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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le côté obscur du Museum de Toulouse

Le côté obscur du Museum de Toulouse

Le musée d’histoire naturelle de Toulouse fait primer la forme sur le fond

Dimanche est un jour idéal pour flâner dans la ville, et pourquoi pas emprunter le chemin de quelques musées toulousains. Dimanche dernier, sous le soleil d’hiver, nous sommes allés au Museum. Bras dessus, bras dessous, nous avons déambulés dans le jardin, de plus en plus intéressant depuis son ouverture.


A voir pour :
1-la serre des plantes carnivores - parce que je n’avais jamais vu de droséra en vrai.
2-les paons du parc qui font comme si de rien n’était (j’aime bien les animaux, il y a même un paon tout blanc, c’est rare ça non ?)
3-l’ambiance un peu XIXe siècle, du bon peuple de la ville qui découvre la nature. Tu vois ma chérie, ce sont des plantes toxiques, tu en manges, tu meurs !! waaaah ! s’exclament les enfants. Les couples plus âgés qui savent reconnaître les plantes qu’ils ont déjà chez eux, s’attardant sur les noms et les descriptions : Oh regarde,ces énormes papyrus, ils sont ma-gni-fiques ! et enfin, les jeunes qui s’attardent pour dérober quelques bouts de romarins dans le coin des aromates.

Après les jardins, viennent les salles du musée. Et là... c’est le drame. Sommes-nous donc encore éblouis par le pâle soleil d’hiver des jardins, ou peut-être tout simplement aveuglés par notre ignorance.. il faut bien constater que le musée est encore bien sombre. En fait pas plus lumineux qu’à son ouverture.

Quel dommage : les petits panneaux collés au vitrine, sont comme invisibles.On se force pourtant, on se colle, on prend même son portable à l’occasion pour éclairer un peu les mots. Mais à force on se fatigue un peu de l’oppressante obscurité des sciences naturelles. Ce qui est ma foi bien dommage, on devine que ce pourrait être intéressant.

Le museum de Toulouse est un musée magnifique. Le graphisme est impeccable, et le succès de la boutique ne montre que trop combien la signature graphique du museum accroche tout le monde (un jour je m’achèterai le crayon à papier du musée !). Alors tout est très beau, mais en dehors de la première accroche efficace le musée laisse sur sa faim. Maintenant que j’ai compris l’histoire des classifications, j’aimerais revenir au musée pour apprendre des choses, ces choses qui ont l’air d’être écrites sur les petits panneaux obscurs !

A souligner, qu’il y avait quelques oeuvres issues du Printemps de Septembre dans la dernière salle du musée. Sous une vitrine, au même titre que les objets d’ethnologie conservés là en permanence, on trouvait des objets très kitsch argentés, oeuvres contemporaines de Sylvie Fleury (chaussures à talons, sac Vuitton, mais comme solidifiés et argentés). Pas très intéressant ni très surprenant. J’ai trouvé pour ma part que cela soulignait davantage l’absence de sens de cette salle, qui même en temps normal rassemble tout pèle-mêle, comme si on visitait le grenier de son papi Jean-Michel.

Pour finir, je vais être un peu longue sur cette dernière partie du museum car elle m’a vraiment agacée : en sortant du grenier de papi Jean Michel, on entre dans une sorte de sas consacré à l’avenir de la planète ; on peut voir contre le mur un alignement de compteurs soulignant la destruction de nos ressources naturelles, et la dégradation inéluctable de notre environnement. Le tout accompagné d’une musique stressante, égrenant des tic-tac qui insiste encore sur l’aspect angoissant de l’ensemble. Près de ces compteurs, des images de foules qui avancent, anonymes et inquiétants. Oui, tout cela m’a beaucoup agacé je dois dire. L’ensemble prétend sans doute éveiller les consciences, mais en pratique il provoque le contraire. En jouant avec cette esthétique de l’apocalypse, avec la séduction de l’inéluctabilité, le concepteur de cette partie nous rend le désastre écologique aussi lointain que les mythes de fin du monde auxquels il se réfère. La musique, les compteurs, la foule anonyme...encore un fois c’est très beau, scénographiquement séduisant, mais cela ne me concerne pas. Alors comme éveilleur de conscience on a fait mieux. Par ailleurs cela reflète assez la prédominance propre au museum, qui a beaucoup beaucoup misé sur la séduction scénographique, au détriment du sens.
 

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1 réactions à cet article    


  • franck2010 22 octobre 2009 23:55

    Un peu trop didactique la visite pour être honnête.

    A force d’y croire on y croit plus.

    Le graphisme à ses artistes.

    Le virtuel aura-t-il raison du réel ?

    Les effets spéciaux auront-ils raison du cinéma ?

    L’idéologie du politique ?

    et la métempsycose de la spiritualité ?

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Toulousaine


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