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Le cercle des utopistes anonymes

Le cercle des utopistes anonymes d'Eugène Durif/Jean-Louis Hourdin avec Eugène Durif, Stéphanie Marc, Jean-Christophe Cornier, Compagnie l'envers du décor ; à la Maison de la Poésie à 14h45 (relâche le 24 juillet)

JPEG Les utopistes n'ont plus la cote, semble-t-il. Où est passé le temps où tant de gens croyaient en une Révolution qui résoudrait tous les problèmes ? Je me souviens d'une époque décédée pendant laquelle je croyais qu'après la Révolution, il n'y aurait plus de chagrin d'amour. Et je n'étais pas le seul. Les Utopistes se sont-ils cachés pour mourir ? Pas tous, une petite bande résiste et explore encore le temps fécond où l'utopie avait de la valeur humaine et tenait chaud à bien des gens.

Ils ont le ton mûr et pourtant frais, dans cette bande, ils nous emmènent en un voyage rocambolesque et disert.

Car les utopies ont ou avaient une pépinière : on en trouve de plusieurs espèces. Certaines sont causantes commes des bibliothèques, d'autres sont légères et volatiles comme la maison d'un oiseleur au soleil levant.

Eugène Durif nous emmène dans un voyage plein de tendresse pour ces utopistes qui se sont anonymisés pour ne pas être submergés par un esprit du temps diffracté depuis la chute du communisme, la généralisation des marchandises de partout et nulle part, et l'internationale financière d'une planète réduite à la taille d'un village.

L'espoir disparu ? On va se souvenir qu'il nous a fait vivre pour sans doute en inventer un autre fait d'un meilleur ailleurs, inattendu. On va transmettre au moins un parfum d'utopie qui fera pousser de nouvelles fleurs épanouies.

La poésie peut garder l'histoire et précéder l'action. Elle a dans sa volatilité aérienne de quoi ensemencer l'avenir.

Ils sont trois sur scène, dans une forme cabaret légère. Ils ne veulent pas réellement transmettre, juste exalter ce qui a été et est encore, discret, au fond de nos esprits... on ne se permet plus... et se permettre à nouveau. Chansons, conversations, aphorismes...

Évocation de l'autogestion, des phalanstères... avec les contraintes énormes qui tombent sur les individus afin de les contraindre à l'égalité (comme tirer au sort les danseuses et les danseurs dans un bal popu !...)

Évocation de l'an 01 « on arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste », utopie farfelue qui consistait (aurait consisté) à faire un pas de côté. Un pas de côté, la balle loupe la cible, celle ou celui qui regardait à la fenêtre se trouve face au mur... Un pas de côté, tout change de sens. (Bédé de Gébé, film de Doillon et Gébé)...

Des histoires philosophico-comiques : un homme va prêcher chaque jour, un monde nouveau à la foule sur la place d'une ville ; au début, les gens s'arrêtent, puis, ils s'arrêtent moins, de moins en moins jusqu'à plus du tout et l'homme continue son prêche malgré cela. Un passant lui demande d'où lui vient cet entêtement et l'homme de réponde : « tout d'abord, je venais pour changer le monde. Aujourd’hui, je viens pour que le monde ne me change pas. »

Les utopistes ne sont peut-être pas en grande forme mais le trio pointu d'Eugène Durif leur redonne des couleurs pour le temps d'un spectacle, c'est vif, doux et confiant, très humaniste, respectueux des hommes et de leurs chemins... c'est comme une braise, maintenue pour que le feu sacré reprenne.

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