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Le dilemme au féminin

La religieuse,

...Il paraît que, dessous sa cornette fatale
Qu'elle arbore à la messe avec tant de rigueur,
Cette petite sœur cache, c'est un scandale !
Une queu' de cheval et des accroche-cœurs.
Et les enfants de chœur s'agitent dans les stalles...

Il paraît que, dessous son gros habit de bure,
Elle porte coquettement des bas de soi',
Festons, frivolités, fanfreluches, guipures,
Enfin tout ce qu'il faut pour que le diable y soit.
Et les enfants de chœur ont des pensées impures...

...Il paraît qu'à minuit, bonne mère, c'est pire :
On entend se mêler, dans d'étranges accords,
La voix énamouré' des anges qui soupirent
Et celle de la sœur criant " Encor ! Encor ! "
Et les enfants de chœur, les malheureux, transpirent...

Et monsieur le curé, que ces bruits turlupinent,
Se dit avec raison que le brave Jésus
Avec sa tête, hélas ! déjà chargé' d'épines,
N'a certes pas besoin d'autre chose dessus.
Et les enfants de chœur, branlant du chef, opinent...

...Pas de troubles penchants dans ce cœur rigoriste,
Sous cet austère habit pas de rubans suspects.
On ne verra jamais la corne au front du Christ,
Le veinard sur sa croix peut s'endormir en paix,
Et les enfants de chœur se masturber, tout tristes...

Paroles et Musique : Georges Brassens 1969 © Editions musicales 57

La reproduction, "Marie Madeleine" de Georges de La Tour (Présence)

Ballade d'un coquin sans chapelle ni couleur politique, trainant sa guitare comme notre ancêtre commun sa femelle ou son os, chevelu et poilu, incongru et chenu, blanchissant à la mesure intemporelle de l'éternelle jeunesse.

Émergeant, poète et vilain, de la crise, du manque et de la souffrance, la tête ébouriffée pour nous rappeler nos marques et nos repères, nos modèles et nos archétypes.

Ainsi jaillissent les mythes déifiés, sulfureux mais épurés pour notre verticalité guerrière...dans notre réalité quotidienne, mais seulement dans la vigilance de la communication, en conscience extérieure, toutes voiles dehors. 

En dialogue intérieur, ressassant nos misères, dans la nébulosité de l'inconscience que nenni.


Les faillites, les ratages, les divorces, les guerres, les violences, l'inflation, le chômage, tant de vaines réalités palpables pour tous, mais avec un soupçon de folie, voire même de sagesse pour ceux qui saisissent l'amour au col, comme la chance enlevée...au vol.

A l'orée de la renaissance, avant de basculer dans l'inquisition, au sortir d'un moyen âge, dans un temps réel, historique, mais aussi dans une intemporalité sensible où l'on traverse les âges comme par magie accrochons l'amour de nos égéries.

A sa création, à la Genèse, elle fut baptisée du nom de Lilith
  • La première origine est sumérienne : ki-sikil lil-là signifie « la jeune femme aérienne » (soit ki-sikil « la jeune femme » et lil-là « aérien ») parce qu'elle vivait dans un arbre.
  • La seconde origine, l'akkadien lil-itu, est un emprunt du sumérien lil « vent »1, et en particulier de NIN.LIL « Dame du vent », déesse du vent du Sud (et épouse d’Enlil), auquel est accolé le mot itud « lune ».
  • Le troisième origine est hébraïque, mais ici, deux hypothèses coexistent.
    • laïla « la nuit » ;
    • lou'a « la gueule ».
Bref, parait-il qu'Adam, machiste notoire rivé à sa glaise, la trouva sans doute trop insaisissable, éthérée, mystérieuse...insaisissable donc incontrôlable, il n'en voulut point le bougre absolu. Il venait, l'ignorant, de s'enfermer dans le profond dilemme du totalitarisme.
Alors Eve lui fut proposé.
Ève (en hébreu : חַוָּה‎ Hawwa(h), arabe : حواء‎) est un personnage du Livre de la Genèse. Selon la mythologie biblique, et selon les religions juive et chrétienne, elle est la seconde femme, mère de l'humanité (Genèse : 3-20). Des allusions à la femme d'Adam apparaissent aussi dans le Coran ; elle est nommée (Hawwâ’).
Eve, l'eau, le croyait-il l'innocent, plus malléable, plus souple...et pourtant par delà le symbole éminemment dangereuse, imprévisible et particulièrement cruelle quand le génie humain l'emprisonne, la canalise, la domestique. D'autant plus funeste devant la faiblesse du partenaire qui n'est pas génial, ne se renouvelle pas et ne la surprend plus. Quant au symbole de l'eau, il est originel et porte la vie.

Il est naturel de voir poindre une entité suprême au cœur des civilisations de l'orient ancien. La déesse mère.

Les expressions modernes « déesse mère » ou « grande déesse » font référence à divers cultes qui auraient été rendus à une « mère universelle » du Paléolithique à aujourd’hui1.

Ces expressions renvoient à un culte primitif de la fertilité qui aurait été universellement pratiqué à la fin de la Préhistoire. Ce culte, dans lequel la figure de la femme tenait une grande place et revêtait une dimension sacrée, consistait essentiellement en une vénération de la Terre, de la fertilité et de la fécondité.

Certains mouvements panthéistes ou néopaganistes, voire féministes, présentent la déesse mère comme une divinité précédant historiquement les dieux masculins des religions abrahamiques.

Plus tard, dans l'éblouissante lumière du Nil, Isis apparut.
Isis, son nom signifie "trône". Son couvre-chef est un trône. Comme la personnification du trône, elle a été une importante représentation du pouvoir du pharaon. Le pharaon était dépeint comme son enfant, il se tenait sur le trône qu'elle avait proposé. Son culte était populaire dans toute l'Égypte (380-362 avant J.-C.)...le roi des rois avait choisi d'être son enfant...autre dilemme, la dépendance.

Au moyen âge, Marie l'immaculée, la majestueuse, fera couler beaucoup d'encre et beaucoup de sang, l'innocente. (le seul Dieu, l'unique)
Pensez donc, la mère du Dieu vivant, la communion au plan divin révélée par la foi. Que de vaines interrogations depuis notre modeste incarnation humaine.
Les églises catholiques fleuriront dans les villes et les campagnes, un symbole marial mais aussi la mystique de la lumière, symbole du christ ressuscité, fécondée par l'art d'harmoniser le jeu des couleurs, donnant vie à des immenses espaces dressés, majuscules, élevant le regard vers le ciel, à la rencontre de l'invisible...oubliant peut être le réflexe bouddhique qui consiste à chercher au fond de soi pour rencontrer le divin dans la paix et la méditation. Un détail sans doute plus important qu'il n'y parait.

Et la fêlure de la Renaissance, le nom de la rose, l'éternelle idole qui devient la compagne, Marie Madeleine.
La personnalisation, la proximité, la confidente de Jésus représentée dans toute sa beauté par Leonardo da vinci, l'homme de génie créatif inconvenant (la Cene). Mais l'église veillait.
Chantée par les poètes et les humanistes de la pléiade, les poètes à la rose, entre deux massacres, trois bûchers et une Barthélémy, pas très sainte...et un grand amoureux des femmes, de Paris, épris de justice...surtout des femmes, massacré...Henri le quatrième.
Tout ce chemin parcouru pour trouver encore et toujours des dogmes et des lois pour emprisonner l'âme humaine au point que l'on se pose les mauvaises questions ce qui entretient et multiplie les chaines et emprisonnent les hommes depuis le début des temps dans leurs croyances.

Dans un réflexe de libre poésie..."Et si en plus y a personne" nous chante Alain Souchon

Abderhamane, Martin, David
Et si le ciel était vide
Tant de processions, tant de têtes inclinées
Tant de capuchons tant de peur souhaitées
Tant de démagogues de Temples de Synagogues
Tant de mains pressées, de prières empressées

Tant d'angélus
Ding
Qui résonne
Et si en plus
Ding
Y a personne...

S'il n'y a personne, c'est que l'homme n'occupe pas ou plus son espace intérieur et rêve d'investir le monde et les mondes.
Paradoxalement son inflation débordante le pousse hors de chez lui et le fragilise dangereusement.

…comme si nous pouvions en quelque façon maîtriser notre destin, accéder, pour ainsi dire, à l’autonomie, nous ne cessons de nous situer par rapport à des fins. De toute nature : professionnelles, culturelles, éducatives, ludiques, esthétiques, politiques, morales, affectives, touristiques…

  • L'Homme-Dieu ou le sens de la vie, Luc Ferry, éd. Grasset, 1996 (ISBN 2-246-43631-1), p. 18
 
Le dilemme au féminin se confond avec celui de l'amour et nous envahit physiquement, mentalement et spirituellement, il entretient la confusion et se plait dans la nuit. L'apprivoiser, apprendre à le connaitre et surtout partager avec notre égérie devenue la compagne de voyage.

« Lorsque tous les peuples s'agitent au nom de Liberté, et que le prolétaire réclame son affranchissement, nous, femmes, resterons-nous passives devant ce grand mouvement d'émancipation sociale qui s'opère sous nos yeux. Notre sort est-il tellement heureux, que nous n'ayons rien aussi à réclamer ? La femme, jusqu'à présent, a été exploité, tyrannisée. Cette tyrannie, cette exploitation, doit cesser. Nous naissons libres comme l'homme, et la moitié du genre humain ne peut être, sans injustice, asservie à l'autre. Comprenons donc nos droits ; comprenons notre puissance ; nous avons la puissance attractive, pouvoir des charmes, arme irrésistible, sachons l'employer. Refusons pour époux tout homme qui n'est pas assez généreux pour consentir à partager son pouvoir ; nous ne voulons plus de cette formule, Femmes, soyez soumise à votre mari ! Nous voulons le mariage selon l'égalité... Plutôt le célibat que l'esclavage ! (...) Jeanne-Victoire. (Gallica4) »
par jack mandon (son site) samedi 7 janvier 2012 - 44 réactions
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  • Par cevennevive (xxx.xxx.xxx.134) 7 janvier 12:49
    cevennevive

    Bonjour l’Auteur,

    Bel hommage à l’humain, bel hommage à Brassens, bel hommage à Souchon, et merci pour cet article plein de tendresse et de réalisme touchant.

    "...Et la nonne aima le brigand... Quelquefois les biches remplacent, leur beau cerf par des sangliers, enfants voici les boeufs qui passent, cachez vos rouges tabliers".

    Cela aussi peut être le "dilemme au féminin" "qui "se confond avec celui de l’amour", comme vous l’écrivez si bien...

    Merci Monsieur pour ce texte à la tendresse intemporelle et éternelle.

    Cordialement.

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