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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le Retour schizophrène d’Emmanuelle à L’Odéon

Le Retour schizophrène d’Emmanuelle à L’Odéon

D’Henrik Ibsen à Harold Pinter, de Roman Polanski à Luc Bondy, de Hedda (Gabler) à Ruth, du Théâtre Marigny à l’Odéon, de 2003 à aujourd’hui, Emmanuelle Seigner interprète à nouveau, de manière schizophrène ce qui, à l’époque, sous la direction de Roman son mari, lui avait été vivement reproché par la critique, un personnage dramaturgique en rupture avec lui-même, ce qui en définitive convient parfaitement à la comédienne.

Présentement pour cet unique rôle féminin de la pièce, Le Retour est en fait une arrivée, un débarquement dans une famille plus ou moins à la dérive depuis le décès de la mère alors que le père (Bruno Ganz), Sam son frère (Pascal Greggory), Lenny (Micha Lescot) et Joey (Louis Garrel) deux de ses fils tournent en rond avec la vie.

En effet Ruth et Teddy, son mari (Jérôme Kircher), troisième fils de Max, surgissent en pleine nuit, façon visite surprise en provenance des Etats-Unis, afin que celui-ci puisse opportunément renouer avec ses proches.

Ruth, d’abord véritable sujet de découverte inattendue pour ses hôtes, va devenir rapidement, à l’occasion de ces retrouvailles fortuites, leur véritable objet de convoitise que chacun aura de bonnes raisons de disputer aux autres, avec de surcroît pour Teddy sa légitimité légale en talisman, quoique vaine.

Si l’inconscient devait être réellement le langage de la destinée silencieuse, tous ces protagonistes se rangeraient volontiers, en formation collective, chacun sur une orbite parallèle mais tous derrière l’autorité patriarcale, comme un seul homme en perspective de l’unique femme.

Putain, épouse de substitution, confidente et plus si affinités, Ruth pourrait cumuler tous ces rôles à l’envi et à l’égard de tous, pourvu que le désir soit hautement explicite et la pulsion libidinale suffisamment attractive au point de faire rendre les armes de la monogamie au fils prodigue.

Point de morale à débattre mais seulement un metteur en scène, proche de ses cinq comédiens mâles choisis comme les doigts d’une main de velours en une scénographie du vide existentiel, mais surtout en pamoison de son égérie intouchable comme le serait l’absence à soi-même personnifiée.

Croisements de jambes suggestives à dessein et sourire à l’indicible, voici Emmanuelle Seigner, encore Hedda Gabler mais déjà Ruth, pleine de promesses créatrices à l’intention de tous les metteurs en scène qui sauraient la distinguer en être à part.

photos © Theothea.com &  © Ruth Walz

LE RETOUR - **.. Theothea.com - de Harold Pinter - mise en scène : Luc Bondy - avec Bruno Ganz, Louis Garrel, Pascal Greggory, Jérôme Kircher, Micha Lescot & Emmanuelle Seigner - Théâtre de l'Odéon

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Le Retour schizophrène d'Emmanuelle à L'Odéon

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