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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La musique hippy n’est-elle pas cent fois supérieure au punk (...)

La musique hippy n’est-elle pas cent fois supérieure au punk ?

Petit plaidoyer en faveur de la musique hippy, afin de restaurer la gloire de ceux qui ont écrit les plus grandes heures de la rock music.

Cela fait un peu trop longtemps que cela dure. De façon régulière, les amateurs de musique punk s’autorisent un couplet en faveur de ce « courant » musical et ne manquent pas au passage de glorifier ce retour à l’électricité brute qui aurait damé le pion à tous ces esthètes chevelus à la Genesis ou Pink Floyd... Le dernier en date, Nick Kent, s’est exprimé dans les colonnes du vénérable Rock’n’Folk à l’occasion des quarante ans de ce magazine. L’intéressé fustige Ian Anderson de Yes, et se vante de lui avoir dit vers 1975 que d’ici peu son groupe serait détrôné par les Pistols. Ailleurs, nous pouvons lire les faits de gloire d’un membre d’un groupe punk qui avait pour habitude de voler les instruments - il a volé la guitare de Bowie, apprend-on sans l’ombre d’un sourcillement de la part du chroniqueur. Nous apprenons aussi qu’un autre portait une croix gammée sur son Tee-shirt et se plaisait à effrayer les vieilles dames en exhibant un couteau pour se curer les ongles. Certes, cela va aux antipodes des pacifistes hippies, mais entre nous, un nazillon, même nasillard, demeure à jamais méprisable. Je connais aussi un copain qui me dit qu’à cette époque, ses copains punks et lui se plaisaient à traquer les baba cools et à leur couper les cheveux. On s’amuse comme on peut. Dans la biographie que je viens de publier sur Jean-Louis Aubert, l’un des intervenants, Bruno Blum, alors journaliste basé à Londres, insiste pour dire que quand il a vu débarquer les Français de Téléphone, il était étonné qu’ils portent encore des foulards indiens, alors que dans la perfide Albion, c’était soi-disant dépassé...

Hé, les gars, je ne veux pas gâcher vos souvenirs de jeunesse. La jeunesse a quelque chose de magique. Que vous ayez été punks durant quelques semaines - la grosse blague, c’est que cette mode, qui n’en a pas été une, n’a duré que l’espace d’un printemps, et j’y reviendrai - et que cela soit tendre à votre cœur, je m’abstiendrai d’y toucher. En revanche, il est malaisé de se servir de l’argumentaire punk : « Oui, nous on ne sait pas jouer, on est incompétent et on s’en vante ! » pour tenter de démolir les plus belles pages de l’histoire du rock, celle qui va grosso de Pet Sounds des Beach Boys (1966) à Bohemian Rapsody de Queen.

Lorsqu’on parle avec un amateur de musique punk (respect, man, si ça te plaît, total respect), on lui demande de citer quelques galettes qui mettent en avant ce joli mouvement. En général, il ne peuvent en articuler qu’une, London Calling de Clash. Soyons respectueux. Should I stay or should I go est un morceau bien ficelé. Rien à signaler. Mais tout de même, j’échangerais volontiers la totalité de l’opus Clash pour quelques secondes de Strawberry Fields Forever ou de Ummaguma des Floyd. Est-ce que nous nous trouvons vraiment sur le même terrain ?

Mick Jagger aimait à se gausser gentiment du punk, rappelant que ces garçons n’avaient jamais fait que piller la musique du début des années 1960, le rock basique, guitare, basse et batterie. La grande blague, c’est qu’au plus fort de ce qu’on a appelé la vague punk, les Stones, que les adeptes du punk croyaient bon de reléguer au passé (No more Stones, chantaient alors les Clash !) ont connu leur plus grosse vente avec l’album Some girls - celui où figurait Miss You. Eh oui... La réalité est là, que ce prétendu courant musical (en gros, le rock ramené à sa plus simple expression de deux ou trois accords) n’en a pas été un. Il n’attirait qu’un petit nombre de fans, la majorité préférant encore et toujours les opus que sortaient à la même époque des groupes comme Pink Floyd (The Wall date de cette époque).

La vague punk serait-elle une invention de journaliste ? Probable. Au niveau événementiel, elle n’a quasiment jamais existé. Si elle a eu une réalité quelconque, je serais ravi que l’on me cite l’équivalent d’un Woodstock, d’un Easy Rider, d’une action pour la paix comme l’a menée John Lennon. Quant à la mode hippie, elle a touché la majorité de la jeunesse durant sept ou huit années (vêtements, coupe de cheveux, mode de vie...) Le punk a même été marginal au niveau musical car au même moment, des albums historiques apparaissaient notamment dans le secteur du jazz-rock. Et l’on peut déplorer qu’il ait ramené le rock à sa plus simple expression alors que quelques années plus tôt, il avait connu sa plus grande période artistique, celle d’albums à jamais mythiques.

Flashback vers 1968... Le Summer of Love pacifiste et humaniste de 1967 appartient au passé. La nouvelle année se veut rebelle et frondeuse. Partout sur la planète, l’heure à la contestation, à la remise en question des institutions. Paris voit fleurir les barricades, à New York, des étudiants brûlent leur ordre d’appel pour le Vietnam, à Prague, la population tente une émancipation aussitôt réprimée... Miroir instantané de la civilisation, le rock ne peut que relayer ce message qui veut qu’on brise les carcans et les chaînes. La grande surprise, c’est que cette pulsion libératoire va s’exercer dans le sens du culturel...

Un an plus tôt, l’album Sgt Pepper’s des Beatles a donné le la... Ils ont eux-mêmes été influencés par un autre album mythique, Pet Sounds des Beach Boys, avec ses harmonies qui semblent venir d’un autre espace. Sgt Pepper’s est allé plus loin, en inaugurant en premier lieu l’ère des pochettes d’albums qui s’apparentent à des œuvres d’art. Au niveau musical, le rock s’est affranchi de sa forme primale, celle de petites chansons de deux minutes et demie, formatées pour les radios. À présent, les morceaux s’enchaînent imperceptiblement, leur durée autorise le compositeur à mettre en scène de mini-drames ou des épopées... Violons, cuivres, sitar, le rock est devenue une terre d’accueil généreuse où la qualité mélodique le dispute à la diversité des impressions. D’autres se révèlent prêts à relever le flambeau. Signe particulier : ils sont pour la plupart des instrumentistes hors pair.

Electric Ladyland de Jimi Hendrix est un album charnière de cette période. Le dieu vaudou de la guitare électrifiée, celui qui s’est fait connaître en brûlant sa Fender Stratocaster lors du Festival de Monterey, signe un ahurissant brûlot musical, emportant son instrument fétiche vers l’interstellaire. L’onde sismique va jusqu’à secouer le taciturne Miles Davis qui repère aussitôt que si quelque chose est en train de se passer, c’est bel et bien là. Bitches Brew est dans la couveuse et le sorcier de la trompette se prépare à abolir les frontières qui séparent encore le jazz et le rock...

Du 15 au 17 août 1969, le festival de Woodstock ouvre l’ère des concerts à très grande échelle. Durant ces trois jours qui vont entrer dans la légende, les plus grands artistes de l’époque se succèdent sur la scène : Jimi Hendrix, Santana, les Who, Crosby Stills & Nash, Country Joe... Les fans qui s’y retrouvent comprennent qu’ils forment un mouvement à part entière, ancré dans la contre-culture.

Woodstock a été précédé deux ans plus tôt par une réunion tout aussi mythique : le Festival de Monterey de 1967. Pour la première fois, des dizaines de milliers de jeunes sont rassemblés autour d’une idéologie hippy porteuse d’un utopique espoir aux regards des événements qui secouent alors la planète : "Peace and love"...

Pourtant, dès l’automne 1969, la face noire de Woodstock est révélée lors du Festival d’Altamont donné par les Rolling Stones où un jeune noir est assassiné en direct par un Hell’s Angels tandis que Jagger et sa bande s’enfuient en hélicoptère, dépassés par les événements. Il n’empêche. Woodstock a révélé cet immense désir des jeunes de se retrouver par dizaines de milliers dans de grandes liesses collectives. Le 5 mai 1973, Led Zeppelin rassemble 56 800 spectateurs dans la ville de Tampa en Floride, battant de peu le record établi par les Beatles huit ans plus tôt : 56 000 fans en furie au Shea Stadium, le 15 août 1965...

En cette période de convulsion et de remous, le rock devient le grand fédérateur, laissant venir à lui toutes les musiques. Chicago Transit Authority lui apporte la vigueur des big bands à la Count Basie, Renaissance - formé par un ex-Yardbirds - lui ouvre les portes de la musique classique. Avec ses faux airs de Groucho Marx, le provocateur Frank Zappa insère des harmonies modernistes de Stockhausen dans ses délires free-form. L’heure est aux croisements, aux rencontres et au melting pot.

Il y a mieux encore. Certains musiciens veulent intégrer l’acquis intégral des musiques existantes pour définir de nouvelles formes, jouer les Magellan et les explorateurs d’espaces inconnus... Les longues plages des Pink Floyd invitent les participants à un fabuleux voyage vers des terres de science-fiction. Son fondateur initial, Syd Barrett, perd les pédales et se voit bientôt éjecté en douceur - quelques années plus tard, un reporter retrouve sa trace et découvre un fantôme au crâne dégarni, habillé à la manière d’un comptable et apparemment maintenu dans une douce captivité par sa mère ! Qu’importe, le Floyd prend son essor et impose ses lentes mélopées dans de lointains espaces. Le King Crimson qu’a formé le guitariste Robert Fripp (aux allures de savant fou) déploie des ambiances où les instruments sortent de leur contexte usuel ; affranchie de son rôle purement rythmique, la batterie de Carl Palmer tisse d’étranges climats où le sable du désert vient s’immiscer dans les rouages d’un astronef égaré. Quand au Soft Machine, ses membres semblent communiquer depuis un espace temps parallèle, les mélodies de Robert Wyatt décrivant d’hallucinantes sinuosités à l’instar d’une rivière qui creuse son lit dans l’aléatoire du décor... Miracle d’une époque qui prône le hors norme : de telles formations jouant des musiques proches de l’hermétique remplissent les salles et diffusent par centaines de milliers leurs doubles albums.

Les esthètes ont pris le pouvoir et les supergroupes, composés de la crème des instrumentistes, deviennent le fait du jour. Emerson, Lake & Palmer rassemble trois musiciens hors pair qui développent une musique aussi grandiloquente que scéniquement spectaculaire : virtuose accompli, Keith Emerson joue les acrobates devant ses multiples claviers où il ne dédaigne pas de planter quelques couteaux. Il est entouré d’un équipement titanesque dont la pièce maîtresse est le synthétiseur Moog dont il arrache d’infernales sonorités.

Le dirigeable Led Zeppelin est piloté au gré des vents contraires par un guitariste extraterrestre, Jimmy Page, qui parvient à sublimer un nouveau genre marqué par la puissance sonore, ailleurs primitif, le hard rock. Le Zeppelin a gagné ses galons à la dure, en sillonnant les routes d’Amérique, volant la vedette aux groupes dont il était censé assurer la première partie. Rien n’y faisait : alors que la tête d’affiche était Country Joe ou Iron Butterfly, le public s’évertuait à clamer à cor et à cri : Led Zeppelin ! Led Zeppelin ! Ils seront les premiers à se retrouver devant les Beatles lors d’un référendum du magazine Melody Maker.

Formés à la dure école de Miles Davis, Joe Zawinul, pianiste mutant (ce fils de fermier a pourtant démarré avec l’accordéon dans son Autriche natale !), et Wayne Shorter, saxophoniste inspiré par Coltrane, réunissent d’autres jazzmen en rupture de ban en vue de former le Weather Report (bulletin météo). Un nom particulièrement choisi : élaborant une fusion ravageuse, le quintette développe un nouveau langage qui laisse pantois.

Ce progressive rock occupe le devant de la scène jusqu’en 1976. De Genesis avec Peter Gabriel grimé à la manière d’un Pierrot de carnaval à Yes en passant par les délires des Français de Magma menés par le batteur mille-pattes Christian Vander, l’expérimental est le fait du jour et les groupes se targuent de jouer une musique qui est la leur et ne ressemble à rien d’autre : psychédélique, débridée, esthétique, technique... Au risque d’en oublier la pulsion primitive, le cri, le caractère brut.

D’autres courants musicaux dominent la période qui va de 1968 à 1975. Le rock psychédique met en avant les effets sonores et les distorsions que le guitariste fait subir à son instrument. En Angleterre, les Yardbirds ont été les pionniers du genre mais rapidement, Jimi Hendrix a repoussé toutes les limites imaginables en la matière, en s’aventurant vers des territoires hallucinés, par un mélange d’infernale virtuosité instrumentale et d’exploitation hyper savante des effets. Aux USA, le Grateful Dead avec son guitariste Jerry Garcia mène la danse avec ses concerts marathons peuplés qui peuvent durer jusqu’à huit heures d’affilée et qui s’apparentent à de grandes fêtes hippies.

Le "progressive" est la version classieuse du rock. Ses héros affectionnent les nouveaux instruments que sont le Moog Synthetiseur ou le Mellotron et/ou les plages musicales étendues, éthérées avec des clins d’œil vers le jazz ou le symphonique. Emerson, Lake & Palmer ou King Crimson en sont les représentants typiques.

Mis à la mode par David Bowie et Alice Cooper, le "glitter" est une forme de rock qui fait la part belle à la mise en scène proche du théâtre de rue, avec des chanteurs grimés, des shows conçus à la façon de tragi-comédies (Alice Cooper coupe la tête de poulets sur la scène...). Un groupe tel que Genesis se situe à la frontière du progressive rock et du glitter.

Les albums In a silent way et Bitches Brew de Miles Davis ont consacré le genre fusionnel qu’est le jazz-rock. La liste des musiciens qui y ont participé correspond au gotha du genre et la plupart vont devenir individuellement célèbres, de John Mc Laughlin à Chick Corea en passant par Herbie Hancock qui explorent ce creuset qui mêlent l’énergie du rock à la liberté expressive qu’autorise le jazz.

Plutôt mineur, le "garage" est un mouvement américain dont le nom est dû au fait que de nombreux jeunes montent leur groupe dans le garage des parents. Parmi les fleurons de ce genre marginal figurent les Electric Prunes.

Les cheveux des baba cools sont longs et teints au henné, mais bien coiffés. Les tuniques indiennes sont raffinées, le look des musiciens évoque celui de gentlemen farmer. Le rock se serait-il embourgeoisé ? Dans la rue, dans les cités, les gamins ont coupé le contact avec ces riches enfants de Vivaldi et de Glen Miller. Si la forme est complexe et subtile, le message s’est assagi. Les interminables épopées musicales qui fleurissent sur les faces des 33 tours dessinent certes les contours d’une musique pour révolutionnaire d’antan reconverti dans la pub ou dans la gestion de l’entreprise familiale.

La cassure va intervenir au milieu de la décennie et s’annoncer fracassante au profit de groupes qui s’affiche comme laids, mal élevés et se vantent de jouer comme des pieds. Si certains trouvent qu’on a gagné au change, tant mieux pour eux. Rappelons-leur tout de même que durant la très courte période où ils ont occupé le devant de la scène (après tout, leur slogan était : « Pas de futur », et il s’est avant tout appliqué à eux-mêmes), des groupes tels que l’extraordinaire Police ont perpétué à leur façon la tradition de ce rock tendance hippy, trempé dans l’esthétique, mâtiné de jazz et de bon goût.

Ajoutons un dernier mot. Il suffit de consulter une liste quelconque des albums préférés de tous les temps pour retrouver inlassablement les mêmes nom : du Zeppelin, du Floyd, de l’Abbey Road (élu meilleur album du siècle par les clients de la Fnac), Pet Sounds... Parmi les albums récents qui parviennent à rejoindre ce podium, figure OK Computer de Radiohead, un groupe qui s’inscrit dans cette tradition de rock expérimental dans laquelle figure aussi l’extraordinaire Bjork...

Comme quoi, le public, au sens large, ne s’y trompe pas.


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234 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 novembre 2006 12:32

    Bonjour,

    Il va de soi que je signe cette thèse, surtout après avoiir écrit ceci

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10724

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11052


    • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 12:38

      Bertrand,

      Wow... Je vois que nous sommes au diapason !

      Daniel Ichbiah


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 novembre 2006 14:34

      Serait-ce un lapsus révélant que vous préparez une bio sur Noir Désir ?


    • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 16:00

      je ne suis pas sûr de comprendre quel est le lapsus ?


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 novembre 2006 16:10

      Je ne m’appelle pas Bertrand


    • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 21:24

      Si j’ai bien compris, vous préparez une bio de Noir Désir. Soyez sans crainte, je n’ai aucun projet en la matière !


    • le mave (---.---.231.197) 6 novembre 2006 12:53

      Ben voyons... Je suis un fan absolu de Led Zep , j’aime beaucoup les Stones d’avant les 80 ,Pink Floyd etc.. mais jécoute encore plus souvent les Ramones . On peut aimer un genre de Rock sans pour autant nier l’existence des autres courants qui l’ont traversé et qui l’ont fait évolué. Que le rock de Ramones soit moins recherché (manièré)que celui de Yes par exemple est indéniable ; cependant si Yes m’apporte le plaisir d ’écouter un belle mélodie avec de la recherche musicale,j’irai toujours recherché l’énergie et la rage chez les Ramones ou Clash . Pour ce qui est des Sex Pistol ils sont tout simplement un produit lancé pour surfer sur la vague du Punk,alors oublions les. Pour finir une super radio sur Internet pour les amateurs de Rock des 70 jusqu’à nos jours : Radio paradise


      • le mave 7 novembre 2006 07:04

        mon lien ne fonctionne pas , le voici à nouveau :radio paradise


      • Cochonouh Cochonouh 6 novembre 2006 13:09

        J’adore cet article...

        J’ai même pas fini de le lire...

        « Le King Crimson qu’a formé le guitariste Robert Fripp (aux allures de savant fou) déploie des ambiances où les instruments sortent de leur contexte usuel - affranchie de son rôle purement rythmique, la batterie de Carl Palmer tisse d’étranges climats où le sable du désert vient s’immiscer dans les rouages d’un astronef égaré. »

        Très belle phrase pour parler d’un de mes groupes préférés, mais Carl Palmer n’a jamais fait partie de King Crimson. C’était Michael Giles le premier batteur, Andy McCulloch sur l’album Lizard, Ian Wallace sur Islands puis le génial Bruford qui arrivait de Yes . Sur les albums plus récents, c’est Pat Mastelotto . The Power To Believe est d’ailleurs à conseiller à tous les fans.


        • Cochonouh Cochonouh 6 novembre 2006 13:17

          Je voudrais rajouter que lorsque E,L&P s’est formé en 1970, Greg Lake, lui, venait de King Crimson (dont le premier album est sorti en 69). Carl Palmer était alors dans un obscur (pour moi en tout cas) groupe nommé « Atomic Rooster »


        • Anthony Meilland Anthony Meilland 6 novembre 2006 13:37

          Tu est dur mon Cochon !

          Un article qui parle de King Crimson et d’ELP, c’est sufisamment rare pour qu’on puisse pardonner une petite erreur.

          Pour en revenir a ce que tu disait, j’ai été un peu déçu par « the Power to Believe ». C’est pas « Lark Tongue in Aspic » même si il y a quelques morceaux sympas (particulièrement « Dangerous Curves » qui laisse les groupes electro-rock de maintenant assez loin dérrière)


        • Marsupilami (---.---.32.156) 6 novembre 2006 14:30

          Et un petit lien vers Epitaph de l’excellent King Crimson.

          Et un autre vers les désormais défunts (en tant que groupe) texans de Grandaddy (snif, ils ont splitté !).


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 novembre 2006 14:31

          A signaler aussi construction of light, à la hauteur, voire plus, de the power to believe


        • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 16:03

          ooops... C’est vrai que c’était Greg Lake, le transfuge de King Crimson vers ELP !


        • Cochonouh Cochonouh 6 novembre 2006 16:27

          Pour Anthony M.,

          je disais pas ça par méchanceté, mais simplement pour rétablir l’itinéraire de quelques musiciens.

          « the Power to Believe » est pour moi le meilleur King Crimson depuis la fin des années 80. Tous les Vrooom, les vrooom-vrooom et les ThrakattaK ne me plaisent pas trop.

          pour Bernard D.,

          même chose pour « construction of light », trop de dissonances , des morceaux qui trainent pour ne pas dire grand chose et Adrian Belew chante pas terrible. On regrette quand même Lake ou Wetton(quant à la voix sur « Prosak blues » là c’est terrible au premier sens du terme)


        • (---.---.229.140) 6 novembre 2006 16:54

          Salut Marsu,

          Effectivemment snif smiley pour Grandaddy, juste une petite correction ils sont californiens (Modesto) et non texans.

          on peut toujours se consoler en se disant qu’ils ont splité avant de faire de la daube commerciale.

          Summer here kidddddddddddddddddddssss ! smiley


        • Marsupilami (---.---.32.156) 6 novembre 2006 18:34

          C’est juste. Ma fourche a langué parce que je comptais aussi mettre un lien sur Lift to experience et que j’ai eu la flemme... Eux, c’est des vrais texans, pas comme Daboliou !


        • Stravos (---.---.132.162) 6 novembre 2006 13:47

          Si je ne m’abuse le mot « punk » signifie déchet... Donc rien d’étonnant à ce que leur musique soit archi-nulle... Au zénith de leur gloire, les Sex-Pistol ne savaient même pas tenir un rythme...Mais celà ne les a pas empéché de « percer » dans le milieu rock, comme quoi ces « rebelles » étaient copie conformes à la médiocrité ambiante : ils anticipaient les crétins du loft...


          • thierry (---.---.201.84) 7 novembre 2006 19:14

            Tout à fait d’accord. Pourquoi toujours pendre des gants avec le punk et autres courants « rockement corrects » sous pretexte d’énergie primale salutaire ou socialement contestataire ? Quelle contestation d’ailleurs ? A quoi ça nous a mené tout ça : de la daube musicale en veut tu en voilà depuis la fin des seventies et le triomphe du capitalisme dans toutes les activités humaines.

            Moi, ce qui m’interesse, c’est la musique pour elle même, et c’est tout. Quant à cette fameuse « energie », elle est tout aussi présente chez Bartok, chez Monterverdi que chez MAGMA, chez YES, chez Mozart, etc. Tout ce qui est bien pensé et bien joué délivre son lot d’énergie, de « groove », d’émotion.

            Alors que le punk finalement, c’est quoi : des crétins à moitié facho vociférant dans un micro comme des porcs et vomissant de la bière sur des amplis. Aucun interêt !

            Merci de remettre les pendules à l’heure avec cet article, il y a longtemps qu’on attendait (et nous sommes nombreux) que quelqu’un le dise haut et fort.

            Ca mériterait même un livre entier un sujet pareil, non ?


          • Danic Daniel Ichbiah 7 novembre 2006 20:11

            Un grand merci pour ce commentaire.

            Personnellement, j’aimerais que les musiciens retrouvent la fabuleuse LIBERTE de l’époque et se lâchent à nouveau. Que l’on sorte des formats pré-établis, notamment du format basse guitare batterie hyper réducteur et que l’on retrouve de la GRANDE MUSIQUE, multiforme !


          • David (---.---.92.11) 6 novembre 2006 13:54

            Les rocks critiques qui étaient jeunots à l’époque du punk et qui donc on vu émerger ce mouvement , on été pas mal influencé je crois par celui ci. celà se ressens dans les critiques (Rock and folk ...) et cette facon de hair le solo de guitare (et pourtant il y en a de trés bon...). Mick Jagger s’amusant que le punk n’avait rien de nouveau, oui mais bon les Rollings stones on bien commencé en pillant un genre je crois (le Blues) ! Les Rollings stones devenu le groupe le plus chère du monde ..Bonjour l’embourgoisement avec une musique qui se veut à la base rebelle ! Et puis le punk c’est une musique facile à faire.Quelques accords et puis c’est parti.C’est accessible comme le genre metal aux ados ou rap. Quel ado irait reprendre du Dire Straits ou du Pink Floyd...non plutôt du Strokes, du Libertines, du Nirvana....


            • Ardazerok (---.---.101.9) 6 novembre 2006 14:07

              Le métal, accessible ? Peut-être mais pas à n’importe qui. C’est toujours ce que disent ceux qui ne connaissent pas du tout. Que c’est une musique simple, même simpliste. Ce qui prouve tout simplement que l’on a jamais écouté. Personnellement je trouve que la musique simple est accessible est celle qu’on entend à longueur de journée sur les radios, télés, etc... Pour ce qui est des solos de guitare, où y’en a-t-il plus que dans le métal ? et ce ne sont pas, comme certains voudraient le croire, juste des notes jouées vite n’importe comment. Ne pas tout confondre


            • Emile Red Emile Red 7 novembre 2006 12:00

              Voir Satriani ou Malmsteen

              Et pis qui arrive à faire « stairway to heaven » as the record ?


            • ohlala (---.---.124.230) 6 novembre 2006 14:14

              Dites donc, après un article récent sur le soit-disant retour d’influence de Georges Brassens, ça fait « tendance » le flash back nostalgique sur Agoravox.

              Soyons clairs : j’ai aimé, et je possède encore au fond d’un grenier presque TOUS les disques vinyls dont vous parlez. Achetés à leur date de sortie. Mais écouter CSNY, ELP, sans parler des solis autistes de Jerry Garcia, non, franchement NON. Mort de rire. . Pourtant c’est vrai, restent quelques perles réécoutées régulièrement, comme certains Joni Mitchell (!) ou Harvest de Neil Young, ou le Velvet, Syd Barrett, ou d’autres moins éloignés, Warren Zevon, et Alan Vega, Suicide, pour ce que vous appelez l’époque punk.

              Mais aujourd’hui, écoutez-vous : Underbuyn, Mercury Rev, Liz Phair, P.J. Harvey, Clap your hands and say Yeah, Meshell Ngedeocello, et en France Rodolphe Burger, Meteor Band, Vincent Segal, Philippe Poirier ? Je pourrais continuer...

              Evidemment si vous avez fait une bio de J.L. Aubert, nous ne serons jamais d’accord :=))

              Ah, la nostalgie, camarade...


              • Marsupilami (---.---.32.156) 6 novembre 2006 14:34

                Entrez dans l’univers magique de Mercury Rev et de Rodolphe Burger.


              • (---.---.229.140) 6 novembre 2006 17:07

                ne pas oublier d’écouter aussi :

                - Built to Spill
                - Neutral Milk Hotel
                - Architecture In Helsinki
                - The Arcade Fire
                - Broken Social Scene

                pour ne citer qu’eux ......


              • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 21:36

                Joni Mitchell est une reine.


              • David (---.---.92.11) 6 novembre 2006 14:41

                Concernant le Metal ou le trash, Il y a des groupes ultra technique à la Slayer à des groupes plus accessible comme Deftones (je parle guitaristiquement parlant) ou The Melvins ou les parrains du genre Black Sabbath (Ozzy Osbourne). En tout le cas Metal à un gros succés populaire auprés des jeunes (voir le nombre de posts sur le principal portail francais dédié à la guitare)


                • Intrigué par cet article (---.---.186.254) 6 novembre 2006 15:00

                  Qu’est-ce que c’est que cet article stupide ? Chacun écoute et aime ce qu’il veut ! Quel intérêt de comparer des styles musicaux ?

                  Le punk est un courant musical qui n’a pas duré qu’un printemps, ne vous en déplaise. Ce mouvement continue encore à l’heure actuelle, vous êtes aveugles si vous ne le voyez pas.

                  Et le mouvement hippie, n’est-il pas basé sur l’amour et la tolérance ? Si vous vous réclamez de cette mouvance, pourquoi rejeter le punk ? Et le hip hop, la musique électronique, vous en pensez quoi ?

                  Enfin bref, je me demande si je ne perds pas mon temps à écrire à des intégristes de la musique de leur adolescence ...


                  • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 21:34

                    Vous avez raison sur un point : chacun écoute et aime ce qu’il veut. Je voulais juste réhabiliter un style musical (qui va de Soft Machine au Grateful Dead) sur lequel il est devenu de bon ton de taper dans la presse rock.


                  • Bépé (---.---.253.118) 6 novembre 2006 15:27

                    Juste pour préciser que « Should I Stay... » n’est pas sur l’album « London Calling » et que le Punk n’est en fait que la continuation de ce mouvement « musiques Hippy » dont parle l’article...

                    Les Stooges et les MC5 avaient ouverts la voie.


                    • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 7 novembre 2006 10:47

                      Ah, bravo, enfin quelqu’un qui le dit.... La jonction, c’est ce mouvement qualifié de ’mineur’ par l’auteur, le garage. Bie que le nom fut donné à postériori, je crois (avec Psychelic Punk, Quoique très présent à l’époque où il vécu - c’est ’la masse agissante’ du -futur- mouvement hippie, qu’il construisit, il fut complêtement oublié à l’époque postérieure, couverte par l’article, celle du ’prog’. C’est ’nous’, amateurs adolescents de rock au sens large à l’orée des années 80, et en total contre-courant de la culture dominante, qui avons déterré cette myriade de groupes et d’enregistrements tous plus ’dingues’ ou ’imbibés’ les uns que les autres. Du sauvage, de l’indien. The Seeds, 13th Floor Elevator et.. plusieurs centaines d’autres ! Et bien, jeunes gens, ces morceaux garage, c’est du ’punk’... MC5 et Stooges sont un résultat de cette mouvance, quasi Hell-angels, en tout cas lourde, routarde, maximaliste (drogues...), et Doors, Birds et hippies l’autre branche, plus ’politique’ et également ’on the road again’, et avec une bonne raison : mon tout s’appela Vietnam.


                    • Emile Red Emile Red 7 novembre 2006 12:09

                      Bahhh !!!

                      Le garage ça a commené bien...bien avant... avec le champion du scrabble qu’était Creedence Clearwater Revival...

                      Au scrabble on peut se la jouer aussi avec Quicksilver Messenger Service ou Chicago Transit Autority...

                      QMS l’ancètre de MSN ....oupsss


                    • l'Omnivore Sobriquet l’Omnivore Sobriquet 8 novembre 2006 12:39

                      Creedance c’est 68, 69 jeune homme. Garage c’est 64 65 66, en accélération puissante, avec la rencontre du mur en 68, 69 justement... Des épaves, ensuite. Ou quelques superstars... Un sommet de la vie culturelle du vingtième siècle, toutes catégories confondues. (je pèse mes mots.)


                    • Tybalt (---.---.4.8) 6 novembre 2006 15:31

                      Tout amateur de rock moderne, qui connait autre chose que le Radiohead 2006 de bobos ou le Strokes pour vieux beau écrivant dans Rock & Folk sera écroulé de rire à la lecture de cet article.

                      Je n’aime pas plus ce type de punk qui gueule « kill the hippies » en permanence mais au moins eux n’ont pas la prétention d’intellectualiser comme votre tirade plutot creuse.

                      Enfin pour reprendre vos arguments principaux, à savoir que la qualité de la musique se mesure aux nombres de ventes de disque et aux nombres de participants aux concerts, je suis au regret de vous dire que la musique hippie est décidément vraiment mauvaise par rapport à Lorie où n’importe quelle groupe de la star ac.

                      Bref, si la musique hippie est morte à cette époque ce n’est pas parce que le punk l’a tué : c’est parce qu’elle était devenue bouffie suffisante et ridicule. Un bon coup de minimaliste rageur suffit à la faire voler en éclat.

                      Le punk a duré un printemps ? Mais bien suuuuuuuuur... C’est passer un peu vite sur ses descendants directs qui constituent aujourd’hui a eux seul les trois quarts du spectre du rock moderne.

                      Je ne suis pas un spécialiste en punk mais quand je lis votre article il me fait profondément rire : je suis par exemple capable de citer trois albums majeurs en punk de cet époque, et ils sont légions...

                      Mais bon c’est vrai que si on demande aux clients de la FNAC, avec les sélections réduites et appauvries du milieu musical que celle ci pratique depuis des années (sans même parler de ses pratiques commerciales douteuses), c’est sur qu’ils vont pas connaitre.

                      Et j’ai même pas envie de développer un contrepoint à votre argument comme quoi la beauté d’une musique, sa qualité, son esthétisme, se mesure à sa complexité, celui-ci s’écroule tout seul à l’énonciation.


                      • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 16:07

                        Allons bon, Led Zeppelin a vendu bien plus d’albums que Lorie. Même Hendrix doit être plus populaire. Mais là n’est pas la question. Bien évidemment, ce n’est pas un critère de qualité. C’est juste qu’il a existé un public qui pouvait accepter des musiques différentes. Aujourd’hui, je ne sais pas qui signerait Soft Machine alors que c’est un des groupes les plus importants de l’Histoire du rock.


                      • Danic Daniel Ichbiah 6 novembre 2006 16:09

                        A propos, puisque vous connaissez 3 albums de référence du punk, pouvez-vous les citer ?


                      • (---.---.253.118) 6 novembre 2006 17:00

                        Le premier album des Clash, plus brut et punk que London calling qui bien sûr un des chefs d’oeuvre de l’histoire du Rock, mais déjà totalement innovant.

                        « Damned Damned Damned », premier album des Damned, qui fait justement la filiation entre les groupes sixties (Stooges, Who) et la musique de 77.

                        Et bien sûr, quoi qu’on en dise, « Nevermind the Bollocks » qui reste une influence majeure pour toute la musique « énervée » de notre époque.

                        Voilà, au débotté.


                      • Cochonouh Cochonouh 6 novembre 2006 18:07

                        Pour revenir sur ce que disait Tybalt

                        « Bref, si la musique hippie est morte à cette époque ce n’est pas parce que le punk l’a tué : c’est parce qu’elle était devenue bouffie suffisante et ridicule. Un bon coup de minimaliste rageur suffit à la faire voler en éclat. »

                        Personne n’est mort.

                        La musique hippie n’existe pas, l’auteur l’a bien dit, c’était pour faire jolie dans son titre.

                        Par contre des courants musicaux comme le jazz-rock ou la progressive music bandent encore.

                        Pour le jazz-rock, j’en suis resté à Mahavishnu, quelqu’un d’autre vous en parlera, mais pour la prog, si vous en avez marre d’écouter vos vieux Camel (qui d’ailleurs existe encore) et Gentle Giant, jetez une oreille sur les productions actuelles de :

                        • ARENA
                        • ENCHANT
                        • IQ
                        • Porcupine Tree
                        • IQ
                        • PALLAS
                        • Spock’s Beard

                      • Cochonouh Cochonouh 6 novembre 2006 18:18

                        Cette liste, en particulier pour Bernard D., dont j’ai été lire l’article « la créativité est-elle en berne dans une époque marquée par l’esprit de rente ? » et qui y parle de l’excellent Porcupine Tree.

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