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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le Dessin ou la Voie de la Perception

Le Dessin ou la Voie de la Perception

Pour la plupart de nos contemporains, la pratique du dessin ne concerne que les artistes ou les professionnels oeuvrant dans l’illustration, l’architecture, le stylisme ou le design. Il semble alors "normal" de ne pas savoir dessiner et exceptionnel - voire miraculeux - de savoir dessiner. Une autre manière d’envisager le dessin nous invite au contraire à le considérer, au moins dans ses formes élémentaires, non comme un talent étrange, mais comme une capacité constitutive de la condition d'être humain, au même titre que le calcul, la lecture et l'écriture.

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Rembrandt : Autoportrait
Gravure datée de 1630

Savoir dessiner : un apprentissage fondamental

Ce point de vue renverse complètement les choses puisqu’il fait apparaître comme une déficience fondamentale l’inaptitude au dessin - étant entendu que nous parlons ici de dessin d'observation ou dessin objectif, c'est à dire d'une représentation graphique qui vise essentiellement une ressemblance avec le visible.

Dans cette perspective, un homme incapable de faire un portrait ou de dessiner correctement une chaise, par exemple, sera considéré comme un handicapé, quelles que soient par ailleurs son intelligence, son habileté et son imagination.

Cette idée est certainement dérangeante, mais pourquoi l’être humain devrait-il s’accommoder en dessin d’un blocage de l’évolution de ses capacités à l’âge de 8 ou 10 ans ? Il est toujours possible d'éviter le problème en se réfugiant dans le cliché romantique nous présentant le dessin comme un « don artistique » réservé à quelques êtres exceptionnels. Mais un tel argument pourrait servir à justifier toutes sortes d’autres lacunes éducatives. Ainsi, dans un monde ou l’enseignement de l'écriture serait négligé, celle-ci apparaîtrait probablement tout aussi extraordinaire : on pourrait prétendre que seul les grands génies bénéficiant d’un "don littéraire" sont capables d'écrire leur nom ou de rédiger une petite lettre administrative.

 
Le dessin et le cerveau
 
Le fait de ne pas savoir dessiner ne nous prive pas seulement de la possibilité de produire des images utiles, esthétiques ou amusantes. En exploitant le système perceptif qui nous relie au monde, l’exercice du dessin a aussi un effet déterminant sur la conscience du dessinateur. Depuis les années 1970, on peut soutenir sur la base d'arguments scientifiques développés dans le cadre de la psychopédagogie que le dessin sollicite des fonctions spécifiques du cerveau laissées à l'abandon par les principales autres activités de notre existence. Les recherches effectuées sur la localisation des fonctions cérébrales par des neurophysiologistes comme Roger W. Sperry ont conduit à envisager que les deux hémisphères de notre cerveau correspondent respectivement à deux modes de fonctionnement très différents : notre "cerveau gauche" permettrait une approche analytique, discursive et additionnelle, tandis que notre "cerveau droit" donnerait accès à une appréhension globale, visuelle et divisionnelle. Le professeur d'art Betty Edwards s'est fondé sur cette théorie de l'asymétrie cérébrale pour élaborer une méthode d'apprentissage du dessin qu'elle décrit dans son célèbre ouvrage Dessiner grâce au cerveau droit (édition Mardaga).
 
Quoi qu'il en soit de la réalité de cette théorie de la bipolarisation cérébrale (dont on peut critiquer les versions simplistes), il est clair que le dessin ne dépend fondamentalement ni d’une technique d’exécution ni d’une habileté manuelle, mais avant tout d’une acuité perceptive. Tous les enseignants en dessin savent que la clef de cette discipline se situe davantage dans la qualité d’observation que dans la virtuosité d’exécution, et qu'aucune astuce technique ne pourrait jamais permettre à une personne refusant d’améliorer sa perception de devenir un dessinateur. Nous commettons une erreur lorsque nous croyons que nous ne savons pas dessiner parce que nous représentons très mal ce que nous voyons bien. En vérité, la plupart du temps, nous ne pouvons pas dessiner correctement parce que nous représentons à peu près bien ce que nous voyons très mal. La cause de notre incapacité à dessiner se trouve moins dans le vide de la main que dans l’encombrement de l’œil.

 
Un mur d'images mentales

Si nous sommes incapables de bien voir - sans souffrir d'une anomalie relevant de la compétence d'un ophtalmologiste ou d'un neurologue - c'est qu'un obstacle à la perception se présente dans la structure même de notre conscience. Cet obstacle est psychologique : il s'agit du mur de symboles intérieurs que nous avons forgés pour tenter de contenir l’univers dans le cercle clos de notre conscience. Cette masse de représentations mentales parasite toutes nos informations perceptives - quand elles ne prétendent pas tout bonnement les remplacer. Si je vous demande si vous savez ce qu’est un zèbre, une image surgit instantanément en vous. Il est évident que cette image n’est pas une perception neuve mais le résidu d’une expérience, le souvenir d’une perception figée dans un concept rassemblant tout ce que vous croyez savoir sur l’animal. Il est facile d’admettre que cette image tirée de notre bibliothèque mentale ne sera pas suffisante pour dessiner un zèbre de manière réaliste (que ceux qui en doutent fassent l’expérience !) Mais il faut aller plus loin : dans le cadre d'un dessin d'observation avec un vrai zèbre, non seulement l'image mentale ne nous rendrait aucun service, mais elle constituerait même un obstacle car elle nous empêcherait d'avoir une perception immédiate de l'animal, tel qu'il se trouve effectivement devant nous dans sa réelle apparence.
 
Ce parasitage est mis en évidence par la surprenante ressemblance de tous les mauvais dessins figuratifs, dévoilant des défauts d’observation reposant toujours sur cette même confusion : chaque forme a été dessinée en partie telle qu’elle a été perçue et en partie telle qu’elle a été envisagée intellectuellement. Ainsi on dessinera une assiette posée sur une table comme si elle basculait vers le spectateur pour montrer toute sa rondeur parce que l’on sait qu’elle est ronde ; on placera le nez au milieu d’un visage même si le modèle se présente de trois-quarts parce que l’on sait que le nez est au milieu de visage.
 
Il va de soi que nous mettons de côté la question de la stylisation qui peut jouer volontairement sur cette déformation - comme dans certaines formes d’art traditionnel ou dans le cubisme, par exemple. Nous nous attachons seulement ici à étudier ce qui fait obstacle au dessin objectif ou dessin d’observation.
 
Or, de quelle nature est cet empêchement et quelle est sa cause ?

 
Formations et déformations des images
 
L’origine du défaut d'observation que révèle la maladresse en dessin se trouve dans l'adaptation précoce de nos facultés de perception à notre environnement matériel et social. Tout d'abord, pour faire de ses yeux un instrument fiable, l’enfant doit apprendre très tôt à corriger spontanément les illusions d’optiques dont il pourrait être le dupe : impossible sans cela de se déplacer physiquement sans trébucher ou se cogner partout. Une fois acquise, cette faculté corrective opère si subtilement que son action passe inaperçue et que l’on ne trouve plus l’occasion de se poser la moindre question à son sujet : ainsi, nous n’avons aucun doute quant au fait qu’un personnage s’éloignant de nous ne devient pas vraiment plus petit, même si cette illusion est bien produite par notre système visuel ; de même, nous sommes certains que les glissières de sécurité au bord d’une route sont en réalité parallèles et non convergentes comme elles apparaissent. Tant que cette fonction d’interprétation nous aide à évoluer dans notre monde, elle nous rend de grands services. Mais dès qu’il s’agit de représenter les trois dimensions de l’espace sur le plan du dessin, elle devient un vrai problème. La conséquence la plus manifeste en est la production d’invraisemblables fautes de perspective.
 
En outre, les interprétations dont nos perceptions sont l’objet ne correspondent pas seulement à un processus d’adaptation au monde matériel mais aussi à un processus d’adaptation aux conventions sociales de nos éducateurs. Il est en particulier très difficile pour quiconque ayant appris à nommer le monde de traverser la grille du langage qui le sépare désormais des phénomènes. Notre discours intérieur « fixe » le monde en nous donnant le sentiment illusoire d’une permanence réconfortante et nous interdit de percevoir le flux mouvant de l’énergie animant toute forme. Dès que nous reconnaissons un zèbre, nous cessons de le voir, nous nous disons : "c’est un zèbre", comme si c'était suffisant ! Et voilà notre conscience bien occupée par ce mot fixe qui ne nous est d'aucune utilité pour dessiner l'animal en mouvement. Car mettre un nom sur une forme nous donne simultanément l’assurance que nous savons y penser et l’illusion persistante qu’il est inutile de la regarder. En définitive, nommer nous empêche de voir.
 
Lorsque nous étions enfants, nous disposions de peu de représentations et nos yeux étaient grand ouverts sur un monde inquiétant et merveilleux. Le craquement d’une feuille morte sous nos pas ou l’éclat du soleil dans une goutte accrochée à nos cils avaient pour notre âme la saveur magique de l’inconnu. Les explications transmises par nos éducateurs nous ont permis de domestiquer l’univers en le couvrant d’étiquettes ; et plus nous augmentions notre collection d’étiquettes, plus nous nous sentions savants. Bientôt, nous ne fûmes plus capables de rien voir de neuf dans ce monde trop familier qui semblait avoir vieilli avec nous.

 
Virginité du regard et créativité
 
Cette réflexion sur la perception nous conduit bien au-delà de la seule question de l'apprentissage du dessin.
 
Certes, se faire des représentations ne constitue pas un problème en soi : nous nous en faisons à chaque fois que nous associons une perception à une pensée ; peut-être même n'y a-t-il pas d'autre manière d'être un sujet connaissant que de se construire une représentation du monde. En outre, un dessin est aussi toujours une représentation. Mais un dessin ne prétend pas prendre la place de ce qu'il représente, alors que notre imagerie mentale à tendance à se replier sur elle-même pour se substituer complètement au monde vivant. L'attitude la plus morbide, la plus contraire à l'intelligence et à la vie, consiste à accepter d'être le gardien fanatiquement dévoué de représentations scientifiques, politiques ou religieuses sur lesquelles on ne s’est jamais sérieusement interrogé soi-même et à propos desquelles on a jamais eu soi-même aucune expérience de perception directe. 
 
Apprendre à dessiner, c’est apprendre à voir ici et maintenant ; apprendre à voir, c’est apprendre à arrêter le temps de la pensée. Il nous faut pour cela savoir débrayer la fonction de réajustement systématique des perceptions auquel notre cerveau a été conditionné ; nous devons nous rendre capable de saisir une information perceptive avant qu’elle ne soit changée en mot. En nous exerçant au dessin, nous apprenons ainsi à développer une virginité du regard qui nous donne accès à un monde où il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Ce monde est un peu celui de l'enfance retrouvée.

 


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24 réactions à cet article    


  • Piere CHALORY Piere Chalory 4 septembre 2013 20:17

    Bonjour et bienvenue dans la nébuleuse Agoravox,



    Courage ! Oser aborder ici l’Art sous quelque forme que ce soit vous expose à la vindicte et à l’ignorance, voire la ’’haine’’ de la communauté à laquelle vous désirez participer.


    Thierry, sachez que je soutiens et partage vos idées envers l’id"ée que la capacité à reproduire avec des crayons, stylos, plumes ou autre l’apparence de la réalité ne serait un don réservé, comme tout don, à une caste d’êtres supérieurs d’une manière ou d’une autre.


    NON ! 


    Tout imbécile a le droit de dessiner adroitement une biche un oiseau, Mickey, Hitler, Popeye, Obama ou... Non, pas lui.

    Ceci dit, je propose qu’avant de posséder un contrôle sur le conditionnement classique du zombie ordinaire ; forme de robot stupide incapable d’autre chose que d’appuyer sur des touches ou écrire des lettres d’injures, une taxe soit instituée contre tout ’’artiste’’ involontaire, car ’’doué’’, payée en neurones excédentaires redistribués à la masse laborieuse dans un élan fraternel.

    Dès lors, tout être inconscient ayant transcendé l’imbécillité lui faisant prendre un chat pour un dieu, un rat pour un malfaisant, un communiste pour un imbécile, sera puni de mort après un procès inéquitable.

    Les exécutions seront ordonnées par un consortium d’intellectuels inaptes à la réflexion face au miroir, des sortes de vampires en quelque sorte, des affreux, des laids.

    Sauf Vous et Moi, car nous le valons bien

    Cordialement



    • Thierry MARIÉ Thierry MARIÉ 4 septembre 2013 20:31
      « Tout imbécile a le droit de dessiner adroitement une biche un oiseau, Mickey, Hitler, Popeye, Obama »

      Piere, vous voulez dire... dans le même tableau ?  smiley

      Peut-on rajouter un raton laveur à cette aimable compagnie ? 

    • Piere CHALORY Piere Chalory 4 septembre 2013 20:47
      Merci pour le lien, 

      quelle poésie ce Prévert !


      ’’un petit garçon qui entre à l’école en pleurant

      un petit garçon qui sort de l’école en riant
      une fourmi
      deux pierres à briquet
      dix-sept éléphants un juge d’instruction en vacances assis sur un pliant’’


      Scène surréaliste difficile, objectivement irréalisable à l’échelle humaine





    • Thierry MARIÉ Thierry MARIÉ 4 septembre 2013 20:58

      Oui, il y a des scènes qu’il vaut mieux décrire que peindre... ou sculpter. A moins d’avoir un grand atelier. Surtout pour les 17 éléphants. 


    • Thierry MARIÉ Thierry MARIÉ 4 septembre 2013 21:14

      Même si les éléphants sont des modèles vivants de bonne compagnie et qui tiennent bien la pose.



    • bakerstreet bakerstreet 5 septembre 2013 16:04

      L’éléphant trompe énormément !


      Bon, je sais c’est facile. 
      Mais l’éléphant est indispensable !

      Certains se sont efforcés toute leur vie d’améliorer le sujet, transformant leurs jours en séries : On peut certainement se contenter de dessiner des éléphants, bien que le passage à la théiere, au bout d’un moment, soit certainement tentant.

      Je ne sais plus quel artiste allemand a peint pendant 40 ans la même chapelle. 
      Au jour de mourrir il regretta de ne pas avoir eu le temps d’en faire totalement le tour.

      Mince, me voilà en train de parler peinture.
      Par quoi faut il commencer, le pinceau le crayon, ou le guidon de vélo ?

      Bien des soit disant mauvais dessinateurs font d’excellents peintres, pourvu qu’ils parviennent à triompher de ce cliché : « Si je dessine mal, inutile de me mettre à la peinture ! »

      Pourtant d’"excellent cyclistes, ont fait de bien piètres aviateurs, et le contraire est évidemment vrai !

       Au jeu des harmonies, ils retrouvent confiance en eux, après avoir flirté avec l’unité, et reviennent, pleins de ressources insoupsonnées, au dessin.

      Personne ensuite pour les régler au sprint, debout sur les pédales, à dix heures du soir , sur une route déserte.

    • Piere CHALORY Piere Chalory 6 septembre 2013 08:19

      @ Bakerstreet,


      La peinture est effectivement différente du dessin, je dirai même plus ; elle n’a rien à voir avec le dessin, car d’excellents dessinateurs ne savent pas peindre, tout simplement car la technique de la peinture à l’huile est complexe et ne s’apprend pas en 1 jour, même en étant doué.

      Surtout, ce n’est pas vous qui allez imposer aux pinceaux, couleurs, diluants et autres médiums à peindre, des caractérisques s’adaptant à vos désidératas de temps ’’compté’’ ou autres fadaises de problème de ’’temps de séchage’’. L’Art n’est pas un job de fonctionnaire et vous ne créérez pas de chefs d’oeuvres si vous pensez qu’en consacrant une heure par jour à votre passion vous connaîtrez l’essentiel.


      Au contraire, la relative longueur du temps de séchage de l’huile est un avantage énorme pour qui connait son métier. Ainsi, il est tout à fait possible de déposer un reflet blanc et net sur une couche fraîche que vous venez d’appliquer, ce n’est qu’une question de respect de la dilution de la peinture des couches, allant du maigre pour les premières couches vers le gras pour les dernières.

      Là encore, tout ceci ne s’acquiert qu’au prix d’une longue pratique, et la technique de tous les peintres se modifie au gré du temps forcément, faissant dire à certains qu’il s’agit de périodes, non, il s’agit plutôt de modifications de perceptions dues à l’âge, d’humeur du moment, et même de vulgaires essais. 



    • paco 5 septembre 2013 01:42

       et alors, que se passe t il quand on pert la vue. ?
       Quand on a dessiné toute sa vie , ne plus voir les couleurs...


      • Qaspard Delanuit Gaspard Delanuit 5 septembre 2013 02:53

        Votre question est pleine de jovialité et d’optimisme. 


        Si l’on devient complètement aveugle, on ne peut plus peindre, évidemment.  smiley

        Mais on peut toujours rêver en couleur. 

        En attendant, profitons de l’univers visible, les yeux ouverts smiley



      • antonio 5 septembre 2013 10:18

        D’accord avec votre article ; le dessin est bien trop oublié et négligé dans l’éducation en général...
        apprendre à voir est pourtant essentiel.


        • paco 5 septembre 2013 10:41

           @Gaspard, bien sur, rever en couleurs...Pour une fois que je ne blague pas.

          merci du conseil.

           @ Thierry, trés bel article.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 5 septembre 2013 12:39

            Bonjour TM,

            on peut même aller jusqu’à affirmer que le dessin est une mathématique plastique cérébrale qui aide aussi à conduire correctement, à appréhender une courbe ou un virage en aveugle, à ranger son espace vital personnel, ne serait ce que pour traverser son espace dès la nuit venue, dans le noir absolu sans pour autant s’éclater le petit doigt de pied, ou visualiser les volumes pour charger des cartons et mieux définir les encombrants pour remplir son déménagement. Pour convaincre les brigands et incultes au moyen age, il suffisait de leur faire un dessin.

            D’ailleurs le + difficile des plus beaux fruits à dessiner dans la nature, n’est il pas la femme ? Pour ce faire, et dans l’espoir d’être compris d’elle et finalement pouvoir la prendre et la croquer, ne faut il pas faire preuve de la plus infinie patience à caresser des heures une feuille tendre de papier avec un fragile crayon ou un fusain ? cette patience inflige une discipline de l’exactitude du geste et de le chaine des éléments qui relient le cerveau au bout du doigt. http://www.youtube.com/watch?v=AJlDBhruFfk

            La femme obéit au doigt et à l’œil de l’artiste, et elle peut aujourd’hui se self shooter toute seule et devenir maitresse de son art et donc de notre voie de la perception...


            • SALOMON2345 5 septembre 2013 12:49

              Parfait, c’est que je propose à ceux qui, à tort, me disent « doué » alors que je leur démontre que la presque totalité de ce qu’ils « admirent » (pardon) parfois dans quelques « oeuvres personnelles », n’est que le fruit d’un long travail de l’oeil et de la main, et que le fameux « don » qu’ils opposent à quelque « réussite » est infinitésimal, ignorant ainsi toutes les sueurs, ratures et angoisses, subies durant le processus : « à vos crayons ou pinceaux et regardez puis tâchez de comprendre, avant tout geste intempestif ! » leurs dis-je !

              Le philosophe souligne qu’« agir (ou parler) sans réfléchir, revient à tirer sans viser », ce que rejoint votre texte lequel invite à regarder, voir, comprendre et agir (dessin, photo, parole, acte) et qu’avec du travail on peut éventuellement dessiner... même « ses rêves » !
              Au boulot... et sans oublier bien sûr « le coeur », dans tout çà !!!

              Merci pour la clarté de vos propos lesquels, et contrairement à son concurrent « l’habituel dessin » fréquemment cité, valent ici bien mieux qu’un long discours..."

              Salutations sincères.

              • bakerstreet bakerstreet 5 septembre 2013 13:54

                Gamin, j’adorais dessiner les mickey, les personages de disney tout en cercles. 

                Pareil d’ailleurs maintenant que les femmes, leurs seins leurs vallons, leurs figures aimables et souriantes. 
                La femme est le régal du dessinateur, qui y trouve tout son comptant de boucles, de cercles et d’harmonies, une musique céleste. 

                Les vélos ne sont pas mal à dessiner non plus. 
                L’essentiel, est d’avoir le geste large, de trouver l’équilibre. 
                Au début on n’est surpris de tenir sur deux roues, sans que plus personne ne tienne votre crayon.

                Il suffit de bien peu pour désapprendre ce que vous saviez, cette grace naturelle de celui qui ose.
                Quelqu’un vous a dit que vous étiez nul, et vous voilà par terre, pensant que le vélo vraiment n’était pas fait pour vous.
                Tout se tient dans cette vie !
                Redéfaire les petites roues.

                Un conseil : Pour le dessin moquez vous d’un crayon trop affuté. 
                Il vous faut plutot de grosse roues, genre VTT. Ces vélos ont la lourdeur nonchalente des paquebots vapeur que l’on voit de loin quand on est sur la côte, nimbés de vapeurs d’aquerelle.
                L’imprecision sera votre premier but.
                Ne vous attachez qu’aux formes générales.

                C’est pour ça qu’un fusin, ce qu’on appelle aussi une mine de plomb, ou plus simplment un crayon à la grosse mine comme une craie, vous forera à retrouver cette spontanéité qui était la votre à l’école maternelle, avant qu’un imbécile ne vous apprenne que vous n’étiez soit disant pas doué. 

                Bonne route !

                • paco 5 septembre 2013 14:40

                   Hey, @bakerstreet, malgré vos airs de sale gosse, vous lire m’ensolleille. vous c’était Mickey, moi Goldorak voire Albator, mais en catimini.Ensuite, A l’encre de chine je rivalisais avec Druillet, ce fabuleux cinglé. 
                   Bonne route à vous !


                • bakerstreet bakerstreet 5 septembre 2013 15:52

                  Merci Paco


                  Plus loin que la main, le bras qui tient le crayon, le rayon de soleil qui vous porte !

                  Que la grâce vous ensoleille !

                  Quoique un minimum d’ombre est indispensable pour assurer l’équilibre, 
                  et le mystère !

                • Radix Radix 5 septembre 2013 18:57

                  Bonjour Bakerstreet

                  « L’ombre c’est la lumière et la lumière c’est l’ombre », c’est ce qu’enseignait mon prof des Beaux Arts... c’est lumineux !

                  Radix


                • Hermes Hermes 5 septembre 2013 14:38

                  Bonjour,

                  Excellente analyse ! Dessiner c’est représenter. Sns nous en rendre compte, nous nous représentons le monde en permanence et par habitude, nous ne voyons plus ce que nous percevons, et à peine ce que nous représentons. Se mettre en face de la représentation, prendre conscience de la différence avec la perception, tout en voyant qu’il s’agit dun autre objet de perception qui se crée.... est tout une discipline de travail qui développe la conscience en appréhendant ses mécanismes dans le présent.

                  Pour ceux qui sont intéressés à pratiquer, un des points importants de cette voie de travail est de ne pas perdre le contact avec la sensation de son corps (et pas seulement la tête).

                  Bonne journée.

                   smiley


                  • paco 5 septembre 2013 14:47

                     @ hermes, je ne t’ai en rien compris. désolé.


                  • Radix Radix 5 septembre 2013 18:31

                    Bonjour

                    Etant dessinateur je ne peut qu’approuver votre texte.

                    J’ai toujours aimé dessiner malheureusement je n’ai pas rencontré de prof de dessin dans ma scolarité capable d’enseigner ne serait-ce que le minimum.

                    Il m’a fallu attendre une période de chômage où je me suis inscrit aux Beaux Arts et j’ai enfin rencontré le prof capable d’enseigner ce minimum... car, lui, il l’avait compris !

                    Quand vous parlez « d’infirmité » pour celui qui ne sait pas dessiner vous n’exagérez pas.

                    J’ai une formation de dessinateur industriel et j’ai aussi dessiné des plans de maisons individuelles. J’ai toujours été surpris de voir l’incapacité de la plupart des gens a visualiser un plan en trois dimensions, à tel point que nous étions obligé de faire des vues en perspective pour qu’ils « voient » leur future maison !
                    Idem pour lire une carte routière.

                    Radix


                    • bakerstreet bakerstreet 6 septembre 2013 01:34

                      Radix


                      très juste. 
                      tout ce que nous faisons nous structure. 

                      indépendamment de l’amour de la photographie et de son appareil, son absence ne vous plongera pas dans la consternation, car vous aurez dévéloppé au travers de la photo cette facilité à faire un cadrage, à vous épater d’une émotion infime que d’autres n’auront pas envisagé, je parle aussi de certaines situations....

                      La musique, le dessin, au fond tous les arts se tiennent. 
                      Je ne parle pas de la littérature, et des lois d’équilibre et d’économie qui structurent un texte. 
                      Le trait qui part comme un jet de couleur, une courbe audacieuse.

                      Les bons dessinateurs trouvaient jadis bien des débouchés dans différents métiers, et même à l’armée, où leur talent d’observation et de reproduction étaient mis au service de la cartographie et de l’« espionnages des lignes adverses.

                      On n’apprend pas assez à l’école ces disciplines. 
                      Enfin quand on les apprend on les apprend parfois si mal qu’il vaut mieux les apprendre ailleurs, car il est des maitres nageurs qui vous dégoutent à jamais de l’eau !

                      Je ne met évidemment pas l’auteur de ce texte intelligent dans ce cas de figure

                      Comme pour tout apprentissage, le maitre se distingue par la capacité qu’il a de donner à ses élèves l’envie d »en apprendre toujours plus.
                      Qu’il faut voir au delà des apparences

                      Pas besoin d’eêtre Rembrandt pour ça.
                      ou d’être Eisntein pour apprendre les mathématiques.

                      Il me semble que nos académies n’ont pas toujours bien compris ce grand pricipe, que j’ornerais bien d’une phrase de shakespeare, si je l’avais sous la main, pour faire malin.

                      Bon, pour le dessin, il y a aussi la BD
                      Vous l’avez deviné : Schulz, le créateur des peanuts, est mon maitre
                      Economie étonnante de moyen, au service d’un texte minimalisme,, au service de gags philosophiques, et si poétiques. 
                      ou tout ne tient qu’à un fil tenu
                      un coup de crayon magique

                      La robe se dérobe
                      Et soudain l’on sait
                      Juste un geste de l’esprit

                    • paco 6 septembre 2013 03:48

                       @Bakerstreet !

                      Schultz ? Je détestais pas, sauf que toutes les imprenables pucelles du lycée en ornaient leurs cahiers de texte. Ca m’agacait. Ayant biberonné avec « Mortadelo y Filemon » (filez sur wyki smiley , et leurs délires de folie, Je n’avais qu"une terne Mafalda à leur opposer,
                       Un prof de dessin créa en soirée son atelier ouvert à tous. Comme j’étais secrètement amoureux de sa femme, la prof de maths, m’y inscrivit mi fayot, mi passionné. Il nous donnnait libre choix sur les thèmes, conseillait juste en techniques. J’te l’ai encore, le vaisseau spatial de Moébius...les cathédales torturées à l’encre de chine façon Druillet...un simple olivier...
                       Puis vint Manara.
                       Depuis ne dessine que des courbes.


                    • soi même 5 septembre 2013 23:12

                      Quand ont dit ne sait pas, c’est que l’on veux pas, il est toujours possible de faire du dessin même si l’on est pas artiste.
                       Qui connait le dessin de forme, sait ce qui apporte à celui qui le pratique !

                      http://www.souriezvousmanagez.com/le-dessin-de-formes-une-rencontre-creative-avec-soi-meme/


                      • bert bert 6 septembre 2013 02:30

                        ZZZZzzzzzz

                        euh dupuis y’a la photo pour le clair-obscur.......

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