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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le 9è art : Soleil levant

Le 9è art : Soleil levant

Abêtissants, cruels, dérangeants, immatures et menaçants. Ces 5 adjectifs ont pendant des années caractérisés la production livresque d'un des plus grands pays producteurs de bandes dessinées.

En programmant pour la première fois ou presque un dessin anime japonais, Antenne 2 ne s'imaginait sans doute pas qu'une nuée d'esprits « bienveillants » allaient tomber sur le dos de Goldorak. Accusée de terroriser les enfants par certains, la chaine ne cède pas d'un pouce et termine la diffusion du feuilleton. Devant le succès d'audience rencontré, d'autres vont suivre et les autres chaines vont suivre le mouvement, afin d’exploiter le filon. La dérive de certaines chaînes qui programment certaines séries en dépit du bon sens va alors renforcer la méfiance et la défiance d’intellectuels parfois avides de protection de l’enfance, mais toujours de publicité personnelle.

Le succès de Goldorak permet a Antenne 2 de diffuser d'autres oeuvres d'un genre différent. Cobra, Albator et les Maitres de l'Univers séduisaient les jeunes garçons tandis que les filles vibraient aux malheurs de Candy, de Clémentine ou de Lady Oscar. Le succès est tel que très vite, des coproductions sont mises en place afin d'alimenter le marché.

Pourtant, seules les versions animées ont été diffusées dans les années 80. Les éditeurs firent preuve de frilosité pour publier les volumes papiers. A leur décharge, certaines séries se composaient déjà de plusieurs dizaines de volumesde plus de cent pages, ce qui constituait un défi éditorial. Il faudra attendre le pari osé de Glenat avec Akira, puis le succès de Dragon Ball pour que la France s'ouvre massivement au manga qui, a ce moment la, n'était disponible que dans quelques boutiques parisiennes, et en VO de surcroit...

Les "images dérisoires" sont les héritières directes de l'art pictural et dramatique japonais. Les estampes japonaises, bien qu'elles ne soient pas de la bande dessinée, ont défini un style graphique qui perdure encore aujourd'hui. C' est d'ailleurs la diffusion en Europe des estampes de Hokusai qui fait connaitre ce mot pour la première fois en occident. La haute estime que la culture japonaise tient de l'usage de l'image, au contraire de la culture européenne qui privilégie l'écrit, explique le fait qu'au Japon, le manga est considéré comme étant un art majeur, partie intégrante de la littérature. En Europe en revanche, pour un critique littéraire, parler de bande dessinée est une épreuve proche de l'humiliation d'autant plus difficile à soutenir que de plus en plus, des oeuvres d'une qualité manifeste sont désormais produites. Pour satisfaire son ego, le critique a trouvé la parade en inventant de toute pièce le "roman graphique", expression boboesque par excellence...

 
Une des Cent vues du Fuji-Yama, de Hokusaï. Ce trait si reconnaisable est à la base du manga actuel.


Historiquement, les premiers mangas datent des années 1860. La société japonaise a subi un violent séisme en étant forcée de s'ouvrir au contact de l'occident suite a une intervention américaine, soucieuse de s'assurer de nouveaux débouchés commerciaux. Le Japon y découvre les arts et les techniques occidentales, qui font passer en une dizaine d'années le pays d'une économie féodale au monde moderne. La presse japonaise prend forme a ce moment là et, reprenant une tradition de la satire présente au theatre, commence a faire la part belle a la caricature et a la satire politique. Le gouvernement, soucieux de son influence, fait limiter les pouvoirs de la presse en 1925 par la loi dite de "préservation de la paix". Pour continuer à exister, la satire se déplace des caricatures aux séries dessinées balbutiantes. Le gouvernement militaire, en 1940, y mettra fin en mobilisant les dessinateurs aux fins de propagande pure.

 
Un exemple du canon du manga de l'avant-guerre. Notez la structure très figée, très théatrale de la composition. L'influence du Kabuki y est très présente.



La défaite de l'empire constitue une véritable césure. La société japonaise voit une bonne partie de ses croyances, de ses convictions, de ses traditions remises en cause. Le déboussolement est total. Si on y ajoute l'arrivée massive de magazines et de produits culturels américains, on comprend pourquoi 1945 constitue une coupure dans la production dessinée : de 1868 a 1944, le manga est, visuellement, une transcription quasi parfaite du theatre traditionnel japonais. Les scènes sont très statiques, les personnages systématiquement au centre de l'image, en pied.

L'arrivée massive du comics strip et des comics book fait l'effet d'une bombe dans la scène dessinée. Ozamu Tezuka est le premier dessinateur a comprendre les évolutions nécessaires et le potentiel énorme que l'occupation américaine peut apporter.

Si le manga s'inspirait, dans sa composition, du theatre et plus en arrière de l'estampe, Tezuka fait du cinema la fondation du nouveau manga. Inspiré et impressionné par la qualité des productions Walt Disney, Tezuka écrit et dessine ses oeuvres comme autant de véritables films sur papier. Le cadrage devient une technique a lui tout seul, permettant de varier les effets, pouvant renforcer ou atténuer un moment intense selon les besoins du scénario. Le découpage donne un rythme jamais égalé et qui, aujourd'hui encore, permet au cinéaste qui désire adapter un manga de se passer quasiment de l'étape du storyboard. 

 

 
Black Jack est une des séries les plus célèbres du grand maître Tezuka qui se représente aux côtés de son héros fétiche. Ce dernier, adepte de l'autodérision, n'hésitait pas à apparaître dans ses propres oeuvres en tant que figurant, très souvent en mauvaise posture.



Dans les premiers temps cependant, les auteurs japonais doivent composer avec la censure américaine qui se méfie énormément des anciens ennemis. Certains sujets sont plus que déconseillés. Pour contourner l'obstacle, les auteurs transposent l'action dans le riche passé féodal du pays. Quand la censure américaine se fera plus lâche, les auteurs ne se priveront pas d'exprimer leurs remerciement et leurs critiques acerbes envers une nation qui leur aura apporté la démocratie, la liberté d'expression et la mort atomique...

Le manga entre dans son ère industrielle. Tezuka ouvre la voie avec des titres tels que Astro Boy ou Black Jack. Saisissant parfaitement le potentiel de la télévision alors naissante, Tezuka supervise, en même temps qu'il écrit ses nouvelles oeuvres, les adaptations en dessin animé de ses premiers ouvrages. C' est la naissance de l'Animé, une caractéristique typiquement japonaise. Si un manga a suffisamment de succès, une adaptation télévisée est lancée. Si le dessin animé plait au public, l'oeuvre investit les salles de cinema, soit au travers d'une série d'épisodes remontés et enrichis de scènes inédites, soit par le biais d'aventures totalement inédites, mais respectant la continuité de la série originale. Le développement du marché de la video dans les années 80 a encore élargi le spectre de diffusion, privilégiant les moyens métrages ( 40 ou 50 minutes ), enrichissant la série originale parfois de dizaines de films supplémentaires... Pour le coup, le système hollywoodien de production cinématographique est largement distancé !

Pour en revenir au secteur papier proprement dit, les chiffres sont éloquents : il est estimé que 60 % des japonais lisent ne serait-ce que un manga par semaine ! C'est un chiffre qui ferait rêver n'importe quelle maison d'édition européenne...

La diffusion du manga au Japon se fait en premier lieu dans des revues spécialisées, telles que Shonen Jump, Shonen magazine. Le tirage des plus gros hebdomadaires est d'environ 2,8 millions d'exemplaires, un chiffre qui là encore ferait fantasmer tout éditeur de presse, même si ce chiffre est désormais inférieur de moitié aux 6 millions du début des années 90. Ce sont de véritables pavés, parfois de 400 pages, qui accueillent entre 5 et 10 séries, tirés sur un papier de basse qualité pour réduire les couts. Les séries les plus populaires sont elles reprises en albums dans des volumes brochés, plus à même d'être collectionnés. La encore, les séries les plus demandées passent sur le petit écran, alors que les séries délaissées par les lecteurs peuvent s'interrompre en plein milieu de la saga...

 
Au Japon, en raison de son prix très modique, il n'est pas rare de trouver ces magazines abandonnés sur les bancs du métro. Un seul exemplaire acheté peut ainsi être lu par des dizaines de personnes.



Pour la France, quelques essais furent lancés a la fin des années 70, la plupart du temps dans des fanzines. Il faut attendre 1989 et le succès surprise d' Akira au cinema pour que Glénat sorte le premier manga avec réussite. Diffusée en kiosque, la série est vite reprise en album. Glénat va d'ailleurs apprendre a ses dépends le risque que l'on prend a publier une histoire encore non terminée : il s'écoule près de trois ans entre la sortie des volumes 11 et 12, l'auteur ayant eu quelques soucis de santé.

Le succès critique et public pousse Glénat a sortir des séries connues comme Dragon Ball et Ranma 1/2. Succès encore, et cette fois l'éditeur prend le risque de sortir des oeuvres de parfaits inconnus, très matures et sans aucun support télévisé pour en assurer la notoriété. Masashi Tanaka livre alors avec Gon la vie dangereuse, burlesque et totalement muette d'un bébé tyrannosaure, alors que Taniguchi reste en milieu urbain mais le dépayse totalement dans ses Quartiers Lointains, ou avec L'homme qui Marche. Le pli est pris. Dès lors, la part du manga dans la diffusion française ne va pas cesser de s'accroitre pour atteindre aujourd'hui un niveau record. Les nouveautés manga représentent en moyenne 40 % du marché de la BD, et 25 % de son chiffre d'affaire.

 

"L'homme qui marche" est un manga comme les éditeurs les aiment : avec très peu de dialogues, ce qui limite les coûts de traduction...
 

 

 



La quantité est si importante que les libraires désormais peuvent, et doivent, pour plus de facilité, classer les titres non seulement par ordre alphabétique, mais également par genre, tout comme un rayon littérature normale est différencié entre le polar, la comédie, la biographie ou l'essai proprement dit.

Le classement japonais défini une quinzaine de catégories. Ici, c'est un peu plus simplifié car on ne tient pas vraiment compte des sous-genres.

Le shojo, par exemple, désigne les séries destinées en priorité aux jeunes filles. Les héroïnes y sont soit des lycéennes enamourées, ou des guerrières ou des magiciennes luttant contre les forces du mal.

Le pendant masculin, le shonen, reproduit le même schema, sauf qu'a la place de la lycéenne amoureuse, le héros y est souvent un jeune garçon qui doit parcourir un chemin initiatique que les romans picaresques ne renieraient pas.

Le seinen regroupe les séries adultes, sexuellement explicites ou non. Le yaoi ou yuri traite de l'homosexualité masculine ou féminine. Le Hentai va de l' érotique au porno.

Physiquement, un manga est dans la quasi totalité des cas en noir et blanc. Le système économique de production et de diffusion ne laisse que peu de temps au mangaka pour faire autre chose. Le plus souvent, les premières pages d'un nouveau chapitre sont en couleurs afin de bien illustrer la césure. Même Akira est sorti en noir et blanc. La première édition couleur, aujourd'hui introuvable, est du fait des éditeurs américains et français.

La plupart du temps aussi, le manga se lit dans le sens japonais, de droite a gauche. Les éditeurs choisissent de respecter le sens originel afin de ne pas dénaturer l'oeuvre, et aussi pour faire des économies, et pour éviter de voir des étrangetés lors de l'inversion des planches : on peut ainsi voir dans l' Histoire des 3 Adolf, publié dans le sens occidental, les nazis saluer du bras gauche... Et voir des personnages mourir d'une balle en plein coeur, du coté droit...

Ces incongruités mises a part, ce qui frapper en premier lieu le nouveau lecteur, c'est de voir que les personnages, même dans les séries se déroulant en Asie, ont pour la plupart des traits occidentaux, ainsi que de grands yeux très expressifs.

La taille exagérée des yeux est un grand classique du dessin de type manga. Agrandir les yeux permet de leur donner une expressivité accrue et de pouvoir jouer plus facilement avec les émotions. Tout ou presque passe par le regard.

En ce qui concerne les traits occidentaux, les spécialistes sont assez partagés. Certains y voient une fascination pour l'occident, d'autres un moyen de favoriser l'exportation des mangas en jouant sur l'identification et une plus forte personnification. La multiplication, depuis Akira, des mangas avec des personnages aux traits typiquement japonais, semble donner tort aux tenants de la seconde hypothèse.


Malgré ( ou à cause de cela ? ) le succès du manga, la bande dessinée japonaise a encore mauvaise presse.

Dès la diffusion des premiers Goldorak, le genre fut accusé de troubler, de choquer, de traumatiser le jeune public.

Il y avait deux bonnes raisons à cela.

La première venait du choc culturel que le public français subissait. Les séries japonaises font la part a l'aventure, a l'action, mais ne masquent rien ni n'édulcorent la réalité. Quand il y a un combat, la mort, ou tout du moins les blessures plus ou moins graves, sont inévitables. Pour les associations parentales, c'est inacceptable. Il n'y a qu'a voir ce que les programmes jeunesse français proposaient a l'époque : a part les rediffusions d'Aglae et Sidonie, du manège enchanté ou de Saturnin, les jeunes n'ont rien a se mettre sous la rétine. L'arrivée de Téléchat est la seule production notable qui marque encore les esprits aujourd'hui encore. Mais face aux voyages d' Albator ou aux filles légèrement vêtues et mammairement favorisées de Cobra, les productions hexagonales du moment font quelque peu pitié a voir.

En plus du choc, il y avait également l'incompréhension qui parfois faisait que le public ne comprenait pas le pourquoi de certaines scènes, ou de certaines réactions.

Tout lecteur de manga aura inévitablement été surpris par des expressions faciales qui, semble t-il, n'ont rien a faire là. Grands yeux exorbités, mi-clos, ou visages marqués d'un sentiment inconnu.

La raison en est simple : le Japon n'est pas l'occident. Le pays a développé un art théâtral qui a codifié au fil des siècles des allures, des apparences qui symbolisent un état d'esprit d'une façon qui nous est totalement étrangère. Les masques du No symbolisent des concepts ou des sentiments tels que la joie, la colère, l'envie ou la passion. Le manga, d'une certaine façon, est l'héritier du theatre traditionnel dont il en a gardé certains codes graphiques qu'il continue d'exploiter aussi bien sur le papier que sur l'écran. Il s'ensuit donc, pour qui ne possède pas ces clés codées, une certaine surprise, une incompréhension, voir même un rejet.

 

 
 
Pour un occidental, cette scène est totalement absurde. Pas pour un japonais, car dans la tradition orientale, le saignement de nez chez un homme est un signe non pas d'hémophilie, mais d'une grande excitation sexuelle.



La seconde raison du rejet du manga vient d'une véritable stupidité de la part des programmateurs d'émissions pour la jeunesse de TF 1.

Afin de surfer sur la vague de grands succès devenus des classiques de l'animation comme Capitaine Flam, Ulysse 31 ou les Mystérieuses Cites d'or ( qui sont également des coproductions franco-japonaises ), les responsables des chaines de télé privées se sont mis a acheter de tout, et surtout, a tout diffuser de façon totalement anarchique : dans une même émission jeunesse, on avait a la suite des séries destinées aux plus jeunes entremêlées a des séries destinées a un public plus mature, voir même adulte !

La raison en était simple : dans l'esprit des responsables, un dessin animé, c'était forcément un truc pour enfant. Afin de remplir les grilles, l'acheteur se contentait d'un regard rapide sur le dossier de presse avant d'acheter, ne visionnant parfois que quelques extraits avant de l'inclure dans la grille des programmes.

Les association parentales eurent dés lors beau jeu a dénoncer "Ken le survivant" , une série diffusée tardivement en soirée au Japon, et passée a l'heure du gouter en France...

 

 
Le manga, animé ou non, a toujours eu un très grand succès chez les jeunes adolescents. On se demande pourquoi...



Les responsables tenteront bien d'adoucir le trouble en censurant les scènes les plus violentes, mais au dépend de la qualité et même, de la compréhension... Comment suivre une histoire si des scènes essentielles à l'intrigue manquent ?

Fort heureusement, ces péripéties n'auront au final aucune influence ou presque sur la diffusion du manga papier. La part énorme de vente montre bien que le public est friand de ce que les intellos qualifient stupidement de "japoniaiseries" , preuve s'il en est que l'intellectualisme est plus une posture idéologique qu'un véritable courant de pensée et de philosophie.


Le futur du manga est d'ors et déjà assuré. Non seulement le marché se renouvelle par la mise en vente de nouveaux titres de haute qualité, mais en plus, le manga investi le cinema occidental. Non seulement par le biais de reprises, mais aussi par celui d'adaptations qui mettent en lumière des titres peu connus auprès d'un public qui n'est pas encore familier. L'empire a lancé sa contre attaque, et gageons que cette fois, la Force est avec lui...


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10 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 10 janvier 2011 14:22

    mes enfants aiment Dragon Ball Z et Naruto , je trouve que pour le graphisme ça passe , mais les personnages passent à mon avis trop de temps à se mettre sur la tronche , parfois 4 épisodes pour le même combat , c’est pesant ! on dirait des marseillais , quand ils passent des plombes à se menacer avant de passer à l’action ! smiley


    • Lapinator Lapinator 10 janvier 2011 15:02

      Ce n’est pas dit dans l’article, mais la narration n’a pas grands choses à voir avec la narration occidental, c’est un autres des chocs quand on regarde un animé japonais.

      Parfois les editeurs d’animée japonais abuse complètement et en toute connaissance de cause, ils on tellement tiré sur les Dragon Ball que la fin ne ressemble plus a rien, regardez les boss dans Dragon Ball GZ surtout le dernier, ce doit être au bas mot 30 épisodes de combats, allant vraiment pour le coups vers le ridicule le plus complet.

      Mais sinon, on retrouve souvent dans les combats 2 protagonistes qui se battent, et tout une foule de figurant qui commentent les combats. Mais One Piece est en trains de casser un peut cette dynamique.

      D’une façon générale, la narration japonaise est bien plus lente que la narration occidental ou il se passent toujours plein de choses les une derrière les autres. La narration japonaise laisse le temps de réfléchir sur le scénario et les personnages.

      Autre grosse différence, les épisodes animés japonais suivent une histoire complexe, alors qu’en occident on ne fait pratiquement qu’un histoire par épisode et sans relation entre elle. On peut regarder les Simpson dans l’ordre que l’on veut, pas dragon ball ou Naruto, ou il faut regardé les épisodes dans l’ordre si on veut comprendre l’histoire.


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 11 janvier 2011 11:58

      En ce qui concerne certaines séries, il vaut mieux les avoir sur papier que les voir en vidéo...

      Dragon Ball
      fut un gros succès éditorial qui a rapidement passé le cap de la série télé. Tellement rapidement que le rythme de sortie du manga suffisait à peine pour rester synchronisé avec la sortie hebdomadaire des épisodes télés.

      Comme il y a avait un décalage de plus en plus important, au début du manga, la solution fut de rajouter des intrigues secondaires à la télé qui n’existent pas dans le manga pour permettre au manga papier de rattraper son retard. Sur la fin de la série, rallonger les combats à l’éxagération permettait de régler le problème du décalage, au détriment de la qualité.


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 11 janvier 2011 12:04

      On en apprendra plus sur la narration dans l’excellentissime « art invisible » de Scott Mc Cloud.

      Une véritable bible pour la BD.

      En Bd en plus !


    • Lapinator Lapinator 11 janvier 2011 15:50

      Pour en revenir rapidement a Dragon Ball, il me semble que la scission avec le manga et surtout son auteur original intervient au milieux de Dragon Ball Z, et après c’est parti en live, jusqu’au dragon ball GT qui sont pour le coup de la soupe indigeste pour fan.

      La série animée qui dépasse le mangas ne sont pas légion l’autre série que je connait est One Piece, même si actuellement je ne connait pas la fin, et surtout les différences entre le manga et l’animé, j’aimerais savoir si vous connaissez d’autres animé qui on connue les même déboires ?

      Et aussi pour les série arrêté avant terme, on pourrais cité Albator 84, qui ne compte qu’une 20aine d’épisode alors qu’a la base il devais y avoir comme pour Albator 78 qui devais comprendre 42 épisodes.


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 11 janvier 2011 18:08

      Il n’est pas certain que Albator 84 ait été écourté vu que la série possède une véritable fin. De plus, le personnage apparait dans d’autres série du même univers.

      Les différences qui existent entre les versions papier et animées ont différentes origines.

      En général, l’auteur d’origine est impliqué dans l’adaptation télé de son oeuvre. Les modifications et les ajouts peuvent avoir plusieurs origines :

      - les ajouts permettent de garder synchronisés les versions papiers et animé. Cela permet aussi à l’auteur de revenir sur une série d’événements qu’il n’a pu développer faute de temps et d’approfondir ainsi son univers.

      - les modifications peuvent être obligatoires, par exemple pour respecter les règles de diffusion d’une aventure à la télé : la série City Hunter est par exemple « adoucie » sur le plan visuel afin de masquer les érections géantes de Ryo Saeba (Nicky Larson si vous préferez...). Le doublage français achève de gommer le caractère lubrique du personnage principal en supprimant toute allusion sexuelle dans les dialogues.

      - l’auteur peut aussi proposer une autre version de son oeuvre, avec une fin différente, soit parce qu’il a changé d’avis, soit parce qu’il n’a pas envie de plomber le moral de son public.

      Dans la version tv, Goldorak finit par détruire les armées veganes et s’en retourne sur son monde natal avec Actarus aux commandes.

      Dans le manga original en revanche, la fin est moins joyeuse : le grand Stratéguerre est tué par Horos car ce dernier refuse de voir Vega user d’armes atomiques pour régler la question de Goldorak, mais il ne peut empêcher le plan d’attaque d’aller à son terme et les nations terrestres se livrent une guerre nucléaire totale sans que Duke Fleed ( Actarus en VO ) ne puisse rien y faire. Pire, la radioactivité déclenche un programme de sécurité de Goldorak qui, après s’être réfugié dans la fosse des Mariannes ( avec son pilote à bord, le cryogénisant avec sa soeur en attendant que les radiations disparaissent ), provoque un cataclysme qui anéantit une grande partie de l’humanité car le robot géant était aussi programmé pour détruire les espèces dont l’existence était trop dangereuse pour le maintient de leur biosphère. Alcor reste seul avec Vénusia à essayer de trouver des survivants tandis que Horos débarque sur Terre pour y commencer la décontamination.


    • Lapinator Lapinator 12 janvier 2011 11:31

      Très intéressant la fin de Goldorack, je ne la connaissais pas. Sinon pour Albator 84 je maintien mon propos, il a bien été arrêté avant le nombre d’épisode prévus, mais il est vrais qu’il ne l’on pas arrête du jour au lendemain et lui on fait une fin.

      Goldorack me fait aussi penser, que les japonais ayant perdu la 2eme guerre mondiale, n’on pas la même vision du monde que les USA, au USA on n’a plutôt des super gentils contre des super méchants, et les histoire se finissent bien avec une bonne morale à la clef. La fin papier de Goldorack montre que des personnes pourtant bien intentionnée peuvent conduire à de vrais désastres. Dans la ligne droite de la pensée japonaise.


    • Tetsuko Yorimasa Tetsuko Yorimasa 11 janvier 2011 03:53

      Chaque robot à son époque, Tetsujin 28, Grandizer, Mazinger Z, Great Mazinger, Shin Tetsuwan atomu.
      Même pas 1/10 de tout les animés produits au Japon sont arrivés en France, et sans être une spécialiste, je peux vous assurer qu’il y a des merveilles.


      • Killy 11 janvier 2011 10:36

        Bon article.


        Ce que vous dites est totalement vrai, il y a eu un dénigrement total, voire du racisme envers le dessin animé japonais, fut il violent ou pas, par pure différence culturelle. Différence culturelle, que moi je continue a apprécier au plus haut point, je préfère largement un bon anime a pas mal de production hollywoodienne, sans parler des productions françaises complètement gangrenées ideologiquement, sans audace, incapable de nous proposer autre chose que du film d’auteur, de l’amourette a la plus belle la vie, ou du copinage entre auteur/acteur plutôt que de raconter une bonne histoire. Ce que je préfère en général, c’est le coté non manichéen des héros et des ’bad guys’. La nouvelle BD européenne est en train de s’inspirer fortement du manga, pour notre plus grand plaisir. 

        Je me souviens, il y a presque 15 ans je passais mon temps a la Fnac/Furet pour lire manga et BD, et le rayon manga est passé d’un pauvre coin dans une armoire a des rayons entier. L’essor du manga coréen y a fortement contribué, même s’il n’est imho qu’une pale copie de ce qui sort au japon. 

        Enfin, quand en Angleterre, en Allemagne et en Italie les diffusions de Hokuto no Ken (Ken le survivant) se faisaient le soir apres 10 heures précédé de la mention : ’pour adulte’, on nous l’a diffusé en France a 3 h de l’apres midi le mercredi (je me souviens encore du premier episode :D)

        Une seule chose : si je me souviens bien, Tezuka a également été fortement inspiré de Walt Disney en particulier et du comics américain en général. Je ne remet pas en cause les inspirations dont vous parlez, mais je pense que ces dernières manquent a vos articles.






        • Mmarvinbear Mmarvinbear 11 janvier 2011 12:02

          Pour Tezuka, l’influence disneyenne est évoquée dans le premier article de la série, j’ai juste voulu éviter certaines redites.

          Pour Ken, le pire, en plus des scènes coupées, c’était la qualité de la traduction et du doublage.

          A chaque épisode, on avait droit à l’école « Hokuto de cuisine » et au « Nanto de vison »...

          C’était pareil pour les autres productions doublées par AB.

          C’est le genre de truc qui mérite pour le coup vraiment la peine de mort...

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