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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La Terreur du Mystère et le père Hugo,

La Terreur du Mystère et le père Hugo,

« Homme, veux-tu trouver le vrai ? cherche le juste.

Mais quant au dogme, neuf et jeune, ou vieux et fruste,

Quant aux saints fabliaux, quant aux religions

Inoculant l’erreur dans leurs contagions,

Semant les fictions, les terreurs, les présages,

Quant à tous ces docteurs, à ces essaims de sages

Qui vont l’un maudissant ce que l’autre a béni,

Qui, volant, bourdonnant, harcelant l’infini,

Feraient abriter Dieu sous une moustiquaire,

Quant au daïri roi, quant au pape vicaire,

Quant à tous ces Corans que chaque âge inventa,

Edda, Veda, Talmud, King ou Zend-Avesta,

Ce n’est qu’une confuse et perverse mêlée ;

En les étudiant, ô pauvre âme aveuglée,

Tu n’apprendras pas plus le réel qu’en cherchant

A composer, avec des insultes, un chant ! »

Victor Hugo, Religions et religion. 

Faut-il rappeler qu'à l'époque romantique, qu'il traversa avec panache et courage, le ton qui prévalait n'était pas l’areligiosité mais l'anticléricalisme. Le mystique qu'il était, dans sa clairvoyance et son humanité sensuelle voire même lubrique, respectait la foi et la spiritualité. Ainsi tout religieux ou spirituel authentique ne s'y trompera pas. Mais proclamait-il :

« C'est un tort de s'absorber dans la loi divine au point de ne plus s'apercevoir de la loi humaine. La mort n'appartient qu'à Dieu. De quel droit les hommes touchent-ils à cette chose inconnue ? »

Les Misérables Tome I (1890)

Les enfants ne s'y trompèrent point. Pourquoi Victor Hugo ? Sans doute pour son rapport au vivant, à l'imaginaire, à l'enfance. Bonhomme à la barbe sibylline, espèce de grand-père bienveillant de la nativité. Dans les petites classes qui sentaient autrefois la craie, l'encre et l'autorité du maître. École d'hier, hélas révolues, pour les enfants vieux devenus. Victor Hugo trôna au milieu de tous les modèles. Universalité aux libres métaphores, complaisance bonhomme pour l'humble condition humaine. Tempête sous un crâne, affrontant les croyances, les systèmes, dénonçant leurs dérives. Grand-père de légendes et d'histoires renouvelées éveillant les cœurs des petits et des grands. La naïveté des enfants qui nous émerveillent, mais aussi celle des aînés qui sont aussi des enfants, mais qu'on ne voit n'y n'écoute plus aujourd'hui. Eux, les anciens se souviennent, pour les plus sensés, que la jeunesse se love précieusement au fond de l'âme et qu'elle se cultive. Ainsi, certains parmi nous se souviennent du père Hugo et entretiennent son empreinte culturelle multiforme, cosmique, étoilée, déraisonnable. Bien sur contestée par l'intellectualité qui « pense ». Celle des empêcheurs d'aimer en rond...les athées par exemple, mais existent-ils vraiment ? enfin le « croient-ils ».

« Bien que Hugo ait lui-même qualifié de "philosophiques" certaines de ses œuvres - de Littérature et philosophie mêlées publié en 1834 au long poème intitulé « Philosophie » dans Religions et religion (1880) - il ne va pas pour autant de soi que l'on puisse véritablement parler d'une philosophie de Victor Hugo. Nietzsche estimait même, pour sa part, que "ce qui frappe chez Victor Hugo, qui a l'ambition de vouloir passer pour un penseur : c'est l'absence de la pensée". Faut-il être aussi sévère ? On serait certes en peine de trouver chez Hugo un enchaînement rationnel des idées, une argumentation en bonne et due forme ou la construction d'un système cohérent, voire des idées philosophiques entièrement originales. Mais l'omniprésence, dans sa poésie comme dans son oeuvre en prose, de thèmes tels que Dieu, le mal, la mort, le droit et la morale, l'histoire et le progrès, la fatalité et la liberté témoignent de préoccupations authentiquement philosophiques, si l'on admet que la philosophie ne prend pas nécessairement une forme conceptuelle, mais peut revêtir une forme vivante et s'incarner dans des images. » 

Victor Hugo et la philosophie – L'Express

Victor Hugo, dans sa pensée, est alors proche de la vision empirique d'Aristote, qui précède, complète et enrichit souvent celle du rationnel et déductif Platon. Comme Hugo, Aristote observe plus qu'il ne contemple. d'abord Aristote s'est attaché très spécialement à réfuter la théorie des Idées ; il constate, pour commencer, que Socrate, inventeur de la méthode dialectique, n'a jamais considéré les choses autrement que dans leur nature, qu'il a fait des inductions et cherché des définitions générales, mais sans jamais attribuer la réalité aux termes généraux séparés des choses. J'imagine bien l'auteur de « Notre Dame de Paris », « La Tragédie des siècles », « Les Misérables » se substituant à Aristote sur le tableau de Raphaël, « l'École d'Athènes » drapé dans sa toge antique, étendant majestueusement, geste horizontal, paume vers la terre, finalité immanente à la vie de l'humanité qu'il a tant aimé et qui au fond lui rend bien. Devant les malheurs dantesques qui l'accablèrent, sa personnalité faustienne décupla de ressources et de créativité. Ainsi naquit l'engouement des tables tournantes. Exilé à Jersey, il fit ressusciter Léopoldine, sa fille aimée, morte noyée, dans une séance de spiritisme. Durant deux ans, Victor Hugo et sa famille « dialoguèrent » avec les esprits de Chateaubriand, Dante, Eschyle et Jésus-Christ... et Hugo se laissa dicter des vers par Shakespeare.

En d'autres temps Aristote clame que « l'astrologie la plus propre et la plus intime philosophie des sciences mathématiques. Elle fait la théorie de l'être à la fois sensible et éternel ». Une tradition venue de l'antiquité la plus reculée et transmise à la postérité sous le voile de la fable nous apprend que « les astres sont des dieux et que la divinité embrasse toute la nature. » Victor Hugo ne prétend pas d'avantage, il est simplement plus proche de la pensée populaire, celle que l'on met en image, en action.

 

« Homme, veux-tu trouver le vrai ? cherche le juste. »

A travers les Misérables, son œuvre la plus traduite et adaptée, il ne cesse d'émerveiller sans jamais se départir d'un sentiment religieux. Climat de paix et de correspondance qui s'instaure dans notre imaginaire. Peut être que les plus chanceux parmi nous ont connu un papa, une maman qui furent des passeurs de message. Ainsi nos ancêtres participent à une grande fête invisible et pourtant bien réelle dans l'amitié et la complicité. Ils s'animent toujours sous le regard bienveillant du conteur paternel de notre enfance, ô combien subjectif. Nous emportent dans des récits historiques, culturels et fantasmatiques aux tiroirs magiques à l'infini. Mélange de contes et d'histoires qui proliférèrent hors du temps. Ce qui n'exclue pas l'histoire sérieuse à l'époque d'Hugo. Celle du premier empire, de l'envolée prométhéenne de l'aigle, à sa chute, des cafouillages politiques, des embrasements, jusqu'au siècle finissant et « la mort de Dieu » nietzschéenne. Chronologie qui tient du divin et pourtant tellement humaine. Le grand chambardement romantique aux facettes multiples a porté ce chaos. Il semble à ce propos que Goethe ait pu dire un jour :

« Les romantiques sont des classiques malades ! »

À chacun ses trésors pour la méditation heureuse, ses moments paisibles de bonne solitude. En toute saison, la correspondance, l'analogie, la métaphore et surtout, la synchronicité. Pour ce dernier vocable, C.G.Jung nous en parlera au siècle suivant.

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent...

Correspondances, les Fleurs du mal, Baudelaire

 

Dans notre quotidien de surface, les coïncidences les plus courantes ont été banalisées. L'on entend pourtant les marques du phénomènes dans des expressions familières « La loi des séries », « La providence », « La loi de Murphy »... Dans l'attitude philosophique et dans la vie qu'elle initie, on s'interroge. Les synchronicités peuvent être très banales : A l'occasion d'une recherche, on retrouve un tableau, par hasard dans un ouvrage d'art et se superpose avec bonheur Victor Hugo, poète prophétique sur la célèbre icône philosophique d'Aristote...viennent alors des réponses foisonnantes.

Jean Valjean, un des épicentre, dont la seule évocation réchauffe le coeur et nous invite au voyage. Dans l'induction hugolienne, l'arbre ne cache pas la forêt,

Jean Valjean est semblable à Héraclès dans la mythologie, par sa force, son courage et ses exploits. Sa rencontre avec un serviteur de Jésus, Monseigneur Myriel va hâter en lui la métamorphose spirituelle d'essence évangélique. Mais c'est un personnage mythique aussi fantastique que Quasimodo. Contrairement à l'Albatros, prince des nuées de Baudelaire, ses ailes de géant se déploient librement et même dangereusement. On fait dire à Javert, son antonyme légaliste, « Valjean va toujours contre, contre le courant, contre l'ordre, contre la loi, contre son propre intérêt même. » « Homme, veux-tu trouver le vrai ? cherche le juste. » Nous dit son créateur. Habité par le fantastiquement vrai et beau des poètes épris de justice. Il magnifie la réalité, l'exalte, l'amplifie. Quoi de plus naturel, qu'à travers le roman et toutes les adaptations théâtrales et cinématographiques de notre temps, il fut et demeure l'un de nos secrets amis, nous qui sommes tous en quête d'un en-de-ça et d'un au-delà.
 

...L'oeil tourné vers le ciel, je marchais dans l'abîme ;

Bien souvent, de mon sort bravant l'injuste affront,

Les flammes ont jailli de ma pensée intime,

Et la langue de feu descendit sur mon front.

 

Mon esprit de Patmos connut le saint délire,

L'effroi qui le précède et l'effroi qui le suit ;

Et mon âme était triste, et les chants de ma lyre

Étaient comme ces voix qui pleurent dans la nuit…

 

Extrait de l'ode 14, cinquième livre des contemplations.

Évocation de Jean dans l'Apocalypse. À la fin de sa vie Victor Hugo entretenait l'intense conviction d'être l'incarnation de l'évangéliste de Patmos.

Jean (Valjean), (osons l'imaginaire) est une incarnation romanesque de la vision envisagée par Victor Hugo de l'apôtre que Jésus aimait.

Jean, l'aigle des cimes selon l'icône, la part de spiritualité et de religiosité du poète et Valjean, (Jean du val) le Jean terrestre en prise avec le réel des Misérables.

L'emprunt du nom de la compagne de Jésus, « Madeleine » autre patronyme évocateur de l'inspiration évangélique qui accompagne le poète.

Fauchelevent, personnage, terrestre, certes, mais aérien, transparent, immatériel, symbolique, malgré son imprégnation rustique paysanne. Actif comme le vent avec lequel il se coltine. La finalité imposée par la faux, mythologique et religieuse, préfigurant la destinée et par la même occasion la mort.

 

En quelque lieu qu'il aille, ou sur mer ou sur terre,
Sous un climat de flamme ou sous un soleil blanc,
Serviteur de Jésus, courtisan de Cythère,
Mendiant ténébreux ou Crésus rutilant,

Citadin, campagnard, vagabond, sédentaire,
Que son petit cerveau soit actif ou soit lent,
Partout l'homme subit la terreur du mystère,
Et ne regarde en haut qu'avec un oeil tremblant…

Le couvercle, les fleurs du mal de Baudelaire

 

Les phonèmes retentissent dans tous les états de conscience populaire et enseignent toute âme sensible qui s'abandonne à l'intelligence du coeur, pas celui des romantiques, mais notre centre, qui fait écho au divin.

 

« Mettez un aveugle au soleil : il ne le verra pas, mais il le sentira. Tiens, dira-t-il, il fait chaud. C'est ainsi que nous sentons, sans le voir, l'être absolu. Il y a une chaleur de Dieu. »

Victor Hugo fut déiste mais rejeta le dogme.

« L’intuition, comme la conscience, est faite de clarté directe ; elle vient de plus loin que l’homme ; elle va au delà de l’homme ; elle est dans l’homme et dans le mystère ; ce qu’elle a d’indéfini finit toujours par arriver. Le prolongement de l’intuition, c’est Dieu. Et c’est parce qu’elle est surhumaine qu’il faut la croire ; c’est parce qu’elle est mystérieuse qu’il faut l’écouter ; c’est parce qu’elle semble obscure qu’elle est lumineuse. »

Victor Hugo, Proses Philosophiques

 

Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange ;
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.

 

Cette épitaphe énigmatique est une fin mystique qui transcende la violence des réalités humaines en général et celles distillées dans les Misérables. Ce poème dépouillé, en forme de conte, suggère l'effacement de l'individualité. Ode apaisante évoquant la simplicité de la métamorphose dans le grand mystère du retour au divin.

 

Joyeuses fêtes et bonne route à tous

 


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13 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 13 décembre 2015 09:27

    Bonjour, Jack

    Content de vous relire.

    Merci pour ces réflexions et pour cette évocation du père Hugo, notamment à travers Les Misérables, ce livre universel par les valeurs qu’il véhicule et qui parlent à tous les peuples.

    Merci encore d’avoir retranscrit cette épitaphe finale que mon épouse et moi prenons plaisir à relire souvent car elle est, à nos yeux, le plus beau résumé philosophique de la vie qui soit.


    • jack mandon jack mandon 13 décembre 2015 10:48

      Bonjour Fergus,

      Toujours ouvert et courtois.

      C’est vrai le livre, en relisant le dernier chapitre, j’ai trouvé des moments de grande profondeur dans une narration fleuve, dont on a pu dire qu’elle est digressive. Mais les critiques manquent souvent de créativité. V.H. nous faisait partager sa vision fourmillante de l’humanité. Imperceptible et vaste humanité dirait Baudelaire.
      C’est en fait des recherches et projections en boucle des quatre versions filmées françaises, depuis maintenant près de 2 mois, qui m’ont encouragé à sortir ce papier.
      Versions 1934 R. Bernard avec Harry Baur...par bribe, hélas, Version 1958, J-P Le Chanois avec Jean Gabin, Version 1982, R. Hossein avec L. Ventura, Version 2000, Josée Dayan avec G. Depardieu. Chaque version apporte une touche personnelle bouleversante entre histoire et lyrisme.

      L’image me ramène au texte et celui-ci au sens caché, c’est ma manière d’être heureux.

      Je ne parviens plus à m’intéresser à l’actualité qui me semble se vider de sa substance vitale.

      Vous évoquiez le quatrain final des Misérables, véritable joyau d’ humilité.

      A vous qui êtes sportif, ce que je partage aussi intensément, je couple la déclamation poétique à l’exercice physique, (à part la natation), c’est un peu surprenant pour ceux qui vous croisent, silencieux, dans un lieu de nature...les solitaires qui parlent à haute voix, ça surprend. On s’y fait.

      Ainsi, il est donné de partir dans la nature avec une bibliothèque en réduction dans la tête.

      J’ai commencé avec La Fontaine, prenant appui sur l’enfance, poursuivis avec Rimbaud, Baudelaire, Victor Hugo. C’est un excellent exercice, parfaitement complémentaire à l’exercice physique, d’autant que ce qui alimente la mémoire, entre autre, c’est l’oxygénation des neurones. Devant un ordinateur, point de salut et peu d’imagination. Tout se conçoit mieux dans le mouvement.

      Je prêche ici, si j’ose dire, un convaincu.


      • Fergus Fergus 13 décembre 2015 12:48

        @ jack mandon

        « Tout se conçoit mieux dans le mouvement. »

        Oui, je suis d’accord, particulièrement si l’on prend ce mot au sens large, dans toutes ses acceptions. Mais au mouvement, je joins la contemplation qui n’est pas forcément synonyme d’immobilité.

        Excellente journée à vous.


      • jack mandon jack mandon 13 décembre 2015 13:40

        @Fergus

        Tout à fait d’accord.

        J’utiliserai une métaphore pour traduire l’interrogation que vous soulevez.

        Il existe deux types de musculature dans l’anatomie humaine, les muscles extérieurs, visibles, bien connus et ceux à l’intérieur du corps, plus directement en prise avec les viscères, qui conditionnent tout autant la bonne santé. La méditation, la contemplation sont analogiques à cette musculature invisible.

        Bonne fin de journée.

        Si vous désirez poursuivre le débat sur des thèmes soulevés par le papier...bien entendu sur des désaccords possibles, avec vous, se sera constructif. Dans ce désert d’échange, je suis preneur,


      • jack mandon jack mandon 14 décembre 2015 10:55

        A tous,

        Marius, Une expression du héros et poète romantique, rappelant la jeunesse hugolienne qui d’ailleurs n’eut point de fin.

        • Si j’étais roi des rois, je donnerai l’empire et mon char et mon sceptre et mon peuple à genoux, pour un baiser de vous.

        • J’ai rencontré dans la rue un jeune homme très pauvre qui aimait : son chapeau était vieux, son habit était usé ; il avait les coudes troués ; l’eau passait à travers ses souliers, et les astres à travers son âme.

        Ce qui me rappelle en d’autres temps les clameurs d’Arthur Rimbaud :

        un extrait de « Ma bohème »

        Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
        Mon paletot aussi devenait idéal,
        J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
        Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

        Tous les deux trop amoureux pour être révolutionnaires



        • jack mandon jack mandon 14 décembre 2015 11:13

          A tous,

          Et Cosette dans tout ça ?

          Quelque peu inexistante, est elle vraiment humaine ?

          C’est une inspiratrice, une muse qui n’a pas vraiment de réalité humaine. Pure produit de l’imaginaire hugolien. C’est l’Anima, la composante féminine qui d’ailleurs prendra vie dans le roman deux années après la disparition de la fille chérie de Victor Hugo, Léopoldine.
          d’autres figures féminines vont rythmer sa vie : son épouse Adèle, sa compagne Juliette, sans compter d’innombrables maîtresses.
          L’Anima, est une inspiratrice insaisissable qui habite toutes les femmes qui gravitent autour du poète.

          "Les femmes, ces diablesses sont nos anges. Oui, l’amour, la femme, le baiser, c’est un cercle dont je vous défie de sortir, et quant à moi, je voudrais bien y rentrer"


          • Il y a un jour où le regard d’une jeune fille a le pouvoir de faire naître au fond d’une âme cette fleur sombre pleine de parfums et de poisons qu’on appelle l’amour.

           


          • jack mandon jack mandon 14 décembre 2015 11:53

             Valjean : Canaille !

            Quelle voix clame cette réponse désespérée ?

            • Voilà comment vous nous appelez, messieurs les gens riches. Parce ce qu’on a le ventre creux, on est des canailles. Vous mangez des truffes, vous autres, des asperges et des petits pois au mois de janvier. Et pour savoir s’il fait froid, vous regardez le thermomètre. Mais nous, la canaille, le thermomètre, c’est notre peau.

            • Non, ce n’est pas Mélanchon, c’est Thénardier.
            • merveilleusement interprété par Bourvil en 1958 dans la version de Le Chanois

            • jack mandon jack mandon 14 décembre 2015 12:59

              L’interprétation la plus poignante fut celle de Silvia Monfort qui habita le rôle d’Éponime avec une grâce angélique infinie. (1958)

              « Sans attendre qu’il lui dît d’avancer, elle entra. Elle entra résolument, regardant avec une sorte d’assurance qui serrait le cœur, toute la chambre et le lit défait. Elle avait les pieds nus. De larges trous à son jupon laissaient voir ses longues jambes et ses genoux maigres. Elle grelottait. […]
              La jeune fille allait et venait dans la mansarde avec une audace de spectre. Elle se démenait sans se préoccuper de sa nudité. Par instants, sa chemise défaite et déchirée lui tombait presque à la ceinture. Elle remuait les chaises, elle dérangeait les objets de toilette posés sur la commode, elle touchait aux vêtements de Marius, elle furetait ce qu’il y avait dans les coins.
              — Tiens, dit-elle, vous avez un miroir !
              Et elle fredonnait, comme si elle eût été seule, des bribes de vaudeville, des refrains folâtres que sa voix gutturale et rauque faisaient lugubres. Sous cette hardiesse perçait je ne sais quoi de contraint, d’inquiet et d’humilié. L’effronterie est une honte.
              Rien n’était plus morne que de la voir s’ébattre et pour ainsi dire voleter dans la chambre avec des mouvements d’oiseau que le jour effare, ou qui a l’aile cassée. On sentait bien qu’avec d’autres conditions d’éducation et de destinée, l’allure gaie et libre de cette jeune fille eût pu être quelque chose de doux et de charmant. Jamais parmi les animaux la créature née pour être une colombe ne se change en une orfraie. Cela ne se voit que parmi les hommes. »

              Il est rare qu’un ancrage visuel coïncide dans la transcendance avec fidélité et subtilité avec l’écriture. Quand cela advient, nous sommes alors en communication absolue.

              Dans ces moments là, l’humain et le divin se confondent, c’est l’extase intérieure.

              Merci Sivia-Éponine toujours je me souviendrai de toi.


              • jack mandon jack mandon 22 décembre 2015 02:18

                La religiosité du père Hugo, qui faisait s’offusquer G. Sand et G.Flaubert et bien d’autres encore.

                "Cœurs profonds, esprits sages, prenez la vie comme Dieu la fait ; c’est une longue épreuve, une préparation inintelligible à la destinée inconnue : cette destinée, la vraie, commence pour l’homme à la première marche de l’intérieur du tombeau, alors il lui apparaît quelque chose, et il commence à distinguer le définitif : le définitif, songez à ce mot. Les vivants voient l’infini ; le définitif ne se laisse voir qu’aux morts. En attendant, aimez et souffrez, espérez et contemplez. Malheur, hélas ! à qui n’aura aimé que des corps, des formes, des apparences ! La mort lui ôtera tout : tâchez d’aimer des âmes, vous les retrouverez.« 

                 »Les Misérables« , plus qu’une peinture de la société d’un temps, entre monarchie, empire et république, s’apparente dans l’esprit hugolien à la condition humaine dans son ensemble... »Baudelaire dirait, Serviteur de Jésus, courtisan de Cythère, mendiant ténébreux ou Crésus rutilant,«  C’est à dire à la manière dantesque,  »La divine comédie«  dans l’être et l’avoir et milieux socio-culturels confondus.

                Ainsi l’art prophétise, ce qui nous change un peu, quant à la forme, de la manière des religieux qui dogmatisent, comme le fit Javert le légaliste. Quand le carcan protecteur de la loi s’ébranla il n’eut de réponse qu’extrême, le suicide. 

                Quand les religions »divine" ou d’état flirtent avec la névrose, c’est la fin de l’humanité.

                Entre les fous de Dieu orientaux et les donneurs de leçon cartésiens occidentaux...point de salut. C’est un concert de misère et de saloperie.

                On ne change pas le monde, mais l’on peut changer de monde...ce que je fis.





                • jack mandon jack mandon 2 janvier 2016 11:07

                  A propos d’Éponine qui incarna la misère, Victor Hugo lui confia ce patronyme pour la raison qu’elle n’a pas de sainte patronne. C’est un prénom romain, voire même grec (éponyme). Une héroïne païenne flamboyante dans l’amour et la mort. 


                  • jack mandon jack mandon 2 janvier 2016 11:22

                    Quant à Cosette, j’évoquais plus haut une hypothèse, c’est une inspiratrice.

                    De nombreux témoignages de « Cosette » louent sa phonétique et son contenu,

                    ex. Difficile à porter, mais tellement beau, tellement charmant. Fragile et courageux, à l’égal de l’héroïne de Hugo."
                    L’avis de Camille Pérouse sur le prénom Cosette

                     L’avis de Cosette Nanjing sur le prénom Cosette
                    Je m’appelle Cosette
                    "Je suis médecin et j’adore mon titre avec mon prénom, Docteur Cosette, il me va tellement bien que je ne me vois pas avec un autre nom,c’est un nom sur mesure pour moi"

                    (29 mai 2012)

                    • jack mandon jack mandon 13 mars 2016 04:48

                      @jack mandon

                      Dans la méditation, nous tournons dans la solitude et repensons toujours nos positionnements.

                      Ainsi, certains parmi nous se souviennent du père Hugo et entretiennent son empreinte culturelle multiforme, cosmique, étoilée, déraisonnable. Bien sur contestée par l’intellectualité qui « pense ». Celle des empêcheurs d’aimer en rond...les athées par exemple,
                      (erreur)
                      Ce n’est pas l’athéisme qui pose problème mais son antonyme, le théisme..
                      C’est bien lui qui déborde dans le déterminisme total, plus enclin à la rigidité dogmatique et peu enclin à l’humour. Créateur qu’il est d’un Dieu vengeur et redoutable. 


                    • Shawford ORANGE SKUNK 13 mars 2016 04:57

                      Big girls cry when there heart are Breaking

                      (Cherche pas à comprendre Jack, produit de mes propres méditations a coucher sur ce miroir de nos âmes qu’est AV, right here right now)

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