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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le Salon du livre en ligne

Le Salon du livre en ligne

Alors que le Salon du livre de Paris vient seulement de fermer ses portes, chacun a pu entendre parler de Francophonie ou de l’apparition de quelques vedettes, mais qu’en est-il des auteurs, et surtout de ceux qui ne sont pas encore édités ?

« La moitié de la France écrirait pour l’autre moitié qui ne lit pas » ! C’est une boutade, mais elle dénote une certaine réalité. Les grands éditeurs sont encombrés par des centaines de manuscrits qui s’entassent chaque mois dans leurs locaux. Un manuscrit sur mille, reçu par la poste, passerait le cap d’un comité de lecture, un éditeur renvoie même les manuscrits, sans même les ouvrir, en biffant l’adresse par un : « N’accepte plus les manuscrits ! ». Alors au bout du cinquantième refus, que faut-il faire ? Continuer, persister ; comme le disent les optimistes : « Il y a environ 4000 éditeurs en France ». Bien sûr, ça laisse de l’espoir, mais c’est sans compter sur le fait que beaucoup d’éditeurs ne sont pas généralistes ; ils sont spécialisés, pour la jeunesse, ou dans certains genres bien particuliers, et puis nombre de maisons d’édition ne publient en fait que les livres de leur fondateur, voire de quelques personnes avec qui elles ont des affinités. Alors le manuscrit reste au fond d’un tiroir, et on oublie ses rêves d’écrivain ? Non, pas forcément, il y a d’autres voies, comme le compte d’auteur, où sévissent quelques officines peu scrupuleuses, qui exploitent la soif de reconnaissance des nouveaux écrivains, et dont le défunt Calcre (Comité des auteurs en lutte contre le racket de l’Édition.) dénonçait sans faiblir des pratiques parfois proches de l’escroquerie. Il y a aussi la voie difficile de la publication à son compte, où l’on doit tout faire : rechercher un imprimeur, faire sa promotion et diffuser soi-même son livre, en y mettant le prix ; il faut investir. Il existe enfin une dernière voie, qui consiste à mettre son texte sur un site d’édition en ligne sur Internet. Là encore, plusieurs catégories : les sites où on dépose seulement un extrait, dans l’espoir qu’un hypothétique éditeur sera subjugué par notre prose et réclamera la suite avec impatience, et enfin quelques sites où la totalité du texte est offert aux lecteurs. Tout est parfait, notre roman est enfin lu... enfin presque, parce que les lecteurs ne se bousculent pas vraiment : lire 300 pages de texte à l’écran, c’est inconfortable et fatigant pour les yeux, et puis nos chers lecteurs chérissent tellement le livre en papier (ils ont royalement dédaigné, pendant des années, les lecteurs de e-book). Alors on se dit que si on veut être lu, il faut bien lire les autres, et là commence un cercle infernal et, sans que rien ne soit dit, des habitudes se prennent : je lis ton livre après tu liras le mien, je te donne une bonne appréciation mais je compte sur un renvoi d’ascenseur. Finalement, à force de travail, arrive enfin le vrai lecteur ! Le pauvre, comment a-t-il fait pour s’y retrouver ? Il a lu des extraits, des tableaux d’évaluation, mais en réalité il finira souvent par lire l’auteur le plus « visible ». Ce n’est pas la visibilité de l’œuvre qui prime alors, mais la visibilité de son auteur. N’en est-il pas un peu de même pour les auteurs édités « classiquement » ? C’est pour remédier à ces pratiques qu’Alexandrie Online, présent sur le Web depuis 2000, a décidé de prendre le taureau par les cornes et de créer, il y a un peu plus d’un an, un comité de lecture.

Petit à petit, des textes de qualité sont apparus dans le haut des tableaux d’évaluation. Il n’y avait plus alors qu’un dernier pas à franchir : la création d’un prix littéraire, et c’est ce qu’Alexandrie vient de faire en consacrant quatre ouvrages dans les catégories roman, nouvelle et essai.

Ces prix ont été décernés au vu de la popularité des oeuvres sur le site durant l’année 2005, d’un vote des lecteurs, et surtout d’un vote du comité de lecture composé de quatre membres permanents dont la plupart ne publient pas sur le site (voir le lien du palmarès en fin d’article).

Les auteurs publiés sur Alexandrie Online conservent intégralement les droits d’exploitation, d’édition et de diffusion de leurs œuvres, sans aucun engagement envers le site. Les auteurs sont seulement invités à laisser leurs ouvrages en libre accès pendant une période d’au moins un an. La diffusion libre d’une œuvre d’un auteur inconnu sur le Web est une opportunité pour qu’il se fasse mieux connaître, et par là-même il inscrit, à sa façon, un nouvel épisode au best-seller du DADVSI Code (le fameux projet de loi sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information). L’édition en ligne doit être considérée comme un outil supplémentaire proposé aux auteurs afin de se faire mieux connaître et reconnaître, elle ne se substitue pas vraiment à l’édition traditionnelle.

Mais, me direz-vous, vous avez oublié l’inconfort de la lecture à l’écran, la fatigue des yeux, et surtout ces lecteurs si attachés à leurs livres papier ? Eh bien, un nouveau miracle est apparu récemment : l’impression numérique à l’unité. D’abord pratiquée aux Etats-Unis : le site Lulu permet l’impression à l’unité d’un ouvrage et son expédition dans le monde entier. Le site canadien Trafford fait de même. En France, plus récemment, c’est le site In Libro Veritas qui permet cette nouvelle forme d’impression. De ce fait, tous les lauréats du Prix Alexandrie peuvent être lus sur un support papier.

Alors, heureux, notre auteur ? Jugez un peu : il est lu intégralement sur le Web, avec des commentaires de vrais lecteurs, son livre papier peut être vendu dans le monde entier, il peut même toucher des droits d’auteurs (ce n’est pas une obligation, c’est un choix), il n’est plus obligé de signer un contrat d’exclusivité avec un éditeur, il peut à tout moment retirer son texte, mais aussi l’améliorer quand cela lui plaît !

En définitive : une totale maîtrise de son œuvre !

Le palmarès complet du Prix Alexandrie Online 2006 : http://www.alexandrie.org/static.php?op=price2006.php

InLibroVeritas, site d’impression et d’édition : http://www.inlibroveritas.net/

Lulu, site d’impression et d’édition : http://www.lulu.com/fr

Trafford, site d’impression et d’édition : http://www.trafford.com/2501


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4 réactions à cet article    


  • Marsupilami (---.---.168.42) 24 mars 2006 11:09

    Oui, l’inspiration, c’est pas de la tarte...

    La tienne doit mystérieusement naître en bloggant.


  • Zaytouni (---.---.152.163) 24 mars 2006 17:58

    Est ce que tout était déjà dit ? A quoi bon écrire ? les idées, les reves , les douleurs, les informations, connaissent une effervescence et pourtant les malentendus sévissent plus que jamais,les différences se creusent davantage...L’opacité reigne et l’idiotie s’épanouit. Et pourtant le web pourrait etre une véritable opportunité afin de dissiper ce brouillard aveuglant. Aucun courant ne puisse creuser la terre jusqu’aux profondeurs,les illusions s’autogénèrent vertigineusement. Comment peut on parmettre aux gens normales de dire leur mot, d’écrire et d’etre lus ? Le statut de la culture lui meme est à redorer, la culture elle meme est à déterrer.


    • Zaytouni (---.---.152.163) 24 mars 2006 18:02

      Est ce que tout était déjà dit ? A quoi bon écrire ? les idées, les reves , les douleurs, les informations, connaissent une effervescence et pourtant les malentendus sévissent plus que jamais,les différences se creusent davantage...L’opacité reigne et l’idiotie s’épanouit. Et pourtant le web pourrait etre une véritable opportunité afin de dissiper ce brouillard aveuglant. Aucun courant ne puisse creuser la terre jusqu’aux profondeurs,les illusions s’autogénèrent vertigineusement. Comment peut on parmettre aux gens normales de dire leur mot, d’écrire et d’etre lus ? Le statut de la culture lui meme est à redorer, la culture elle meme est à déterrer.


      • Fauren Fauren 24 mars 2006 22:13

        Merci à tous pour vos commentaires pour mon premier article sur Agoravox !

        En réponse à Demian West :

        « Un bon état des lieux, d’autant plus qu’il évite habilement la question essentielle du talent qui fait seul les écrivants ou les écrivains. »

        Le talent est une valeur difficile à évaluer, il résulte sans doute d’un don et d’un travail... qui ne peut être reconnu que par les autres... en particulier par les lecteurs. Les lecteurs qui s’expriment sur des textes du Web sont une denrée très rare, le problème étant justement de sortir du « nœud » des auteurs critiquant d’autres auteurs. Le talent des écrivants et écrivains est en quelque sorte aussi confronté au talent des lecteurs !

        A quoi bon écrire ? demande Zaytouni

        Il n’est pas essentiel d’écrire pour vivre mais comme beaucoup d’activités humaines ça aide à vivre, à la fois pour celui qui écrit mais aussi pour celui qui lit. Je n’ai pas de réponse plus pertinente à donner (sourire).

        « L’opacité règne et l’idiotie s’épanouit. Et pourtant le Web pourrait être une véritable opportunité afin de dissiper ce brouillard aveuglant. »

        Oui, je suis bien d’accord avec vous !

        bernard

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