans les bois ou chez monsieur le Marquis. Hervé incarne pleinement l’enfance avec toute sa spontanéité, sa mélancolie et sa fausse insouciance .

Loin de se limiter à une banale série télévisée, La Maison des Bois n’est ni plus ni moins qu’une œuvre cinématographique majeure. Pialat parle de ce feuilleton comme de son meilleur film, de son meilleur souvenir de tournage. Il aurait même dit "La Maison des bois… parfois, c’est mieux que Renoir".

La diffusion de La Maison des bois commencera le 11 septembre 1970.

Certains prétendent qu’il s’agit là de "la plus grande série française réalisée pour la télé" .

Distribution :

Avec : Pierre Doris (Albert Picard), Jacqueline Dufranne (Jeanne Picard), Agathe Nathanson (Marguerite Picard), Henri Puff (Marcel Picard), Hervé Lévy (Hervé Gardy), Michel Tarrazon (Michel Latour), Albert Martinez (Albert Ponilly, dit Bébert), Fernand Gravey (Georges de Fresnois, le marquis), Maurice Pialat (l’instituteur).

 


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2 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 28 mars 2014 20:28

    Bonsoir, Fatizo.

    Je n’ai jamais vu cette série, mais cet article donne envie de la voir. Peut-être Est-ce possible sur le site de l’INA ?


    • fatizo fatizo 28 mars 2014 21:13

      Bonsoir Fergus,

      je l’ai vu à l’époque, mais je devais avoir 7 ou 8 ans, un peu trop jeune pour tout comprendre. Mais je l’ai revu il y quelques années sur le cable . 
      Attention , pour ceux qui aujourd’hui ne supportent pas que l’on prenne son temps, la lenteur , il faut s’abstenir. Moi,ce que je ne supporte plus , c’est cette envie de courir, de faire du bruit pour ne rien dire,.

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