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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La nostalgie, valeur sûre ?

La nostalgie, valeur sûre ?

De la nostalgie plein nos écrans, et qui rythme même nos vies... Tubes des années 80 et 70, rappel des succès des années 60.... Que signifie ce débordement d'émotions en différé ? Eric Donfu analyse ce phénomène. 

Claude Francois ressuscité par jérémie Rénier sortira le 14 mars en salles. Un autre film, "star des années 80" mettra en scène Richard Anconina et Patrick Timsit qui jouent les rôles de producteurs touchant le jackpot en organisant des concerts de vielles gloires.. Une tournée qui ressemble à la série de concerts et de croisières "Âge tendre et tête de bois"ou aux soirées RFM Party 80.. et la télévision ne reste pas en manque, avec l'organisation, mercredi 11 janvier d'une soirée sur les chansons des années 80 sur M6...

A la recherche d'un eldorado perdu ?

Alors que signifie cette "nostalgie " ? Tout d'abord que les séniors font partie et pèsent dans les audiences. Ensuite, que les jeunes n'ont rien contre les remix d'anciens tubes, enfin que le passé rassure, un peu comme des racines qui permettent à chacun de mieux vivre le présent. Le succès de radios comme Nostalgie prouve en effet que les français idéalisent les année s 70 comme un eldorado perdu, qui ne corresponds pas à la réalité vécue, d'ailleurs. Faut-il y lire le signe que tout ce qui nous rappelle notre jeunesse ou que l'on n'a pas pu connaître brille ? Redécouvrir une chanson qui a marqué notre vie provoque toujours une émotion, démultipliée par le parfum de madeleine de Proust qui l'entoure.

Une quête de sécurité et d'absolu

J'ajoute aussi que la métamorphose de l'industrie du disque, qui ne produit plus de tubes de l'été par exemple, ressuscite volontiers des airs qui sont restés dans nos mémoires. Alors quelles leçons en tirer ? N'est-ce pas aussi un retour à la signification même de l'idée de création qui oscillerait entre une quête de sécurité et une quête d'absolu ? Peut-être alors que cette nostalgie nous apporte une dose d'équilibre, à condition qu'elle nous pousse à découvrir de nouveaux talents...

Mais qui traduirait aussi la faiblesse de notre époque ?

Mais il y a aussi une autre hypothèse : Et si cette réédition de vieux tubes, cette nostalgie débordante, ne signifiait pas aussi la faiblesse de notre époque contemporaine ? Notre incapacité à produire, aujourd'hui, des tubes mémorisables, de grands succès autour d'un titre ? Il est vrai que les années 80 nous apparaissent, à tort sans doute, comme les dernière années à nous avoir livré des succès populaires.. Et s'il fallait 15 ou 20 ans pour qu'un titre s'ancre dans nos mémoires ? Entre succès populaire, rejet et redécouverte ? Les gens sont marqués par les musiques écoutées à l'âge de 20/ 25 ans. C'est ainsi que les trentenaires s'intéressent aux chansons des années 90 et les quadragénaires à celles des années 80... Mais tous chantent encore les tubes du groupe ABBA....


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15 réactions à cet article    


  • Friconvoix 11 janvier 2012 12:50

    N’est ce pas là une conséquence d’une tendance purement économique ?

    Les rééditions de vieux titre, les tournées spéciales année 80, etc... se basent sur une chose : les ventes de disque.
    La population concernée par cette vague nostalgique est (en moyenne) plus âgée donc moins prédisposée à télécharger que des populations plus jeunes...
    En gros, la nostalgie est un des ultimes business qui marche pour l’industrie du disque. 
    Nostalgie une valeur sure pour l’industrie du disque.

    • Abou Antoun Abou Antoun 15 janvier 2012 00:53

      Vous avez tout dit !
      Le Papyboom ...
      Ils sont nombreux, ils ont (encore) un peu de fric. C’est donc un marché.
      D’ailleurs observez bien toutes ces émissions TV débiles sur les rengaines des années ’bonheur’ 60, 70, 80. L’animateur passe tout son temps à faire décliner aux artistes ringards invités leur ’actualité’ (CD, DVD, tournées, etc...). Les autres arrivent (staff médical en coulisses) pour bêler trois strophes d’une caricature de leurs succès passés ou le faire faire par de jeunes ’talents’. Lamentable !


    • alain_àààé 11 janvier 2012 15:25

      bravo voila un article que j attendais depuis longtemps car ayant moimeme des enfants et petits enfants je peux dire que il y en a marre des ses chansons qui sont comme le football on detruit d abord les jeunes chanteurs et c est dommageable mais surtout on infantalise les gens.j ai toujoursété une personne qui adore que l on avance dans l avenir mais c est vrai que l on engraisse les ces vieux chanteurs et producteurs etc..j aime lorsque les enfants peuvent discuter des nouveaux chanteurs et j apprends en les écoutant tant ils sont heureux


      • Cocasse Cocasse 11 janvier 2012 15:38

        Mais puisqu’on vous dit qu’empêcher le téléchargement libre d’une compil des années 70, c’est « sauver la création »... smiley


        • silversamourai silversamourai 11 janvier 2012 16:15

          ...Moi aussi, j’aimerai bien un peu de nostalgie sur nos écrans : Duke Ellington, David Bowie, Parliament, Black Sabbath, Miles Davies, John Lee Hooker....


          • L'enfoiré L’enfoiré 11 janvier 2012 22:24

            @L’auteur,
            Vous avez tout compris.
            Pas uniquement radio Nostalgie
            « Les années bonheur » comme Sebastien a compris ce qu’il pouvait en tirer.
            J’espère seulement que la génération et la suivante aimeront aussi les musiques d’aujourd’hui.
             smiley


            • L'enfoiré L’enfoiré 11 janvier 2012 22:27

              « que la génération et la suivante »
              Correction : "que la génération suivante et la suivante...


            • Surya Surya 12 janvier 2012 11:12

              La nostalgie implique-t-elle forcément une idée de regret et de rejet de l’époque actuelle ? Je ne crois pas. Je ne sais pas si l’on peut appeler cela de la nostalgie, mais il est vrai que j’ai une vraie passion pour les années 60 et 70, et pas seulement au niveau musical : j’aime également tout de qui touche à la mode vestimentaire, au design, à l’architecture... de ces périodes.
              Cela dit, j’ai également une grande passion pour la mode, le design, et l’architecture des années 20 et 30, tout ce qui est Art Déco me transporte littéralement, et là, on ne pourrait parler de nostalgie puisque ce sont deux époques que je n’ai pas connues.
              Pour autant, cela ne signifie pas que je rejette les époques suivantes, ni l’époque actuelle. Il y a par exemple des musiciens fantastiques aujourd’hui, et ce que l’on construit de nos jours est magnifique du point de vue architectural. Je crois que pour cette raison, il est difficile de parler de nostalgie. Ce que je rejette, par contre, c’est cette culture du zapping dans laquelle nous baignons actuellement.


              • orage mécanique orage mécanique 12 janvier 2012 11:31

                On oubli aussi que cette « nostalgie » correspond aussi à une époque ou les programmations radiophoniques s’apparentaient à du lavage de cerveaux,
                t’en bouffé à haute dose du « succès du moment » et même si ils insupportaient, tu les connaissais par cœur,
                alors forcément, après un certain temps, c’est une petite madeleine de Proust une manière de se replonger dans le temps où on était plus jeune et comme, ils font encore l’objet de diffusion fréquente les jeunes les connaissent et c’est répartis pour un tour
                Par exemple, je suis toujours effaré de voir le nombre de gamins qui connaissent la « danse des canards »

                Aujourd’hui, il n’y a plus de média qui restent 6 mois sur un titre à 10 diffusions par jour,
                il y a beaucoup plus d’artistes
                et la "vraie’ concurrence internationale est présente (en 1970 t’étais vraiment au top si t’écoutais des disques étrangers) 

                 


                • LE CHAT LE CHAT 12 janvier 2012 11:34

                  faiblesse de la daube matraquée sur toutes les ondes et émissions de télé avec Nikos Aliagas , assurément ! des souvenirs inoubliables sur du Julien Doré  ?  smiley

                  j’ai rencontré mon épouse sur« Still lovin you » de Scorpions , ça c’est un tube qui marche encore de nos jours !


                  • Yvance77 12 janvier 2012 11:37

                    Salut

                    De l’auteur je cite : « Mais il y a aussi une autre hypothèse : Et si cette réédition de vieux tubes, cette nostalgie débordante, ne signifiait pas aussi la faiblesse de notre époque contemporaine ? »

                    C’est essentiellement cela, et plus encore. Il n’y a presque plus de création musicale au sens noble du terme.

                    Juste des minutes informes échantillonnées, et qu’un pseudo D.J. met en forme. Une bouillie pour cerveaux crétinisés jusqu’à la moelle, et acculturés au possible. Techno, house, acide, rap... tout ceci contribue à assécher la connaissance musicale, car cet ensemble en est totalement dépourvu.

                    Mettre cela a la télévision est impossible tant la magie des notes est absente. Primaire c’est et primaire cela restera.

                    Hier soir, sur quatre chaînes l’on avait du revival des années 80. Il y avait de la soupe c’est certain, mais c’était festif.

                    Quand je vois les jeunes écouter de la merde de type Black Eyes Peas je me dis que c’est l’atteinte du degré zéro auxquels ils sont arrivés. Et on trouve pire encore.

                    En fait cette société s’est vidé de son sens, car à trop uniformiser, on se retrouve avec un esprit stérile.


                    • Friconvoix 12 janvier 2012 16:38

                      On peut tout de même éviter de tomber dans des jugements de valeur et analyser ?


                      Vous parlez d’uniformisation, je pense que c’est tout le contraire qui est arrivé à la musique. Elle s’est sur-compartimentée selon les âges, et c’est bien pour cela (je pense) que l’auteur déplore l’émergence de tubes. 
                      Car qui parle de tubes, pense à un succès inter-générationnel. Notre époque rend la chose difficile.

                      Le rejet s’applique plus dans le sens personne âgée/jeunesse que dans l’autre. Parce que la seconde a été habitué aux sons des années 70/80 par le biais de leurs parents bien souvent. En musique, tout est question d’éducation et les jugements/préjugés n’ont rien à y faire.
                      Après, il faut (peut-être) avoir le courage de s’écarter du main stream pour trouver la création musicale (et elle n’a rien à voir avec une quête sécurité d’ailleurs).


                      • Antoine 15 janvier 2012 22:58

                         Parler de création à propos de ces cochonneries, c’est une offense à l’art et à l’intelligence tout court ! Pourquoi on nous ressert les merdouilles du passé ? Tout simplement parce que les gens avec de la bouteille continuent à se pâmer devant les nanars de leur jeunesse, ce que feront plus tard les jeunes d’aujourd’hui à propos de tous les crachouilleurs actuels à la mode. CQFD et pas besoin de se martyriser davantage le cervelet...


                        • Friconvoix 17 janvier 2012 14:59

                          Je suis en partie d’accord avec vous. On est dans le cycle de la merde.


                          Reste à savoir où se trouve la création... Et si on peut en parler en toute objectivité.
                          A vous.

                        • Antoine 19 janvier 2012 23:03

                           Il est vrai qu’il n’est pas facile de s’y retrouver en matière de création mais par contre il est assez facile de savoir où elle n’est certainement pas.

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