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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La Tosca : héroïne d’autrefois, femme d’aujourd’hui...

La Tosca : héroïne d’autrefois, femme d’aujourd’hui...

La Milanaise Serena Sinigaglia propose une nouvelle version de la Tosca de Puccini à La Fenice de Venise. Fondatrice et directrice artistique de l' ATIR (Association Théâtrale Indépendant pour la Recherche) et du Théâtre Ringhiera de Milan, partant de l'affirmation de Dostoïevski « La beauté sauvera le monde » elle nous raconte sa nouvelle régie.

“ Tosca est une grande cantatrice. Son amant Cavaradossi est un grand peintre. Tous les deux crééent de la Beauté et dans leur passion brûle le feu de la Liberté. Leur amour est une lutte politique, contre l'obscurantisme, les abus, la violence, la perversion et l'inexorable décadence morale qui les entoure. Ce qui m'intéresse de mettre en scène dans cette oeuvre c' est son essence : un lieu en train de se désagréger, par manque de soin et d'abandon. Voilà deux mondes qui s'affrontent. Le premier, celui du noble Scarpia, immanent et brutal qui détruit ceux qui l'entourent, l'autre, celui des deux amants, harmonieux et vital, qui résiste et s'oppose au premier avec l'imagination et la passion”.

Sinigaglia poursuit “Tosca est passionnée, jalouse, instinctive. Elle ne parle pas : elle agit. Elle ne parle pas de liberté : elle l'incarne, elle ne défend pas les révolutionnaires : elle les aime, réagit et frappe sans préméditation, instinctivement, avec courage et fierté. “Scarpia, face à Dieu ! » : se sont ses dernières paroles avant de se jeter dans le vide. Son geste est révolutionnaire. Une femme, tyranicide, qui se suicide et sait que le vrai Dieu, celui des justes, saura l'accueillir en son sein. Dans ce geste, il y a toute l'histoire de l'Homme. Les nombreux hommes et femmes qui se sont battus pour quelque chose de plus élevé, les efforts et les sacrifices que chacun de nous a dû affronter pour vivre dignement”.

Ont collaboré au spectacle : la scénographe Maria Spazzi, proposant une scène recouverte de monticules de terre et décorée d' accessoires symbolisant la richesse et le raffinement de l'Ancien Régime, la costumiste Federica Ponissi, qui nous offre des habits somptueux de velours et de dentelle aux couleurs éclatantes, faisant contraste avec la scène sombre de terre battue sur laquelle évolue les chanteurs, avec les jeux de lumière d' Alessandro Verazzi mettant en valeur les protagonistes.

L'Orchestre et le Choeur de La Fenice sont dirigés par Daniele Callegari. Le cast est composé des sopranos Svetla Vassileva et Susanna Branchini en alternance dans le rôle de Tosca, des ténors Stefano Secco et Lorenzo Decaro dans ceux de Cavaradossi, des baritons Roberto Frontali et Angelo Veccia dans ceux du perfide baron Scarpia ; la basse Cristian Saitta est Angelotti, le bariton Enric Martínez-Castignani est le sacristain , le ténor Cristiano Olivieri est Spoletta et le bariton Armando Gabba est Sciarrone.

Un très grand spectacle.

 

http://www.teatrolafenice.it/site/index.php?lingua=ita

Teatro La Fenice Campo San Fantin, 1965 San Marco, 30124 Venezia
E-mail :
info@teatrolafenice.org


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3 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 19 juin 2014 23:03

    Bonsoir, Venise.

    Merci de nous donner envie de voir cette Tosca.

    Un conseil aux personnes qui voudraient assister à un concert à La Fenice : dans les loges de côté, la visibilité est quasiment nulle si l’on ne dispose pas de places au 1er rang.


    • Antoine 20 juin 2014 23:20

      Fergus, cela est relativement secondaire, il m’est fréquemment arrivé, lorsque la mise en scène ne ressemble à rien, de m’asseoir et de fermer les yeux pour recevoir l’essentiel, la musique. Cela dit, ici et comme d’habitude, on commet toujours l’erreur de ne parler que du sujet de l’œuvre alors que l’art n’est pas, même si sa qualité peut être un plus. Pour parler sérieusement de la Tosca, sa caractéristique principale est sa structure quasi wagnérienne : l’usage de « leitmotive » constitue la colonne vertébrale de la partition et on y retrouve ainsi les motifs de Tosca, Scarpia, Cavaradossi, le tout d’une subtile modernité qui fait de Puccini un compositeur bien supérieur à la réputation qu’on lui fait trop souvent !


    • Allexandre 20 juin 2014 14:28

      Bonjour Venise,


      Tosca est l’un des plus beaux opéras de Puccini. Je n’ai pas vu celle-ci, mais j’ai quelques retenues quant à la mise en scène. Vous parler de « lieu qui se désagrège », mais quel lieu ? Tosca se situe en 1800 à Rome. C’est une époque de transition entre l’Ancien Régime et l’édification d’un nouveau monde en Europe. Cet opéra symbolise le duel entre pouvoir et amour, tyrannie et liberté par l’amour rédempteur. Un combat entre le bien et le mal. Rien de très original en fait. Mais l’interprétation et la musique donnent à ce thème toute son actualité et sa dramaticité. Mais les metteurs en scène ont tendance à se prendre pour des génies, qui mieux que quiconque, ont compris la philosophie de l’oeuvre (évidemment personne ne l’avait vu avant eux) et légitiment, en général, des mises en scènes loufoques, tristes et parfois anachroniques. L’opéra est un spectacle pour les sens. L’habitude prise de resituer les oeuvres au XXème siècle est vraiment stupide et injustifiée. Cela supprime la magie du spectacle. Les metteurs en scène ont hélas un ego surdimensionné, et on ne va plus voir et écouter un opéra de tel compositeur, mais de tel metteur en scène. L’humilité n’est pas leur qualité première, c’est certain.

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