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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La petite galerie bolchevique

La petite galerie bolchevique

Dernière idée en date de quelques cyber-artistes, le détournement d’images issues de la propagande communiste. Nos maniaques des logiciels de retouches ont ainsi transformé les symboles de l’unité communiste, la gestuelle des orateurs et l’allégeance du bon peuple en une ridicule mise en scène dont la légende ajoutée en caractères cyrilliques confirme le grotesque.

staline-propagande.jpgInutile de lire une quelconque critique politique ni même une volonté d’afficher la primauté du capitalisme sur l’économie planifiée, car nos informaticiens s’adonnent juste au plaisir de la composition détournée et à l’art de démystifier la propagande.

Toute cette imagerie propagandiste que Tchakhotine appelait « le viol des foules » voit ainsi son message se rompre, et tous ses procédés qui induisaient autrefois la fascination collective, se fondre en de caduques représentations.

cyber-art-communiste.gifOn pardonnera tout de même à nos cyber-artistes leur méconnaissance des différents partis politiques en Russie, car il semble que pour certains d’entre eux, Poutine appartienne au Parti communiste. Même si l’actuel dirigeant a tout du soviet suprême par sa tendance plutôt compulsive à violer la démocratie et à faire disparaître ses opposants, il n’en a pas la couleur politique.

Cette galerie bolchevique est accessible sur internet et évolue à mesure que nos cyber-artistes débusquent des images autrefois utilisées pour représenter le grand idéal communiste.

Tchakhotine (1883-1973) : membre actif du Parti social-démocrate, Tchakhotine s’inquiète de la montée du national-socialisme et considère qu’il faut user des armes de communication et de propagande pour faire barrage à Hitler. Malheureusement, son parti refuse d’appliquer ses méthodes de conditionnement de la population et abandonne les élections à Hitler.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Tchakhotine écrit Le Viol des foules par la propagande politique, ouvrage dans lequel il explique que, dans un système démocratique, il est nécessaire de répondre aux besoins de satisfaction de l’être humain, surtout si l’on souhaite prendre le pouvoir. A l’instar de Freud, Tchakhotine considère que l’être humain est mû par un certain nombre de pulsions qui le conduisent irrémédiablement à répondre à des stimuli bien précis. Ainsi, les pulsions consubstantielles à l’être humain qui sont celles du combat, de la nourriture, de la sexualité et de la famille peuvent, lorsqu’elles sont intégrées à la communication politique, faire réagir l’électeur de manière quasi-animale. Dans son ouvrage, Tchakhotine décrypte tous les symboles utilisés par le national-socialisme pour maîtriser et contrôler l’inconscient collectif.


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12 réactions à cet article    


  • morice morice 10 décembre 2007 10:23

    Excellente démonstration. Le métier le plus difficile sous Staline : retoucheur.


    • Gazi BORAT 10 décembre 2007 13:48

      RETOUCHE PHOTO & COMMUNISME

      Nguyen Ay Quok, alias HO CHI MINH, fut retoucheur photographique dans un studio des grands boulevards à Paris, au début des années 20..

      Un métier qui peut aussi mener loin !

      gAZi bORat


    • ZEN ZEN 10 décembre 2007 10:27

      Intéressant..

      Dommage que le dernier paragraphe soit trop peu développé. Un prochain article ?...

      Staline faisait disparaître des responsables en disgrâce sur des photos...Les services de Poutine font disparaître physiquement des journalistes trop curieux...


      • Sujet très intéressant. Voyons ce que nous en dirons pour rebondir les spécialistes d’AV en matière de mass media


        • Gazi BORAT 10 décembre 2007 11:46

          @ l’auteur

          Merci d’avoir évoqué le livre de Tchakhotine qui est une synthèse passionnante des connaissances de cette époque sur le maniement des foules, dans la lignée des travaux de Gustave Le Bon..

          On peut lire aussi, sur l’avancée de la réflexion sur le sujet un peu plus tard :

          Foules en délire, Extases collectives, Philippe de Felice (1947).. Depuis, la psychologie sociale a bien avancé sur le sujet et une étude complète bien la question :

          L’échec d’une prophétie, de Léon Festinger..

          ..qui pose la question : pourquoi les fidèles continuent de croire m^me quand tout démontre que la croyance est erronée ?

          Cette étude introduit la théorie de la dissonance cognitive, qui sert de fil conducteur à cette recherche et qui explique pourquoi, au lieu de renoncer à leur croyance, les fidèles continuent à faire des prosélytes, afin de trouver en eux la confirmation que la réalité leur a refusée.

          On peut l’appliquer aux situations où les masses continuent de suivre le dictateur qui leur promet une victoire inéluctable jusqu’au dernier jour de la défaite - telle l’attitude de la population allemande qui fut abasourdie de la défaite survenue en mai 1945..

          Les règles simples que démontrent Tchakhotine sont toujours valables de nos jours..

          gAZi bORAt



            • ZEN ZEN 10 décembre 2007 12:21

              @ Gazi B.

               smiley smiley smiley


              • Gasty Gasty 10 décembre 2007 12:29

                @ Gazi

                Malheureusement le site a fermer, c’est bien dommage.

                http://martine.logeek.com/


              • Gazi BORAT 10 décembre 2007 12:34

                Plus sérieux :

                Le détournement d’un slogan national socialistes :

                « Des millions sont derrière moi ! »

                ..Etait sous entendu dans cette phrase millions « d’Allemands »..

                http://www.solidair.org/images/solidair2006/24/p10_Heartfield-Hitler%20(600%20x%20600).jpg

                Le détournement d’image était florissant dans la république de Weimar.. Ceci n’en n’est qu’un exemple..

                gAZi bORAt



                  • morice morice 11 décembre 2007 08:54

                    La culture c’est comme la confiture et en ce qui vous concerne le couteau à peindre : on a dû il y a quelques mois vous rappeler que c’est un groupe US, les Nighthawks, qui avaient utilisé un tableau de Hopper comme pochette. Vous l’ignoriez, Mr Demian...Comme quoi nul n’est prophète. Le jour où vous ferez remarquer poliment aux personnes qu’elles se trompent parfois, vous aurez fait un net progrès. Je vous rappelle que votre connaissance musicale date de peu, puisque vous vous êtes permis récemment de mettre sur un pied d’équivalence Jimi Hendrix et Fred Chichin. A partir de là, on peut définir que vos propos sur l’art en général ne sont pas... sérieux. Comparer les deux, c’est la même chose que d’affirmer que Bernard Buffet et Rembrandt, c’est pareil. A bon entendeur, Mr Demian.


                    • morice morice 11 décembre 2007 14:34

                      Mr West, à vous lire, on sent bien tout le repect que vous avez pour les petites gens que vous décrivez si bien. Ce mépris grotesque est propre à votre condition d’artiste parisien, tout auréolé de la vente d’un seul tableau à quelqu’un qui est désormais ministre. Cela vous honore, certes, mais ne vous donne pas encore le droit de mépriser le monde à ce point. Si au moins vous saviez ce que les gens sont, vous seriez premièrement plus respectueux, deuxièmement moins fier. Votre dédain est fascisant, rien de moins. Si on ajoute deux mots à votre logorrhée, on obtient de l’eugénisme, rien d’autre. Ça commence toujours par ce genre de phrases : d’aucuns se prétendent supérieurs à d’autres. C’est votre cas, à part que cette fois, c’est lisible. Je ne vous savais pas blond avec une chemise brune : votre précédent avatar était donc trompeur ! Le nouveau est, il est vrai, plus flou...

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