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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La plume au poing

La plume au poing

Jean Mourot qui écrit dans Agoravox vient de sortir un livre qui mérite plus que le détour.

Il retrace la vie et l'action de toute une génération d'instituteurs et d'institutrices, militants refusant de parvenir .....

« La plume au poing »

1967-2003

Une contribution à l’histoire

de l’Ecole Emancipée

de Jean J. Mourot

495 pages-26 €

atelier du scorpion brun

622 bis rue de l’essart

76 480 Yainville

 

 Le temps des militants

Alors que le syndicalisme enseignant est aujourd’hui dispersé et que beaucoup de ses dirigeants restent permanents à vie, certains obtenant même à la fin de leur carrière un poste dans une mutuelle ou une association amie, il reste encore quelques « irréductibles » militants désintéressés et combatifs qui se battent pour l’unification syndicale et pour un syndicalisme tourné vers l’action et refusant toute compromission.

Jean Mourot, ancien instituteur, en retraite ouvre , preuves à l’appui, une page d’histoire, la dernière d’une vieille tendance syndicale révolutionnaire née en 1910 .

Si l’Ecole Emancipée , tendance jalouse de son indépendance par rapport aux partis politiques a victorieusement résisté aux offensives de partis politiques « révolutionnaires » voulant l’instrumentaliser du PCF au début des années 30 à la Ligue Communiste Révolutionnaire, elle a disparu comme tendance active, anti bureaucratique quand la Ligue au tout début des années 2000 réussit « enfin » ! à contrôler cette « vieille maison » pourtant encore vive.

La politique a horreur du vide et les militants EE favorables au maintien d’une tradition ont voulu coûte que coûte, à l’aube du deuxième millénaire continuer le combat engagé par leurs devancier.

Ils ont construit une nouvelle tendance, héritière naturelle de l’EE historique.

Ainsi est née l’Emancipation.

Jean Mourot relate l’histoire de l’Ecole Emancipée de 1967 à 2003 .

Il s’appuie sur sa mémoire et surtout sur de nombreux documents internes et externes.

Il est vrai qu’il fut l’un de ces militants instituteurs, pugnaces et qu’il a su faire évoluer cette revue l’Ecole Emancipée afin qu’elle ne soit plus conçue comme un réceptacle de tracts.

Jean Mourot et Michel Chauvet, l’un des dirigeants historiques de l’EE des année 70-90 ont su bâtir une revue de qualité, exprimant la diversité et le débat et s’ouvrant vers l’extérieur sans se renier :

Les principes du syndicalisme révolutionnaire étaient maintenus mais il s’agissait d’une revue lisible, attractive.

C’est l’histoire de ces enseignants révolutionnaires qui ont toujours refusé les compromissions

Avec le pouvoir, avec l’administration.

Un syndicaliste enseignant doit continuer à enseigner donc ne pas disposer de décharges syndicales complètes, il ne doit pas faire plus de deux mandats consécutifs pour ne pas se couper de son milieu d’origine.

L’histoire est passionnante.

Le lecteur y découvre un milieu humain, attachant et des hommes et des femmes engagés, n’hésitant pas à sacrifier une partie de leurs congés, leurs soirées, voire parfois leur vie de famille pour un engagement social et surtout jamais corporatiste.

Jean-François Chalot

 nb- J’ai participé moi-même à ce combat et j’ai commencé à la même époque que Jean Mourot.

Cité plusieurs fois dans le livre je n’ai pas toujours été d’accord avec l’auteur mais comme lui j’ai toujours voulu que le syndicalisme soit indépendant du gouvernement et des partis politiques.

C’est pourquoi j’ai démissionné de la LCR en 2002 pour protester contre leur attitude de main mise sur l’EE et leur propension à gommer artificiellement leurs différences avec la tendance majoritaire Unité et Action de la FSU pour quelques sièges de dirigeants.

Aujourd’hui je suis syndiqué, adhérent à l’Emancipée mais par principe, j’ai démissionné de tous mes mandats syndicaux le jour même où je suis devenu « pensionné ».

Je continue à militer avec les mêmes idées mais sur le terrain social et familial. 

 


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2 réactions à cet article    


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 7 avril 2014 14:17

    Il est vrai que l’influence de militants comme ceux de l’École émancipée n’est pas évidente. On peut cependant se demander ce qui se serait passé sans eux. J’avais, à l’École normale, un professeur qui nous disait, avec son accent du Sud-ouest : « Pensez que vous travaillez pour l’éternité ! »

    En dépit de leurs travers, ces militants ont au moins donné de leur temps et de leurs talents au service des autres plutôt que de s’atteler à leur réussite sociale personnelle.

    PS : Pour commander ce livre : atelier-du-scorpion-brun@laposte.net 


    • jeanclaude 7 avril 2014 21:47

      Je ne connaissais pas, je ne puis qu’exprimer mon respect face à ce type de militantisme. Loin des syndicalistes carriéristes, j’en ai connu aussi dans un autre secteur de la fonction publique. A des degrés divers.

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