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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La tour de Babel et la communication mondiale

La tour de Babel et la communication mondiale

Dans le cadre du 26 septembre, Journée européenne des langues, il nous a paru intéressant de revenir aux sources : la légende de Babel.

Tout le monde en a entendu parler, mais on a souvent oublié les détails de cette histoire, dont les implications sont toujours d’actualité malgré l’évolution de nos civilisations.

1. Rappelons l’histoire telle qu’elle est rapportée dans la Bible :

"Tout le monde parlait alors la même langue et se servait des mêmes mots... Ils se dirent ’Allons ! Au travail pour bâtir une ville, avec une tour dont le sommet touche au ciel !’ Le Seigneur en prit ombrage et se dit : ’Les voilà tous qui forment un peuple unique et parlent la même langue ! S’ils commencent ainsi, rien désormais ne les empêchera de réaliser tout ce qu’ils projettent. Descendons mettre le désordre dans leur langage, et empêchons-les de se comprendre les uns les autres.’ C’est à partir de là qu’il a dispersé les humains sur la terre entière."

Mais cette histoire est bien plus ancienne que la Bible, elle nous vient de loin, du temps des Sumériens.

Dans la version babylonienne, près de 2 000 ans avant le monothéisme européen, il n’y a évidemment pas un unique Seigneur, mais plusieurs dieux :

"S’enorgueillirent jadis les habitants du grand Babylone et décidèrent de construire une tour de la terre jusqu’au ciel, d’entrer dans le palais des Anounnaks, de boire et de manger leur nourriture avec eux. Ils décidèrent de devenir les égaux des dieux. La tour grandit, s’élève vers les cieux, les gens se réjouissent. Cela ne fut pas au gré des dieux. Ils vinrent voir Mardouk et dirent : ’Ô Mardouk, tu es le plus grand d’entre nous ; regarde, combien les gens s’enorgueillissent ! Nous ne voulons pas les voir dans le ciel, leur place est sur terre, qu’ils y restent ! Aide-nous, Mardouk !’

Mardouk réfléchit et jeta un puissant sort sur le grand lac près de Babylone. On puisait de l’eau à boire dans ce lac, on lavait les corps dans ce lac. Mais que se passe-t-il ?… Chacun qui boit ne serait-ce qu’une gorgée oublie sa langue ; il parle avec des mots incompréhensibles, les autres ne le comprennent pas ! Impossible de poser une pierre, d’apporter de la terre, d’édifier les murs ! Le chantier s’arrêta. Voyant cela, le magicien Shouroukkah tomba à genoux et pria : ’Mardouk, ô Mardouk, pourquoi châties-tu les gens qui te sont fidèles ? Comment un époux comprendra-t-il son épouse, comment un fils répondra-t-il à son père, comment les sujets pourraient-il chanter la gloire de leur souverain ? Rends-nous la parole, aie pitié !’

La bonne déesse Ishtar compatit avec eux et pria Mardouk de les pardonner. Et Mardouk fit en sorte qu’un poisson magique apparaisse dans le lac : celui qui le mange recommence à parler comme avant, il retrouve la parole. Les gens louèrent Mardouk, firent de la tour inachevée un temple à sa gloire, abandonnèrent les pensées coupables. Ceux qui ne voulurent manger les poissons babyloniens donnèrent naissance aux autres peuples, parlant des langues étranges et incompréhensibles."

2. Quels enseignements tirer de ces deux versions du mythe de Babel ?

Que les rédacteurs de la Bible ont plagié d’autres auteurs ! Mais qu’il leur soit pardonné, selon les préceptes du patron.

Tout d’abord l’ambivalence.

Dans l’antique version, cette barrière des langues est clairement décrite comme un châtiment, une mesure qui leur complique drôlement la vie quotidienne. Alors que dans la version biblique, l’incompréhension entre les hommes de langues différentes est un phénomène favorable, parce qu’elle est à l’origine de la dispersion de l’humanité sur toute la terre - pourtant moins favorable pour les animaux et l’écologie de la planète Terre... mais ne compliquons pas.

Malgré cette ambiguïté, dans les deux versions on parle toujours de la malédiction de Babel, jamais d’une bénédiction.

Remarquons aussi que, dans la version antique, cette malédiction n’est pas définitive : grâce à l’appui d’une déesse bienveillante, ceux qui mangent le poisson magique se comprennent à nouveau, quand ceux qui s’y refusent continuent de parler des langues "étranges et incompréhensibles".

La fin de Babel serait donc un événement que l’Humanité devrait appeler de ses vœux.

Dans la version biblique, l’histoire en reste à la dispersion de l’humanité, en un monde où la barrière des langues demeure - c’est-à-dire notre monde actuel, dans lequel, si l’on en croit les Babyloniens, nous serions toujours maudits !

Alors, sommes-nous maudits ou pas ?

3. Cette ambivalence demeure encore bien visible aujourd’hui

La plupart des gens s’accordent à penser que l’extrême diversité linguistique de la planète (environ 6 000 langues) est une richesse à préserver absolument. Mais comment sauver des langues alors qu’il en meurt, dit-on, une par jour et que la plupart sont menacées ? Personne n’a de réponse à cela.

L’analogie avec la biodiversité vient immédiatement à l’esprit, car nous avons tous entendu dire à quel point elle est atteinte, à quel point il est important de préserver le patrimoine génétique mondial. Nous connaissons tous le cliché sur les bâtards plus vigoureux que les chiens de race, nous nous rappelons les anecdotes historiques sur les familles royales qui souffraient d’un abus de mariages consanguins, etc. Bref, la diversité, c’est l’avenir de la Terre et de l’humanité.

Poussant l’analogie jusqu’à sa conclusion logique, on peut penser que mettre fin à la malédiction de Babel par une langue auxiliaire mondiale serait un grand danger.

Pourtant, dans le même temps, à l’heure de la mondialisation, chacun s’accorde à reconnaître l’utilité de l’anglais (ou de l’espagnol en Amérique du Sud, et peut-être demain du chinois en Asie), et ce, malgré ses effets nocifs sur la vitalité de certaines langues (suédois, tchèque, par exemple), et malgré les excès d’emprunts de vocabulaire anglophone (France !).

La préservation de la diversité linguistique n’exclut donc pas la recherche d’une solution à Babel. Personnellement, nous pensons même aberrant que les hommes n’aient pas encore trouvé de solution à l’incompréhension qui règne entre eux.

Ce n’est pas demain que nous serons tous frères, mais à l’époque des nanotechnologies et des Airbus géants pour transport de masse, au siècle du commerce et du clavardage par internet, comment est-il possible qu’on ne puisse se parler d’un bout à l’autre de la Terre ?

Sans langue commune ou sans interprète, qui n’a jamais éprouvé le ridicule et l’insatisfaction d’une communication purement gestuelle ? Disons-le franchement : dans de telles circonstances, on se sent idiot, un peu simiesque même !

4. Alors, quelles solutions à la barrière des langues ?


— La traduction automatique.


— Apprendre chacun des tas de langues, dans l’espoir d’en avoir une en commun avec la personne en face de nous, ce qui dépend du hasard.


— Choisir une lingua franca, une langue auxiliaire acceptée par tous - ou presque, car on ne mettra jamais d’accord 5 milliards de gens !

Certains pensent que seule nous sauvera la technologie, la traduction automatique ; à ceux-là nous répondons qu’à ce jour la complexité des langues échappe totalement aux machines : idiotismes, plaisanteries, allusions, argots, références culturelles, contextualité, double et triple sens des mots - tout cela dépasse de loin ce qu’on ne peut encore appeler "intelligence artificielle".

Les effets d’annonce des constructeurs qui chaque année promettent pour demain de grands progrès dans la traduction automatique ne sont que de la mercatique, du "business". Pour l’instant, ces logiciels font du mot à mot (ce qui peut rendre service, reconnaissons-le), mais on est très loin d’une vraie traduction.

D’autres, l’UE en tête, répètent comme un mantra "apprenez des langues".

Mais le polyglottisme n’est pas un but à atteindre, c’est une situation qui existe depuis des siècles : la plupart des Européens sont polyglottes, à des degrés divers et dans diverses langues - nationale, régionale, frontalière, de grande diffusion, familiale ou professionnelle, et pays d’accueil.

La combinaison de langues est bien trop grande pour que le plurilinguisme (ou polyglottisme) assure à tout coup une langue commune, et tout nous montre que cette voie n’a conduit dans l’UE qu’au renforcement de l’anglais lingua franca.

Diverses variantes de cette idée existent : apprendre une langue de chaque groupe linguistique, placer l’anglais obligatoire en deuxième langue étrangère, ou construire un monde politique qui verrait une "grande langue" par continent, etc.

D’autres encore misent sur l’intercompréhension passive, une théorie qui en quinze ans n’a produit aucun résultat probant, aucune méthode d’apprentissage (uniquement un manuel qui concerne des langues voisines, par exemple entre les langues romanes). A notre avis, il ne s’agit que d’une médiocre connaissance de diverses langues, meilleure à l’écrit qu’à l’oral, meilleure passivement qu’en expression active. C’est ce que font depuis des siècles tous ceux qui voyagent et pratiquent beaucoup (marins, marchands, aujourd’hui businessmen, soldats, diplomates, etc.), mais ce n’est ni une nouveauté pédagogique ni une méthode miraculeuse.

Dans ces trois cas de figure, il s’agit d’un fantasme très hollywoodien ou enfantin - celui d’une nouvelle race qui naîtrait de méthodes pédagogiques révolutionnaires : le super-Européen doté de super-pouvoirs linguistiques !

Chacun connaît des enfants et des adultes polyglottes de bon niveau, mais c’est vouloir faire une règle de situations exceptionnelles, c’est confondre l’apprentissage d’une langue "maternelle" (en immersion constante), avec celui d’une langue étrangère, c’est oublier que l’école ne peut faire que de l’initiation aux langues.

Dernière possibilité, la plus logique, celle vers laquelle on tend par la force des choses : une lingua franca commune à toute la planète, c’est la voie d’avenir à court et moyen terme. Là encore, ce n’est pas d’une grande nouveauté, puisque cela a été le cas à toutes les époques ! Grec, latin, arabe, espagnol, russe, allemand, français, portugais, toutes ces langues ont eu leur heure de gloire, et des siècles pour y songer avec nostalgie… Toutes ont connu la "grandeur", le prestige d’être lingua franca apprise par l’élite de leur époque.

Cette solution s’impose inexorablement, car à chaque niveau supérieur d’organisation sociale depuis la vie tribale, une langue commune a été jugée nécessaire : les langues nationales ont chapeauté les langues ethniques ou régionales, parfois dans la douleur des conflits historiques, parfois plus pacifiquement.

Le XXe siècle a vu naître de nombreuses organisations internationales, politiques, commerciales, humanitaires, logistiques, professionnelles ; le fonctionnement de ces institutions étant rigoureusement impossible dans l’égalité des langues des pays membres, force a été d’élire une ou plusieurs langues de travail. Mais ce choix a toujours été un reflet de la puissance des langues et des pays qui les utilisent, jamais un choix raisonné.

Le même phénomène se déroule sous nos yeux à Bruxelles, où l’UE s’est construite sur la base de l’égalité des peuples et des langues, mais où bien vite on a convenu de trois langues de travail : anglais, allemand et français, c’est-à-dire les pays fondateurs plus l’anglais. Dès que la GB a adhéré à l’UE, pourtant sans enthousiasme et en obtenant de nombreux "opt-out", tout s’est accéléré, et le système des trois langues de travail, déjà une grande injustice pour les autres peuples, a montré ses limites et volé en éclats : les dirigeants de UE nous poussent à marche forcée vers l’anglais lingua franca, et, dans les relations extérieures de l’Union, ses envoyés ne font la promotion que de cette langue (sauf exception dans les zones francophones), sans que quiconque leur ait donné mandat pour cela... Notamment en Chine, où l’UE semble vouloir convertir un quart de l’humanité à l’anglais, délaissant l’Europe des cultures au profit de la monoculture anglophone économique. Seuls les naïfs, les hypocrites et ceux qui refusent la réalité peuvent le nier.

Le déclin de la francophonie est le prix à payer pour la construction européenne, il faut le savoir.

Pendant des années, l’UE a caressé le rêve d’un fonctionnement original, basé sur le multilinguisme "richesse de l’Europe", et cet effort a nourri l’idéologie sacro-sainte du multilinguisme. C’est devenu un dogme.

Pourtant, devant l’échec patent de cette politique, quelques voix pragmatiques se font à nouveau entendre. Un seul exemple, en Espagne récemment, une pétition intitulée "Manifeste pour la langue commune" a déclenché une polémique. Il y était rappelé, en substance, qu’une langue commune aussi est une richesse sur le plan politique, en favorisant l’unité d’un pays et de ses citoyens.

Inversement, la Belgique est devenue l’écharde dans le pied (ou la langue !) de l’UE, le rappel permanent que le multilinguisme n’est pas un long fleuve tranquille...

Revenons à Babel : la mondialisation est une évidence pour tous. Si nous pensons qu’une lingua franca est la meilleure solution à long terme pour l’UE et pour le monde, pourquoi ne pas la choisir sur des critères réfléchis et rationnels ?

En premier lieu, il faut éviter d’élire une grande langue nationale, car cela donne un immense avantage personnel, financier, scientifique et politique à ses natifs. Ce qui exclut l’anglais, le français, l’allemand et nombre d’autres.

Deuxièmement, il faut une langue facile, afin qu’elle soit accessible au plus grand nombre, pas seulement à une élite qui a l’occasion de faire des séjours d’immersion et de pratiquer régulièrement. Ce qui, là encore, exclut l’anglais, dont la réputation de facilité n’est que pure propagande, et le français (je renvoie à mon article d’AV sur la facilité comparée des langues).

Troisièmement, il faut que cette langue soit relativement internationale, afin d’avoir une chance d’être soutenue par tous ou presque. Ce qui là encore exclut l’anglais, langue nationale dotée d’une phonétique exceptionnellement chaotique, très inhabituelle parmi les langues, et de très nombreux idiotismes.

On peut rajouter que cette lingua franca devrait être relativement facile à prononcer pour le plus grand nombre de peuples, ce qui exclut les tons à la chinoise, les clics et autres raretés, et fait préférer une langue dont la proportion de consonnes et de voyelles soit proche de 50 % (seul élément objectif, car dire qu’une langue est jolie ou pas est trop subjectif), comme par exemple en espagnol, français ou italien, des langues dites chantantes.
 
Ne restent à notre avis que deux options :


— Une langue nationale ou ethnique facile, celle d’un petit groupe linguistique, si on trouve la perle rare : le basque ou le gaélique, par exemple ? Mais ces langues ne sont pas plus faciles que d’autres ; peut-être l’indonésien réputé facile ? Mais l’UE préférera évidemment une langue européenne, c’est humain.


— L’espéranto, ce qui est logique, puisque cette langue construite l’a été justement pour remplir cette fonction de langue auxiliaire, à partir d’un vocabulaire européen millénaire, c’est un vrai coup de bol pour nous Européens. En outre, sa grammaire est relativement internationale, puisque ramenée aux structures essentielles, et très régulière (comme en chinois, entre autres), sans conjugaisons ni déclinaisons, et à l’accent tonique fixe.

Le noyau de la langue est né d’un esprit génial, Zamenhof, polyglotte et linguiste autodidacte (à une époque où ce titre universitaire n’existait pas), après quoi elle a été peaufinée pendant un siècle par ses locuteurs.

Le choix de l’espéranto comme langue de communication, loin d’être un appauvrissement culturel, serait un gage de neutralité et respecterait toutes les langues en les mettant chacune sur un pied d’égalité, en faisant en sorte qu’une personne discutant avec un anglophone ne se sente pas maladroite, stupide, malhabile à exprimer sa pensée, en situation d’infériorité, d’humiliation, comme c’est le cas aujourd’hui. C’est ce que ressentent souvent les personnes obligées de faire un exposé en anglais dans une entreprise, de discuter politique avec des anglophones de naissance, de négocier avec des natifs, etc.

Comme toute langue, l’espéranto plonge ses racines dans d’autres langues. Certains la qualifient d’artificielle alors que ses racines sont millénaires ! Les nouveaux termes sont créés à partir de ses propres ressources lexicales et par ses possibilités combinatoires (Internet = "reto", le réseau, avec de nombreux mots dérivés), comme en français on a créé "courriel" ou "partagiciel".

Une langue de communication acceptée par la grande majorité serait comme l’eau qui court entre les pays par les rivières et les nappes souterraines, s’élève et retombe en pluie, faisant circuler les idées des uns aux autres. C’est d’ailleurs peut-être ce que certains pays craignent…

On a vu aussi que l’idée est vieille comme l’humanité, légitimée en quelque sorte par le mythe de Babel.

Une autre critique fréquente est l’absence de culture sous-jacente : c’est faux, mais, pour faire court, disons qu’un phénomène culturel sans précédent dans l’histoire de l’humanité est ipso facto de la culture !

Anecdote moins connue, mais très révélatrice des enjeux de pouvoir sous-jacents à la question des langues : déjà du temps des débuts de l’ONU (Société des nations), il avait été proposé d’utiliser l’espéranto comme langue internationale. Ce sont les "grands pays", dont la France et l’Allemagne, qui firent barrage, préférant privilégier leur langue.

Peut-être un jour, la langue mondiale sera-t-elle le chinois, qui sait, mais si l’on admet le besoin, la nécessité d’une langue internationale, force est de constater qu’à moyen terme il nous faudra choisir entre l’anglais ou l’espéranto, la première étant la mieux placée, l’autre la plus adaptée.

Ce que l’UE appelle le plurilinguisme, c’est la langue nationale plus l’anglais pour tous ! Mais il y a toutes sortes de plurilinguismes, et une langue auxiliaire facile n’empêcherait nullement d’apprendre d’autres langues selon les besoins professionnels, les origines familiales, l’expatriation ou les goûts.

Le plurilinguisme de l’UE n’est que le faux-nez du tout-anglais.

N’oublions pas non plus que, malgré les apparences, l’anglais a déjà échoué comme lingua franca mondiale : malgré près d’un siècle d’intense influence et de sommes inouïes investies par les États dans son soutien ou son enseignement, la traduction nécessite toujours d’énormes bataillons d’interprètes à l’ONU, et un très faible pourcentage de la population mondiale est véritablement "fluent". D’ailleurs il n’existe aucune étude sérieuse sur le sujet, et ce n’est pas un hasard... Il a échoué également parce que, malgré sa position très forte dans certains domaines (économique, politique, scientifique), les langues n’acceptent pas réellement cette hégémonie : les Instituts Confucius poussent comme des champignons, l’espagnol se renforce en Amérique du Sud et du Nord (3e langue sur internet), sans compter le français, l’allemand, le russe, l’arabe, qui veulent rester de "grandes langues".

Le dernier espoir de l’anglais de devenir réellement lingua franca mondiale est paradoxalement l’UE qui, dans ses relations extérieures, utilise quasi-exclusivement l’anglais au détriment de toutes ses autres langues, se comportant en véritable représentant de commerce de la GB et des Etats-Unis, outrepassant son mandat qui n’a jamais consisté à imposer l’anglais en Asie...

Cela dit, proposer l’espéranto, c’est un peu comme si la fourmi disait à l’éléphant : "Ce sera toi ou moi !" A chacun de voir si on veut soutenir l’équité ou la force.


5. Conclusion

Il est étonnant de constater à quel point la problématique évoquée dans ces deux versions de Babel est restée d’actualité, plusieurs millénaires plus tard.

La Terre est devenue petite, les communications instantanées, le commerce des biens et des idées explose… Pourtant la barrière des langues demeure bien plus solide que le Mur de Berlin.

Il n’y a aucune réflexion sérieuse sur la communication internationale, car chaque pays tient avant tout à pousser son avantage, ce qui, pour un État, est finalement naturel. Ces mêmes États ont jadis refusé la naissance des ONG, organisations qui nous semblent si naturelles aujourd’hui... Elles sont pourtant nées dans la douleur, dans l’incompréhension voire l’hostilité des puissances - je pense à l’excellent téléfilm d’il y a quelques mois sur la naissance de la Croix-Rouge, historiquement première d’entre les ONG caritatives, née par la force de volonté d’un idéaliste que ses contemporains jugeaient presque illuminé, un peu comme un certain Zamenhof qui a lancé les bases de l’espéranto !

La construction européenne est le moment idéal pour choisir une autre voie que la guerre des langues, pour débattre des différentes options : apprendre tous des tas de langues (un fantasme qui a conduit l’UE au tout-anglais), la traduction automatique (un effet d’annonce des concepteurs de logiciels qui cachent leur échec), ou le choix d’une langue auxiliaire commune sur des critères rationnels de temps d’étude/résultat, d’équité entre les peuples européens, et remplacer enfin le "choix" de la force par celui de la raison.

Dans une nouvelle de Maupassant, Le Rendez-Vous, l’amour que le personnage éprouve pour sa femme d’origine étrangère meurt du jour où elle a appris sa langue et où ils peuvent communiquer... C’est un peu la forme humoristique et un brin cruelle du mythe de Babel, qui laisse transparaître une peur irrationnelle devant l’idée d’une humanité dotée d’une langue auxiliaire commune.


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32 réactions à cet article    


  • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2008 11:25

    J’ai oublié de mettre en illustration le génial tableau de Bruegel
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Tour_de_Babel_(Bruegel)

    Coïncidence, il y est , un peu pastiché et trafiqué, dans l’article du jour sur "PS, faites vos jeux".


    • pepin2pomme 26 septembre 2008 14:50

      Bonan tagon,
      Bonega artikulo, kvankam iom longa. Mi ne konis la maljunan fabelon pri la babela turo, dankon por la historileciono. Mi ankaŭ esperas ke iam la EO preterpasos la anglalingvon en la internacia komunikado, sed mi ne iluziĝas.


      • eugène wermelinger eugène wermelinger 26 septembre 2008 15:14

        al pépin de pomme :
        bonega artikolo, ne konis la malnovan fabelon, ke iam Eo esperanto preterpasos la anglan lingvon, mi ne iluziiĝas.

        Esperante ke vi ne koleriĝos kontraŭ mi pro la proponitaj korektoj, kara samcelano. Male mi gratulas vin pro viaj bonaj progresoj. Sincere.

        al nelacigebla krokodilo : "guto ĉiam falanta, boras eĉ graniton". Via devizo.
         Aux lecteurs : eh oui, des personnes parlant l’espéranto, cela existe, la preuve.


      • pepin2pomme 26 septembre 2008 15:35

        Al Eugene,

        Evidente, mi ne koleriĝos kontraŭ vi, kaj mi ŝatas povi dialogii en EO. Mi remarkis vian korekton pri la mankanta i en mia mesaĝo. Bonvolu konsideri ke mi startis lerni tiun lingvon antaŭ ok aŭ naŭ monatoj, kaj mi ne superas ĝin kiel vi.

        Fartu bone.


      • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 26 septembre 2008 16:37

        Article très intéressant. On y voit encore que, quel que soit la façon dont on tourne le problème, la conclusion est toujours la même… Hélas, nos amis anglophiles préfèrent jouer la politique de l’autruche, plutôt que de voir la réalité en face. Et ensuite, ils vont reprocher à ceux qui ont ouvert les yeux d’être ceux qui refusent de voir la vérité…

        Enfin, un jour, peut-être, l’humanité comprendra… smiley


        • Blastm 30 septembre 2008 08:53

          Ben ouais, c’est pourtant simple comme solution :
          pour lutter contre la diversitée linguistique, inventons de nouveaux idiomes de toute pièces ! :D


        • eugène wermelinger eugène wermelinger 26 septembre 2008 17:24

          povi dialogii en Eo. . mi startis lerni tiun lingvon kaj mi ne superas ĝin kiel vi.

          Do, dua leciono : dialogo = verbo dialogi sen dua i
          starti lerni = eklerni
          mi ne regas ĝin

          Vi povas trovi mian retadreson en mia persona ret-paĝo

          Plej amike. Eŭgeno
           


          • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2008 18:32

            Saluton al ĉiuj !
            Eugène, mi esperas ke la supereco de la angla lingvo ne estas (kaj estos) tiel malmola, kiel granito ! Cetere, tio ĉi ne lacigas min, mi kvazaŭ ludas skrib-batalante !

            (j’espère que la domination de la langue anglaise n’est pas, et ne sera pas, aussi dure que le granit ! Par ailleurs, tout ceci ne me fatigue pas, c’est presque un jeu de batailler par écrit !)

            Et tu as raison, on existe, on utilise l’espéranto, on communique, n’en déplaise à ceux qui refusent de remettre en cause les idées toutes faites.

            J’ai eu un coup de main pour la version antique de Babel, ça a été traduit à partir d’un autre pays, je vais tâcher de retrouver les sources, histoire de rendre à César…

            Pépin2pomme,
            tu as raison de pratiquer dès le début, personnellement, je fais surtout de la lecture (ainsi qu’une participation à un dico en ligne) et un peu d’écoute de la radio (la RAI avait un animateur avec une diction incroyable, mais ils ont fermé, les archives sont encore téléchargeables. "La ondo de esperanto" fait en Russie est bien aussi), mais ça ne remplace pas la pratique, comme pour toute langue.



            • Nicolas Nicolas 29 septembre 2008 20:21

              Saluton, dankon pro la artikolo, vi estas tre skribema ! Je kiu vortaro vi partoprenas ?
              Bonjour et merci pour cet article, de la part d’un rédacteur productif ! à quel dictionnaire tu participes ?
              Nicolas


            • Krokodilo Krokodilo 30 septembre 2008 09:56

              Saluton, j’avais préparé cet article spécialement pour la journée européenne des langues, et celui sur Darcos avait été bloqué une semaine (pour une fois que je suivais l’actualité...), ce qui fait que la semaine dernière j’étais assez présent, c’est vrai.
              Mi tuj faros paŭzon ! (je vais faire une pause). Mi partoprenas medicinan retan vortaron, malrapide...


            • Krokodilo Krokodilo 26 septembre 2008 18:39

              Je signale aussi que Cafébabel a fait un dossier pour la journée des langues,
              http://www.cafebabel.com/fre/article/26442/leonard-orban-bilan-langues-en-europe.html

              certes sans évoquer l’espéranto, mais où la domination de l’anglais dans l’UE est clairement évoquée.
              Je ne partage pas non plus leur souhait de voir se multiplier les VO dans les cinémas (les exploitants ne sont pas fous… "business is business"), mais l’ensemble des quatre articles fait un dossier moins dogmatique que ce qu’on lit souvent ici ou là.
              (La mise en page est curieuse, un article à gauche, les 3 autres sont dans une fenêtre en haut à droite, mais pas sur la page principale).



              • Radix Radix 26 septembre 2008 19:49

                Bonjour

                Il y a une autre histoire de Babel différente et beaucoup plus édifiante.

                La tour à la gloire de Mardouk ne fut jamais achevée car ses adorateurs se divisèrent en d’innombrables factions qui se disputairent la paternité du monument.

                Ils parlaient toujours la même langue mais ils ne se comprenaient plus !

                Les rédacteurs de la Bible, qui pronaient un monothéïsme pur et dur, comprirent les leçons de cette histoire et la simplifièrent à l’usage du vulgum pecus.

                Comme quoi les croyances divisent plus les hommes que la "barrière" des langues !

                Radix


                • skirlet 26 septembre 2008 23:47

                  Un article en espagnol (l’occasion de s’exercer dans l’intercompréhension passive smiley ), titré "Journée européenne des langues, journée européenne de l’hypocrisie" :

                  http://www.soitu.es/participacion/2008/09/26/u/tonyo_1222380264.html

                  Sur le site du Conseil de l’Europe, un tout petit frémissement vers un vrai multilinguisme : des documents en espéranto.

                  http://www.ecml.at/edl/default.asp?t=materials


                  • Gargamel Gargamel 30 septembre 2008 02:15

                    Je continue d’encourager Krokodilo dans cette montée en qualité constante de ces articles. Celui ci est irréprochable jusqu’au point 4, et après ne prend que quelques libertés avec les faits. Franchement si tous ceux sur l’espéranto avaient été écris comme ça, à mon avis il n’y aurait pas eu de guerres espérantistes.
                    Maintenant ce n’est pas parceque j’approuve la façon dont l’article est fait et que je le considère honnête que je suis d’accord avec les conclusions.

                    Imagineons que quelqu’un invente de nos jours une solution totalement alternative à l’informatique en matière de traitement de l’information, un truc à base de cristaux ou que sais-je. Il serait un peu plus facile à prendre en main. Donc on aurait krokodilo nous expliquant qu’entre l’informatique et la cristalitte, l’humanité devrait absolument choisir la cristalite, car il est plus facile de s’y mettre et qu’elle est dégagée d’intérêts internationaux.
                    Là je me sentirais obligé de lui tapotter l’épaule et de lui faire remarquer que c’est un peu tard, les gens se mettent enfin à comprendre l’informatique, elle lie le monde, les entreprises s’en servent, les particuliers du monde entiers se parlent grâce à elle, elle représente une culture immense et des moyens considérables.

                    Bref, abandonner ce système qui fonctionne, auquel les gens se mettent enfin, et qui fait tant de bien à tout le monde, forcer les entreprises et les millions de gens qui savent s’en servir à migrer, pour une amélioration dont la portée n’est peut être pas si vaste, c’est se forcer à reprendre au moins 50 ans de retard.

                    Une dernière chose, tu laisses souvent entendre que vu que l’anglais est la langue des USA, si on la comprend on les renforce. Mais je te ferais remarquer que avec ou sans nous les choses se passent en anglais. La seule différence, et je l’observe dans mon boulot, c’est que quand on parle la langue, on peut comprendre ce qui se passe et imposer notre point de vue.


                    • Krokodilo Krokodilo 30 septembre 2008 09:51

                      Merci, mais c’est toujours un peu la tactique de diviser pour régner , non ? Bien d’autres articles que les miens étaient intéressants, avec des apports différents, ne serait-ce que la semaine dernière celui de Stéphane sur les nombres (25/09/08) qui finit par une analogie avec l’espéranto.
                      Les réticences envers l’espéranto ont de tout autres raisons. Les chroniques de Jacquard sur France-culture étaient très bien faites, ce n’est pas pour autant que les grands magazines et les grands quotidiens ont cessé leur boycottage ou leur indifférence.


                    • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 14:08

                      il nous fait un gag ou quoi, le monde technologe est pleins d’inventions qui étaient mieux que les precedentes et que tout le monde c’est mis à utiliser, de la machine à ecrire on est passer au traitement de texte, du vinil on est passé à la cassette puis au CD puis au mp3, des ordinateurs à cassette on est passé à la disquette puis au CD puis au DVD et même maintenant par telechargement, de l’ampoule one st passé à la diode, ect, ect les exemple sosnt par milliers par millions devrais je dire certains changent et en quelques annés du DVD au blue ray, d’autres bien plus longtemps des chiffres romains aux chiffres arabes. Pourquoi certains sont long à se mettre en place et d’autres où c’est rapide, c’est tout simplement à cause de certaines contraintes phisyques et idéologiques Physique l’esperanto n’est soutenu par aucun etat contrairment à l’anglais, au francais, à l’allemand au russe, ect alors forcement il aura du mal à conquérir des territoires, deuxiement tous les prejugés contre lui , comme il y en a eu en tout que ce soit pour le vote des femmes, l contraception, les chiffres arabes, la laicité, ect, ect.

                      Alors pourquoi je suis pour cette solution, parce que l’on nous vend l’anglais , le multilinguisme les traducteurs automatiques qui devraient resoudrent sur le terrains tous nos mots de communication internationnale. hors sur le terrain , en pratique, ces superbes inventions ne marchent pas à pleins regime comme elles devraient le faire. Tout ce que je pourrais demander c’est de lui donner sa chance une vraie chance à égale concurence que les autres, avec les mêmes moyens qu’ont les autres, un vrai combat d’égal à égal ; et quand ce sera le cas on pourra voir ce que cela donne si les gens en veulent vraiment ou pas ou entre les deux.


                    • Wlad Wlad 2 octobre 2008 16:16

                      "il nous fait un gag ou quoi, le monde technologe est pleins d’inventions qui étaient mieux que les precedentes et que tout le monde c’est mis à utiliser"

                      Cher mal-comprenant, tu tapes à côté de la plaque : ce que te dit Gargamel, c’est que les fameuses avancées dont tu parles (et dont nous allons discuter de la pertinence) ont été lancées comme des améliorations des technologies précédentes, lorsque ces dernières étaient bien implantées. A la différence de l’espéranto qui ne s’appuie pas sur l’anglais (celui-ci étant d’ailleurs répandu depuis peu de temps seulement).

                      "du vinil on est passé à la cassette puis au CD puis au mp3"

                      Le mp3 n’étant pas vraiment ce que j’appellerais une amélioration par rapport au FLAC.

                      "en quelques annés du DVD au blue ray"

                      La pérennité du Blu-Ray n’est pas encore garantie.


                    • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 19:51

                      non, non il existe des technologies bien implantés qui n’ont pas tout de suite maché, le raffale francias ne s’est pas vendu malgré sa technologie améiorée


                    • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 20:17

                      le MD non plus, les suppers portables à ultra grand ecran n’ont pas fonctionnés, les supers clés USB, le retroprojecteur, les DVD RAM et pleins de trucs que j’avais sur mon ancien ordi. En innovation , le wifi, le telephone portable, le gps ont marchés


                    • Krokodilo Krokodilo 30 septembre 2008 10:00

                      Un article du Monde sur une manif en faveur de l’enseignement en espagnol dans la Catalogne, qui fait également suite à une pétition. Comme quoi le régionalisme est légitime, mais une langue commune est un facteur d’unité politique et sociale, la vie n’est pas simple...
                      http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-37136204@7-54,0.html


                      • Krokodilo Krokodilo 30 septembre 2008 15:35

                        Pour ceux qui souhaitent approfondir, je réalise que j’aurais dû citer trois ouvrages classiques sur ce thème de Babel (néanmoins déjà cités dans d’autres articles), qui ont fondé la réflexion de beaucoup d’espérantistes, dont moi-même :

                        L’homme qui a défié Babel : Ludwik Lejzer Zamenhof de René Centassi et Henri Masson, avant-propos de Louis Christophe Zaleski-Zamenhof, Éditions Ramsay ; ISBN 2-7475-1808-6 ; 2002.
                        http://www.esperanto-sat.info/article1010.html
                        (Une biographie de Zamenhof, fondateur de l’espéranto, qui se lit comme un roman d’aventures)

                        Le défi des langues - Du gâchis au bon sens, de Claude Piron
                        (Paris : L’Harmattan, 1994 ; ISBN : 2-7384-2432-5)
                        présentation détaillée ici :
                        http://claudepiron.free.fr/livres/defilanguesbonsens.htm

                         Langues sans frontières (385 p., Autrement, 149 F), qui nous entraîne à la découverte des langues de l’Europe... par Georges Kersaudy, "Ce passionné des langues signe un ouvrage époustouflant d’érudition" dixit la revue Lire en ligne :
                        http://www.lire.fr/entretien.asp?idC=37904&idR=201&idTC=4&idG=



                        • Gargamel Gargamel 30 septembre 2008 20:16

                          Exactement Krokodilo, je disais ça juste pour que tes copains espérantistes veuillent plus jouer avec toi à la récré... C’est comme les lettres de Voltaire à Rousseau ça, ou ce dernier geignait par habitude même quand Voltaire le complimentait sincèrement.

                          Je ne me souviens pas de celui de Stéphane, mais en tête j’ai plutôt les autres que toi, notre ami illetré et l’inénarrable Mr Masson.

                          S’il y a "un boycotage" et (surtout) une indifférence des médias envers l’espéranto, ça n’a rien à voir avec des intérêts occultes et une terreur sourde de la classe dirigeante à l’idée que demain toute la population mondiale décide spontanément de parler espéranto juste parcequ’il y a eu un sujet dessus au journal.

                          Pour prendre un exemple voyons la philatélie, les collectionneurs de timbres. Ca peut paraître ringard et chiant, cet art séculaire regroupe probablement en france seule quelques millions d’adeptes (j’avoue n’avoir trouvé aucun chiffre, donc c’est une proposition réfutable). Mais en tous cas on peut raisonnablement estimer que même s’il n’y a que 200 000 philatélistes en france, le nombre d’espérantistes est déjà battu (2 millions dans le monde est l’estimation sur laquelle on est le moins pas d’accord).
                          Hors imaginez ma stupeur hier soir, en écoutant les infos, de n’entendre rien sur la philatélie ! Quelles menaces ont empêché les médias de parler de ce noble art ? Quel sombre et puissant intérêt s’oppose à ce que la vérité éclate sur la collection de timbres ?
                          Aucun bien sur, c’est juste que c’est une activité parmi des milliers d’autres (nouvelle estimation réfutable), et qu’aux infos ils ne parlent pas de tous les hobbies en permanence. 

                          Je sais que pour toi Krokodilo l’espéranto est très important, et l’univers tout entier du jovial Mr Masson, mais pour la plupart des gens c’est un hobbie plutôt mignon, l’héritage d’un rêve qui aurait pu changer le monde à une époque.

                          De la même façon qu’on entend pas parler des congrès de philatélie ou des achats historiques de timbres qui peuvent se produire, les congrès d’espéranto sont "’passés sous silence".

                          De temps à autres il y a une petite émission sur l’espéranto, qu’est-ce c’est, ses origines, une interview ou deux de gens qui le pratiquent. Les gens aiment, c’est mignon, c’est comme ça que pour ma part j’en ai entendu pour la première fois parler.

                          Et dans l’état actuel des choses c’est la place qu’il mérite.


                          • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 14:54

                            alors boycotte et esperanto, prsonne ne boycotte directment l’esperanto pour ce qu’il mais pour ce qu’ils croient qu’il est. Prenons un exemple tout simple les auteur, il arrive souvent que les editeurs recoivent un manuscrit d’un auteur inconnu, dans le lot des bon et des moins bon, certains auteurs vont avoir une publication rapidement et donnerons soit un flop soit un best seller ou entre les deux, puis il y a certains auteurs que personne ne veut ils ferons 20 editeurs personne n’en veut, mais dans le lots certains vont être soutemu par le 21eme editeur et la miracle, un best seller inimaginable et tous les editeurs qui ont refusées se precipitent à la porte de ce dernier pour editer ses nouveaux bouquins ou ceux qu’ils avait déjà ecrit ; Un autre exemple, un auteur bien connu dans un theme de lecture bien connu va tenter un au theme, son editeur refuse car il ne veut pas d’un flop, cet auteur a l’idée de se creer un nouveau pseudo pour son bouquin à nouveau theme, il tente chez le même editeur ou un autre, le nouveau bouquin du nouveau theme fait un best seller et il continue comme ca sous deux pseudos. Je me souvien d’un auteur qui avait 4 ou 5 pseudo, un jour il a vendu la meche, les editeurs etaient verts. bien sur ca ne marche pas pour tout le monde.

                            Un contre exemple la visiophonie, elle a été bien porté par des grands groupes, mais cela n’a pas fonctionné, car elle n’était pas aussi utile que cela, mais par contre sa petite soeur la webcam fonctionne bien ,car elle correspond à une certaine utilité identique mais à la fois differente de la visio mais pas forcement pour tout le monde.

                            par exemple aussi numericable (noos) a bien eut des soutients comem alice, tele2, orange, pourtant noos c’est casser la figure car il posait trop de problème. pour l’esperanto on ne peut même pas parler de concurrence, il n’a même pas de soutient donc par rapports à la concurrence des autres autres langues, il est inexistant .




                          • Wlad Wlad 2 octobre 2008 16:20

                            Je ne vois vraiment pas la réflexion derrière ce galimatias incompréhensible...

                            "par exemple aussi numericable (noos) a bien eut des soutients comem alice, tele2, orange, pourtant noos c’est casser la figure car il posait trop de problème."

                            Et alors ? Le rapport avec l’espéranto ? Et quels problèmes ? Tu vas repartir dans la théorie du complot ? Numéricable a coulé non pas parce qu’ils proposaient des services de merde, mais parce qu’ils connaissaient la vérité sur l’assassinat de JFK ?


                          • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 19:49

                            exactement ce que je viens de dire, probleme de services à la con,il a eu sa chance comme les autres mais était moins performant . c’est bien tu commence à avancer wlad, aller encore un petit effort d’écoute correcte des autres e enfin j’aurais peut être envie d’écrire correctement avec toi


                          • Gargamel Gargamel 2 octobre 2008 17:04

                            Attention ami Illetré, les efforts pour lesquels je t’avais félicité récement ont étés un peu trop facilement abandonnés.

                            Bon, pour cette fois j’accepte de sacrifier quelques points de santé mentale et de te lire.

                            Bon ils sont bien mignons tes exemples, mais l’espéranto n’est pas une nouvelle technologie parmis tant d’autres, c’est une langue qui ne prend de valeur que si elle est parlée par tout le monde en international.

                            C’est facile d’acheter un bouquin, si on a vraiment de fric on peut acheter un portable qui fait visiophone, et si on a vraiment du fric à perdre on peut même s’en servir, mais remplacer la langue vivante 2 de tous les gens qui ont présence internationale au monde c’est pas du tout le même ordre d’idée !

                            C’est pourquoi j’ai pris l’exemple d’un nouveau paradigme de traitement d’information, pour montrer à quel point le changement serait énorme, surtout comparé aux bénéfices supposés, qui existent certainement, mais qui ne justifient pas un tel déploiement d’immenses ressources et de temps, et nous ferait perdre des dizaines d’années.


                            • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 19:47

                              Tu n’a pas compris, je ne parle même pas que l’eo deviennent langue2, seulement de lui donner les mêmes moyens que les autres et voir ensuite comment, cela se passe, c’est tout


                            • Hermes esperantulo 2 octobre 2008 21:04

                              Alors si on se projette dans l’avenir quand on aura les mêmes moyens pour l’esperanto que pour les autres langues soit une bonne information et un bon financement et appuie. Des experiences peuvent être menées dans des écoles pilotes pour l’effet propedeutique de l’esperanto. L’esperanto peut fort bien être rejeter si des nouvelles avancées technologiques ou éducatives sont bien meilleurs que l’esperanto et coutent moins cher. dans le cas de ses experiences pilotes , elles peuvent se faire sur un ou plusieurs pays, si elle se fait sur plusieurs pays, elle peut conduire à la vérification conjouinte que l’esperanto esun outils de communication de valeur de premiere main au niveau social pour les personnes n’utisant pas enorment l’anglias ou autre langue. Phase suivante, augmentation progressive de la formation de l’esperanto en Europe tout en continuant en parallele le choix de l’anglais au niveau des echanges mondiaux. Du fait de l’intensification de l’esperanto au niveau mondial modification des comportements à l’echelle mondial, mise en place de l’esperanto comme outils completent l’anglais dans certains branches d’activité, c’est que l’on appelle l’effet dollard-euro. Effet de vague de l’esperanto par le gains de temps. modification profonde du fonctionnement mondial des langues, mise en place d’un systeme de multilinguisme performant avec comme langue de base l’esperanto avec une augmentation du vivier des autres langues et donc une accelleration de la mobilité européenne et mondiale.

                              Voici un scénario possible parmi pleins d’autres, c’est un de ceux que nous proposons. Où en sommes nous ?, pour le moment, rien n’est commencé pas de soutiens importants, donc infesable actuellement. faut dejà franchir la premiere étape et après on avisera en fonction de ce que cela donne.

                              En resumé plusieurs fin de scénario( si on fait la premiere etape qui est indispensable), personne ne veut l’esperanto, coexistence d’un systeme anglais ( pour usage professionel)- esperanto (usage de loisir ou dans le cas d’une utilisation trop faible de l’anglais), coexistance anglais esperanto et multilinguisme, tranferts plus ou moins long de l’anglais vers l’eo avec augmentation du fait du tranferts vers l’eo d’un multilingue


                            • Τυφῶν בעל Perkele borntofrag 2 octobre 2008 21:51

                              pourtant moins favorable pour les animaux et l’écologie de la planète Terre.

                              Qu’ils crèvent !

                              tl / dr newfag !

                              Typhon


                              • Gargamel Gargamel 3 octobre 2008 22:09

                                Déjà Esperantulo merci de ton effort sur l’othographe et la ponctuation, c’est vraiment apprécié, et sans aucune ironie.

                                Donc selon toi l’espéranto devrait avoir les mêmes chances que les autres langues, mais déjà il n’y a pas de réele demande de la part des gens d’apprendre l’espéranto. Des cours d’espéranto existent déjà pour qui en ressent le besoin et ils n’ont manifestement pas plus de succès maintenant qu’il y a 120 ans. Ca me semble injuste et illogique de mettre une discipline sur le devant de la scène alors qu’elle peine à garder un public déjà très, très réstreint.

                                Ensuite si on le faisait, deux solutions. Soient les gens ne sont pas interressés et on a formé/payé des profs d’esperanto pour des prunes, soit ils acceptent et on se retrouve avec une portion de gens qui parleront espéranto au lieu de parler anglais. Donc sur le plan international des gens parfaitement inutiles à moins que les autres états du G8 aient simultanément appliqué la même politique.

                                Et en admettant qu’ils l’aient fait, on aura une division entre les anglophones et les espérantophone, loin du résultat qu’on recherchait.


                                • Hermes esperantulo 3 octobre 2008 23:37

                                  &Donc selon toi l’espéranto devrait avoir les mêmes chances que les autres langues, mais déjà il n’y a pas de réele demande de la part des gens d’apprendre l’espéranto. &

                                  Pourquoi pas de demande ? Car il existe de grands prejugées sur cette langue, tant que les prejugées ne sont pas demolis, en resumé tant que l’on observe pas de maniere objective la langue ; on ne peut avancer, c’est ce qui c’est passé pour de bon nombres d’inventions, la tour metalique de Paris, le telephone, la fin de l’esclavage, ect, ect.

                                  On va prendre le visiophone ou le ereader, en pratique il n’y a pas eu de prejugées en général. ce qui a conduit les gens a ne pas les utiliser, c’est tout simplmentque cela ne les interressaient pas.

                                  Prenons un exemple le telephone portable, au debut ce n’était qu’un outils gadjet, en resumer pour se la peter, puis avec le temps il est devenu pour de plus en plus de monde un outils indispensable.

                                  &Des cours d’espéranto existent déjà pour qui en ressent le besoin et ils n’ont manifestement pas plus de succès maintenant qu’il y a 120 ans. Ca me semble injuste et illogique de mettre une discipline sur le devant de la scène alors qu’elle peine à garder un public déjà très, très réstreint. &

                                  oui et non, je vais montrer deux exemple, montrant le contraire. En Pologne ou en Hongrie , je sais plus le pays, l’esperanto a été introduit en option au bac, au début peu de monde mais par la suite une augmentation importante battant d’autres langues dans le bac dont je crois le francais. Ou en Chine durant la réunion universitaire des langues, l’esperanto a subit un gros cout de pub de la part de l’université, de la ville et des médias, ce qui lui a permis d’être la langue en seconde place la plus "visitée" après l’anglais.

                                  &Ensuite si on le faisait, deux solutions. Soient les gens ne sont pas interressés et on a formé/payé des profs d’esperanto pour des prunes, soit ils acceptent et on se retrouve avec une portion de gens qui parleront espéranto au lieu de parler anglais. Donc sur le plan international des gens parfaitement inutiles à moins que les autres états du G8 aient simultanément appliqué la même politique.&

                                  Oui et Non, c’est plus compliquer que cela. La premier phase est le soutien et j’ai preciser d’utiliser des ecoles pilotes ; c’est à dire une 20ène de classe au départ comme ecole pilote. Pour ce nombre, de nombreux esperantistes sont dejà formés pour enseigner, en reusmer il faudrait 4 profs esperantistes sur deux ans, je pense pas que cela va ruiner l’économie francaise. On peut se demander que cela va faire perdre du temps à des eleves, mais les etudes de Paderbornes montre le contraire aucune perte de temps si on introduit l’eo en premiere langu par son effet propedeutique multiple, voir une ammelioration de l’apprentissage des langues. doc en pratique personne n’est perdant. Et dans le pire des cas si elle n’aurait pas été propedeutique, on aurait seulement mis de l’argent en plsu pour remettre à niveau les eleves qui auraient étés testés. l’état francias le fait couramment ;

                                  Pour la suite, c’est différent, plusieurs cas se presentent, bien sur dans le cas où l’esperanto se revelle bien comme accellératuer d’apprentissage des autres langues et surtout de l’anglais :

                                  seul la france utilise l’esperanto, dans ce cas cette langue ne sert que d’effet propedeutique pour booster l’apprentissage de l’anglais, donc personne n’ai perdant

                                  second cas plusieurs pays se mettent simultannent à l’esperanto ou suivent l’experience francaise ; on va alors se retrouver avec la possiblité de tenter les experiences pour communiquer avec cette langue. Dans le cas ou cela ne marche pas en pratique, l’esperanto ne remplacera pas l’anglais mais restera comme effet propedeutique dans l’enseignement. Dans le cas ou cela marche on aura un double usage dans les langues de communications, le niveau professionelle part l’anglais avec tous les coups de formation que seule une entreprise peut fournir ou une personne ayant suffisament d’argent pour se payer une formation professionelle d’anglais ; le second l’esperanto à usage de touriste oud e communication non professionelle, donc la formation de base aura déjà été pleinement assuré par l’education nationall et le reste par le temps personel de la personne de facon autonome sans coup supplementaire, comme j’ai pu le faire.

                                  &Et en admettant qu’ils l’aient fait, on aura une division entre les anglophones et les espérantophone, loin du résultat qu’on recherchait. &

                                  Oui et non cela depend comment cela ce passe sur le terrains et là dessus l’esprit humains peu produire autant de connerie que de choses merveilleuses. Pour ma part, je pense que l’on irait plutot vers l’esperanto comme langue de base de communication et vers un multilinguisme plus varié comprenant l’anglais bien sur, par effet de masse tout simplement car il y très peut de personne qui maitrisent suffisament l’anglais (10% ) à la base et que selon mes recherches sur la facilité de l’esperanto, les 90% restant devraient assez facilement aller vers l’esperanto. donc pour que les anglophones puissent communiquer avec le reste du monde il faudrait apprendre l’esperanto, soit un investissment obligatoire pour les natifs anglophones (5% du monde) et pour les autres par une petite formation continue progressive dans le temps, comme quand on fait un changment technologique, petit à petit le moderne remplace l’ancien.


                                  Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la premiere étape n’est pas encore enclenché, les fameuses ecoles pilotes ; Normalemnet si elles sont mises en place, on arrivera facilement à l’aspect acccelerateur d’apprentissage en mode géhéralisé.

                                  La suivante etape c’est la generalisation de ce procédé au niveau europeen, etape plus difficille à mettre en place, mais qui peutse faire en simultané partout ou en domino, qui induit intrinsequement le test de communication par cette langue.

                                  La suivante plus compliquée par les caracteres de l’être humain, l’accepatation de deux niveau de communication europeenne, la voie proffesionelle par l’anglais et la voie culturelle, sociale europeen par l’esperanto, qui cette étae si elle se franchie, conduit à une modification mondial c’est ce que j’appelle l’effet euro-dollar donc une propagation de l’esperanto au reste du monde pour communiquer facilement avec les europeens.

                                  Après on entre dans l’aspect le plus difficille à prévoir, c’est le basculement des anglophones vers l’esperanto, qui est tout a fait possible par l’effet de masse. et conduisant pour finir à un remodelage des langues, c’est à dire un multilinguisme de communication par l’esperanto, et de culture profonde et pofessionnel par les langues nationales.

                                  Alors , c’est sur, c’est un projet ambitieux où plus ou l’on avance et plus il y a d’incertitudes pour la fin, mais c’est comme cela. Bien sur on peut y trouver quelques variantes, mais là on en ferait une these et j’en ai pas trop le courage.

                                  Pourquoi en 120ans de pratique, on y est pas arriver, ce qu’il faut se rendre c’est qu’avant le debut de l’aventure de l’union européeen, c’était chaque pays pour sa pomme, c’est pour cela que le projet pour l’esperanto de la SDN, c’est gauflé et même que la SDN, c’est cassée la figure par la suite. Lors de l’aventure europenne et suite au grand gagnant c’est à dire les pays anglo saxons, l’anglais c’est introduit dans la faille du moment dans les langues de communication, comme c’est une langue fortement bien soutenu, ;l’esperanto qui n’avait pas d’argent ni de soutient influents n’a pas pu faire le poids, c’est ce qu’on appelle un effet de masse.

                                  Voila c’est pourquoi je dis que le combat n’a pas encore eut lieu et que rien n’est joué definitivement dans ce cas. alors bien sur si on attaque l’anglais de front en concurrence avec l’esperanto comme langue international, cela ne marchera pas. pour y arriver, il faut des etapes intermediaires, permettant de mettre l’echiquer en position de force pour l’esperanto. ce sont des ettapes selons mes recherches fesables pour la plus part assez facilment et rapidement.




                                • J.F. Clet 5 avril 2009 18:32

                                  La bible a détourné les légendes et traditions antérieures, et toujours dans le même sens "craignez Dieu et obéissez-Lui"

                                  La Génèse, par exemple, est l’histoire d’un démon asservissant les pré-humains (en prétendant les avoir crées) et les enfermant dans un jardin ("jardin est un mot apparenté à "garder" : l’endroit ou l’on met les animaux gardés en captivité)
                                  Mais un bon génie (un ange ou un dieu mineur) nommé Serpent prend les humains en pitié et leur apporte la connaissance symbolisée par un fruit) "Mais dieu sait qu’au jour ou vous en mangerez, vos yeux seront ouverts, et vous serze comme des dieux, connaissant le bien et le mal"
                                  Ça finit mal, le démon précipite l’ange à terre, les pré-hominiens s’évadent du jardin avant d’avoir pu recevoir toutes l’éducation que l’ange leur a promise.
                                  Contrairement à ce que le démon espérait, les humains parviennet à survivre hors du jardin, alors il tente de les noyer...

                                  Bref, dans la Génèse, le méchant c’est Dieu, le bon c’est l’ange Serpent

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