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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le cinéma, quel avenir ?

Le cinéma, quel avenir ?


Il semble que tout concoure pour que ce 61e Festival de Cannes soit le point de départ d’une décennie nouvelle pour un 7e art confronté à des mutations importantes : technologie, formatage des œuvres, tout bouge et, ce, de plus en plus vite, si bien que le cinéma se voit confronté à l’obligation de réviser un certain nombre de ses acquis.

Gilles Jacob, qui en est le président et en a mesuré l’enjeu, lors d’une conférence récente, et quarante ans après l’édition interrompue de 1968, a mis l’accent sur le mouvement qu’il va bien falloir amorcer dans le sens d’un recentrage et d’une rénovation. L’image, qui illustre ce 61e Festival, est, à cet égard, suggestive. Elle montre le visage d’une femme dont les yeux sont barrés par un rectangle noir pour bien marquer que cet art subit actuellement des turbulences et traverse d’indicibles angoisses.


En France, 2008 restera dans les mémoires comme l’année du succès de Bienvenue chez les Ch’tis, mais celle, également, où certains professionnels ont éprouvé l’urgence de réagir et d’attirer l’attention du public sur les dangers qui guettent le cinéma d’auteur. La cinéaste Pascale Ferran s’est fait leur leader et porte-drapeau. Le défi le plus lourd de conséquences potentielles semble l’arrivée de nouveaux opérateurs dans l’univers cinématographique. A commencer par ceux de la téléphonie mobile comme France Telecom, en rapport direct avec l’univers vague et informel de l’industrie de la communication.

Pas facile, dans un semblable contexte, de défendre "l’œuvre" comme telle. Est-ce un hasard si le directeur général du Festival s’est plaint de l’afflux d’œuvres moyennes qui a rendu la sélection d’autant plus délicate. Compensée néanmoins par des cinématographies très personnelles, venues de lointains pays et de continents émergents (Chine, Corée, Thaïlande, Argentine, Iran) qui ont relevé le niveau par leurs originalités et leurs innovations. (Je l’avais signalé lors du Festival du film asiatique de Deauville en mars dernier et déjà en 2007 : la qualité du cinéma asiatique est à prendre en haute considération.)

Le problème n’en demeure pas moins préoccupant. Michel Gomez, président de la Société des auteurs, réalisateurs, producteurs, ne s’en est pas caché. "Les chaînes de télévision ont contribué au sauvetage du cinéma français - a-t-il dit - mais ont généré un phénomène de quasi- intégration. Il faut aujourd’hui trouver le moyen de diversifier les sources de financement".
Ce qu’une autre personnalité a appelé " faire des films en liberté, ce qui n’a pas forcément pour corollaire de faire des films bon marché".

Depuis quelques mois, les offensives menées par de grands groupes à l’encontre du cinéma indépendant ne cessent d’inquiéter ce milieu artistique. Dans de pareilles conditions, la disparition de la mythique bobine susciterait une inévitable nostalgie. L’équipement des salles en matériel numérique est élevé et c’est toute la politique de distribution des œuvres qui est remise en cause. C’est ainsi, qu’au final, le 7e art pose avec acuité la question de l’évolution des modes de consommation culturelle et, dans cette conjoncture agitée, est contraint de trouver d’urgence un nouvel équilibre. "A savoir d’abord si l’œuvre est au centre de l’intérêt général ou si elle est seulement un instrument au service d’autre chose", a proclamé sans détour l’économiste Laurent Creton. Entre promotion et marchandisation, une page est à écrire d’une caméra ferme. Espérons qu’elle le soit avec compétence et discernement.

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2 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 20 mai 2008 12:27

    Oui,il faut une vrai concurrence afin de voir l’émergence d’un cinéma populaire à l’image des films américains qui cartonnent (IRON MAN..........)

    Il est temps de sortir de ce subventionnement de film tristre,médiocre,nul ,de réalisateurs nuls,courtisans qui s’enrichissement avec l’avance sur recette alors que leur film est nul à chier (c’est le mot)

    Il faut une vrai rupture,la France en a les moyens et Dany Boon l’a démontré


    • geko 20 mai 2008 13:47

      Le 7èm art est une industrie du loisir qui vit sous la loi de la recherche du profit maximum. Peut on encore parler d’art lorsque la finalité de la démarche est financière et lorsqu’il ne s’agit que de "consommation culturelle" ?

      Vous signalez fort à propos le cinéma plein de fraicheur et de qualité venu des pays émergents !

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