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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La traduction française du roman étranger

La traduction française du roman étranger

Un roman, c'est une histoire racontée et surtout écrite. Le travail du traducteur est difficile car il doit ne pas trahir le texte en prenant trop de distances et sortir du cadre littéral.

Le style compte beaucoup.

J'apprécie beaucoup les livres « bien » traduits, c'est à dire pour moi écrit dans un style parfait.

Je viens de refermer le livre « le nom du fils » d'Ernest J.Gaines et j'en sors avec un « drôle de goût » sur la langue : l'histoire est passionnante mais la traduction de l'américain en français, peut être matériellement correcte mais beaucoup trop littérale

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« Le nom du fils »

roman d'Ernest J.Gaines

éditions Liana Lévi

269 pages

mai 2013

 

La difficile reconstruction

Au début des années 70, du siècle dernier, l'égalité des droits est loin d'être gagnée aux Etats Unis.

Les noirs du sud, notamment souffrent encore de la ségrégation qui subsiste ça et là et surtout du comportement de ceux qui possèdent tout : les riches blancs.

Philippe Martin, pasteur officie dans une petite localité de Louisianne.

Il ne se contente pas de s'occuper des âmes. Il participe au combat difficile mais nécessaire pour les droits civiques.

Un soir, lors d'une réception plus politique que mondaine qu'il donne, il reconnaît dans le jeune étranger qui se présente, un fils qu'il a eu naguère dans sa vie d'avant.

C'est le choc et le début de cette histoire, pleine de rebondissements.

Qui était ce révérend avant d'arriver ici et d'être l'homme respectable et respectée de tous ?

Pourquoi et comment a t-il pu, lui, l'homme vénéré, à la tête d'une famille, abandonner un enfant même trois ou plus.

Il décide alors de mieux se connaître ….Qu'a t-il laissé de l'autre côté du fleuve ?

« Mais pourquoi était-il ici ? Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement oublier comme les autres le faisaient ? Les hommes voient leurs bâtards passer tous les jours devant chez eux, certains même en plaisantent ! Il avait fait comme eux. Ce n'était pas son seul enfant naturel ; il en avait eu d'autres dont il connaissait l'existence avec trois ou quatre femmes, et il en avait été fier comme n'importe quel homme. Alors pourquoi être ici à présent ?  » dans le pays de ce passé oublié ?

L'exaction de certains propriétaires du sud et leur mépris du noir sont bien présents dans ce roman mais Ernest J.Gaines n'est pas « un indigène de la République », il n'écrit pas l'histoire avec une loupe déformante, il ne masque rien de la réalité.

La condition des femmes là-bas et des femmes noires est difficile, très difficile.

Elles subissent le double joug : celui des racistes et celui des hommes, y compris de couleurs qui les prennent et les laissent seules avec leurs progénitures.

Seule la traduction ne m'a pas convaincu , notamment le retour de l'indirect après un dialogue par exemple :

« -Qu'est-ce que t'en penses ? Il a demandé à Sheperd. »

L'histoire ne lasse pas le lecteur, elle l'entraîne et le garde jusqu'à la fin.

 

Jean-François Chalot


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12 réactions à cet article    


  • Piere CHALORY Piere Chalory 5 août 2013 11:06

    Bonjour Chalot,


    effectivement, la traduction d’une langue à une autre n’est pas évidente, surtout si le style d’écriture est marqué, certains jeux de mots ou tournures de phrases sont impossibles à traduire, à moins de les remplacer par des équivalences de la langue étrangère. il faut déjà, à mon avis, un traducteur donc la langue maternelle est celle de la traduction, et ensuite qu’il connaisse parfaitement la langue qu’il traduit. 

    Par exemple ; un livre francais traduit en anglais doit l’être par un anglais, ou un américain qui connaisse et comprenne bien les subtilités de la langue française. 

    • ZenZoe ZenZoe 5 août 2013 11:49

      Mais c’est la règle chez tous les éditeurs qui se respectent, et même dans toutles les boîtes de traducteurs - on traduit dans sa langue maternelle.


    • Piere CHALORY Piere Chalory 5 août 2013 12:09

      Vous avez raison Zen Zoe, c’et la règle de base, ce que j’ai dit s’apparente à une lapalissade. mais là où la qualité de la traduction se mesure, c’est vraisemblablement dans la connaissance de la langue étrangère que possède le traducteur. s’il est facile de traduire un manuel scolaire ou un ouvrage technique, il est autrement difficile de retranscrire un texte poétique ou des phrases à double sens.


    • ZenZoe ZenZoe 5 août 2013 12:07

      Chalot, apprenez l’anglais et lisez en VO, c’est ce qu’il y a de mieux !
      En tout cas, merci de nous faire partager votre enthousiasme pour cet écrivain majeur qui a raté de peu dit-on le Nobel en 2004.


      • ARMINIUS ARMINIUS 5 août 2013 14:04

        La traduction est effectivement un art très difficile, d’autant que peuvent se cumuler les difficultés liées à l’histoire, au contexte, au milieu social et à la structure même de la phrase, chaque langue à sa richesse mais aussi sa faiblesse qui peut en rendre la traduction lourde voir indigeste, le travail du traducteur est de pouvoir parfois s’éloigner du texte sans en trahir l’essence...avec un bon brin de plume en surcroît.Une solution : les couples franco-étranger ( en ce qui concerne la traduction vers le français) mais là les difficultés restent sur l’éternelle question : s’éloigner ou rester littéral...la réponse se situe probablement entre les deux , mais où exactement ?


        • L'enfoiré L’enfoiré 5 août 2013 17:53

          On ne traduit jamais bien une langue dans une autre.

          Il vaut mieux lire un livre dans sa version originale.
          Tiens, une question en France, avez-vous des films qui passent en version originale sous-titrée ?

          • Mary Blues Mary Blues 5 août 2013 23:23

            Oui L’ enfoiré , 

            en France certains cinémas « Art et Essai » diffusent des films en VO , je suis une assidue et abonnée du « Sémaphore » à Nîmes et j’y vois des films étrangers ignorés pas les complexes multi-salles , pour vous faire une idée de la programmation actuelle :
            www.cinema-semaphore.fr/‎ 



          • Piere CHALORY Piere Chalory 6 août 2013 09:15

            Une solution ; s’abonner à des chaines de cinéma. 


            Lassé des programmes toujours les m^mes, j’ai fini par m’abonner à un ’’pack’’ cinéma comprenant ; ciné famiz, ciné star, ciné club, ciné classic, et Sundance, qui est une chaîne américaine sous titrée en francais, diffusant des films qui n’ont souvent jamais été doublés en francais car insuffisamment commerciaux. Le tout pour 6 euros 99 par mois, moins cher qu’une place de cinéma. 

            Ciné classic ne diffuse pratiquement que des films en vo, évidemment ces films datent en général des années 50, 60. Mais en ce qui me concerne, j’aime la densité de l’action et des dialogues des films de cette époque, qui fait qu’un bon film des années 50 pourrait facilement fournir 3 ou 4 scénarios de films actuels, et une bonne dizaine de téléfilms. sundance est également intéressante, car très éloignée du ’’téèfone spirit’’, en effet on aurait tendance à croire que les américains ne savent faire que du lourd et simplet, ce n’est heureusement pas le cas. Certains films américains récents sont totalement subversifs et très subtils, peut être est ce pour celà qu’on ne traduit pas en français ?

              smiley



          • télé ton destin télé ton destin 6 août 2013 01:21

            Bonsoir Mr Chalot,

            trop court à mon goût pour un sujet aussi important,
            mais le but premier est de nous faire partager vos lectures
            et de nous donner envie de lire, et pour ça,
            l’objectif est atteint, merci du partage.

            Pour le sujet en question, vaste débat,
            après quelques recherches, j’ai trouvé ceci
            d’autant plus intéressant que cela parle de gens
            qui parle de traduction, et que les ouvrages qui en parlent
            ont eux-mêmes été traduits...

            « Dire presque la même chose [...] être loyal plus que fidèle. »

            Dans cette « tâche » certains ont réalisé de véritables prouesses.

            « On ne traduit jamais bien une langue dans une autre. »
            Mr L’enfoiré, je vous ai plussé pour cette phrase galochante.

            Mary Blues, vous en avez de la chance d’avoir un tel cinoche,
            « Le Roi et l’Oiseau » version junior, je suis curieux...

            « Une charmante bergère et un petit ramoneur de rien du tout... De rien du tout. »
            Grandiose ce dessin animé...


            • Mary Blues Mary Blues 6 août 2013 11:34

              Bonjour télé ton destin 

              je suis très consciente de cette chance, 
              « Le roi et l’oiseau » une petite merveille ce film de Paul Grimault pour les juniors 
               selon l’indication 
              mais les adultes n’y sont pas interdits smiley


            • télé ton destin télé ton destin 6 août 2013 16:08

              Mary Blues,

              votre cinéma n’est pas tout près de chez moi,
              je vais me renseigner dans mes alentours...
              Sinon, pourquoi pas tiens, je n’ai jamais visité votre ville en plus.

              Dans tous les cas, une rediffusion privée en version originale ne va pas tarder.

              Saviez-vous que Hayao Miyazaki a souvent dit s’être inspiré de Paul Grimault,
              du « Roi et l’Oiseau » en particulier ? Mais j’imagine que oui, vous devez le savoir.

              Merci pour ce coup de cœur nostalgique.

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