2007, la môme Piaf s’est éteinte le même jour que le chant des poètes : Jean Cocteau : le 11 octobre 1963
De souvenir de cinéphile, le public est venu entendre en se substituant par des trucages hors du commun le chant des rouge gorges dont la couleur préférée était le bleu. Nous ne sommes pas quelque part persuadé que le jaune l’aurait attiré tout autant, tant elle aura chanté l’annuaire sur les relents d’Edison, tant la pensée messagère circulait de façon plus que vitale dans les salles noires de ce petit bout de bonne femme, Edith Piaf interprétée de Talent d’Or par la non moins sublime comédienne jusqu’au bout des ongles.
Une réalisation de la Littré est comparable pour certains au Grand Meaulnes d’Alain Fournier à Autant en emporte le vent , voir Ben-Hur.
Le monde des souvenirs rejaillit aux perles des coins de l’œil et on ne peut, à moins de ne pas posséder ni âme ni cœur, ne pas vibrer de la première à la dernière note.
Il y avait en ce samedi, sûrement plus d’enrhumés par l’œuvre gigantesque qu’interprétait dans le film Marion Cotillard. La prouesse de son action, pour ne citer que le bloc-notes de William Leymergie, se trouve dans le monde irréel où, quelle que soit la qualité du maquillage, l’authentique Edith Piaf survolait la salle à la lueur des mouchoirs vibrants.
Que de souvenirs marqués de vers luisants ou de lucioles ont apporté comme réchauffement en cette journée d’hiver.
L’ensemble des acteurs de haut vol ont été zappés par ce film qui marque la naissance dans le caniveau équivalente au Bombardier marocain, surnommé ainsi et de son vrai nom Marcel Cerdan.
Réalisation qui peut transcender le spectateur, notamment par des interprétations sous becar ou dièse, comme pour inviter tout un chacun sur des chansons sans parole, à y mettre l’apanage des valeurs susceptibles de faire vibrer l’unisson des têtes penchées les unes en direction des autres.
Ce film aurait tout aussi bien pu s’appeler l’hymne à l’amour, même s’il édulcore en partie le véritable tempérament de la môme Piaf . Les publics glués à ses sièges opéraient avec difficultés la fin de la séance.
Tout y est passé, ou pratiquement. Le réalisateur, Olivier Dahan a su avec une ingéniosité peu commune faire jouer toutes les couleurs de l’arc en ciel pour peindre avec les trémolos que jamais personne n’a égalé et qui ne le se seront sûrement jamais.
Le temps donnera raison ou tort à cette réalisation, mais pour certains, elle représente l’envolée papillonneuse du tempo musical, où les plus jeunes pourront le comparer avec West Side Story ou Love Story .
Un film que l’on a envie de revoir seule ou tout seul pour perçoir son visage se refléter sur l’écran où l’on a fait renaître de ses cendres comme une salamandre la puissance de tout un chacun et l’explosion presque délirante que provoque Charles Dumont sur le final.
En quittant la salle, les témoignages se lisaient dans les regards cristallins, et j’avoue tout simplement que ce type de Chef d’œuvre vous pousse vers le 7ème Art et en attire d’autres comme des aimants amants.
Que ceux qui n’ont pas vu le film pour diverses raisons, en prenant connaissance et c’est le vœu formulé, puissent, comme tous les présents, établir le littéraire des sens aux murmures des pas de cygne, qui, semblables au Roi Soleil, Louis XIV posséda le règne le plus long des Rois de France en se permettant de dire : l’Etat, c’est moi.
En ce qui me concerne, je ferme une page qui demeure ouverte pour lire une autre portée et que la clé soit de sol, de fa, ou de dièse, pouvoir affirmer : « Non, je ne regrette rien ».

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