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Le retour de la barbarie au XXIe siècle

Dans le cadre du cycle de conférences consacrées à la guerre et à la science, la Cité de la science et de l’industrie a accueilli, jeudi 1er décembre, Thérèse Delpech, directrice des affaires stratégiques du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et chercheur au CERI (Centre d’études et de recherches internationales). Auteur d’un essai (L’ensauvagement, Le retour de la barbarie au XXIe siècle), qui vient de recevoir le Prix Femina Essai 2005, Thérèse Delpech a préalablement fait un retour vers l’histoire. L’année 1905 avait été marquée par des évènements majeurs, qui annonçaient la fureur des violences qui ont ensanglanté le XXe siècle : la guerre russo-japonaise, remportée par les Japonais qui comprirent alors que les nations européennes n’étaient plus invincibles, la première révolution russe, la crise de Tanger entre la France et l’Allemagne, la publication des trois principes de la Révolution chinoise...
Cent ans après, en 2005, existe-t-il des signaux comparables ? Thérèse Delpech insiste sur un point fondamental que "personne en France ne souligne" : le déplacement du centre de gravité de la politique internationale vers l’Asie.

  • La Chine accroît considérablement ses capacités militaires et son arsenal nucléaire
  • La Corée du Nord poursuit ses activités de recherche nucléaire
  • L’Inde et le Pakistan procèdent à des essais nucléaires
Ces trois mouvements simultanés font de l’Asie un continent extrêmement nucléarisé. A cette profusion d’armes atomiques, il faut ajouter les rivalités traditionnelles toujours vives :
  • Le Cachemire, point de tensions entre l’Inde et le Pakistan
  • La division de la Corée et les conséquences de son éventuelle réunification
  • Les incidents croissants entre la Chine et le Japon (qui ne s’expliquent pas seulement par les livres d’histoire japonais présentant l’invasion de la Chine sous un jour favorable, mais plutôt par la convoitise de ressources naturelles par les deux pays, ainsi que par le refus catégorique de Pékin de voir Tokyo devenir membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU)
Thérèse Delpech a par ailleurs constaté que l’Europe avait fait le choix de la sortie de l’Histoire. Les Européens, lassés des grandes guerres qui ont dévasté le vieux continent, ne raisonnent désormais plus qu’en termes commerciaux, au détriment de la politique, laissant les États-Unis et la Chine écrire l’histoire.

Thérèse Delpech possède une forte personnalité. On pourra se référer au récit (Le Ministre) écrit en 2004 par Bruno Le Maire, l’un des plus proches conseillers de Dominique de Villepin, qui la décrivait ainsi : "Je prends contact avec l’un des meilleurs experts français de la prolifération en Irak, Thérèse Delpech. Elle a une voix perçante qui ne souffre pas la contradiction. Au premier abord, on est saisi : la force de ses arguments, son tempérament, la hargne qu’elle met à étriller les demi-vérités, sa voracité d’animal laissent pantois. Rien dans son discours ne colle avec son apparence de femme de bonne famille : cheveux blonds mi-longs, serre-tête en velours, une étole ou un foulard de soie sur les épaules, une jupe droite, des collants noirs. Il faut lire la dureté sur l’os de son front. Elle a une capacité à renverser son adversaire et à défendre ses convictions que beaucoup d’hommes pourraient lui envier."


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