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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le corps des femmes » débarque en France. Rencontre avec Lorella (...)

« Le corps des femmes » débarque en France. Rencontre avec Lorella Zanardo

« Il corpo delle donne » est le titre d’un livre publié récemment en Italie (Feltrinelli, avril 2010) et d’un documentaire de 25 minutes diffusé sur internet depuis le printemps 2009. Le thème ? Un voyage au cœur de la télévision italienne (publique et privée) avec un angle très particulier : celui du corps de la femme et de l’usage qui en est fait. Une recherche, un film et un livre qui dénoncent la différence énorme qui existe désormais entre la représentation de la féminité à la télé et la réalité, qui enquêtent sur les raisons pour lesquelles les femmes elles-mêmes ne se rebellent pas devant les images « pornosoft » que reflètent de leurs corps les écrans, comme si nous étions tous et toutes engourdis, endormis devant ce que nous percevons désormais comme la normalité, toute négative qu’elle soit.

L’origine de la démarche de notre invitée

Lorella Zanardo écrit : "Nous sommes partis d’une urgence. La constatation que les femmes, les vraies femmes telles qu’elles sont, disparaissent des écrans de la télé et sont remplacées par une représentation grotesque, vulgaire et humiliante. La perte nous a semblé énorme : l’effacement de l’identité des femmes se produit sous le regard de tous, mais sans que cela ne suscite une réaction adéquate, pas même de la part des femmes. De ce constat est née l’idée de sélectionner des images télévisées qui ont en commun l’utilisation manipulatrice du corps des femmes afin de raconter ce qui est en train de se passer, non seulement à qui ne regarde jamais la télé, mais surtout à qui la regarde des heures durant « sans voir ». L’objectif est de s’interroger sur les raisons de cet effacement, un vrai « pogrom » dont nous sommes tous en Italie les spectateurs silencieux. Notre travail a par la suite mis en évidence l’annulation progressive des visages adultes à la TV, le recours à la chirurgie esthétique pour effacer tout signe du temps qui passe et les conséquences sociales et sociétales de ce processus de refoulement."

Diffusé sur le net, le documentaire de Lorella Zanardo a rapidement rencontré un succès inattendu et énorme, touchant sans doute un public difficile à joindre à travers les moyens traditionnels de communication. Un blog est né et la discussion s’est transformée en débat (parfois vif), national d’abord, international ensuite.

Video extraite de l’émission télévisée "L’infedele" di Gad Lerner

Comment faire pour que le travail accompli depuis un an ne soit pas qu’une mode passagère ? Forte du consensus recueilli, Lorella Zanardo, au-delà d’un engagement quotidien de nature militante, a mis sur pied un projet éducatif proposé aux écoles italiennes, aux étudiants et éducateurs, un « voyage vers le changement » pour mieux lire et déchiffrer les images : Nuovi Occhi per la TV (De nouveaux Yeux pour la TV).

Un beau défi. La rencontre du 17 juin à Paris sera donc une très bonne occasion pour en parler avec Lorella Zanardo. Nous vous attendons !

A lire en langue italienne, l’article complet de Barbara Musetti sur Altritaliani
et la présentation du Partito democratico di Parigi

Renseignements pratiques

Rencontre avec Lorella Zanardo
Date : 17 juin
Heure : 18h30-20h30
Lieu : Cinéma Le Studio des Ursulines - 10, rue des Ursulines - 75005 Paris
Rencontre en français - PAF 3€


— -

Pour accéder au Cinéma rien de plus simple :
Studio des Ursulines : 10, rue des Ursulines - 75005 Paris
BUS : 21, 27 (Feuillantines), 38 ou 82 (Auguste Comte), 84 (Panthéon)
RER : Luxembourg (sortie rue de l’Abbé de l’Epée)
Métro le plus proche : Ligne 7 (Censier Daubenton), mais apprêtez-vous à marcher un peu...


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4 réactions à cet article    


  • Céline B. LesFemmesdanslHistoire 11 juin 2010 17:33

    Merci pour cet article très intéressant. Je réagis surtout à cette partie : "Une recherche, un film et un livre qui dénoncent la différence énorme qui existe désormais entre la représentation de la féminité à la télé et la réalité, qui enquêtent sur les raisons pour lesquelles les femmes elles-mêmes ne se rebellent pas devant les images « pornosoft » que reflètent de leurs corps les écrans, comme si nous étions tous et toutes engourdis, endormis devant ce que nous percevons désormais comme la normalité, toute négative qu’elle soit.« 

    Je crois malheureusement que la banalisation du corps de la femme n’est qu’une conséquence de sa »libération« . Attention, je ne dis absolument pas que la libération de la femme n’est pas une bonne chose (c’en est une et heureusement que cela est arrivé !!) mais si nous regardons dans le passé, dans l’Histoire, le corps de la femme, sauf dans l’art, était tabou. Il fallait le cacher, on en avait »peur« . Aujourd’hui, après la libération des moeurs des années 70, on est passé à l’autre extrême : il faut tout montrer, sans pudeur. Et c’est tellement ancré dans notre culture occidentale que maintenant nous ne faisons même plus attention...

    Après la femme »ventre« (la femme qui n’est là que pour procréer), on est passé à l’autre extrême, la femme »objet sexuel", celle sur qui tous les fantasmes se sont libérés.

    Malheureux, en effet.


    • Daniel Roux Daniel Roux 11 juin 2010 20:09

      Élargissons le débat, ce n’est pas seulement la femme, mais l’être humain que les fabricants d’images font disparaître de l’écran de télévision et de cinéma.

      Les images présentées sont loin de la réalité mais proche des archétypes.

      Le journaliste : Poujadas ou un autre à la télé, un personnage qui lit un prompteur dont chaque mot est conforme à un cahier des charges politiquement correct et approuvé par le pouvoir.

      Le philosophe : BHL ou un autre à la télé, un personnage qui assène quelques dogmes sans apporter le moindre argument, sans accepter la moindre contradiction, préférant l’insulte à l’explication et l’apparence au fond.

      Le Français : Un abruti réactionnaire et aviné, qui ne pense qu’à la coupe du monde de foot, qui a peur de sa jeunesse, de ses vieux, des étrangers, qui vote Sarkozy ou Le pen, et qui regarde TF1 voire, France 2 pour les plus aventureux, pour s’informer.

      L’enfant : Un être pur, blond et blanc, qui ne sait rien mais qui connaît tout, qui ne peut ni mentir, ni tricher, ni faire de mal.

      Le Président Sarkozy : un homme franc, honnête qui ne travaille que pour améliorer le sort des Français et accessoirement de l’humanité.

      La femme : un bimbo forcément sans cervelle ou une intellectuelle forcément froide.

      ...etc..


      • Bobby Bobby 12 juin 2010 09:23

        Bonjour,

        En effet, si la femme est devenue objet, l’homme également !

        Objets d’une politique visant a produire des être incultes, écervelés et sans aucun pouvoir d’analyse... afin de mieux pouvoir les contrôler. C’est le prix de l’acceptation du pouvoir en place !

        Quand verra t’ on un intellectuel capable de penser une autre forme de société ? celle-ci nous montre chaque jour à quel point elle s’étiole signe probable de l’amorce d’un effondrement comparable à celui de l’empire romain... d’ici le temps de moins d’une génération... Il risque d’être seulement mondial !


        • sophie 14 avril 2011 11:42

          Bonjour,
          il est bien tard pour réagir à cette discussion mais venant de lire l’excellent ouvrage de Lorella Zanardo (qui mériterait une traduction en français), je souhaite rebondir sur le commentaire de LesFemmesDanslHistoire (êtes-vous historienne ?) Comme vous le dites, le corps de la femme, SAUF DANS L’ART, était tabou. Il est intéressant de faire le parallèle entre la représentation des femmes dans les tableaux peints par des hommes, ne regardant jamais droit devant elles, souvent les seins nus, vides de toute personnalité (ce qui n’est pas le cas dans les toiles d’Artemisia Gentileschi par exemple), et la place laissée aux femmes à la télévision italienne. Ce que Lorella Zanardo appelle « porno soft », ce n’est pas une conséquence de la libération des femmes, mais au contraire une sorte de retour en arrière dramatique, cherchant à annuler l’effet de leur libération.
          D’ailleurs, un problème indissociable de celui de l’exhibitionnisme est la répartition du temps de parole entre les présentateurs hommes et femmes et la manière dont ce temps de parole est utilisé (pour juger, édicter ce qui doit être, apprécier ou déprécier, dans un cas ; pour acquiescer, s’autodéprécier ou rire complaisamment dans l’autre). Ce qui est particulièrement odieux, c’est l’impudeur associée au silence, l’un et l’autre étant forcé, comme si le regard masculin était nécessaire dans le rapport qu’une femme a à son propre corps, et la prise de parole féminine impossible sans une caution masculine.
          Merci à Lorella Zanardo d’avoir entrepris ce travail de décryptage ; à nous maintenant d’interroger les médias français.

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