Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Lazarus, la chanson testament de David Bowie

Lazarus, la chanson testament de David Bowie

 

 

« Look up here, I’m in heaven/I’ve got scars that can’t be seen (Regarde au ciel, je suis au paradis/J’ai des cicatrices que tu ne peux pas voir) », chante David Bowie en introduction de son dernier et ultime clip intitulé Lazarus, du nom de la comédie musicale mise en scène par Ivo van Hove aux côtés de l’artiste où Lazarus est interprété par Michael C. Hall (qui jouait Dexter).

Lazarus est un personnage de la bible qui aurait ressuscité par Jesus 4 jours après sa mort.

Cette chanson possède un son quasi surnaturel qui semble nous parvenir de loin.

Look up here, I’m in heaven
Je suis mort. Une phrase suivie de trois notes de guitare, fatales. C’est la vie.

I’ve got scars that can’t be seen
Les cicatrices de celui qui a choisi de vivre sa vie à fond, des cicatrices profondes, celles de blessures dont personne ne connaît l’existence. J’ai été marqué par la vie.

I’ve got drama, can’t be stolen
J’ai bien profité de la vie avec ses joies et ses pleurs. Tout cela, on ne pourra pas me le reprendre.

Everybody knows me now
Je suis à tous, pour tous, pour toujours.
La musique s’écoule, tels les grains d’un sablier, vers des horizons plus apaisés. La guitare cède la place au saxophone. La rage se transforme en souffrance.

Look up here, man, I’m in danger
Je suis en train de mourir. Il chante son agonie, sa peur de la mort.

I’ve got nothing else to lose
À part la vie, je n’ai plus rien à perdre.

I’m so high it makes my brain whirl
Je suis déjà au ciel, en pensée, je suis détaché de ce monde terrestre et je plane.

Dropped my cell phone down below
Je laisse tout derrière moi, je n’emporte rien avec moi.

Ain’t that just like me
Un peu d’autodérision.

By the time I got to New York
La musique se déploie : souvenirs.
C’est l’époque où pendant ma vie sur terre, j’ai décidé de m’installer à New York. “Mieux que Los Angeles et cent fois mieux que Londres. A New York, les gens qu’on rencontre dans la rue se contentent de dire, ‘Oh, regarde, c’est David Bowie !’ avant de poursuivre leur chemin.”

I was living like a king
Then I used up all my money
I was looking for your ass

La vie trépidante et bruyante de New York : soirées, drogue, sexe. Une vie remplie de tentations. J’ai bien vécu, j’en ai profité, je me suis amusé, j’ai brûlé la chandelle par les deux bouts. Je ne regrette rien !

This way or no way
She’ll know, I ‘ll be free
Il n’y a pas d’échappatoire. Et elle, mon amour, sait que je serai libre, libéré. De la terre. J’ai échangé la terre contre une “Blackstar”.

Just like that bluebird
Il aperçoit un oiseau bleu, symbole de chance en Amérique. Je suis heureux, ne t’inquiète pas.

Ain’t that just like me
Je suis ce petit oiseau, regarde bien. Je suis encore là, même si je suis mort. Il chante, heureux et plein d’espoir.

Oh I’ll be free
Un chant glorieux, extatique.

Just like… that bluebird
Oh I’ll be free
Ain’ that just like me
Il chante comme moi-oi-oi-oi-oi-oi-oi-. Il trébuche sur le mot. La douleur est trop vive, il ne peut plus parler.

 

Comme l’écrit le metteur en scène Ivo van Hove, le sublime Lazarus est le morceau testament de Bowie.

 

Arnaud MOUILLARD - http://arnaudmouillard.fr

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.33/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • vesjem vesjem 27 janvier 20:18

    excellent , sublime et dramatique


    • devphil30 devphil30 28 janvier 08:00

      Il y a plus dramatique ce qui n’ôte rien à la valeur probable de cet album.


      Philippe

      • Bernard Pinon Bernard Pinon 28 janvier 11:22

        Ce qui est étonnant, c’est que personne n’a perçu le message de ce clip avant la mort de Bowie. Alors qu’il apparaît sur un lit d’hôpital (=maladie) avec les yeux bandés (=condamné), personne n’a vu que cela signifiait qu’il était condamné par sa maladie...


        • johnmoustache 28 janvier 13:28

          @Bernard Pinon

          L’album Blackstar n’est sorti que quatre jours avant sa mort.
          Personnellement je ne regarde jamais les clips avant d’avoir écouté un album car je préfère ne pas être influencé par les images, et l’anglais n’étant pas ma langue maternelle, je n’ai rien perçu du tout !
          Par contre cette chanson me fait très fortement penser aux Cure période Disintagration voire Faith...
          Le manque de recul et la mégalomanie des « rockstars » ajouté à l’immortalité qu’on leur prête peut expliquer le fait que peu d’auditeur ont perçu le message de cette chanson.
          Et beaucoup ont en plus écouté l’album en entier sans forcément savoir que Lazarus en était le single...


        • Surya Surya 28 janvier 18:52

          @johnmoustache

          Deux jours seulement en fait, si je ne me trompe pas. Il est sorti le 8 et je crois qu’il est décédé le 10.

          @Arnaud Mouillard
          J’aime beaucoup Lazarus, mais pour moi le réel chef d’oeuvre de l’album, c’est Blackstar lui même. Il y a vraiment une ambiance très particulière dans ce titre. C’est très profond. Quand je l’ai écouté, j’ai carrément eu l’impression que ces sons arrivaient tout droit de l’au delà, du pays des morts. Ca peut sembler exaggéré, mais écoutez bien, vous verrez. 

          Un article très intéressant sur cette très belle chanson, merci. 

        • ZenZoe ZenZoe 28 janvier 14:08

          Personnellement, j’ai été plus secouée par le clip lui-même que les mots de la chanson.
          Bowie y apparait comme très marqué par la maladie, ressemblant plus à un spectre qu’à la figure flamboyante qu’il était autrefois.
          On se prend la vérité en pleine figure avec ce clip. Un Bowie sans paillettes, sans maquillage, sans costume de scène. Dépouillé. Au seuil de la mort, C’est peut-être ce qu’il a fait de plus vrai.


          • bercav bercav 28 janvier 14:25

            Pénible à regarder. Cette mise en scène d’eux-mêmes y compris sur leur lit de mort, pour les dieux vivants (mais des fois ça s’arrête...) de la société du spectacle ne participe pas à une vision de l’homme apaisé.
            « Regardez moi une dernière fois, je crève », semble dire ce pantin désincarné... et bien des millions de gens anonymes aimeraient aussi un peu de considération, tous les jours dans les hôpitaux et les EHPAD, mais les vivants s’en foutent bien car ce ne sont pas des David Bowie (et peu importe son talent). Alors la facile mise en scène de sa propre mort, c’est pas le souvenir que je garderai de Bowie et si c’est bien ce qu’il a fait en dernier, c’est pas ce qu’il a fait de mieux...


            • Lisa SION 2 Lisa SION 2 28 janvier 16:49

              De savoir que le système est toujours prêt à te vampiriser sur ton lit de mort pour réanimer la fontaine à dollar...ça m’émeuuuuh !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès