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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le hurlement des 300

Le hurlement des 300

Critique du film « 300 », sorti en DVD collector début octobre. Quiconque connaît l’Amérique comprend très bien le message sous-jacent.

Etre une critique de cinéma est un métier difficile aujourd’hui. Pas seulement parce que vous naissez avec des oeillères et que vous avez tendance à saluer les mêmes films, les mêmes messages et la même idéologie, vieillotte, poisseuse et fatiguée de la gauche caviar.

Non. Surtout parce que vous pouvez être tiraillée entre votre amour du cinéma et votre carcan idéologique. Lorsque Team America est sorti en 2004, la grande majorité de nos chers journaleux ont salué ce film écrit et réalisé par les créateurs de South Park, bien que ces derniers massacrent la gauche et lancent un tonitruant America Fuck Yea au reste du monde. Durant le film, une chanson interroge le spectateur : Seriez-vous prêt à vous battre pour la liberté / La liberté n’est pas gratuite / Il faut la défendre / Ou nos enfants en paieront le prix / Seriez-vous prêt à vous lever pour la liberté / Ou fuirez-vous comme des femmelettes ?

Les références idéologiques sont plutôt claires, non ? Pas pour nos critiques, qui ont feint de ne pas les comprendre. Maintenir le lecteur dans l’état pré-foetal de la pensée gauchiste est un devoir qui exige toutes les dérives, même les plus grotesques. Après tout, nos chers médias voient trouble à l’air libre, pourquoi seraient-ils lucides dans les salles obscures ?

Une nouvelle débâcle générale pointe son nez à l’horizon, alors que les grands esprits européens commentent la dernière perle de Hollywood. Sous le titre de 300, celle-ci raconte l’histoire des Spartiates qui sont morts dans les Thermopyles pour arrêter l’armée du roi perse Xerxès en 480 av. J-C. Le décor historique a peu d’importance, puisque le récit se présente sous les traits jouissifs de la science-fiction. Le "roman graphique" dont le film est inspiré a été écrit en 1998 par Frank Miller, puis réadapté pour le cinéma. Je n’ai pas lu l’original, mais on dit le film très fidèle.

Que dire de 300 ? Visuellement époustouflant, c’est certainement le film le plus original et le plus osé qu’Hollywood ait produit depuis des lustres. Pas de politiquement correct, pas de demi-mesure. Deux heures de spectacle oscillant entre la bande dessinée et le film de guerre. Rhinocéros de combat, éléphants, phalange bombardée de boules de feu, ralentis christiques... Stupéfiant.

Voilà. Pour nos critiques, le film s’arrête là. Magnifiques effets spéciaux, jolie musique, exploits graphiques... A les croire, 300 ne serait qu’un grand jeu vidéo que vous ne contrôlez pas. Vraiment ?

Leur laxisme n’est pas innocent. Sous ses acclamations wagnériennes, 300 roule 100 % à la testostérone. Pour nos chers journalistes émasculés, ce défaut est rédhibitoire. A moins de se risquer à une greffe, ils ne peuvent apporter leur caution à cette fresque qui évoque étrangement l’héroïsme d’hommes libres, debouts, face à une horde d’envahisseurs en turbans qui leur promettent l’esclavage, la destruction totale de leur culture et intiment l’ordre à leurs femmes de se taire. Cela ne vous rappelle rien ?

Le roi spartiate Léonidas, conscient du danger, s’en réfère à la loi commune de Sparte. Aussi demande-t-il l’avis du conseil de sécurité de la ville, sans lequel il n’a pas le droit d’aller en guerre. Les sages, pourris par la lèpre, corrompus par l’ennemi, souillent l’oracle (incarnation de la justice et de la vérité ?) de leurs doigts mités et refusent d’autoriser l’armée à partir en campagne. De retour chez lui, Léonidas demande à sa femme : "que doit faire un roi pour sauver son peuple si les lois qu’il a juré de protéger l’interdisent d’agir ?" Et sa femme de répondre : "demande-toi ce que doit faire un homme libre." Ainsi Léonidas passe outre la loi et part combattre l’ennemi. Vous commencez à comprendre ?

Si vous êtes adeptes de la rubrique culture au Figaro ou à Ciné Live, pas le moins du monde. "Un film un peu creux", ai-je pu lire. Mais continuons. Léonidas, à la tête de 300 guerriers, reçoit des renforts de villageois alentours, qui s’étonnent que les Spartiates partent en guerre sans l’aval du conseil. A terme, ces "renforts" fuiront la bataille au moment critique. Toute référence à une situation connue est purement fortuite bien entendu...

Le roi Xerxès, qui se présente lui-même comme un dieu, trône sur un char décoré de deux veaux d’or écrasant de son poids des centaines d’esclaves. Circulez, il n’y a rien à en déduire. Le Perse lui-même est un androgyne, à l’opposé des hommes aux pectoraux bombés et aux femmes aux hanches délicieuses de Sparte. Plus tard, alors que les premières vagues ennemies s’élancent, les Spartiates forment la phalange pour repousser les milliers de Perses aux foulards. Non, non, non, n’y voyez aucune référence idéologique, les Perses n’étant, c’est notoire, pas issus du Moyen-Orient.

Un monstre bossu, laid et déformé, demande au roi de se joindre aux solides soldats grecs. Léonidas refuse. Dépité, Quasimodo passe à l’ennemi. Xerxès, satisfait, l’invite dans sa tente où règne la luxure et lui dit : "Léonidas t’a demandé de te relever, je te demande de te soummettre." Le monstre s’agenouille en remerciant son nouveau dieu des privilèges qu’il lui accorde en retour, et promet de trahir les Spartiates. Que voir dans cette séquence ? Allez, je vous aide... Décadence, relativisme, lâcheté ? Dhimmitude ? Europe ? France ?

Restée à l’arrière, la reine de Sparte doit lutter contre les manoeuvres politiques bien décidées à sacrifier son mari. Son principal adversaire, qui se dit "réaliste" et se moque "des idéalistes qui croient en la liberté", finit par être démasqué comme étant un traître à sa patrie. Pour le déstabiliser, la reine s’exclame : "la liberté n’est pas gratuite, elle se paie avec le sang." Freedom isn’t free, anyone ?

Au final, le sacrifice des braves Spartiates des Thermopyles n’a pas été vain. Les peuples de Grèce, ligués contre les armées perses, livrent la bataille ultime. Dans l’histoire réelle, si les Grecs avaient été vaincus, leur culture, fondement de la civilisation occidentale, aurait été détruite. En se sacrifiant, les hommes libres des Thermopyles ont sauvé l’Occident de la barbarie.

En Iran, les mollahs se sont étouffés devant cette pièce guerrière aussi éloquente qu’un B-2 vombrissant au-dessus de Téhéran. Aux Etats-Unis, le film fait un triomphe. Reste l’Europe, où les critiques saluent l’exploit artistique et enterrent l’idéologie de résistance intrinsèque. Que nos chers médias se rassurent : Frank Miller, le bédéiste à l’origine du projet, prépare actuellement un comix intitulé "Batman contre Al-Quaeda", afin que les Américains "se souviennent contre qui nous nous battons." Parions que cette fois-ci, nos critiques de cinéma ne pourront pas nier l’évidence.

300, c’est l’Amérique qui est en guerre. Elle le hurle. Et derrière elle, c’est tout l’Occident qui gronde.


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48 réactions à cet article    


  • manusan 9 octobre 2007 16:08

    Tous les 2 mois, on nous refait le coup de l’article sur 300. Offrez votre TV chez Emmaus, mettez vous à la lecture, par exemple une BD avant de dormir (je dirais pas laquelle), et vous ne verrez plus le mal partout.

    Il y eu Rambo il y a 25 ans maintenant on a 300, et bien avant il y avait John Wahn contre les méchants indiens. Franchement rien à changé on est toujours homo-sapien, il y a toujours ceux qui vois le bien et le mal partout (le bien de leur coté de préférence ça leur donnera bonne concience) et ceux qui passe un agréable moment devant un film d’action avec une bonne bière.

    Pour ceux qui sont scandalisés devant un film comme 300, je conseil d’allez vous inscrire au club de muscu. Au passage, la gente féminine et le milieu gay (les plus sensibles de notre société) n’ont émis aucune critique, allez savoir pourquoi ?


    • Kou l’ahuri 9 octobre 2007 18:22

      Sous prétexte que démasquer le message sous-jacent d’une réalisation quelconque est très facile, il ne faut pas le faire ? Il ne faut rien dire ?

      Certes il y a eu Rambo, et plein d’autres, vous avez raison, mais je pense qu’hélas, il y a aussi des milliers d’homo-sapiens qui ont vu de tels films, les ont primairement apprécié, et n’ont eu personne pour les sortir de leur torpeur intellectuelle.

      Le principe même de dénoncer de telles manœuvres douteuses, je le trouve virtueux, tant il est bien plus facile de ne rien faire que de prendre le temps de faire un article ; et homo-sapiens peut se tromper, mais j’approuve tout exercice qui le pousse à réfléchir par lui-même, à évoluer. Cet article me semble aller dans ce sens.

      Après je ne vais quasiment jamais au cinéma, regarde assez peu la boîte à conneries (encore trop me semble-t-il), et lis souvent des œuvres hérétiques, néolibéralement parlant ; donc je comprends que l’on puisse me trouver un peu ahuri...


    • nasko 9 octobre 2007 22:44

      Moi je l’aime bien ce film....pour moi, les 300 spartiates représentent plutôt la résistance irakienne. Après tout, 300 hommes contre une armada, ça veut bien dire ce que cela veut dire....


    • Dominique Larchey-Wendling 9 octobre 2007 16:19

      Voir l’Histoire sous le prisme d’une bande dessinée montre le niveau de votre analyse. Mais je doute fort que celui qui écrit ce morceau de propagande se porte volontaire pour aller sacrifier sa vie ou celle de ses enfants sur le champs de bataille auprès du Léonidas de service ... il lui faut trouver de pauvres imbéciles pour faire sa sale besogne.


      • drzz drzz 9 octobre 2007 17:01

        Il existe une grande différence entre ceux qui regardent le film en comprenant la pensée de Frank Miller et ceux qui ne font pas l’effort de saisir le sens de « 300 ».

        Il est clair que « 300 » dépeint l’Amérique en guerre. L’allusion à l’ONU, et les paroles de la reine - un caractère qui n’existait pas dans le comics original - rejoignent parfaitement les idées des néoconservateurs américains.

        Frank Miller le dit lui-même : http://leblogdrzz.over-blog.com/article-6196295.html


      • Dominique Larchey-Wendling 9 octobre 2007 19:46

        Apologie du néoconservatisme et du militarisme. Formation de « Spetnaz » pour les enfants, exégèse de valeurs uniquement martiales, vision manichéene du monde et de l’enemi. Oui certainement.

        Le livre qui à mon sens défini le mieux le néoconservatisme : « The New American Militarism, How Americans are Seduced by War » de Andrew J. Bacevich. Ca ce n’est pas une apologie, c’est un historique passionnant sur l’origine de ce mouvement à chercher du côté de « defense intelectuals » de la guerre froide.

        Bien-sûr que ce film pue des valeurs nauséabondes des néocons. Des valeurs qui me rappellent les heures sombres de l’Europe et qui sonneront le glas du lien transatlantique, pour peu que les européens se souviennent.


      • Boke 9 octobre 2007 16:25

        Je cite : Le « roman graphique » dont le film est inspiré a été écrit en 1998 par Frank Miller, puis réadapté pour le cinéma. Je n’ai pas lu l’original, mais on dit le film très fidèle. Fin de citation.

        Après avoir écrit ca, comment on fait pour écrire tout le reste ?

        300 grecs qui résistent en grece à une armée composée de millions de perses... Faut aller chercher loin pour trouver une analogie avec une armée américaine suréquipée qui va combattre à l’étranger des groupes de terroristes.

        A la rigueur... peut être peut on faire une analogie inverse : des groupes de résistants irakiens se battant pour leur liberté face à l’envahisseur impérialiste américain par exemple... Mais ca serait aller chercher assez loin, et serait assez malvenu.


        • Bouli Bouli 9 octobre 2007 17:11

          @ l’auteur

          Comme le dit Corto au-dessus, ce n’est pas la première fois qu’on peut faire des analogies entre un film et une idéologie. Récemment, certaines voix se sont élevées pour dire que dans « Le dernier samouraï » Tom Cruise faisait l’apologie des valeurs scientologues.

          N’ayant pas vu le film 300 (mais j’avais sacrément envie quand il est sorti), je ne m’amuserais pas à dire si vous avez tort ou raison. Mais au-delà de ce film, il est intéressant de voir comment Hollywood sert l’idéologie de la nation américaine et fait des parallèles douteux avec la réalité.

          Question : est-ce que ça s’est déjà vu dans le cinéma français ? Si quelqu’un a des exemples de film ?


          • drzz drzz 9 octobre 2007 17:18

            Bouli : je comprend très bien les valeur qu’a voulu défendre Frank Miller dans son film parce que je les partage parfaitement.

            Elle sont celles du néoconservatisme américain. Je vous reporte à l’interview de Frank Miller lui-même :

            http://leblogdrzz.over-blog.com/article-6196295.html


            • Bouli Bouli 9 octobre 2007 17:34

              Alors ça ça vous regarde ! (Personellement, les valeurs du néoconservatisme américain me répugnent... ) Si le but de votre article était d’en faire l’apologie alors j’ai mal lu ou mal compris cet article. Je préférais l’idée d’une discussion sur comment le cinéma américain se sert de l’art pour faire de la propagande, et le cinéma actuel en général...


            • Bouli Bouli 9 octobre 2007 18:03

              @ AB

              Ah ben je dois être trèèèèèèèès fatiguée alors pour ne pas avoir lu l’article sous cet angle.

              @ l’auteur

              je vous ai noté positivement et je crois que j’ai fait une erreur. Cela dit je trouve ça bien écrit smiley


            • Kou l’ahuri 9 octobre 2007 23:17

              C’est dingue, et moi qui croyait que vous dénonciez de la propagande néoconservatiste par cet article, je fais donc erreur, autant pour moi... Je devais être fatigué en vous lisant (sûrement très mal). smiley J’ai du mal à comprendre ; j’ai probablement perdu une occasion de me taire dans mon précédent commentaire, voilà tout.


            • drzz drzz 9 octobre 2007 18:02

              « C’est ce que j’avais bien compris en vous lisant. Une apologie du noéconservatisme derrière une critique du film »300"

              Le film « 300 » est lui-même une apologie du néoconservatisme.

              Lisez Miller : http://leblogdrzz.over-blog.com/article-6196295.html


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 9 octobre 2007 18:23

                Je trouve que vous charriez un peu en disant que peronne n’a réagi au film. Dans ces mêmes colonnes, il y a eu au moins trois articles sur le sujet, (ici, , et encore ici). Et à l’époque, le film avait été pas mal critiqué pour ses... euh... convergences avec les relations tendues entre USA et Iran. Sans parler des libertés prises avec l’Histoire.

                Mais bon, c’est comme pour les westerns, il ne faut pas être trop regardant de ce côté-là... Quand on dit que si la Grèce avait été conquise, elle aurait perdu sa culture, il ne faut pas trop s’avancer non plus, les Perses accueilleront d’ailleurs les Grecs quelque temps plus tard avec Alexandre, sans que ça perturbe trop l’histoire de l’Occident. C’est comme les Spartiates garants de la liberté, ne me faites pas rigoler, c’était une nation esclavagiste et sadique, dirigée par deux rois sanguinaires, qui ne pensaient qu’à faire la guerre aux voisins, et qui a empoisonné l’histoire du Péloponnèse pendant plusieurs siècles.

                De plus, j’ai moi aussi vu Team America, Police of the World, et j’avoue que j’ai été assez surpris de lire dans votre article que « personne » n’a saisi les fines allusions à la politique américaine. Evidemment, ai-je envie de vous dire, la politique néo-con y est tellement brocardée et tournée en ridicule, qu’on ne se pose même plus la question du second degré. Quand on a vu un épisode de South Park, on connaît les deux lascars. Comment avez-vous pu ne pas le voir ?

                Alors j’ai été faire un tour sur votre site, c’est édifiant, on dirait qu’il est écrit par Donald Rumsfeld en personne. Alors j’ai compris : vous êtes tellement intoxiqué(e ?) par la propagande que vous n’avez pas compris que Team America était un gag, et vous croyez vraiment que 300 va enfin faire comprendre aux spectateurs qu’il faut balancer des bombes sur les méchants Iraniens en chantant la Liberté et la Démocratie.

                Et bien en tout cas, vous manquez de recul. Et quand vous donnez l’impression de prêcher dans le désert, ça ne m’étonne pas.


                • drzz drzz 9 octobre 2007 21:14

                  Frank Miller est conservateur, il l’a dit dans ses interviews et dans son travail.

                  Matt Stone, de South Park, que vous dites qu’il « tourne en ridicule la politique des Républicains », est précisément membre du parti républicain.

                  Conclusion : vous avez aussi peu compris « team america » que « 300 ».


                • drzz drzz 9 octobre 2007 21:19

                  « vous donnez l’impression de prêcher dans le désert »...

                  J’ai un blog qui accueille 1’500 personnes par jour. C’est un désert peuplé.

                  Cela dit, je vous l’accorde, la France, intellectuellement, est certainement le pays le plus moribond du monde occidental.

                  Le fait qu’aucune critique ne comprenne les références très « américaines » qui existent dans « 300 », et que l’on retrouve dans tant d’autres films produits en temps de guerre (« la charge fantastique » notamment, en 1941) est vraiment inquiétant.

                  La France vit en vase clos. Je suppose que vous n’avez jamais lu une seule interview des concepteurs de « 300 » comme vous n’avez pas lu les commentaires des concepteurs de « Team America » qui détaillent leur vision du monde.

                  C’est le grand désastre français. Non seulement la France ne pense pas, mais elle suppose que les autres pas plus qu’elle.


                • Dominique Larchey-Wendling 10 octobre 2007 00:08

                  Parce que vous pensez que l’idéologie bestiale défendue par 300, c’est de la « pensée » ?


                • Vilain petit canard Vilain petit canard 10 octobre 2007 04:46

                  « Je suppose que vous n’avez jamais lu une seule interview des concepteurs de »300« comme vous n’avez pas lu les commentaires des concepteurs de »Team America« qui détaillent leur vision du monde ».

                  Détrompez-vous, j’ai lu les interviews de tous ceux que vous citez. Et que Matt Stone soit membre du Parti Républicain, je ne vois pas en quoi cela en fait automatiquement un supporter inconditionnel de Bush et des néocons, d’ailleurs Matt Stone ne se prive pas de les critiquer. Chez nous, nous avons bien des membres du PS qui critquent Ségolène Royal !!!

                  Vous croyez connaître les gens à qui vous vous adressez, vous supposez qu’ils pensent comme vous croyez qu’ils pensent et en fait, vous vous adressez à vous-même.


                • llecuyer llecuyer 10 octobre 2007 11:52

                  Franchement, vous croyez que les spectateurs qui ont vu ce film n’ont pas senti que c’était un outil de propagande ? Vous n’êtes pas gentil du tout de les prendre autant pour des imbéciles.

                  Au fait saviez-vous que Xerxès était sanguinaire et bien moins vertueux que son père le grand Darius ? Finalement George Bush, comparé à son père, c’est un peu la même histoire : un looser ex-alcoolique qui fait dans la démesure (invasion de l’Irak, discours manichéen) parce que l’ombre de son père est trop lourde à porter.

                  Ceux qui s’intéressent à 300 pour son côté historique trouveront passionnante la lecture d’Hérodote. Le père des historiens grecs, qui parle longuement de Xerxès et de Léonidas, est édité en Poche chez Folio dans une traduction très claire.


                • Yannick Harrel Yannick Harrel 9 octobre 2007 20:30

                  @ Vilain Petit Canard

                  Bonjour,

                  Si je vous suis sur l’ensemble de votre raisonnement, en revanche je considère que vous allez vite en besogne en parant les Lacédémoniens de toutes les tares contemporaines : en effet, vous plaquez une grille d’analyse morale du XXIème siècle à des faits remontant au VI-Vème siècle avant JC. De plus, comment se fait-il que Xénophon, Platon, Montaigne, Rousseau, les constituants de 1789 et bien des artistes aient tellement vanté la cité Spartiate ? Et enfin, vos diatribes anti-Spartiates s’appliquent aussi merveilleusement, moyennant un copier/coller, à... Athènes de l’antiquité smiley

                  Sinon, ayant vu et acheté le DVD de 300, je dois vous avouer que je souscris totalement à votre analyse de fond puisque j’ai bien ri à plusieurs moments du film tant le trait était grossier et les personnages caricaturaux smiley

                  Cordialement


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 10 octobre 2007 05:01

                    @ Yannick

                    J’ai été vite en besogne en effet, mais pour faire contraste avec cette caricature moderne : ça m’énerve de voir les Spartiates parés de toutes les vertus « wersterniennes » (liberté, démocratie, individualité, morale à deux balles). Surtout que leur société était aux antipodes, même les Athéniens étaient horrifiés (eux, qui n’étaient pas des anges non plus, je vous le concède).

                    Xénophon était militaire, normal qu’il ait été admiratif de la discpline spartiate. Rousseau pleurait dans son jardin, nostalgique de la vie q’il ne vivrait jamais, ça faisait romantique pour lui. Et puis des lois que tout le monde suivait, ça lui plaisait (forcément, puni de mort pour n’importe quel écart, ça discipline). Brandir Sparte au nom de la Vertu a pu s’avérer utile aux époques où il fallait couper des têtes au nom de la Vertu - ou plus précisément de la Loi vertueuse. Ou peut-être en temps de guerre. La dernière utilisation en date d’ailleurs n’est pas « 300 », mais le XV de France, à qui l’incroyable Bernard Laporte a imposé le cri de guerre « Spartiate ! », à la veille de l’ouverture de la Coupe du Monde (avec Guy Môquet, et le résultat que l’on sait)

                    Mais notre discussion historique n’est que du pipi de chat face à cete invention délirante l’empereur-dieu (! !!) Xerxès, néo-black chargé de piercings...


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 10 octobre 2007 06:38

                    Bonjour,

                    En fait, je pense que bien des gens se fourvoient totalement en cherchant l’historicité là où elle n’y est pas. C’est le genre de film qu’il est bon de visionner entre copains avec bretzels et Kro dans les mains smiley

                    Du reste, ne prêtons pas toujours une finalité infantile à ce genre de production : qui dit que bien des gens n’iront pas se plonger dans des ouvrages autrement plus sérieux pour découvrir la vraie vie des Spartiates ou le formidable et raffiné Empire Achéménide subjugant les Grecs eux mêmes ? smiley

                    Je me souviens lors de la sortie du film d’une critique très intéressante aperçue sur un forum : la personne arguait que cette exagération quasi-Tolkienne dans le film était une forme d’hommage (involontaire et posthume) aux récits épiques de l’Antiquité (cf Homère) smiley

                    Pour terminer, je ne puis m’empêcher de penser que ceux qui font des raccourcis grossiers avec une situation géopolitique contemporaine ou qui reprochent à ce film son manque de réalisme historique n’ont très certainement pas été le voir car en toute honnêteté, j’ai pour ma part du mal à opérer de telles exégèses au sortir de ce métrage...

                    Cordialement


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 10 octobre 2007 07:20

                    Eh bien on est assez d’accord, et en plus on se lève tôt tous les deux ! C’est vrai que l’éxagération fait partie du jeu dans la construction d’une légende... La Guerre de Troie, c’était une opération de basse rapine, et Roland à Roncevaux, c’étaient une brute franque assaillie par des pillards (basques). Quelques centaines d’années et quelques beaux conteurs après, c’était devenu des légendes qu’on se rappelle encore. Plus on en met, mieux c’est. Je préfère rester à ce niveau d’analyse, et dans le cas de 300, la forme prime nettement sur le fond. Vouloir lui arracher un sens historique, ou a fortiori une analyse géopolitique actuelle, c’est je crois, passer à côté de l’essentiel.

                    Bonne journée,

                    VPC.


                  • moebius 9 octobre 2007 21:43

                    .. l’Amérique pense ! mais ce film vous a plu ! dites donc drzz


                    • moebius 9 octobre 2007 21:43

                      .. l’Amérique pense ! mais ce film vous a plu ! dites donc drzz


                      • moebius 9 octobre 2007 21:45

                        c’est une merde débile pour un mongolien qui passe 12 heures sur sa PS2


                      • Barbathoustra Barbathoustra 9 octobre 2007 22:02

                        J’ai pas vu le film mais au vu de tous ces bodybuilders minutieusement épilés, enduits à l’huile d’olive ... j’aurais d’abord pensé à une propagande gay. Maintenant que vous me le dites ; ce film m’apparait clairement comme la revanche d’un ado complexé. Si c’est à celà que rêvent les néocons la nuit, c’est assez pathétique. D’ailleurs : « La liberté n’est pas gratuite, elle se paie avec le sang. » ; c’est typiquement le genre de connerie à sortir quand frustré au plus haut niveau, on est acculé au mépris de soi, et par projection à celui de l’humanité.


                        • Anto 9 octobre 2007 22:26

                          300 est une serie de comics qui a l’instar des 4 fantastiques ou de captain america ont été créées par des américains pour des américains pour exciter leur patriotisme. La plupart de comics sont utilises ou meme ecris a des fins propagandistes et ils ne s’en cachent pas ou plus...

                          Al’inverse, est-ce que quelqu’un a entendu parlé du film turc « la vallée des loups » ? ils en avaient parlé un peu a TF1 pour dénoncer la propagande anti americaniste à laquelle se livrait certains realisateurs musulmans...

                          Les deux ressorts sont identiques...mais j’ai préféré 300...j’ai meme adoré. C’est grave docteur ?


                          • Barbathoustra Barbathoustra 9 octobre 2007 23:04

                            Si c’était que du patriotisme. J’y vois plus une sorte de pangermanisme à l’américaine pour ma part. Pourvu qu’il n’ait pas la même carrière ...


                            • Xerxès Xerxès 10 octobre 2007 00:45

                              Ah ! Qu’ils savent la farder la camelote ces nouveaux apôtres de la démocratie... ! On nous les vend en tant que sauveurs de l’occident... ! Par quoi... ? Leur matérialisme ? Qu’ont-ils apporté à cet « occident » à part leur décadence... ? Que Leur fardeau est lourd... !

                              Toutes les valeurs anti-christiques sont véhiculées et affichées avec véhémence par cet empire de décadence qu’est l’Amérique.

                              Buvez de leur coupe...le vin de la fureur de sa prostitution... !

                              Xerxès


                              • Barbathoustra Barbathoustra 10 octobre 2007 01:49

                                Offrez votre TV chez Emmaus, mettez vous à la lecture, par exemple une BD avant de dormir (je dirais pas laquelle), et vous ne verrez plus le mal partout.

                                — >

                                The Lessons of the Roman Empire for America Today :

                                http://www.heritage.org/Research/PoliticalPhilosophy/hl917.cfm

                                Bonne lecture.


                                • Barbathoustra Barbathoustra 10 octobre 2007 02:05

                                  Si vous ne parlez pas anglais ; en résumé dans ce lien il est question pour nos amis néocons de vous expliquer comment l’empire Romain n’a été capable d’assurer la paix et la prospérité que sous la domination par l’empire des peuples allentours ou encore comment le Romains se sont résignés à accepter une dictature militaire pour demeurer une superpuissance. Nous sommes alors en 2005. Oui ces gens sont complétement félés et je les crois tout à fait capable de sous traiter leur idéologie à Hollywood.


                                • Asp Explorer Asp Explorer 10 octobre 2007 07:28

                                  J’avoue que j’ai du mal à faire un parallèle stratégique entre 300 hoplites qui défendent leur pays et 300000 pauvres types qui pensaient financer leurs études et qui se retrouvent à envahir un pays étranger pour du pétrole. J’ajouterai qu’il y a plusieurs conceptions du courage. Je comprends et j’admire celle qui consiste à attendre, l’arme au pied, la charge d’une phalange ennemie supérieure en nombre. Je distingue assez mal en revanche celle qui consiste à voler à 12000m dans un avion climatisé et à pousser un bouton pour raser un quartier de Bassorah.

                                  Je note enfin qu’il y en a ici qui parlent beaucoup d’aller faire la guerre, soit il s’agit d’expérience personnelle, soit ils feraient mieux de se taire.


                                  • Roswell 10 octobre 2007 11:12

                                    Moi je prefere ne voir aucun peuple en vaincre un autre. C’est fou de voir que l’humain en plusieur millenaires est toujours aussi con. Je commence à me dire que l’homme a vraiment une nature pourrie et qu’il n’ai pas près d’evoluer. Tant d’egoisme et de patriotisme à la con me fouttent vraiment la gerbe, alors que cela pourrait etre tellement plus simple et plus sain.


                                  • drzz drzz 11 octobre 2007 17:48

                                    Vous avez dû mal me comprendre. J’ai adoré le film.

                                    A voir, un clip d’anthologie sur « 300 » :

                                    http://leblogdrzz.over-blog.com/article-6486664-6.html


                                  • Le nanaconda 10 octobre 2007 10:17

                                    300 est effectivement un film grotesque. Et je suis tout à fait d’accord avec l’auteur sur l’idéologie cachée derrière les ralentis. Du reste, le réalisateur Zack Snyder est également un proche de la NRA et a une fascination certaine pour les armes et ceux qui s’en servent héroïquement (déjà vu dans le remake de Zombie où il introduit un magasin d’armes dont le tenancier est un gars cool, tireur d’élite, super fort aux échecs, etc...). J’avais fait de 300 une critique pas du tout objective sous d’autres cieux : http://www.naindien.com/spip.php?article322


                                    • Manuel Atreide Manuel Atreide 10 octobre 2007 10:35

                                      @ l’auteur.

                                      Je ne suis pas en désaccord avec votre analyse du film. Si il existe un message sous-jacent, c’est bel et bien le regard que Amérique en guerre porte sur elle même. Je regrette quand même que vous n’ayez pas poussé la curiosité jusqu’à ouvrir le bouquin de Frank Miller. Ce « roman graphique », à l’origine du film, mérite qu’on s’y attarde, d’abord et avant tout pour le talent incontesté de ce géant du monde des comics actuels.

                                      Il est dommage, selon moi, de voir que la seule chose que vous retenez de ce film est une « opposition » entre l’occident, symbolisé par de courageux spartiates, et l’orient incarné par le tout puissant mais dégénéré Xerxès. l’histoire originale est nettement plus complexe que l’interprétation de Frank Miller, et je ne suis pas certain que son regard sur ce moment fondateur de la Grèce héllenistique soit aussi aussi simpliste que vous voulez le dire.

                                      Car quand même, tout conservateur qu’il soit, Franck Miller dresse le portrait d’une culture spartiate profondement fanatique et dénuée de tout intellect. Il dépeind Leonidas et ses hommes comme des brutes primaires, incapable de retenue même face à un ambassadeur. Et je ne suis pas certain qu’il soit aussi « enthousiaste » que vous le pensez de ce type de comportement.

                                      Car 300 peut être vu d’abord et avant tout comme une oeuvre qui met en scène deux folies humaines : la mégalomanie d’un roi ivre de puissance fait face au fanatisme d’un autre roi, ivre de sa propre vérité. Et le regard n’est tendre pour aucun camp.

                                      Sur le fond, je ne partage pas vos opinions politiques, loin de là. Je suis convaincu que le miroir que semble tendre le film aux USA est biaisé, tant la situation américaine est à l’opposé de ce que fut la véritable histoire de la bataille des termopyles. L’Amérique de Bush est plus en situation de toute puissance que de résistance, d’agression que de résistance. Or, le message originel de la bataille des termopyles, vu du coté grec, est un message de résistance, pas d’agression. Cela mérite quand même d’être souligné. Ce que vous n’avez pas fait. Question d’idéologie ? Là est peut être la véritable limite de votre critique sur ce film, par ailleurs plutot bien écrite.

                                      Manuel Atréide


                                      • manusan 10 octobre 2007 12:06

                                        @ l’auteur, quand vous dites « Frank Miller est conservateur, il l’a dit dans ses interviews et dans son travail. » J’attend vos sources.

                                        perso je suis un bédéphile, j’ai acheté 300 en 1998. A cette époque on causait surtout bombardement de l’ambassade de Chine à belgrade. Or je vous confirme que le film suit la trame de la BD page par page. Je reste convaincu que si le film était sortie en 1999, vous n’auriez pas écrit votre article.

                                        tout le monde à compris que le gugusse US abruti devant sa TV se dira les perses c’est les méchants du golfe qui tape le gentil JI texan. Et alors !!! on leur fait bien croire que la Vache qui rit c’est du fromage, il gobera n’importe quoi de tout de façon.

                                        Ce qui me dérange dans votre article, c’est le fait que bientôt, il sera impossible d’écrire ou tourner une histoire de guerre biblique ou légende gréco-romaine sans se faire traité de fachiste (ou bushiste).


                                        • drzz drzz 11 octobre 2007 17:51

                                          Je vous rappelle que le caractère de la reine a été créé pour le film. C’est elle qui fait les allusions les plus claires au néoconservatisme.

                                          De plus, le mépris pour l’ONU ne date pas de 2003 aux Etats-Unis... Boutros-Boutros Gali était régulièrement ridiculisé dans les années 90.


                                        • Barbathoustra Barbathoustra 10 octobre 2007 13:12

                                          reveilles toi mon pauvre roswell, les francais sont le seul peuple qui aiment l’autoflagelation.

                                          — >

                                          Juste pour mémoire ; la France est également un des rare pays d’Europe à n’avoir jamais fait l’expérience de la dictature ... Alors on a pas trop de leçon de morale à recevoir à ce niveau je pense. Du reste, qu’Hollywood ait toujours servit la propagande des conservateurs ; c’est franchement loin d’être une nouveauté.

                                          « Résultats 1 - 10 sur un total d’environ 138 000 pour hollywood propagande (0,15 secondes) » - Google.fr -

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