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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le « Quartett » de Robert Wilson avec Isabelle Huppert à l’Odéon

Le « Quartett » de Robert Wilson avec Isabelle Huppert à l’Odéon

Spectacle culte ou phagocyte d’une oeuvre dont le texte serait kidnappé au profit d’un système représentatif préétabli ?

C’est davantage la deuxième option de l’alternative qui sert de fil conducteur à l’opinion critique de ceux qui croient présentement défendre l’orthodoxie de la pièce de Heiner Müller au regard de la direction revisitée de Bob Wilson transformant Isabelle Huppert en créature de fée ou de sorcière dombalesque ; ce qui entre parenthèses ou par euphémisme ne semble pas déplaire à la Dame se délectant dans le rire nerveux, qu’il soit cynique ou sarcastique !

Du point de vue de "la corbeille" de face, donc légèrement en contre-plongée dans la distanciation, l’empathie avec la mise en scène nous a peu à peu enveloppés pour culminer dans la conviction d’une séquence finale d’ores et déjà cultissime.

Psalmodiant dans la récurrence " Une putain est morte - nous restons seul - cancer - mon amour " avec un timbre de voix chaud et consciencieux, le personnage de Merteuil s’éloigne peu à peu vers le fond gris translucide de la scène totalement dépouillée laissant en image arrêtée à l’horizon du dernier instant, la silhouette d’une Isabelle Huppert stylisée jusqu’au bout du doigt tenant " sa " chaussure de princesse.

Bien entendu, c’est Valmont qui aurait dû logiquement énoncer cette dernière réplique, fût-elle en boucle !

Il faut dire que l’humilité artistique d’Ariel Garcia Valdès est ici à son comble dans cette création pouvant s’apparenter à son égard tel un bizutage puisqu’il y est non seulement le cavalier non servant d’Isabelle mais surtout le faire-valoir de Merteuil par autocensure implicite.

Cependant pour Bob Wilson, l’identification est un jeu avec lequel il y a tout loisir de jongler pourvu que l’inversion y circule à l’avantage du sens projeté.

En effet étiquetées "années 70", les modalités de son installation scénique pourraient sembler se répéter jusqu’à la caricature, s’il n’y avait de progression sensible à l’intérieur même du dispositif :

Musique psychédélique, hurlements bestiaux, gestuelle sophistiquée, chorégraphie alambiquée, lumières couleur fluorescente ceignant les êtres, abstraction d’objets non fonctionnels, etc., d’abord tonitruants et tape-à-l’oeil, tous ces éléments vont se conjuguer pour peu à peu se dissoudre au rythme d’un texte cherchant dans la réitération impressionniste de morceaux choisis, la substantifique amoralité d’une relation entre les sexes.

L’humour latent qui accompagne l’interprétation des cinq rôles s’intégrant dans la partition, fort pertinents pour un quartette, est de la veine du rire intérieur qu’il n’est éventuellement possible de partager qu’avec son voisin de fauteuil.... c’est-à-dire le plus efficace eu égard à la satisfaction qu’il procure... Onanisme mental en duo ! Alors oui, pourquoi donc se refuser un "Dernier tango à l’Odéon" et vice versa ?

Photo © Pascal Victor/Odéon-Théâtre de l’Europe

- QUARTETT - **** Theothea.com - de Heiner Müller - avec ISABELLE HUPPERT, ARIEL GARCIA VALDES et Rachel Eberhart, Philippe Lehembre, Benoît Maréchal - mise en scène : Robert Wilson - Théâtre de l’Odéon -



Moyenne des avis sur cet article :  3.43/5   (28 votes)




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4 réactions à cet article    


  • WilliW (---.---.60.15) 12 octobre 2006 14:41

    Je suis peut etre le premier a poster sur ce sujet... smiley

    Confus, limite illisible, donne surtout l’envie de ne surtout pas aller voir la piece... Désolé

    Ps. Une delectation pour DW ? smiley (tout a fait dans le style) smiley


    • Theothea.com Theothea.com 13 octobre 2006 15:41

      Pour rendre équitable et mesurée votre opinion, nous ne saurions trop vous conseiller de lire plusieurs critiques concernant cette mise en scène de Robert Wilson (avec Google « actualités » + mot clé « Quartett » par exemple ). cordialement Theothea.com


    • Vierasouto Vierasouto 13 octobre 2006 16:11

      Je trouve au contraire le style de ce billet assez créatif comme la pièce j’imagine... Mais c’est vrai qu’on est un peu frustré à sa lecture, on aimerait en savoir un peu plus... (quoique ce n’est jamais assez...)


      • Oudeis (---.---.154.73) 13 octobre 2006 21:50

        « Musique psychédélique, hurlements bestiaux, gestuelle sophistiquée, chorégraphie alambiquée, lumières couleur fluorescente »

        « Confus, limite illisible »

        Bonnes descriptions de la pièce à mon sens.

        Impressionniste ? Peut-être. En tout cas, je n’ai personnellement pas été impressionné.

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