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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La vie d’Abdellatif Kechiche : une palme d’or d’actualité (...)

La vie d’Abdellatif Kechiche : une palme d’or d’actualité !

Le clap de fin du festival de Cannes 2013 est tombé : c'est Abdellatif Kechiche qui repart avec la palme d'or cette année ! Filiation directe donc avec la très belle palme de 2012 : Amour de Haneke.

Ce jeune réalisateur français, surnommé Abdel, qui a émergé dans les années 2000 s'intéresse autant aux réalités sociales qu'aux destinées singulières comme on a pu le voir tout au long de sa filmographie.

Ainsi, hier à l'heure où certains manifestaient encore contre le mariage pour tous, c'est ce film qui raconte une histoire, finalement très simple, d'une jeune fille se découvrant lesbienne qui a suscité l'adhésion du jury.

Même s'il serait tentant de parler de deux visions du monde qui s'affrontent, nous ne tomberons pas dans cet eceuil ; parce que l'art transcende ce genre d'opposition primaire. Mais aussi parce que le film de Kechiche semble aller bien au-delà du seul propos de l'homosexualité (évitant l'unicentrisme dont souffre trop de films gays) et donne plutôt à voir une vie qui prend un tournant innattendu et sa construction dans sa singularité.

En avant goût de la vie d'Adèle, petit retour sur le parcours cinématographique d'Abdel.

Le fil directeur que l'on peut constater dans l'oeuvre de Kechiche est sans nul doute la question de la différence, de l'amour et de la mixité sociale.

Les multiples obstacles pour s'accomplir et parvenir à une vérité de soi malgré l'oppression souvent violente, en s'y coulant plutôt qu'en l'affrontant frontalement par la conquête de sa propre liberté. D'ailleurs le personnage de Léa Seydoux, citera même Sartre à ce propos dans ce dernier film.

Je vous propose, pour patienter, une petite filmographie commenté retraçant le parcours de celui qui désormais considéré comme l'un des meilleurs réalisateurs français de son époque.

Pas étonnant au fond : car cette époque, il vit avec, il la pense, il la transcende à l'écran.

Et en cela, on peut qualifier son cinéma d'eminemment éthique et actuel.

 

2001 La faute à Voltaire : un premier film risqué sur la question des sans papiers qui raconte l'itinéraire d'un jeune tunisien qui arrive en France. Au fil des rencontres, un destin constituées de richesses innattendues se dessine pour cet être sans destin.

 

2004 L'esquive : le film qui a révélé à la fois Abdellatif Kechiche au grand public mais aussi l'actrice française Sarah Forestier. Des jeunes de cités jouent du Marivaux envers et contre tous et Krimo s'éprend d'amour pour Lydia qui l'entraîne dans sa passion pour le théâtre. Tragique et humour se mêle dans cette difficile entreprise de jouer "l'amour et le hasard" au bas des tours où la violence des conventions règne.

 

2008 La graine et le mulet : Slimane, 61 ans, recemment licencié souhaite ouvrir un restaurant de couscous au poisson sur un bateau qu'il a récupéré mais son projet rencontre bien des obstacles. Pour y parvenir il décide d'aménager le bateau et d'organiser une immense soirée en invitant les gens importants à son projet mais aussi sa famille. Fresque émouvante où la convivialité triomphe malgré les obstacles.

 

2010 Venus noire : l'histoire vraie du destin tragique de la Vénus Hottentote, Saartrije. Yhamina Torres excelle dans ce rôle difficile tout en retenue. Un film véritablement dérangeant où la science est montrée dans toute son abjection. Pourtant il se dégage une forme de grâce inaliénable de la vénus qui conserve toujours une forme de dignité même dans les humiliations les plus viles.

 

2013 La vie d'Adèle : Adaptation de la bande dessinée à fleur de peau "le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh. Le film qui a fait l'unanimité, aussi bien dans le jury que dans la presse, au festival de Cannes, sortira sur nos écrans le 9 octobre prochain, tout comme pour la palme précédente. Il va donc falloir nous armer de patience pour découvrir ce film qui promet d'être très grand.

 


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73 réactions à cet article    


  • philouie 27 mai 2013 12:43

    Cette année à cannes, trois films traitant de l’hommosexualié. signe que ceux qui tiennent les finances ont choisit d’en lâcher pour ce thème.

    preuve d’une propagande idéologique ?


    • Mr Dupont 27 mai 2013 14:37

      Mr Philouie

      Tout à fait

      Ce qui en fait un film commercial à la limite du spot publicitaire


    • nico31 27 mai 2013 14:49

      Tout a fait Dupond.

      Des films de broute-minou il y en a des millions sur le web.

      Si le film échoue en salle, il aura du succès sur x-tube !


    • Jules Jules 27 mai 2013 14:54

      Avec une fille qui cite Sartre dedans, tout de même ! ;)


    • nico31 27 mai 2013 15:00

      Des million de types en manque pourront se dégorger le poireau tout en bénéficiant d’un alibi culturel ! Entre ceux qui ont le triolisme comme fantasme et ceux que le voyeurisme lesbien fait triquer, ce film peut toucher un mec sur deux !


    • Yohan Yohan 27 mai 2013 16:54

      Il faut bien soutenir la théorie fumeuse du gender promue par tous ces gens qui ne réfléchissent plus et qui prennent pour argent comptant tout ce qui est nouveau et qui vient d’ailleurs. Dans certains établissements publics (que je connais bien) on trouve quantité de foldingos, plus ou moins MLF qui y ont élu domicile comme si elles en étaient les patronnes. Des femmes qui passent le plus clair de leur temps à se réunir pour discuter âprement du sexe des anges et pondre des brochures aussi coûteuses qu’inutiles sur le plafond de verre, à refaire les lexiques en introduisant la définition du gender comme s’il s’agissait d’une vérité scientifique partagée, bref à s’exciter pour justifier l’argent public qui sert à financer leur médiocrité.


    • Cocasse Cocasse 27 mai 2013 17:00

      Il n’y a pas Hollywood qui ait un cinéma de propagande. 

      La propagande s’exerce aussi par le choix sans doute idéologiquement compromis du jury.
      Ça m’étonnerait que son film marche. J’ai pas l’impression que le grand public accorde encore de la valeur aux gagnants de Cannes tellement ils ont primé des nullités.
      Par contre, un film de propagande comme « intouchable » a eu du succès. Reste à voir si la machine publicitaire suivra pour imposer cet Adèle. (un film « pédagogique » smiley)

    • bnosec bnosec 28 mai 2013 08:08

      Un film commercial, mais je serais curieux de savoir combien nous a couté cette pseudo oeuvre en subventions.


    • Jules Jules 27 mai 2013 12:44

      Je dirais plutôt un cinéma qui vit avec son époque. Non ?


      • philouie 27 mai 2013 13:09

        un cinéma qui vit avec son époque ?

        une époque formatée par la propagande, oui.

        y-a-t’il eu une demande populaire allant dans ce sens, où assiste-t’on, depuis des années, à un bourrage de crânes provenant des élites médiatiques et culturelles, pour nous faire penser ce qu’ils veulent qu’on pense ?

        regardez les sondages qu’ils disent ! mais ils oublient de dire, l’énergie dépensée pour convaincre le petit peuple de ce qu’est le bien-pensé et montrer du doigt les mal pensant (homophobes donc).

        Qui finance le cinéma ? le peuple ou les élites dominantes ?
        Qui finance les magazines ou la presse ? le peuple ou les élites dominantes ?

        Les sondages prouvent surtout que la propagande est efficace.


      • Jules Jules 27 mai 2013 13:44

        Justement, si vous avez lu mon article, je m’abstiens bien de tomber dans ce bien-pensant et d’opposer homophobe/non-homophobe, de faire de cette palme un pied-de-nez au débats suscités actuellement. Je trouve qu’il y a beaucoup de films gays qui sortent, celui-là me paraît justement dépasser cela. Attendons de voir.


      • lulupipistrelle 27 mai 2013 16:45

        Aj oui, c’est pour ça que les salles ne se remplissent qu’avec les blockbusters américains ?.... 



        Et question piratage, je me marre quand je vois les ayant-droits se démener pour faire appliquer Hadopi... Comme si on téléchargeait les films français !

      • Cocasse Cocasse 27 mai 2013 17:04

        Oui aux US il y a pas mal de propa aussi. A un moment donné, c’était devenu impossible de voir une série sans son PD de service. Alors que dans la vie de tous les jours on en croise rarement (sauf quand on a un proche dans ce cas bien sur). Mais c’est pas représentatif.

        Par contre je connais pas mal de nanas qui sont « bi ». smiley
        C’est devenu la mode. Il y a un coté décadence fin de l’empire dans notre époque, avec des modes sexuelles pour frustrés (échangisme et compagnie).

      • Jules Jules 27 mai 2013 17:10

        Cocasse : « dans la vie de tous les jours, on en croise rarement » (des gays donc pour resituer votre propos)...euh c’est une blague ? o_O

        Ou alors vous vivez sans doute reclus du monde urbain.

      • Cocasse Cocasse 27 mai 2013 17:26

        J’en croise peut être dans la rue sans le savoir, mais personne dans mon environnement (travail, social, famille) sauf un pote. Ça fait pas lourd quand même, sur des dizaines de personnes. Et à y repenser, parmi les personnes que je fréquentais dans le passé, pareil, pourtant j’ai croisé du monde. Donc, oui c’est rare. Il y a sur-représentation.

        C’est peut être une incitation à le devenir ?! ^ ^

      • Jules Jules 27 mai 2013 17:38

        Franchement, je ne crois pas que ce soit une incitation à le devenir. Quel serait l’intérêt d’une telle manœuvre ? 

        Et puis de toute façon, je dirais (très empiriquement), que ce serait une entreprise inutile parce que quand tu ne n’est pas, tu ne l’est pas...

        Même si je reconnais que certains gays ont trop tendance à croire que tout les mecs le sont pour peu qu’ils soient un peu « féminins ». Mais bon, ceci est un autre sujet...

      • Cocasse Cocasse 27 mai 2013 17:57

        C’était plus une boutade. Mais effectivement, à un moment, il y a avait comme une nécessité d’en caser partout. Là j’ai l’impression que ça s’est un peu calmé. 

        Bon, c’est pas pour ça que je boycotterai, si la série en bonne. Je me souviens de 6th feet under par exemple. J’avais trouvé ça pas mal (même si je me suis arrêté à la fin de la première saison).

      • Anaxandre Anaxandre 27 mai 2013 23:54

          L’Égalité Homme-Femme n’étant qu’une chimère de purs idéologues dangereux pour l’Humanité puisque l’égalité détruit en réalité la complémentarité, sa promotion « à coups de pied au cul » ne peut que créer de plus en plus d’homosexuels qui sont - cerise sur le gâteau ! - de très zélés consommateurs.


          Notons aussi que le Masculin et les valeurs viriles sont chaque jour plus dévalorisés, stipendiés et mises en accusation, ce qui ne peut pas être sans conséquences à terme sur l’Affirmation de Soi des jeunes hommes et sur l’expression de leur virilité hétérosexuelle.

          La promotion de l’homosexualité étant faite par tous nos cadors des médias et du showbiz (dans lesquels les deux principaux lobbies français sont assez bien représentés me semble-t-il), cette sexualité ne peut que se développer, tout comme il a fini par devenir obligatoire de s’extasier devant les gribouillis et les coulures hasardeuses des Picasso et autre Pollock.

          Tous les mensonges et les dénis du réel sont bons pour nous imposer les choix et les modes de vie des élites dégénérées devenus modèles pour nos déculturés modernes.

      • Jules Jules 27 mai 2013 23:57

        @ Anaximandre : Alain Soral, bonsoir ! *Vomis*


      • Anaxandre Anaxandre 28 mai 2013 13:41

          C’est tout ? « C’est un peu court jeune homme » !


          Où sont vos contre-arguments ?

          Relisez Platon, Nietzsche ou Rousseau, et tant d’autres grands penseurs, sur les arts et les artistes (et ce bien avant l’art moderne et le cinéma - ce divertissement de masse bien plus politique qu’il n’y parait - auto-promu « septième art » !).

          Quant au développement de l’homosexualité en occident, tous les relais « culturels » de masse en faisant la promotion, c’est son non-développement qui serait étonnant, surtout d’ailleurs si l’on se place du point de vue des « théoriciens du Genre » ou des « queers » !

          Ne vous arrêtez pas à la forme et réfléchissez au fond.

      • Jules Jules 28 mai 2013 14:06

        Ne me faites pas rire : en plaçant Platon, Rousseau et Nietzsche dans une même phrase, vous prouvez votre grossièreté tant ces penseurs sont antithétiques (notamment Platon et Nietzsche au niveau de l’art).


        C’est bien de placer des grands noms pour appuyer ses arguments mais si vous ne les avez pas lus (et encore moins compris) c’est parfaitement inutile et hors de propos.

      • Anaxandre Anaxandre 28 mai 2013 14:51

          Toujours autant d’arguments solides ! smiley smiley smiley

          Et merci de nous apprendre que Platon et Nietzsche ne pensaient pas tout-à fait la même chose !

          « Que m’importe à moi le théâtre ? Que m’importent les crampes de ses « extases » morales où le peuple – et qui n’est pas le « peuple » ! – trouve son compte ? Que m’importent les tours de passe-passe et poses du comédien ! – On le voit, je suis foncièrement anti-théâtral, j’ai au fond de l’âme contre le théâtre, cet art de masse par excellence, le mépris profond qu’éprouve aujourd’hui tout artiste à son endroit. » (Nietzsche contre Wagner) ;

          Ou encore, et là on pourrait relier nos sujets les uns aux autres :

          « Ce principe général qui fournit pour moi le fondement de toute esthétique : à savoir que les valeurs esthétiques reposent sur des valeurs biologiques, que les sentiments de bien-être esthétique sont des sentiments de bien-être physiologique. » (Fragment posthume).

          Je ne vous parle pas d’un Système univoque - ce à quoi vous prétendez me réduire, et pire ! - mais de la capacité, bien rare il est vrai, de produire une critique élevée de l’art et des artistes, ou prétendus tels, de son temps. Vous n’êtes qu’un « moderne »...


      • Anaxandre Anaxandre 28 mai 2013 18:33

          Bonjour Schweizer, le peu que je vois sur les productions audiovisuelles contemporaines ne me donne pas trop envie - et je reste poli ! - d’aller plus loin... Concernant l’auteur de l’article, contre lequel je n’ai aucune animosité particulière (pensez donc : un étudiant...), je lui conseillerai juste de ne pas se contenter de la littérature promue et conseillée par ses Maîtres...

          À quand un second article ?


      • Jules Jules 28 mai 2013 23:42

        C’est pas qu’ils ne pensent pas tout à fait la même chose. C’est qu’ils sont inversés. Nietzsche accuse Socrate (Platon donc par effet miroir) de la mort de l’art.


        Parce qu’il est dans le ressentiment, un peu comme toi en somme.

      • COVADONGA722 COVADONGA722 27 mai 2013 13:28

        bad day guys ! je suis d’accord avec philouie  smiley





        ps , dans la filmographie du lauréat , la graine et le mulet malgrés de « trop bonnes intentions ça tapait juste 
        assez souvent » 

        • Jules Jules 27 mai 2013 13:32

          Oui La graine et le mulet est vraiment un excellent film, on ne sait pas trop où l’on va et pourtant les vingt dernières minutes sont exceptionnelles. Pas vraiment un « happy end » plutôt une indécision. On ne sait rien de l’avenir du restaurant, jute un formidable ancrage dans le présent, la réalité et ses possibles.


        • Fergus Fergus 27 mai 2013 13:55

          Bonjour, Jules.

          « La graine et le mulet » aurait pu en effet être un excellent film s’il n’avait comporté deux interminables scènes qui auraient pû être assez largement amputées sans nuire au reste du film : la danse du ventre et la course du père après sa mobylette. Dommage ! Personnellement, j’avais préféré « L’esquive », superbe de bout en bout et sans temps morts.

          A propos de longueur, il a été dit ce midi sur les ondes que Kéchiche envisage la distribution, non de la version de 2 h 59 récompensée à Cannes malgré quelques réticences sur la durée excessive de certaines scènes mineures, mais d’une version encore plus longue dans laquelle il incluerait de nombreuses séquences restées à l’état de rushes : on parle de 4 h 00 ! Compte tenu de la météo, on a pourtant du mal à croire que Kéchiche ait pu victime d’une insolation !


        • Jules Jules 27 mai 2013 14:04

          Moi aussi : l’esquive reste de loin mon Kechiche favori ! J’espère qu’on retrouvera quelque chose de ce dernier dans La vie d’Adèle, intuitivement je dirais que oui.

          Sinon je trouve au contraire que les deux scènes évoquées font la force de La graine et le mulet, quelque chose s’y passe vraiment.
          Moi ce sont plutôt les scènes d’engueulade répétées autour que j’avais trouvé vraiment « too much ».

        • Cocasse Cocasse 27 mai 2013 17:38

          A priori c’est le genre de film « franchouillard » axé « diversité » que je déteste, en priorité pour l’insupportable sur-jeu des acteurs et les clichés de téléfilm TF1.

          Je me souviens plus si je l’ai vu (c’est possible ça me dit quelque chose). En tout cas si c’est le cas j’ai oublié. On constate l’habituelle différence entre note de la presse et note spectateurs, caractéristique du snobisme.
          Les critiques « zéro étoile » sont pas mal, à priori ça me donne bien le ton du machin, on s’en est déjà tartiné des dizaines comme ça.
          Pendant ce temps, les même critiques descendent des bons films. C’est devenu très dur de trouver de bons films français.

        • Jules Jules 27 mai 2013 17:40

          Pourtant on a de très bons jeunes réalisateurs comme par exemple Joachim Lafosse !


        • Cocasse Cocasse 27 mai 2013 17:52

          Je connais pas, mais connaissant vos goûts, je me méfierais.

          C’est un peu mon soucis, je suis tellement écœuré par tous les navets que j’ai tenté de voir, que je redoute l’expérience maintenant. Je me souviens à peine du dernier film français que j’ai vu, et encore mieux aimé. Le cinéma en général (je l’ai déjà dit sur un autre topic) m’ennuie. Je préfère les séries maintenant, ou voir/revoir de vieux films.

        • Jules Jules 27 mai 2013 17:54

          C’est un tort, Cocasse, il y a du très bon (comme du mauvais) dans le cinéma actuel mais en tout cas, il dit beaucoup sur le monde d’aujourd’hui.


        • philouie 27 mai 2013 21:46

          bad day guys ! je suis d’accord avec philouie

          hélas pour toi, ce n’est pas la première fois.


        • Fergus Fergus 28 mai 2013 09:14

          Bonjour, Musima.

          Je partage votre avis. Et celui de Jules lorsqu’il dit qu’il y a d’excellent films français. C’est une évidence et quiconque fréquente les salles le sait parfaitement. On a tendance à dénigrer le cinéma français pour les dérives de son organisation profesionnelle et l’on a tort car cela ne nuit que de manière marginale àla qualité. Ce n’est pas pour rien que le cinéma français reste au sommet alors que ses homologues ont quasiment disparu chez nos voisins européens.


        • francesca2 francesca2 27 mai 2013 13:31

          Le fil directeur que l’on peut constater dans l’oeuvre de Kechiche est sans nul doute la question de la différence, de l’amour et de la mixité sociale.

          Le Syndicat des professionnels de l’industrie de l’audiovisuel et du cinéma a dénoncé tous les manquements au Code du travail durant les cinq de mois de tournage, de mars à août 2012.

          Il a aussi déploré un climat lourd, des comportements proches du « harcèlement moral », au point que certains ouvriers et techniciens auraient abandonné le navire en cours de route. Chose rare, et terriblement frustrante. Le syndicat a choisi detaper fort le jour où l’équipe du film montait les marches du Palais des festivals pour la « première mondiale ».

          Hier, sur la Croisette, Abdellatif Kechiche savourait les critiques dithyrambiques, tandis qu’à l’autre bout du pays, dans la région Nord-Pas-de-Calais, certains se repassaient le film du tournage. « Une grosse, grosse galère », témoigne ce salarié.« On n’a même pas été invités à la projection. Il paraît, aussi, qu’il n’y a pas de générique de fin. C’est comme si nos noms avaient été effacés, on n’existe plus ! », s’indigne un autre. Dans un communiqué, l’association regroupant les techniciens et ouvriers du cinéma du Nord-Pas-de-Calais, l’Atocan, fait cette remarque grinçante : « Si ce long-métrage devait devenir une référence artistique, nous espérons qu’il ne devienne jamais un exemple en termes de production. »

          Bien sûr, un tournage n’est jamais un fleuve tranquille. Il y a toujours des moments de tension. Mais, bien souvent, il reste le sentiment joyeux d’avoir participé à une belle aventure. C’est le plus important, et ça permet d’oublier le reste. Visiblement, tout le monde n’a pas réussi à sublimer le tournage de La Vie d’Adèle. Des intermittents du spectacle, embauchés sur le tournage, ont accepté de témoigner, sous couvert d’anonymat, car ils tiennent à retrouver du travail. L’un d’eux résume : « Le tournage était prévu pour deux mois et demi. Finalement il a duré le double, à budget constant. Et pour faire du Kechiche, il faut être là à 100 %. Sur cinq mois, c’est pas tenable. »

          Commençons par les tarifs au rabais, et autres entorses au droit social. Certes,La Vie d’Adèle ne sera pas le premier tournage à avoir contourné les règles. La future convention collective du cinéma, quelle qu’elle soit, est d’ailleurs censéemettre de l’ordre dans les contrats de travail. Mais, dans La Vie d’Adèle« les choses sont allées beaucoup trop loin », constate ce technicien, rompu à tous les arrangements sur les films d’auteurs fauchés. Figurants embauchés à l’arrache, au coin d’une rue, devant le magasin d’un disquaire lillois ; planning modifiés avec des cycles de travail sur six jours payés cinq jours, etc.

          La Vie d’Adèle a pourtant bénéficié d’une enveloppe de 4 millions d’euros, ce qui n’est pas rien. Mais le tournage s’est éternisé. Est arrivé le moment où il n’y avait plus d’argent : du moins, c’est ce que disait la personne chargée de la paie, issue de la société Quat’ Sous du réalisateur. Abdellatif Kechiche est aussi coproducteur du film, ce qui n’a pas arrangé les choses. « Il avait tout pouvoir », comme le dit un technicien. Il ne restait plus qu’à faire le bras de fer pour obtenirson chèque, quand une journée déclarée huit heures avait été « oubliée ». Du travail bénévole a même été proposé à certains sur le thème : travailler auprès de Kechiche est une si belle carte de visite. « C’est vrai qu’il s’entoure de jeunes, leur confie des responsabilités. On apprend énormément. Mais c’est aussi parce qu’il cherche des gens malléables. Pour lui, quelqu’un qui a trop d’expérience est formaté. » Il y avait donc beaucoup de stagiaires...

          Certains, en revanche, n’ont eu « aucun problème d’argent » avec la production. Tous leurs frais ont été payés. Mais ils gardent un sentiment mêlé : l’atmosphère sur le tournage n’était « pas humaine »« Il y a eu un mépris pour les conditions de travail, pour le repos de l’équipe, et sa vie privée, je n’ai jamais vu ça », dit cet ancien collaborateur. C’est ce qui le rend le plus mélancolique. « Kechiche peut être chaleureux avec l’équipe, demander aux uns et aux autres s’ils vont bien. Il travaille au plus près des comédiens, il y passe un temps fou. Il peut filmer un repas de famille pendant une heure et demie, en laissant improviser les acteurs, pour capter des éclats du réel, de l’intime. Le résultat est magnifique. Mais quand on connaît l’envers du décor, on se demande vraiment : ’Elle est où cette beauté ?’ C’est à désespérer de tout. »

          Le mépris pour les techniciens revient comme un refrain. « L’histoire de la montre » est restée dans les esprits. Voici la scène : Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sont habillées, assises sur un banc, prêtes à jouer. Soudain Kechiche dit à l’une d’elles : « Dans la scène, tu dois regarder l’heure, alors il te faut une montre. Allezchercher une montre ! », ordonne-t-il. Dans ces cas-là, il faut courir comme un lapin, partir toute affaire cessante. Quelqu’un fonce, donc. A son retour, il y a comme un malaise : Kechiche ne regarde même pas la montre qui vient d’être achetée. Car entre-temps, il a changé d’avis.

          Morale de l’histoire ? « Je pense que Kechiche a un immense respect pour les comédiens. Mais pas pour les techniciens. » La preuve, poursuit-il, « c’était un jour de tournage dans un appartement. On était persuadés qu’on allait filmer. Au lieu de ça, Kechiche s’est assis à table, dans le décor de la cuisine, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. Il a demandé à l’un de ses proches d’allerchercher des huîtres et du champagne. Et ils se sont mis à manger. Nous autres, on attendait ».


          Cinéma éthique, oui, c’est le mot..


          • Jules Jules 27 mai 2013 13:40

            Merci pour ce message très instructif (j’ai lu l’article en question bien évidemment). Cependant ne soyons pas de mauvaise foi : quand je parle de cinéma éthique, je parle du fond, pas des conditions de tournage. Ne laissons pas la polémique affecter notre jugement. C’est important bien sûr mais les deux sont à dissocier et ce n’est certainement ni le premier ni le dernier réalisateur dont on découvre « l’envers du décor ». Quitte à choquer, je trouve que ça fait partie du métier : on ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs et la création exige des sacrifices, ce n’est pas un milieu où il est facile d’exercer (à n’importe quel niveau).


          • francesca2 francesca2 27 mai 2013 14:07

            Vous m’écœurez plus que vous ne me choquez

            Ce monde de faux semblants compassionnels vous appartient, bonne continuation. 




          • Jules Jules 27 mai 2013 14:09

            Quelle compassion ? C’est vous qui confondez tout par un excès de bonnes intentions et passez à côté de l’essentiel en vous offusquant à tout va et en tombant dans la polémique.


          • Yohan Yohan 27 mai 2013 16:58

            ça ressemble fort à « prend le Kéchiche et tire toi » smiley


          • Yohan Yohan 27 mai 2013 17:02

            " Dans la scène, tu dois regarder l’heure, alors il te faut une montre. Allezchercher une montre ! », ordonne-t-il. Dans ces cas-là, il faut courir comme un lapin, partir toute affaire cessante. Quelqu’un fonce, donc. A son retour, il y a comme un malaise : Kechiche ne regarde même pas la montre qui vient d’être achetée. Car entre-temps, il a changé d’avis.


            Zont pas l’air très futé dans cette production, pas prêteur surtout smiley


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