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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le crépuscule du Che » en phase finale au Montparnasse

« Le crépuscule du Che » en phase finale au Montparnasse

Ce crépuscule va se clore début avril au Petit Montparnasse sans avoir eu les honneurs des nominations aux Molières 10-11.

Cruelle injustice à rebours pour Ernesto Che Guevara, mais, encore davantage, pour Jacques Frantz qui, dans son rôle d’accoucheur de vérités, y met toute son âme d’interprète ainsi que pour Olivier Sitruk qui, par contraste et nuances évocatrices avec la photographie mythique du Che, y livre, sans détour, la complexité de cette personnalité charismatique.

Avec en fond sonore envoûtant, le chant des cigales au cœur de la nuit bolivienne, les deux comédiens vont, dialectiquement, s’affronter dans une joute socio-philosophique haut de gamme méritant, sans réserve, la célébration de l’auteur argentin José Pablo Feinmann et, en la circonstance, sa traductrice et adaptatrice Marion Loran.

Comment, au travers l’interrogation d’un journaliste contemporain, ayant décroché une bourse de la fondation Guggenheim, avec l’objectif de mener à bien un projet de thèse concernant les 48 dernières heures de vie du Che, succédant à l’arrestation et précédant l’exécution, y recueillir les réelles motivations du révolutionnaire universel le plus emblématique ?

C’est, donc, en jouant au jeu de la vérité au rythme du compte à rebours vers la solution finale dictée par la C.I.A. sous le règne présidentiel de Lyndon Jonhson, que la reconstitution de confidences fictives au tribunal de l’Histoire avance en flash back vers le destin qu’ « El comandante » s’était choisi délibérément :

Libérer le peuple de l’impérialisme colonisateur en l’incitant à prendre les armes contre son oppresseur.

Cependant même Fidel Castro cherchera, en vain, à orienter son compagnon de lutte dans une démarche politique structurée de préférence à des opérations commandos qui ne faisaient que renvoyer dos à dos la violence de l’asservissement à la violence meurtrière.

A notre époque où les populations tentent de se libérer du joug des dictateurs avec l’appui opportun des nouvelles technologies médiatiques, ce duel idéologique recadré dans une perspective théâtrale, pouvait faire figure d’une métaphore en temps réel.

Dommage vraiment que le jury des Molières 10-11 n’ait cru bon retenir cette option réflexive, et ô combien pédagogique, au premier tour de son choix électif.

photo © Lot

LE CREPUSCULE DU CHE - ***. Theothea.com - de José Pablo Feinmann - mise en scène : Marion Loran - avec Olivier Sitruk, Jacques Frantz, Laure Valès, Guillaume Lanson et François Santucci - Théâtre du Petit Montparnasse


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