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« Le Prénom » en dérapage familial sous contrôle de Patrick Bruel

En ce début mars, bat le plein des « corporatives » permettant aux membres de l’académie des Molières d’assister aux spectacles en liste pour l’édition 2010-11.

Concernant « Le Prénom » dont la prolongation jusqu’en juin est la meilleure confirmation du succès public de cette première pièce de théâtre écrit par le duo Delaporte & de la Patellière, une représentation dominicale exceptionnelle était, donc, organisée à l’intention des professionnels du spectacle vivant, en présence des auteurs et de Bernard Murat, le metteur en scène.

Ainsi, précédant une ultérieure retransmission télévisée en direct et le tournage d’un film dédié, l’opportunité de participer au concert général de louanges entourant désormais cette création du Théâtre Edouard VII, se traduisait effectivement par des salves de rire intensives et progressives ainsi que par de multiples rappels sous les applaudissements réjouis.

Oui, mais comme le regard de la critique est par nature, subjectif, le nôtre, allez savoir pourquoi, semblait diverger de l’orbite nominale.

Sans y mettre une quelconque malignité, l’engouement général ne nous montait pas à la tête et du fond de l’orchestre, l’agitation scénographique nous apparaissait, de loin, factice au beau milieu des éclats de rire si proches mais si peu communicatifs à nos références sensorielles.

Certes, le linge sale lavé en famille là-bas sur les planches de l’Edouard VII n’était pas nécessairement incongru, mais le fait qu’il fût surjoué à l’excès entraînait comme un déphasage entre la stigmatisation implicite de son idéologie « bobo » d’avec sa complicité à l’égard d’un jeu de massacre sociétal exclusivement simulé, au lieu que d’être existentiel.

Autrement dit, en s’emparant du ressentiment familial latent et forcément violent, les auteurs faisaient feu d’un sujet pertinent et légitime mais en le réalisant aux confins de la caricature et du cliché au détriment du témoignage parodique, il semblait que fût favorisé le défoulement du public plutôt que son humour.

Alors ok, la recherche d’un « prénom » était effectivement une excellente entrée en matière initiée par le rôle de Patrick Bruel afin de favoriser le débat contradictoire sur les goûts et les couleurs de chacun, mais encore aurait-il fallu ne pas chercher à y intégrer, dans un amalgame systématique, le catalogue de toutes les déviances répertoriées du couple contemporain, au risque précisément d’y perdre l’âme du spectateur et sa crédibilité interactive.

Bien entendus, les rires par vagues impressionnantes étaient là pour nous rappeler que l’objectif primordial de divertir ses semblables était atteint dans ses grandes largeurs, mais pas sûr néanmoins qu’il le fût réellement en profondeur.

Gageons, toutefois, que « Les Molières », gagnés par l’exaltation collective, sauront ne pas lui en tenir rigueur.

photo © Marianne Rosensthiel 

LE PRENOM - **.. Theothea.com - de Matthieu Delaporte & Alexandre de la Patellière - mise en scène : Bernard Murat - avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Jean-Michel Dupuis, Guillaume de Tonquédec & Judith el Zein - Théâtre Edouard VII 

    


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