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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le génie de la forêt, de Tchekhov, au Théâtre Gérard Philipe

Le génie de la forêt, de Tchekhov, au Théâtre Gérard Philipe

A la manière de ces labyrinthes vitrés qui égaient les fêtes foraines, Roger Planchon met en place un dédale familial dont les membres circuleraient de pièce en pièce constamment le nez sur le carreau, tous en quête d’une issue de secours à leurs tourments intimes et domestiques.

Cet état d’inquiétude général se traduit sur le plateau du Théâtre Gérard Philipe par des déplacements vifs et saccadés de tous les personnages grâce à des mouvements de groupe sortant précipitamment de scène par l’une des issues latérales pour réapparaître immédiatement par une autre située sur un plan visuel plus ou moins rapproché.

Ainsi va s’esquisser le profil d’une immense maison (décor : Ezio Frigerio) où chacun se perd à force de se confronter avec l’ensemble de ses occupants.

Que des bouleaux émergent brusquement et voici le contexte forestier qui dessine un environnement de bout du monde où l’isolement serait profondément en phase avec les prémisses d’une écologie instinctive, s’il n’y avait le souci d’une rentabilité financière à les tronçonner.

Car de cette Cerisaie dispendieuse va se tramer le spleen infini d’un oncle Vania avant le nom (ici oncle Voïnitski) jusqu’à le pousser seul dans les retranchements d’un suicide collectif annoncé dont triompheront en définitive deux projets nuptiaux encore improbables l’instant d’avant.

Eloge à l’incertitude planant sur les êtres pour les faire basculer du meilleur au pire sans que les causes y soient clairement répertoriées, cette pièce de jeunesse d’Anton Tchekhov fort décriée à sa création est portée par les forces juvéniles d’un metteur en scène de 75 ans qui se mêlant à ses comédiens (R. Planchon joue le rôle du professeur Serebriakov) implique l’interprétation dans l’hétérogénéité de la nature humaine à se forger un destin de préférence positif.

Cette manière noble de ne pas baisser les bras devant l’adversité, c’est Jean-Pierre Darroussin (Voïnitski, gestionnaire désabusé du domaine) qui s’en fait le chantre par la preuve du contraire devant le choeur de ses partenaires qui eux s’évertuent à en exposer les contradictions.

Citons parmi eux, Thomas Cousseau (Khrouchtchev le docteur), Hélène Fillières (Andreïevna l’épouse du professeur) et Olga Kokorina (Sonia la fille du professeur) pour en suggérer l’enjeu amoureux latent sans que d’aucuns puissent en maîtriser le fil d’Ariane.

Le trait de génie, c’est bien celui de continuer à croire en la pulsion de vie, là où face au sombre doute cachant la forêt du nihilisme tout semble s’en aller à vau-l’eau.

Roger Planchon y excelle en défricheur visionnaire.

Prolongation jusqu’au 5 février 06

photo : © Bellamy/1D-photo

LE GENIE DE LA FORÊT - ** Theothea.com - de Anton Tchekhov - mise en scène : Roger Planchon - avec Béatrice Audry, Denis Benoliel, Laurence Causse, Thomas Cousseau, Jean-Pierre Darroussin, Yan Duffas, Hélène Fillières, Olga Kokorina, Roger Planchon, Patrick Séguillon, Robert Sireygeol et Gaëlle Boisset - Théâtre Gérard Philipe -


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1 réactions à cet article    


  • Lafigue (---.---.132.39) 6 février 2006 13:05

    Non, mais de qui se moque t-on ? Aller déterrer des brouillons de pièces non achevées sous prétexte que l’auteur est un grand auteur est d’un snobisme rare. Si la pièce n’a pas tenu 6 jours à l’affiche lors de sa sortie en 1889, il y avait bien une raison. Et la raison, je l’ai découverte samedi soir. Une pièce insipide, longue (vraiment trop longue !) bourrée de dialogues convenues et d’un message écologique, certes en avance sur son temps à l’époque, mais qui aujourd’hui est d’une banalité... La mise en scène sans rythme dans un décor prétentieux créant va et vient perpétuel des comédiens. Et tout ça sans aucune signification. Même les acteurs sont mauvais. Ces derniers s’essouflant rapidement à essayer tant bien que mal de faire vivre un texte creux. A aucun moment, il nous est possible d’entrer dans l’histoire si toutefois il y en avait une. Aucune réflexion, aucune émotion. Tout ceci est d’un ennui. Ce n’est pas compliqué : je m’ennuyais tout autant que les personnages. Bon nombre de spectateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompé et ont quitté, tout comme moi, la salle durant l’entracte. Et dire que ce genre de pièce frisant le néant avec la prétention snobe de se croire intellectuelle trouve le moyen de trouver des subventions pour se monter. Une honte à la culture et à la décence intellectuelle.

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