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Le lac indigène

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« Le lac indigène »

roman d'Anna Luisa Pignatelli

éditions La Différence

juin 2012

201 pages

18 €

9782729119782

 

Une quête de sens

C'est un roman social, politique et « touristique » que nous propose l'auteure, italienne qui nous invite à la découverte d'une région du Guatemala, au milieu des volcans.

Le héros Tano, italien lui aussi retourne dans ce pays d'Amérique centrale qui l'avait fasciné, non pour fuir un présent morne mais pour retrouver son ami Manolo, photographe de son état, disparu mystérieusement.

C'est un pays dévasté par la guerre civile qu'il découvre avec d'un côté des guérilleros, de l'autre une armée « régulière impitoyable » et au milieu les paysans indiens qui subissent le joug des grands propriétaires terriens.

Comme le raconte un très vieil écrivain : « Il n'y a rien à faire, il est inutile de lutter. J'ai essayé de vivre autrement, j'ai renoncé à mes biens, mais je suis né ici, blanc, fils de propriétaire terrien, je ne peux rien y changer, je ne peux pas me délester du fardeau de corruption, d'enrichissement illicite, de mensonges, de rhétorique, inhérent à notre monde de blancs privilégiés... »

Il y a les « ladinos », blancs et métis qui ne « sont pas de culture locale »et ceux du terroir

qui subissent toutes les tyrannies...

Et les révolutionnaires dans tout cela ? :

Pourchassés mais combattant le régime corrompu, constituent-ils une solution de rechange, une planche de salut ?

Rien moins de sûr.

S 'ils accédaient au pouvoir, ne deviendraient-ils pas aussi impitoyables que leurs prédécesseurs ?

Poser la question c'est y répondre... C'est du moins le message quelque peu pessimiste laissé par l'auteure.

Les paysans ont leurs habitudes, leurs coutumes et aussi leur code moral....L'indienne rencontrée par Tano l'explique sans détour en se comparant à une pierre :

« ...afin de demeurer ce que nous sommes, nous ne pouvons rien changer sans nous perdre »...Ce qui ne les empêche de résister et de refuser qu'on leur prenne leur terre.

 

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C'est un roman qui nous fait découvrir des paysages inconnus, décrits avec précision et émotion et aussi un mode de vie traditionnel.

L'auteure n'hésite d'ailleurs pas à appeler les lieux, les personnages et les choses par leur nom de là bas avec un glossaire permettant au lecteur de s'imprégner du goût et des saveurs de ce pays.

On apprend ainsi que les indigènes enterrent dans le sol le placenta des bébés de sexe féminin « afin de renforcer l'attachement des filles aux tâches domestiques »....Évidemment on peut très bien critiquer cette tradition, la juger mais il s'agit là de racines culturelles très fortes.

La force de ce roman c'est de rendre vivante et passionnante la description physique, sociale et humaine grâce une histoire où le suspense n'est pas loin.

 

Jean-François Chalot


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1 réactions à cet article    


  • nico31 3 janvier 2013 16:56

    « ...afin de demeurer ce que nous sommes, nous ne pouvons rien changer sans nous perdre »

    Très conservateurs ces indiens ! En France en revanche on pourrait dénaturer le mariage sans se perdre !

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