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« Le Songe d’une Nuit d’été » de William Shakespeare aux Ateliers Berthier / Odéon

En invitant Yann-Joël Collin et la compagnie "La nuit surprise par le jour" à venir faire la fête avec "Le Songe d’une nuit d’été" aux Ateliers Berthier, Olivier Py, le directeur des deux salles de l’Odéon a pris le risque calculé de déplaire à l’orthodoxie Shakespearienne au profit d’un manifeste pour le geste théâtral débarrassé de toute exclusive artistique.

Le soir de la première, cette nouvelle création accueillait les spectateurs en une arène ouverte à toutes les déambulations pour un placement libre dans des gradins à géométrie modulable.

Depuis le bar à même les tréteaux, il semblait que la représentation eut déjà commencé à l’insu de tous, avant toute prise de parole dûment accréditée.

Quatre heures plus tard, à minuit sonnant, alors que les réjouissances avaient été consommées jusqu’à la lie, tout était de nouveau en place pour recommencer du début, mais sans doute devrait-on, quand même, patienter jusqu’à la représentation du lendemain !

Entre-temps, le spectacle vivant avait laissé place au Music Hall, à la Comédie musicale, au One (wo)man Show, au Happening, à la vidéo et même à l’entraide plus qu’à l’interactivité.

Après trois heures d’intense va-et-vient excentrique, un entracte quasi improvisé laissait quelques minutes de délassement dont peu profitèrent pour s’esquiver.

Comme si le théâtre des années 70 se réinventait en Avignon ou autre Cartoucherie de Vincennes, Cyril Borthorel, Paul Breslin, Xavier Brossard, Marie Cariés, John Carroll, Yannick Choirat, Pascal Collin, Issa Dakuyo, Christian Esnay, Delphine Léonard, Eric Louis, Elios Noël, Alexandra Scicluna, sans que l’on sache très bien qui était qui, allaient nous conter "La très lamentable comédie avec la très cruelle mort de Pyrame et Thisbé" d’après Ovide alors que le théâtre plongeant dans l’abîme de lui-même nous renverrait l’image d’un Shakespeare jeune découvrant avec jubilation tous les artifices qu’il avait à disposition pour propulser les spectateurs dans une nuit insensée de rêverie.

La nouvelle traduction de Pascal Collin, authentifiant un langage en prise avec les tournures syntaxiques de l’époque contemporaine, ainsi que les compositions musicales de Frédéric Fresson actualisées par le son d’Etienne Colin donneraient l’illusion du réalisme alors même que le songe aurait envahi toutes les consciences.

Les Ateliers Berthier offrent, à juste titre, ce lieu fabuleux où, la structure brute de décoffrage dépeignant aisément les contours de l’art expérimental, les lois du théâtre peuvent se ressourcer jusqu’à l’inventivité la plus drôle et néanmoins la plus extravagante.
 
Photo © Pierre Grosbois
 
LE SONGE D’UNE NUIT D’ETE - *** Theothea.com - de William Shakespeare - mise en scène : Yann-Joël Collin - avec Bénédicte Cernutti, Michel Fau, Samir Guesmi, Nicolas Marchand, Vincent Németh, Aurélien Patouillard, Thomas Scimeca, Catherine Travelletti & Jutta Johanna Weiss - Ateliers Berthier / Odéon
 


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