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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La nébuleuse vie de José Miranda au Théâtre d’Aleph

La nébuleuse vie de José Miranda au Théâtre d’Aleph

Lorsque deux directeurs de théâtre se réunissent, en voisins, afin qu’un mois durant, l’un en tant qu’auteur, l’autre en tant que metteur en scène, puissent se livrer, corps et âme, à la dialectique des planches, il faut que cette rencontre au sommet soit à la hauteur de l’enjeu existentiel du spectacle vivant.

Avec « La nébuleuse vie de José Miranda », la coproduction du théâtre des quartiers d’Ivry et du Théâtre d’Aleph donnent à Oscar Castro et Adel Hakim l’occasion de se mesurer une seconde fois avec les cercles vertueux de l’utopie, après qu’ils eurent, en 2003, déjà monté ensemble « Le 11 septembre de Salvador Allende ».

De l’Histoire à la fiction, du coup d’état Chilien au surréalisme Kafkaïen, il n’y a qu’un pas de côté, celui d’une perspective artistique faisant inventaire des intentions louables de la bonne conscience que l’héritage de 1968 traîne dans ses bagages, en anniversaires récurrents.

En passant du procès de la Junte à celui de la Religion pour aboutir à celui de l’Art engagé, la désillusion générale pourrait bien être au rendez-vous du premier métro, dans le petit matin froid et glacial.

En effet, enfermés, la veille au soir, dans la station « Assemblée Nationale » à l’heure passée du dernier métro, le diable et son comparse, le dramaturge, se frottent les yeux devant une réalité qui résiste à l’entendement.

Voilà que celui-ci est confronté directement à l’imaginaire de sa création, revenant en boomerang des personnages d’un théâtre révolutionnaire pris au piège de la vanité.

Ce double jeu de miroir où il n’est plus possible de savoir qui tient les rênes de la manipulation trouvera son procès exutoire absolu, en la personne de Mère Térésa, convaincue d’avoir trompé son monde, en vantant les mérites de la vie éternelle.

D’ailleurs, voilà que triomphe désormais la divine Angela Belleza (Sylvie Miqueu), cette allégorie de la vérité qui ensorcelle de ses appâts, ce qu’il peut rester des convictions humaines, afin de mieux faire tanguer la voie du Salut.

De ce capharnaüm baroque et fellinien où l’univers du fantasme a pris le pouvoir sur toute autre considération métaphysique, seul le saut dans le vide, à l’approche du grondement métallique de la première rame du métropolitain, pourrait assurer un réveil salvateur.

Oui, le théâtre d’Aleph demeure, à jamais, cet ancrage métaphorique de tous les possibles.

photo © Theothea.com 

LA NEBULEUSE VIE DE JOSE MIRANDA - ** Theothea.com - de Oscar Castro - mise en scène : Adel Hakim - avec Oscar Castro, Adel Hakim, Anaïs Alric, Anaï Castro Heyman, Catherine Marx Martineau, Sylvie Miqueu, Natacha Moyersoen - Théâtre Aleph ( Yvry )

 
 

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