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La musique est un cri qui vient de Sébastien Tellier

Après le remarquable Politics, Sébastien Tellier revient avec Sessions, album acoustique qui noie tous les poissons et engloutit même l’eau.

Il en est de certains morceaux de musique comme de certaines filles : on les croise, on ne les oublie pas. Comme si on les recroisait sans cesse, alors qu’en fait elles ne font juste que passer, et ne plus sortir de votre tête.

La Ritournelle, entêtant morceau de Sébastien Tellier, sorti en 2004 sur un album dont il a le secret, Politics, la Ritournelle fait partie de ces filles-là, de ces morceaux-là, de ces têtes-là.

Une longue mélodie au piano essentiellement, rattrapée par quelques cordes ici ou là, quelques paroles mais l’air de rien, juste posées.

Sébastien Tellier a l’intelligence des Air, des Daft Punk, cet « art » de tout exprimer, de dire l’essentiel, sans message bien sûr, sans revendication, en quelques musiques.

En 2006, Tellier revient planter (planquer ?) sa ritournelle en plein cœur de ceux qui ont des oreilles. L’album s’appelle Sessions, que des morceaux déjà connus de l’artiste, joués acoustique :

J’ai vu un jour un épisode de Monk, une série assez bas de gamme qui passe sur TF1 l’après-midi. Dedans, il y avait Willie Nelson, qui faisait des sessions pour une radio. Tout ça m’a fait triper à mort, et donc j’ai voulu tout de suite faire comme lui, devenir un mec aux cheveux très longs qui fait de la musique ultrasimple dans un studio.

Donc Tellier se met au piano, simple comme bonjour, et compose son disque.

Des morceaux connus, les siens, revisités comme on revisiterait un musée, la nuit, sans aucun visiteur pour s’entreposer entre votre objectif et le tableau. C’est beau, c’est lent, c’est mélancolique comme un naufrage. Un lent naufrage.

«  J’ai créé Sessions pour les couples solitaires, ceux qui aiment danser au son du désespoir. Sessions, c’est la musique piano-bar d’un paquebot fantôme. », écrit-il en note de pochette.

Une reprise dans cette coulerie, et quelle reprise : la Dolce vita de Christophe, à peine effleurée, jouée comme il faut, avec des pincettes, et qui retrouve du coup tout le bleu des maux du vieux crooner, aujourd’hui revenu, toujours aussi digne.

La Dolce vita de Christophe reprise par Tellier est le plus grand morceau du monde aujourd’hui.

A écouter les soirs sans fin, sur sa vespa, en gilet de satin, ou en tee-shirt et tongs, peu importe. Avec une chanson comme ça, tout le monde peut se prendre pour Ben Hur.

C’est rien, c’est trois fois rien, moins bruyant que tous les « hits » qui paradent sur toutes les ondes, mais ça l’emporte, ça grille la politesse aux plus rudes d’entre nous, ça fait partie de ces rares morceaux, qu’on croise, donc, d’une oreille plus attentive que prévenue, et qui finit par s’ancrer, comme une épave se fixerait définitivement, sur les hauts fonds, en attendant que quelques intrépides la redécouvrent.

Avec ses grands cheveux mal peignés, sa barbe hirsute et sa cigarette dans le nez, Sébastien Tellier a bien l’air de se foutre de tout.

Des modes, des règles, des réputations, de la rentabilité.

Il a la classe.

La grâce.

Le reste ne s’entend pas.


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2 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.163.52) 2 juin 2006 13:14

    Ouaf !

    Merci pour cet article sur Sébastien Tellier. C’est vrai que sa reprise de Dolce vita est somptueuse.

    Houba houba !


    • Sam (---.---.162.210) 3 juin 2006 08:55

      Article manquant un tout-petit peu d’objectivité...Mais ça donne envie. Le but est donc atteint...

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