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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le classement universitaire de Shanghai

Le classement universitaire de Shanghai

Le comité de Shanghai a publié son classement des meilleures universités mondiales en 2009. Comme on pouvait s’y attendre, les universités américaines et britanniques gardent leurs premières places. La France compte 23 universités parmi les 500 meilleures du classement, ce qui nous place au cinquième rang des nations.

 Connu sous le nom de Academic Ranking of World University (ARWU), ce classement des principales universités mondiales est établi chaque année par des chercheurs de l’université Jiao-Tong de Shanghai. Cette année, comme les années précédentes, quatre universités américaines : Harvard, Berkeley, Stanford et le MIT, et une britannique : Cambridge, se disputent les cinq premières places. La première université d’une autre nationalité n’arrive qu’au vingtième rang : c’est l’université de Tokyo.
Quels sont les critères de sélection ? Les deux plus importants sont le nombre de chercheurs les plus cités dans les milieux universitaires et le nombre d’articles publiés dans quelques revues américaines de haut niveau. Vient ensuite le nombre d’étudiants. Autant dire que la qualité de l’enseignement ne compte guère.
 
Nous apprenons en même temps que La médaille Fields, considérée comme le prix Nobel des mathématiques, vient d’être décernée à deux Français : Cédric Villani, professeur à l’Ecole normale supérieure de Lyon, et Ngô Bao Châu professeur à l’université d’Orsay. Dans le classement de Shanghai, l’ENS de Lyon occupe le rang 402 et l’université d’Orsay le rang 43.
 
Cette comparaison doit nous amener à poser la question : à quoi servent les universités ? Le sens commun répond : à donner aux étudiants des connaissances assez solides pour leur permettre de jouer plus tard dans la société un rôle utile, correspondant à leurs aptitudes. Cet objectif est bien loin des critères du classement de Shanghai. D’ailleurs il serait bien difficile de trouver des indicateurs numériques pour montrer que le véritable but de l’université est atteint.
 
Et puis pourquoi cette obsession de tout classer dans le monde, des hommes les plus riches aux entreprises les plus performantes ? À quoi ce classement des meilleures universités peut-il servir, si ce n’est de flatter l’amour-propre de quelques milliers de personnes ?
 
Toutes les universités sont différentes par l’importance des matières enseignées. Le système universitaire anglo-saxon, copié dans le monde entier, fait que chaque université offre une gamme très large, les unes privilégiant les matières littéraires et les autres les matières scientifiques. Il est absurde de comparer des universités qui ne portent pas leurs efforts sur les mêmes disciplines, par exemple Columbia à New-York, qui brille par les sciences humaines et Paritech en région parisienne qui brille par l’économie et la technologie. D’autre part, les universités se distinguent par le nombre d’étudiants et le mode d’admission. Il est absurde de comparer des universités dont les populations sont très différentes en quantité et en qualité, par exemple Harvard qui compte plus de 15.000 étudiants admis sur dossier, avec l’ENS de Lyon qui compte moins de 3.000 étudiants sélectionnés par concours.
 
Il serait peut-être plus judicieux de sortir un classement des universités par nombre d’étudiants, un autre par nombre de chercheurs, un autre par nombre de professeurs, un autre par nombre de publications, un autre par nombre de prix Nobel… si cela pouvait servir à quelque chose.
 
Le classement universitaire de Shanghai est éminemment suspect. Il est fait par un jury auto-proclamé, jouit d’une grande publicité dans les médias, et les universités les mieux classées sont toujours les mêmes. Le but ne serait-il pas simplement de vendre Harvard comme une vulgaire marque automobile ?
 
Certains ont proposé de publier un classement universitaire européen pour lutter contre l’influence du classement de Shanghai. Mais le problème resterait le même ; il n’existe pas d’indicateurs numériques montrant qu’une université sait atteindre ce qui devrait être pour elle un objectif essentiel : donner à ses étudiants un bagage intellectuel qui leur ouvre les portes de la vie active.

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16 réactions à cet article    


  • jako jako 20 août 2010 10:13

    Merci Cephale, vivement que la chine organise aussi le classement des pays respectants les droits de l’homme smiley


    • manusan 20 août 2010 11:54

      Pitié, arrêtez de publier cette horreur tous les ans. Ce classement est une arnaque monumentale. Ce classement avait été crée à l’origine pour aider les étudiants chinois à choisir leur université étrangères. Résultat : les « analystes » chinois recoivent des pots de vin par millions de $ afin de classer les universités riches (généralement anglo-saxone privées) dans les premiers rangs, ensuite les étudiants chinois sont rackettés une fortune par ces universités (qui leur délivrerons sans problème leur diplôme même s’il ne sont pas présents) dont une partie de leur frais d’entrée repartent dans les poches des « analystes ».

      à Perth (Australie), j’ai même vu des universités délivrer des diplômes australiens a des asiatiques non reconnu sur le sol australien.


      • FRIDA FRIDA 20 août 2010 14:32

        vous dites « Les deux plus importants sont le nombre de chercheurs les plus cités dans les milieux universitaires et le nombre d’articles publiés dans quelques revues américaines de haut niveau » Cela s’appelle le réseau et la cooptation. Vous ne pouvez pas vous valorisez sans l’aval de quelqu’un d’important. Et ce quelqu’un ne vous donnera pas son aval si vous ne suivez pas son mode de penser et de vie et surtout s’il n’a aucun intérêt pour que puissiez le concurrencer.
        Vous n’avez qu’à écouter les intelectuels, avant de parler de ce qu’ils pensent, ils avancent les arguments d’autorité. Si un tel a fait ou pensé ça, ce tel est important , ce qu’il a fait et pensé est également important. C’est ainsi que les choses se passent. Ne cherchez pas à comprendre le prestige de ces universités. C’es l’usine pour produire ceux qui doivent penser à notre place et nous dicter ce qui est bien ou mal.


        • Traroth Traroth 20 août 2010 16:44

          "Cette comparaison doit nous amener à poser la question : à quoi servent les universités ? Le sens commun répond : à donner aux étudiants des connaissances assez solides pour leur permettre de jouer plus tard dans la société un rôle utile, correspondant à leurs aptitudes" : Non, c’est totalement faux. Les universités sont les lieux où on produit, conserve et transmet le Savoir. La transmission du Savoir n’est qu’une des missions, et ne se comprend pas seulement comme de la formation professionnelle. Penser que la recherche universitaire n’est qu’une espèce de croupion pour faire joli, c’est se planter complètement !


          • Céphale Céphale 20 août 2010 18:44

            @Traroth

            Vous dites « savoir » et je dis « connaissance ». C’est la même chose. D’ailleurs en anglais il n’y a qu’un mot pour traduire les deux : « knowledge ». Acquérir un savoir dans une université ou une grande école, je suis d’accord avec vous, ce n’est pas « que » de la formation professionnelle. Mais en principe c’est pour jouer plus tard un rôle utile dans la société. J’espère que vous serez d’accord avec moi.

          • Traroth Traroth 20 août 2010 19:06

            Ce n’est pas la seule fonction, non. Je ne sais pas quel est le but de la vie, mais « être utile à la société », ça me parait singulièrement réducteur. J’espère être un peu plus qu’une roue dentée dans un mécanisme, personnellement !

            Mais c’est une des fonctions, j’en conviens parfaitement.


          • Céphale Céphale 20 août 2010 19:13

            Chacun est libre de choisir son but dans la vie. Un professeur par exemple peut choisir d’être utile à ses élèves. Je connais malheureusement des professeurs qui n’ont pas fait ce choix !

            Parlons aussi des chercheurs. J’en connais certains qui sont parfaitement inutiles. Les universités ont beaucoup de chercheurs mais peu de trouveurs.

          • Traroth Traroth 20 août 2010 23:48

            « Les universités ont beaucoup de chercheurs mais peu de trouveurs » : amusant, cette habitude toute française à l’auto-dénigrement. Nos chercheurs ne sont pas plus mauvais que ceux d’ailleurs, à mon avis. Ensuite, des imposteurs qui n’ont rien à faire là, il y en a partout...


          • vilistia 21 août 2010 00:13

            Traroh
            Les universités ont beaucoup de chercheurs mais peu de trouveurs" : amusant, cette habitude toute française à l’auto-dénigrement. Nos chercheurs ne sont pas plus mauvais que ceux d’ailleurs, à mon avis. Ensuite, des imposteurs qui n’ont rien à faire là, il y en a partout...

            La preuve que les français sont bons :
            Mathématiques : deux Français récompensés de la médaille Fields 

            Malgré les fécilitations de SArkosy..... Il y a un problème maintenant en France....On privilégie la recherche appliquée et non la recherche fondamentale qui on le sait n’a jamais de résultats probants à court terme.
            Résultat des courses : les jeunes chercheurs en fondamental fichent le camp à l’étranger. Imconpétence de Mr Sarkosy qui a prôné dans d’anciens discours de forcer vers la recherche appliquée !


          • Céphale Céphale 21 août 2010 03:57

            @Traroth

            Lisez attentivement : je ne dénigre pas la France, quand je dis que beaucoup de chercheurs d’université ne trouvent rien, c’est dans le monde. En France au contraire, les chercheurs trouvent plus souvent qu’ailleurs, malgré de faibles moyens.

            @Vilistia

            J’ai signalé ces deux médailles Fields dans mon article. Je vous conseille de regarder les liens qui sont sur les deux noms : c’est leur CV avec photo publié par le CNRS.

          • Traroth Traroth 22 août 2010 04:11

            Oh, désolé pour le contre-sens.


          • pierrot pierrot 20 août 2010 16:56

            Le classement de Shanghaï a les mérite d’exister et d’être périodique ce qui permet d’apprécier les évolutions chaque année.

            Cependant comme tous les classements, il est contestable, en particulier il ne prend en compte que la recherche (et non la qualité de l’enseignement ce qui est important).
            De même les universités françaises sont dévalorisées du fait que de nombreux chercheurs ont un statut mixte, par exemple CNRS/université de Montpellier, CEA/CNRS ...et dans ce cas les travaux sont divisés par deux !


            • Céphale Céphale 20 août 2010 18:30

              @pierrot

              Vous pouvez regarder les variations de ce classement en allant sur le lien que j’ai mis dans mon article. Depuis qu’il existe (2003) elles sont insignifiantes. Les USA et la GB ont la part belle, ce qui me fait penser (et je ne suis pas le seul) que les chiffres sont truqués. En ce qui concerne les universités et les grandes écoles françaises, passer de la 150e position à la 160e, ou l’inverse, n’a pas plus d’importance que pour un coureur lambda du tour de France. 

            • AlLusion allusion 20 août 2010 21:11

              Bonsoir,

               "Le classement est particulièrement axé vers la recherche que la Chine considère comme vitale pour son avenir. Aussi l’accent est-il mis sur les publications scientifiques, le nombre de prix Nobels, le budget consacré à la recherche ainsi que le nombre de fois où les chercheurs d’une université sont cités par leurs pairs dans les revues scientifique" est il dit dans wiki


              • TSS 21 août 2010 00:38

                le classement des universités est comparable au classement des plages pavillon bleu pour les

                unes l’enseignement prodigué compte pour peanuts comme la qualité de l’eau pour les autres !!

                pourquoi leur accorder un interêt qui n’a pas lieu d’être... !!


                • Krokodilo Krokodilo 21 août 2010 10:33

                  Tout à fait d’accord avec votre proposition d’autres critères, avec le caractère suspect de ce classement et son probable but publicitaire. Bien qu’issu de Shangai, Ce classement n’est qu’une des nombreuses manifestations de l’aspect colonial de toute grande puissance, qui cherche à étendre son influence dans divers domaines, qu’il s’agisse des loisirs, de l’économie, des sciences ou de la langue, comme l’anglais dans l’UE, ou ici en Georgie, qui voit affluer des volontaires pour enseigner gratos l’anglais dès la décision prise de l’imposer à tous les enfants. Qui paye ces missionnaires modernes ?
                  Ce classement des universités est à prendre avec des pincettes, de même que les articles récurrents sur les bons et les mauvais touristes...

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