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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le dernier jour d’Yitzhak Rabin : la plaie ouverte d’un conflit (...)

Le dernier jour d’Yitzhak Rabin : la plaie ouverte d’un conflit qui ne finit pas

Le film d'Amos Gitaï, Le dernier jour d'Yitzhak Rabin, est sorti dans l'indifférence totale en Israël. Il interroge pourtant sur les conditions dans lesquelles se construisent les extrémistes pour qui bâtir une paix durable avec les Palestiniens n'est que synonyme de trahison du peuple juif.

4 novembre 1995. A l'issue d'une manifestation de soutien aux accords d'Oslo sur la place des Rois d'Israël (rebaptisée depuis place Rabin), le Premier ministre, qui cumule son poste avec le portefeuille de la Défense, descend les marches de l'hôtel de ville pour rejoindre sa voiture. Alors qu'il atteint la portière, il reçoit dans le dos trois balles d'un pistolet semi-automatique manié par un ancien étudiant en droit âgé de 25 ans, Yigal Amir. Dans une reconstitution à l'identique de la scène de l'assassinat – qui avait été filmée depuis le toit du centre commercial Gan Ha'ir par un photographe amateur, Roni Kempler –, puis à travers une immersion dans la voiture qui emmène le blessé à l'hôpital, Gitaï fait revivre au spectateur les derniers instants du Premier ministre travailliste.

Au cours des investigations de la commission d'enquête qui s'ensuit, il apparaît nettement que les recherches ne porteront que sur l'établissement des « défaillances opérationnelles », c'est à dire des failles dans le dispositif de protection et de sécurité du Premier ministre. À la jeune enquêtrice qui tente de remonter aux causes profondes qui expliquent la montée de la violence religieuse et la recrudescence d'extrémistes, le président de la commission, Meir Shamgar répond que seuls les aspects techniques, matériels seront recherchés. La jeune femme évoque le non-respect par Israël des conventions de Genève et de La Haye au sujet de l'occupation des territoires palestiniens, l'appropriation et la destruction de biens palestiniens par les colons, la complaisance des autorités israéliennes vis-à-vis de l'implantation de colonies qui ont quadruplé en quinze ans, passant de 31 en 1977 à 120 en 1993, et de 4 400 colons à 100 500. Est également soulignée la responsabilité morale de certains rabbins qui participent activement à la radicalisation des jeunes en véhiculant des appels au meurtre visant aussi bien les Arabes que les artisans d'Oslo.

Tour à tour, les témoins sont auditionnés : le chauffeur, le garde du corps, le chef de la sécurité de la manifestation, le chef de la police… Certains éléments intriguent et indignent le président de la Cour suprême, comme la durée anormalement longue d'acheminement du blessé à l'hôpital Ichilov, situé à 500 mètres du parking de l'esplanade des Rois d'Israël, sur un parcours encombré par les forces de police. Il pointe les importantes défaillances sécuritaires et le manque de préparation qui ont permis que survînt l'assassinat.

En parallèle, on suit l'interrogatoire et l'emprisonnement du jeune meurtrier. Celui-ci ne regrette pas son acte. Il s'est sacrifié pour le peuple juif, menacé par la politique dangereuse de Rabin. Le vieux psychologue qui s'entretient avec lui est ulcéré par son attitude arrogante et hautaine. « Le peuple juif ne t'a pas mandaté pour tuer le Premier ministre ! Comment peux-tu prétendre faire le bien de ton peuple en tuant celui qui a été choisi par la nation entière ? » Le vieil homme est atterré à l'idée que la violence ait pris autant d'empire dans « la seule démocratie du Proche-Orient ».

Gitaï opère un flashback pour peindre le climat qui a immédiatement précédé le meurtre de Rabin. Par le biais d'images d'archives disséminées tout au long du film, le cinéaste s'attache à montrer le déchirement provoqué par la disparition du principal artisan israélien des accords d'Oslo. La société israélienne de 1995 est travaillée par des divisions béantes entre les partisans d'une paix négociée brandissant des pancartes « Peace now » (« shalom akshav ») ou réclamant deux Etats, et ceux qui manifestent aux cris de « Rabin, par le feu et par le sang, nous allons t'expulser ». Pour ces derniers, Rabin est un traître au peuple juif, un « moser » sur qui est déclenchée la « din moser », la loi sur le délateur, et la « din rodef », une loi talmudique qui vise à éliminer celui qui met en danger les juifs.

Ces questions sont débattues dans de petits groupes de juifs très religieux qui n'acceptent pas les accords d'Oslo, qui seraient une amputation du territoire sacré d'Israël. Aucun gouvernement ne serait légitime pour acter une décision de ce type. Au cours de la discussion, la condition juive de Rabin lui est déniée. Intervient une femme qui se prévaut de sa qualité de « psychologue clinicienne » et insiste sur le fait qu'elle offre à l'assistance une expertise scientifique du cas très préoccupant que représente Yitzhak Rabin, un « schizoïde déficient mental […] totalement coupé du réel », qui n'entretient avec la rationalité que des liens distants. À la question d'une femme qui cherche à savoir s'il existe d'autres dirigeants atteints du même mal, l'experte ne cite qu'un nom, celui d'Hitler. On est saisi par l'ironie d'une scène où toutes les personnes présentes placent une loi religieuse interprétée par leurs soins au-dessus de la loi civile, mais adhèrent à l'idée que celui qui est coupé du réel, c'est Rabin.

Benyamin Netanyahou, à l'époque jeune leader du Likoud, apparaît à de nombreuses reprises sur les images, au milieu de manifestants qui griment le Premier ministre en uniforme de SS, entouré de croix gammées, ou portant de keffieh de Yasser Arafat ou haranguant une foule qui appelle violemment Rabin à la démission. L'actuel Premier ministre assure n'avoir jamais encouragé la violence. Mais la charge du réalisateur contre sa complaisance présumée envers les extrémistes et son encouragement assumé du processus illégal de colonisation résonne amèrement avec une actualité politique israélienne qui s'est déportée sur la droite. De nombreuses critiques en provenance de l'extrême droite israélienne se font jour, qui dénoncent les positions du président Rivlin, pourtant figure historique du Likoud, favorable aux colonisations et hostile à la création d'un État palestinien.

Dans un pays militariste, crispé par la guerre, et où les chances données à la paix se raréfient de jour en jour, l'héritage de Rabin est paradoxalement convoqué régulièrement dans la presse écrite. Pourtant, le film de Gitaï est sorti dans une indifférence totale en Israël ; il n'est resté à l'affiche que deux semaines et n'a suscité aucun débat public. Il interroge sur l'état d'esprit d'une société meurtrie, malade d'un conflit qui ne finit jamais.


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26 réactions à cet article    


  • Massada Massada 21 décembre 2015 18:07

    le film de Gitaï est sorti dans une indifférence totale en Israël ; il n’est resté à l’affiche que deux semaines et n’a suscité aucun débat public. 


    Non mais qui ira voir cette daube en Israel ?

    Amos Gitaï chie un documentaire anti-israélien, c’est juste bon pour les bobos gauchiste français.
    Ici en Israel on en a rien à foutre qu’un putain d’israélien antisioniste et mauvais cinéaste vient déverser sa haine d’Israel dans un navet pour palestinophiles.


    • laertes laertes 21 décembre 2015 19:30

      @Massada : Je sais que vous êtes une sorte de troll et c’est un peu pour cela que vous me faites pitié. Votre pseudo devrait pourtant vous faire réfléchir. Et je crains que l’état qui se dit juif ne termine comme ces occupants de ce plateau. Tant pis pour vous. Les Romains avaient bien compris le problème juif et ils ont décidé de le résoudre à leur manière à savoir : on ne discute pas avec des cinglés....
      Si comme vous dites les Israeliens ne se sont pas déplacés pour voir ce docummentaire..et bien tant pis pour eux. Ils n’auront bientôt que leurs yeux pour pleurer.


    • A. Nonyme A. Nonyme 21 décembre 2015 22:41

      Pauvre Massada... au lieu de vous essayer dans une mauvaise critique d’un film que vous n’avez pas vu, dites simplement que vous avez kiffé grave l’assassinat de Rabin. Ce sera plus clair ! smiley


    • njama njama 22 décembre 2015 11:00

      @Massada
      Disons que vous n’avez pas la même conception du sionisme que Amos Gitaï et, que vous êtes vraisemblablement proche du Likoud et des extrêmistes religieux

      Merci de cette première intervention très éclairante pour l’article d’ Eléonore de Vulpillières

      mauvais cinéaste ? réalisateur, acteur, scénariste, producteur, écrivain ...

      " En 2015, l’œuvre du cinéaste Amos Gitaï compte près de 90 titres, réalisés sur environ 40 ans. Il faut y ajouter installations vidéo, mises en scène de théâtre et livres. Ses films sont de formats et de natures très variés (longs et courts métrages, fictions et documentaires, travaux expérimentaux, réalisations pour la télévision, tournés dans son pays, Israël, ou partout dans le monde…). Mais à la diversité de ses œuvres répond une extrême cohérence. Au fil des années, des voyages, des combats, des exils, des rencontres, Amos Gitaï articule et ré-articule entre elles des œuvres qui, dans leur miroitement, ne cessent de se répondre, de se faire écho. Il est aujourd’hui l’un des cinéastes les plus respectés sur la scène internationale, et ne cesse d’explorer de nouvelles voies narratives et stylistiques, toujours en relation avec la réalité contemporaine, même lorsque le récit fait détour par le passé historique ou mythologique."


    • Phoébée 22 décembre 2015 10:12

      Sacré Massada, il regrette seulement de ne pouvoir tuer Rabin une seconde fois....

       ’Israël leur a démontré qu’elle est capable de les traquer là où ils se trouvent, même au cœur d’une capitale arabe protégée par des centaines de missiles sol-air’

      C’est connu qu’Israël est invincible !  Il y aurait aussi une autre explication. Dans ce conflit entre grandes puissances peut-être qu’une piqure de moustique n’est pas le franchissement de la ligne rouge... smiley


      • Massada Massada 22 décembre 2015 10:31

        On supprimes mes commentaires qui dérangent, la censure est partout en France surtout si l’on est pas palestinophile. Pauvre pays, la liberté d’expression y est réduite à une peau de chagrin.

         

        Je disais donc que dimanche soir à 22h 15, après avoir traversé le sud du Liban, où les armes sol-air sont pratiquement inexistantes, les F-16 israéliens se sont réorientés à l’Est, pour emprunter l’espace aérien syrien. Leur objectif était un immeuble d’un quartier du centre de Damas, Jaramana, bastion du régime, où vivent deux importantes communautés, l’une kurde, l’autre chrétienne.

         

        Deux appareils, ont tiré quatre missiles qui ont totalement détruit leur cible, neutralisant Samir Kuntar et huit autres occupants. 

         

        L’élimination de Kuntar servira d’avertissement à tous les cheffetons antisémites et génocidaires, au Moyen-Orient et ailleurs. Israël leur a démontré qu’elle est capable de les traquer là où ils se trouvent, même au cœur d’une capitale arabe protégée par des centaines de missiles sol-air.


        • frugeky 22 décembre 2015 10:34

          @Massada

          Rigolo ! Vous êtes le censeur !


        • njama njama 22 décembre 2015 10:50

          @Massada
          Je ne sais qui a « signalé l’abus », mais quand on se réjouit publiquement de la mort de quelqu’un (apologie du crime) ... la censure de la modération paraît justifiée.

          Ceci par rapport à cet « assassinat » de Kuntar, les missiles de tsahal ont tué plusieurs autres personnes dans cette destruction, qui n’avait peut-être que pour seule faute d’être ses voisins ...


        • Massada Massada 22 décembre 2015 11:05

          @njama

          Exact il était accompagné de 8  responsables du Hezbollah.
          Selon certains médias arabes, Kuntar et ses acolytes préparaient une attaque d’envergure contre les forces de Tsahal postées dans le Golan.


        • Massada Massada 22 décembre 2015 11:09

          @njama

          je vois pas de problème à se réjouir de la mort d’un terroriste qui a massacré à coups de crosse sur la tête une petite fille de 4 ans après avoir tué son père devant ses yeux.
          Mais on ne doit pas avoir les mêmes critères moraux.


        • njama njama 22 décembre 2015 11:43

          @Massada
          accompagné de 8  responsables du Hezbollah.
           ???
          déclaration de Nasrallah :
          "Des avions israéliens ont lancé des missiles à haute précision sur l’appartement dans lequel se trouvaient le frère Samir Qintar, et des combattants et commandants syriens." (source Al manar)

          Une attaque d’envergure contre les forces de tsahal est si peu crédible, vous savez pertinemment que le Hezbollah n’est pas en Syrie pour combattre Israël, comme vous savez que tsahal a des capacité de riposte très puissantes.

          C’est Israël qui a libéré Samir Kuntar en 2008...


        • Massada Massada 22 décembre 2015 11:49

          @njama
          C’est Israël qui a libéré Samir Kuntar en 2008...

          exact et ce fut une grave erreur, heureusement corrigée.
          il se murmure que c’est peut-être le régime de Bachar qui aurait soufflé à l’oreille du Mossad l’endroit où se trouvait Samir Kuntar, promettant de ne pas entraver le vol des bombardiers israéliens.

          Assad haïssait Kuntar, qui conduisait sa guerre privée sur le sol syrien, mettant à profit la Guerre Civile pour poursuivre ses propres objectifs ; avec l’aide des Iraniens et du Hezb, certes, mais contre la volonté de Damas grâce aux Russes.

           

          On se fait parfois des câlins entre ennemis, et mieux valait pour Assad, face aux « amis iraniens », que ce soient les Israéliens qui s’occupent de liquider Kuntar que lui.


        • njama njama 22 décembre 2015 12:03

          @Massada
          Ok, la vengeance est une chose (loi du talion) ; s’en réjouir une autre ; le petit truc de trop, car au delà de la satisfaction éphémère se profile aussitôt et quasi inévitablement l’engrenage funeste, vengeance sur vengeance ... le Hezbollah annonce une riposte à un moment opportun.
          Au final, pour revenir dans le sujet de l’article, autant de choses pour maintenir  la plaie ouverte d’un conflit qui ne finit pas



        • Massada Massada 22 décembre 2015 13:02

          @njama

          Bien sur que le Hezbollah se vengera et nous répliquerons !
          Le terrorisme c’est comme les ongles, on les coupent et ils repoussent, mais ce n’est pas une raison pour ne pas les couper.


        • Phoébée 22 décembre 2015 16:26

          @Massada

          « On se fait parfois des câlins entre ennemis, et mieux valait pour Assad, face aux « amis iraniens », que ce soient les Israéliens qui s’occupent de liquider Kuntar que lui. »

          Voilà un début de réponse.....


        • Allexandre 23 décembre 2015 16:57

          @Massada
          Il faut avouer que vos commentaires sont pléthores et plus mensongers les uns que les autres. On n’en peut plus de cette propagande sioniste qui se croit tout permis sous le prétexte de la shoah. Vous êtes d’une indécence sans mesure et d’un irrespect total à l’égard de ceux qui sont morts pour que les sionistes, bien protégés, puissent justifier la création de cet Etat voyou u’est Israël. Si vous ne comprenez pas que les Français ont ras-le-bol des juifs sionistes qui monopolisent l’espace public pour nous faire un lavage de cerveau permanent, c’est que vous êtes en perte de vitesse. Votre mainmise sur le pouvoir en France est à saturation. CA SUFFIT. Puisque vous aimez tant l’Etat sioniste, allez y vivre, même si hélas ! ce conseil est en défaveur des Palestiniens repoussés toujours davantage. Votre aveuglement et votre arrogance vont vous mener à une catastrophe dont vous ne mesurez pas l’ampleur. Il ne faudra pas venir pleurer et hurler à l’antisémitisme que vous aurez instrumentalisé. Vous récolterez ce que vous avez semé. Le mur se fissure de plus en plus, et vous risquez ne plus en avoir pour vos prières. Vous l’aurez bien cherché !


        • antyreac 23 décembre 2015 19:30

          @Allexandre
          Un ramassis de conneries les unes plus basses que les autres

          Comment peut on être sourd à ce point aux souffrances du peuple israélien et accorder tant d’importance aux faschos palestiniens.

        • Allexandre 25 décembre 2015 15:19

          @antyreac
          Un ramassis de conneries plus basses les unes que les autres. Comment peut-on être sourd à ce point aux souffrances du peuple palestinien et accorder autant d’importance aux fachos israéliens, voleurs de terres et propagandistes de renom ? Vous êtes tellement minable qu’il n’y a rien d’autre à dire que de reprendre vos inepties censées servir d’arguments. Misérable déchet, allez vivre en Israël, au moins vous serez utile à quelque chose et soulagerez les souffrances de ce pôvre peuple israélien, victime comme toujours des méchants goyims diaboliques !


        • frugeky 22 décembre 2015 10:32

          Mhen, la censure ! C’est laid.
          Surtout si je respecte la charte !


          • njama njama 22 décembre 2015 13:48

            @ Eléonore de Vulpillières

            Dans une entrevue de 2001 ne sachant pas que les caméras tournaient, Netanyahou s’est vanté d’avoir fait échouer les accords d’Oslo (13 octobre 1993) au moyen de fausses déclarations et d’ambiguïtés ».

            Vidéo Netanyahu : This is how I broke the Oslo Accords with the Palestinians
            https://www.youtube.com/watch?v=3-5hUG6Os68&list=PLr3Hcr8NfiqT1u3biii9_zwle0MvSRynQ


            • njama njama 22 décembre 2015 13:57

              @ Eléonore de Vulpillières

              L’Etat d’Israel est piégé dans un système électoral que l’on peut qualifier de proportionnel intégral, qui oblige à une coalition avec les partis religieux extrémistes, et qui empêche la création nécessaire d’un Etat Palestinien.

              Israel, la proportionnelle intégrale qui oblige à une coalition, avec les partis religieux
              S’il existe bien un consensus que partagent depuis longtemps les analystes politiques ainsi que les dirigeants des principaux partis israéliens, c’est la nécessité de changer le système électoral. [1]
              La multiplicité des partis politiques est sensée pouvoir participer de ce sentiment de représentativité. Ainsi, lors des dernières élections législatives de 2006, pas moins de 31 listes ont été présentées au suffrage des électeurs, même si seulement 12 d’entre elles ont pu accéder à la Knesset. ... Etant donné qu’aucun parti n’a jamais obtenu à lui seul une majorité des sièges au Parlement, tous les gouvernements, depuis l’indépendance de l’Etat, sont formés par des coalitions de plusieurs partis. [2]
              « Tant que le système électoral isrraélien restera ce qu’il est.. les deux grands partis du pays,.. seront obligés de composer avec les partis religieux ». [3]
              ... « Alors qu’il avait été envisagé, à l’origine (1949), que l’Assemblée constituante promulgue la Constitution du nouvel Etat, il fut par la suite décidé que ce texte serait rédigé, article par article, dans le cadre de la promulgation des Lois fondamentales qui, avec le temps, auraient formé un document unique, la Constitution d’Israël.
              Cependant aujourd’hui, l’Etat d’Israël n’a toujours pas de Constitution de façon formelle : ce sont les lois fondamentales qui ont valeur constitutionnelle, ce qui est aussi un moyen de préserver le consensus minimum entre religieux et laïcs puisque les partis religieux s’opposent à l’adoption d’une Constitution qui ne serait pas conforme aux lois de la Torah.

              Les Lois fondamentales déjà en vigueur couvrent régissent la vie politique et l’organisation des pouvoirs. Elles les thèmes suivants : la Knesset ; les biens fonciers d’Israël ; le président de l’État ; le gouvernement ; le budget de l’État ; l’armée ; Jérusalem, capitale d’Israël ; le système judiciaire ; le contrôleur de l’État ; le droit d’exercer le métier de son choix ; et la dignité et la liberté humaine. » [4]
              La fragmentation du régime de partis peut être déstabilisatrice. Le système à Représentation Proportionnelle (RP) reflète et accentue cette fragmentation. En particulier, lors des négociations en vue de la formation d’une coalition de gouvernement, les petits partis ont souvent un rôle déterminant et peuvent tenir les plus grands en otages. Ceci est perçu comme le point le plus faible de la RP. En Israël par exemple, les partis religieux extrémistes jouent souvent un rôle décisif dans la formation des gouvernements." [5]
              Est-il nécessaire d’ajouter que dans ces conditions une évolution vers la création d’un Etat Palestinien est vouée à l’échec ? Alors même que des sondages réguliers montrent que les Israéliens sont disposés à cette création !
              http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/france-et-israel-deux-pays-1-aux-156003


              • njama njama 22 décembre 2015 15:11

                @ Eléonore de Vulpillières

                Le conflit israélo-palestinien n’a absolument rien à voir avec la religion, il est seulement une question politique depuis ses origines.
                Pour vous aider à décoder, il y a deux conceptions du sionisme qui s’affrontent au plan politique :
                le postsionisme (ou post-sionisme) d’essence laïque, issu du sionisme historique du XIX° s., idéologie politique matérialiste athée, que certains israéliens (comme Massada) considèrent anti-sioniste...
                le néosionisme (ou néo-sionisme) qui émerge assez simultanément dans les années 1970, et qui entremêle messianisme religieux (historique) et l’idéologie nationaliste de façon confuse, la Bible offrant une légitimation mythologique à la présence de colons juifs en Palestine, et à l’expropriation des palestiniens.


                • njama njama 22 décembre 2015 15:32

                  Cette récente étude historique est captivante.
                  Le sionisme, sources et genèse messianique
                  Jean-Michel Vernochet interroge Youssef Hindi au sujet de son dernier ouvrage.
                  (18’29) https://www.youtube.com/watch?v=cUbD94eJdtY
                  Il semblerait donc que d’une certaine manière des intérêts capitalistes du XIX° (Rothschild achète des terres en Palestine) , coloniaux pour tout dire, aient trouvé sur fond d’antisémitisme européen au travers de ce sionisme religieux le terreau sur lequel prospérer ... ce qui aboutira par la violence à la création d’Israël.
                  .
                  Occident et Islam : Sources et genèse messianiques du sionisme ; De l’Europe médiévale au Choc des civilisations
                  Youssef Hindi

                  Qui veut comprendre la situation du monde actuel, doit remonter aux sources originelles des courants d idées sous-jacents aux grands mouvements historiques. Idées qui seront le moteur de l action pour ces minorités proactives qui font et défont l histoire. Dans cet ouvrage, Youssef Hindi nous révèle les origines mystiques, jusqu ici méconnues, du sionisme et de la doctrine stratégique du Choc des civilisations. Idéologies qui conduisent en priorité les peuples d Orient et d Occident, et in fine l Humanité dans son ensemble, sur des voies essentiellement périlleuses. En remontant au XIIIe siècle, nous découvrons comment est né le projet du « rapatriement » du peuple juif en Terre sainte malgré l interdiction énoncée par la Torah et le Talmud. Nous voyons ici de quelle manière ce rêve messianique a pris corps pour s accomplir à partir de la fin du XIXe siècle dans une idéologie athéiste, le sionisme politique.
                  http://www.amazon.fr/Occident-Islam-messianiques-m%C3%A9di%C3%A9vale-civilisations/dp/2917329823


                  • Serge ULESKI Serge ULESKI 23 décembre 2015 07:31

                    Ne soyons pas dupes néanmoins : ces accords d’Oslo, une initiative de Shimon Peres (en politique, un imbécile notoire qui n’avait rien prévu, même pas l’assassinat de son Premier ministre !) face à un Rabin pourtant réticent, étaient destinés à gagner du temps en mettant fin à la première Intifada qui, dans sa répression par l’Etat colonial israélien (souvenons-nous des mains brisées des jeteurs de pierres par des soldats israéliens devant les caméras du monde entier), faisait courir le risque de voir cet Etat être placé au ban des nations (ce qui est le cas aujourd’hui car on ne se refait pas ! Jamais !).

                    Soit dit en passant, en novembre 1995, soit deux ans plus tard, ces accords n’avaient toujours pas vu un commencement d’application.

                     

                      Selon le point de vue qui veut que jamais il ne soit rendu justice à la cause palestinienne, nombreux sont ceux qui ont très vite trouvé une consolation après l’assassinat de Rabin - pour peu qu’ils en aient été affectés -, car… aujourd’hui, en 2015, soit vingt ans plus tard, l’occupation de la Cisjordanie avec sa politique du « fait accompli » n’a jamais cessé de s’étendre : en effet, au moment de la signature des accords d’Oslo, la question coloniale impliquait 150 000 colons en Cisjordanie ; 20 ans plus tard, ce chiffre a quadruplé : on est passé à 600 000 colons avec Jérusalem Est.

                     

                      Yitzhak Rabin n’est donc pas mort pour rien car, aujourd’hui plus qu’hier, jamais l’espoir de voir le droit international et la force de ce droit rendre rendre justice aux Palestiniens n’a été aussi éloigné.

                    De plus, cet assassinat nous rappelle, si besoin était, qu’il faut être deux pour faire la paix. En effet, depuis ce 4 novembre 1995, la fracture dans la société israélienne entre les religieux et les laïcs n’a jamais été aussi profonde. Fracture entre ceux qui veulent vivre en paix dans les frontières reconnues par la communauté internationale (celles de 1967) et les autres : rabbins, colons économiques et religieux, partis politiques opportunistes au clientélisme éhonté, avec au sommet de la pyramide, l’Etat israélien pour mener à la baguette tout ce beau petit monde, soufflant tantôt le chaud et le froid au nom d’une raison supérieure : celle d’un Etat qui a su exploiter avec un talent certain toutes les faiblesses du droit et de la morale avec la complicité et le soutien tantôt explicite, tantôt tacite, des USA et des Etats européens.

                    Et s’il n’est même pas sûr qu’un individu tel que Benyamin Netanyahou soit dans les faits disposé à « mourir pour Israël » et ce malgré ses incessantes rodomontades, et pour peu qu’il en soit un jour question, soyez assurés qu’aucun homme politique de ce pays n’acceptera de mettre sa vie en danger dans le souci de rendre justice - même une justice toute relative -, au Peuple palestinien car tous ont retenu la leçon de l’assassinat de Rabin : quiconque s’y risque... meurt.

                     

                     


                    • njama njama 23 décembre 2015 15:06

                      @Serge ULESKI

                      Assez bien d’accord avec vous. Sur le papier les Accords d’Oslo sont une initiative pour la paix, en théorie seulement, ce qui a dupé beaucoup de monde, à commencer par des Palestiniens. En pratique, c’est un secret de polichinelle que les israélien religieux ne veulent pas d’une solution à deux États, et seront prêts à assassiner père et mère s’il le faut pour réaliser le projet messianique.
                      Nous avons affaire à des fous, ni plus ni moins.

                      Ziyad Clot : Il n’y aura pas d’État palestinien
                      L’entretien avec Ziyad Clot *, daté de 2010, que nous reprenons ici apporte un éclairage essentiel sur cette épineuse question. [SC]
                      [...]
                      Silvia Cattori : Quand vous écrivez « le processus de paix est un spectacle, une farce, qui se joue au détriment de la réconciliation palestinienne, au prix du sang versé à Gaza », on comprend que c’est également une dénonciation à l’adresse de ces notables palestiniens qui se sont prêtés à cette « farce ». À quel moment est-il devenu clair pour vous que tout cela n’avait rien à voir avec la recherche d’une solution de paix ?

                      Ziyad Clot : Mon livre est un témoignage. Mon objectif est avant tout de « montrer ». S’il doit y avoir dénonciation, je crois que les principaux fautifs sont à rechercher du côté de ceux qui imposent les paramètres iniques du « processus de paix » sur ceux que vous appelez « les notables palestiniens ». Autrement dit, d’abord le Gouvernement israélien et ses alliés américain et européen.

                      Venant de France, je n’y voyais pas forcement très clair au début. J’avais évidemment une connaissance livresque de ce conflit, des intuitions, des doutes sur le bien-fondé de ces négociations. C’est devenu plus clair pour moi, en mars ou avril 2008, quand j’ai pris connaissance de l’article du journaliste David Rose publié par Vanity Fair [4] qui démontrait que l’Autorité palestinienne s’était engagée aux côtés des États-Unis dans un plan secret qui a finalement provoqué une guerre civile entre partisans du Hamas et du Fatah. David Rose se référait à des documents confidentiels établis par l’Administration Bush : essentiellement un « plan d’action pour la Présidence palestinienne » ayant pour objectif de se débarrasser du Hamas. Il nous apprenait qu’en échange de la participation de la direction de l’Autorité Palestinienne à ce plan secret, l’administration Bush avait laissé miroiter à ces dirigeants du Fatah, qu’elle leur faciliterait leur retour à la table des négociations.

                      L’article de David Rose venait confirmer que les négociations d’Annapolis devaient prolonger ce « processus de paix » trompeur qui, depuis Oslo, divise la population palestinienne et la maintient sous contrôle policier pour garantir la sécurité d’Israël par toute une série de mécanismes répressifs.

                      Les révélations de David Rose m’ont permis de reconstituer les pièces du puzzle. Elles sont venues compléter ce que j’ai appris au fil des semaines passées à Ramallah, et de mieux percevoir ce que ce pseudo « processus de paix » signifiait réellement. J’ai tout de suite pensé à démissionner. Car il ne m’était plus possible de penser que notre collaboration aux négociations de paix au sein de la NSU était totalement neutre et qu’elle ne participait pas elle aussi d’une certaine manière de ce plan secret qui conduisait à entretenir la division du peuple palestinien. Ceci pour dire qu’il m’a fallu quelques mois pour comprendre, avec certitude, que continuer à négocier dans ces conditions c’était œuvrer contre la réconciliation palestinienne.

                      [...] http://arretsurinfo.ch/ziyad-clot-il-ny-aura-pas-detat-palestinien-silvia-cattori/


                    • julius 1ER 26 décembre 2015 09:38

                      Meir Shamgar répond que seuls les aspects techniques, matériels seront recherchés. La jeune femme évoque le non-respect par Israël des conventions de Genève et de La Haye au sujet de l’occupation des territoires palestiniens, l’appropriation et la destruction de biens palestiniens par les colons, la complaisance des autorités israéliennes vis-à-vis de l’implantation de colonies qui ont quadruplé en quinze ans, passant de 31 en 1977 à 120 en 1993, et de 4 400 colons à 100 500. 

                      @l’auteur,
                      l’essentiel à la compréhension des finalités et du pourquoi de l’assassinat de Rabin sont dans ces quelques données mises en perspectives avec l’Israël de 2015....
                      oui Netanyou jeune faucon est devenu un vieux faucon et ses théories d’extrème-droite sont devenues la norme en Israël ....
                      oui la colonisation n’a fait que s’amplifier pendant 20 ans (un des piliers de la théorie expansionniste du GRAND ISRAEL) ..
                      oui la réponse à la non-existence d’un Etat palestinien a été de durcir les conditions de vie de ceux-ci les obligeant soit à partir, soit à prendre les armes pour ensuite les réduire militairement (opération plomb durci ) ...
                      la preuve en est que la population palestinienne n’a fait que diminuer depuis 40 ans....
                      les colonies ont métastasé les territoires palestiniens qui ressemble maintenant à un gruyère avec pour résultat l’annexion en catimini des dits- territoires ...

                      qui peut nier aujourdhui qu’il ne s’agit d’une volonté délibérée des partisans du Grand Israël qui même sous Rabin phagocytaient l’administration israëlienne et ses services ( l’histoire du transport de Rabin blessé est révélateur de l’état d’esprit qui existait en Israël à cette époque)....

                      avec en plus le chaos installé dans les pays limitrophes comme la Syrie ou l’Irak , Israël joue sur du velours le temps travaille pour lui ....
                      à cet égard personne ne s’étonne que Daesh ne s’attaque pas à Israël qui devrait être de par les normes de Daesh le 1er mécréant de la région ????
                      or là rien....... jamais d’intention belliqueuse vis à vis d’israël , n’est-ce pas étrange ?????????????????????
                      il s’agit véritablement d’un complot visant à asseoir définitivement Israël en tant qu’acteur majeur et incontournable dans la région et tous les moyens sont bons pour arriver à cette fin ..............cqfd 

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