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« Le Facteur sonne toujours deux fois » avec Laura Presgurvic & Etienne Chicot au Théâtre des Mathurins

Il y a quelque chose de langoureux dans cette adaptation de Jean & Alice Curtelin que Daniel Colas va projeter dans les regards éperdus de Laura Presgurvic et Olivier Sitruk afin de visualiser, en quelque sorte, la mémoire kaléidoscopique du 7ème art ayant façonné la mythologie du roman de James M. Cain.

Convoqués au récit d’une tragédie grecque, les personnages y apparaissent dans l’intériorisation de leurs affects sans jamais se départir d’une fierté en accord avec le destin... semblant s’acharner à nourrir successivement des espoirs mensongers qui se plongeraient, à rebours, au coeur de la torture mentale.

Alors se présente l’Amour avec cette majuscule devant laquelle il est impossible de ne pas céder. Franck et Cora la reconnaissent dès le premier regard et n’auront de cesse, à partir de cet instant fondateur, de chercher à créer un sens rédempteur à leur vie jusque-là mal orientée.

En effet, Nick Papadakis le mari (Etienne Chicot), la femme et l’amant sont tous convaincus, au fond d’eux-mêmes, que la situation devrait dégénérer jusqu’à l’extrême afin de pouvoir transgresser leur mal-être respectif.

Le roman noir, à suspens renouvelé, peut, dès lors, débuter et parcourir les étapes du chemin de croix écrit dans le marbre de la morale philosophique expertisée par le procureur Kyle Sackett (Yvan Marco).

Ainsi, Le facteur sonne toujours deux fois, voire, le cas échéant, davantage, puisque c’est à la troisième tentative de la destinée que la justice humaine va, à tort, ordonner la sanction capitale censée rétablir un ersatz d’équité, bafouée précédemment à deux reprises, alors que l’enjeu financier d’une assurance-vie, comme preuve à charge ou à décharge, aura tendance à occulter toute autre considération.

La mise en scène de Daniel Colas installe la direction d’acteurs dans la durée psychologique en disposant ceux-ci au coeur d’un puzzle où s’enchaînent les modulations de décor sous l’auspice de pièces maîtresses, tels un bar, son enseigne lumineuse et ses deux pompes à essence.

Même l’entracte d’un quart d’heure pourra être mis au profit de la réflexion contradictoire, en connaissance de cause, car tous les spectateurs savent ou, à défaut, pressentent que l’issue du grand Amour sera tragique.

Effectivement, il y a bien quelque chose de grec dans cette histoire mythique, en référence à l’Amérique de 1929. 
 
Photo © Cyprien Leym
 
LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS - *** Theothea.com - de James Mac Cain - mise en scène : Daniel Colas - avec Etienne Chicot, Olivier Sitruk, Laura Presgurvic, Yvan Varco & Xavier Lafitte - Théâtre des Mathurins -
 


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