• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Reine morte » d’Henry de Montherlant au Théâtre 14

« La Reine morte » d’Henry de Montherlant au Théâtre 14

Sous une ressemblance troublante avec Alfred Hitchkock, Jean-Laurent Cochet est devenu une véritable institution du théâtre vivant tant son cours, sa compagnie, ses mises en scène, ses interprétations ont galvanisé plusieurs générations de comédiens tout en faisant école avec des succès publics à répétitions.

Mémoire théâtrale de ses quarante dernières années, celui-ci conseille, dirige et forme ceux qui ont le privilège d’être dans sa trajectoire artistique avec, en prime, pour certains d’entre eux l’opportunité de l’accompagner sur scène chaque soir.

Ainsi clôturant récemment les représentations d’Aux deux colombes à l’affiche depuis six mois au théâtre de La Pépinière Opéra, il vient d’enchaîner immédiatement, au Théâtre 14, la reprise de La Reine morte.

Passer de Sacha Guitry à Henry de Montherlant n’est certes pas d’une évidence criante, c’est pourquoi au lieu de pratiquer une rupture de ton radical, le "maître" préfère paradoxalement opter pour la continuité en incarnant Ferrante, le roi du Portugal avec la même bonhomie distanciée qui sied non spécifiquement au personnage, mais bel et bien au tempérament de celui qui l’interprète.

C’est précisément en amenant le rôle au plus près de soi que Jean-Laurent Cochet en donne la pleine mesure, celle qui fait ou non qu’un comédien joue "juste".

Sorte de luxe suprême élevé en ligne de conduite, cela ne dispense pas ses élèves, bien au contraire, à faire leurs classes pour découvrir l’expression de leur nature profonde en faisant preuve d’humilité face à toute tentation de faux-semblant.

C’est donc ainsi que La Reine morte apparaît ici dans une lisibilité parfaite, malgré le fait que son académisme pourrait paraître être battu en brèche :

Insistant en effet sur les failles redoutables que la sensibilité humaine peut susciter au sein de ses contradictions récurrentes, Jean-Laurent Cochet focalise l’attention sur l’amalgame possible entre volontarisme et laxisme en confrontant celui-ci à une raison d’Etat qui elle-même ne pourrait fort bien relever que de la chimère.

Le cynisme faisant place à un scepticisme capricieux, la froideur des personnages de Montherlant va ainsi se diluer davantage dans des passions avortées que dans la lutte d’idéaux contrariés.

Aussi que le prince Pedro (Xavier Delambre) puisse vivre son amour avec Ines de Castro (Catherine Griffoni) ou qu’au contraire il doive se plier au diktat de son père en épousant l’Infante de Navarre (Elisabeth Ventura), cet enjeu stratégique où la mort est requise sous contrat n’aura de portée intelligible, selon J-L Cochet, que si la vulnérabilité de l’âme humaine est placée au coeur de la démonstration scénique.

Selon ce point de vue délibérément humanisé, l’humour latent de Montherlant va pouvoir ici développer la palette souvent contenue de ses multiples variantes en amenant le spectateur à s’interroger sur la pérennité des grands principes et leur bien-fondé.

Une leçon de morale selon Montherlant autant qu’une leçon de choses selon Jean-Laurent Cochet.

Photo LD. presse

LA REINE MORTE - *** Theothea.com - d’ Henry de Montherlant - mise en scène : Jean-Laurent Cochet - avec Catherine Griffoni, Jean-Laurent Cochet... - Théâtre 14 -


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • Gracian Gracian 25 mars 2008 08:20

    " C’est précisément en amenant le rôle au plus prés de soi que J-L Cochet en donne la pleine mesure ............." Cela ne s’appelle pas un comédien mais un cabot !

     

    Il n’a de plus aucune étoffe de metteur en scène.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès