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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le Grand Appartement » en DVD : y a d’la joie !

« Le Grand Appartement » en DVD : y a d’la joie !

Alors que le prochain film de Pascal Thomas sort en salle très prochainement (L’Heure zéro, le 31 octobre), j’en profite pour revenir ici sur son film précédent, Le Grand appartement (2006, avec Laetitia Casta, Mathieu Amalric, Pierre Arditi...), qui est sorti récemment en DVD, le 17 septembre 2007 pour être précis.

Waouh ! Le Grand Appartement, voilà un film qui déménage ! Eh bien, ce film libre et non-formaté, qui aurait pu s’appeler tout aussi bien Le Grand Bazar, Le Grand Souk ou encore Le Grand-Guignol, met littéralement en joie, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent du tout-répressif itou itou  ! Plutôt que les puissances d’argent, les procédures et autres protocoles administratifs qui phagocytent l’humain trop humain, Pascal Thomas propose - via cet appart borderline (un 300 mètres carrés du 7e arrondissement tout de même !) occupé par toute une tribu parisienne en plein jet-lag - du bonheur au mètre carré et au centuple. Vive les apparts sociaux à bas loyers issus de la loi de 48 ! Vive la vie de bohème en roue libre et le libertinage à gogo ! Dans cette famille complètement chtarbée, on y croise pêle-mêle, au détour d’une porte, d’un couloir, d’un café appelé Le Temps des cerises (tiens tiens...), une grand-mère pisseuse, une sœur dépressive et chantant faux - dont le « livre de chevet » s’appelle La Mort ! -, un cinéaste has been, hédoniste et érotomane à souhait (le barok’n’roll et Chaud Lapin Pierre Arditi !), une jolie mamma au poil et qui porte la culotte ô combien sexy (Laetitia Casta coiffée à la va-vite et poils sous les bras : une vraie nature !) et son mec, un cinéaste-critique intello façon Les Cahiers du cinéma, plutôt fuyant, mais tout de même attachant (un Amalric à lunettes et volage malgré lui !) ou encore des Africains « marabouts de ficelle », adeptes de la sorcellerie, de la débrouillardise et du système D salvateur.

Bref, Thomas, avec ce portrait bigarré et un peu anar d’une famille pétaradante à souhait, prône un certain art de vivre, fait de chants, de danses, de liberté, d’humanisme joyeux et de... système Q. Il est bien un enfant des sixties, époque où cette philosophie de l’amour libre et des communautés ouvertes avait le vent en poupe. Ne manquant pas de panache, notre « vieux beau » d’Arditi (en freestyle jouissif) se tape notamment, tambour battant, une crémière, une maraîchère ou une proprio cynique et un temps dure... de la fesse, histoire de permettre à sa tribu d’allumés de garder l’appart de leurs rêves et de laisser libre cours à leur grain de folie communicatif.

En fait, sous couvert de faire une comédie légère, loufoque, voire dilettante, Pascal Thomas poursuit son p’tit bonhomme de chemin (de traverse) et nous offre ici une jolie leçon de vie. Voilà un film qui met grave la patate ! Pour rester avec cette bande de joyeux drilles barrés, je ne sais pas vous mais, moi, je suis prêt à signer le bail illico ! D’ailleurs, les spectateurs ne s’y trompaient pas à sa sortie en salle : lorsque le générique final défilait, avec sur l’écran une fête généralisée et métissée, ils restaient longtemps assis en compagnie des personnages/amis de cette comédie ô combien chaleureuse. On prend vraiment plaisir à être avec cette tribu de zinzins dans un film qui, sans en avoir l’air par rapport au tout-sécuritaire ambiant, s’engage pour mettre en avant les valeurs humanistes afin de ne pas crouler sous le poids des assauts judiciaires et des contraintes sociales de tout ordre. In fine, je trouve que c’est un film sociétal à montrer à nos chers politiques, histoire(s) de tirer le signal d’alarme et de montrer combien la course au profit aliène notre humanité. D’ailleurs, rappelons que ce film était sorti au moment où des centaines de tentes, installées par l’association des Enfants de Don Quichotte chapeautée par le comédien engagé Augustin Legrand, squattaient sur les berges du canal Saint-Martin. On dit d’ailleurs qu’à Paris, actuellement, selon les chiffres de la "maraude", entre 6 000 et 7 000 personnes sont toujours à la rue.

Le Grand appartement, c’est un cinéma vivant, non kärchérisé, une sorte d’action filming libertaire, certes quelque peu utopique et « désuet » (très soixante-huitard), mais qui présente en (contre)bande un joli programme foutraque et jouissif pour pirater tout système pré-formaté, qu’il soit politique, mercantile ou esthétisant... à vide, du genre les Monsieur Propre d’un certain ciné hexagonal ripoliné, aux images vides de sens et surtout de vie. Bref, ouvrons les fenêtres et les portes fissa ! Pascal Thomas a raison d’appliquer à la lettre Louis Jouvet : « Il faut mettre un petit peu d’art dans votre vie et un petit peu de vie dans votre art ». Dont act.

AgoraVox, bon vent à vous, et, au fait, certains ont-ils vu ce film ?

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