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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le souci des plus pauvres

Le souci des plus pauvres

JPEG « Le souci des plus pauvres

Dufourny, la Révolution française

Et la démocratie »

Essai de Michèle Grenot

426 pages

Editions Quart Monde

Février 2014

    Une démocratie inachevée…..

 

C’est une étude magistrale et passionnante que nous propose l’auteure qui dans la publication de sa thèse revient largement sur la période révolutionnaire et sur une problématique souvent ignorée ou peu abordée : celle relative à la démocratie et à l’accès de tous les adultes aux droits politiques.

Le suffrage universel n’existait pas et n’a pas été conquis lors de cette révolution française de 1789 :

Les femmes en ont été exclues, ainsi que les pauvres, ceux qui n’avaient pas de domicile fixe et ceux qui n’étaient pas assujettis à l’impôt.

Michèle Grenot nous entraîne dans les combats et les débats qui ont traversé cette fin de siècle révolutionnaire.

C’est ainsi que nous découvrons un personnage historique peu suffisamment connu qui a défendu dès la préparation des états généraux, l’idée que la discrimination était inacceptable.

Tous les citoyens devaient avoir droit à la parole.

Malheureusement les infortunés, ils sont en nombre, seront exclus des lieux de débat et de décisions.

Seule, la constitution de 1793 ira dans la bonne direction malgré ses imperfections : les conditions de cens ( versement d’un impôt) sont supprimées certes mais il faut pour être citoyen disposer d’un domicile..

Dufourny va continuer à œuvrer inlassablement pour la démocratie ouverte à tous, y compris contre son propre camp.

Malheureusement la réaction thermidorienne et la constitution de 1795 vont balayer les quelques avancées obtenues.

Ce quart monde, victime de la famine, de la pauvreté doit pouvoir obtenir enfin des conditions décentes de vie et disposer des droits politiques….

C’est pour Dufourny une exigence ce qui le conduit à continuer jusqu’à sa mort à défendre cette orientation.

Quand l’auteure de cette œuvre passionnante évoque Dufourny, son action et son regard critique sur la société de la fin du 19 ème siècle, on a l’impression à la lecture de ses lignes qu’il existe quelques ressemblances avec la France d’aujourd’hui :

Les vexations suivent et accompagnent l’infortune :

« Nombreuses sont les occasions d’avoir des démêlés avec la justice, endettement, vagabondage, mendicité, non- paiement de loyers, de nourrices….Il ajoute les « tourments de l’âme », ce qui veut dire sans doute l’angoisse du lendemain, de l’absence de toit, de travail….. »

Ce que Louis-Pierre Dufourny ne pouvait pas prévoir, c’est que 220 ans après sa mort, la pauvreté ne serait pas endiguée et qu’un français sur 7 vivrait sous le seuil de pauvreté…..

Le combat qu’il a mené courageusement, sans faiblir est poursuivi aujourd’hui par de nombreuses associations comme ATD Quart Monde afin que chacun et chacune puisse participer à la vie politique et accéder à tous les droits sociaux.

Jean-François Chalot


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12 réactions à cet article    


  • smilodon smilodon 7 novembre 2014 13:41

    @ l’auteur : Faut lire un maximum. Toujours et partout. J’apprends grâce à vous l’existence de Louis-Pierre Dufourny, et donc, je vais me « renseigner ».... De mon côté, pour info, j’ai vu sur arte un reportage « sacrée croissance » !.... A voir !.... Echangeons nos infos, ce site le permet. Et c’est bien. Un bonne journée à vous. Adishatz.


    • CHALOT CHALOT 7 novembre 2014 17:25

      La révolution française est un acquis pour la république
      Le livre montre que la république n’est pas allée jusqu’au bout car elle n’a pas donné le pouvoir aux pauvres et au sans grade.
      J’ai découvert une page que j’ignorais.


      • mmbbb 7 novembre 2014 21:01

        Ce sont les aristios Mirabeau entre autre qui ont fait la revolution Les pauvres ne se rendaient pas pas dans les clubs de pensee ( franc maconnerie ) et cette revolution s’est retournee contre eux C est la classe dominante qui a repris le pouvoir La condition sous l’ancien regime des pauvres n’etait pas plus enviable sous la revolution industrielle qui a vue l’affirmation de la classe bourgeoise Mais bon les pauvres aiment faire des gosses et leur progeniture peu eduquee sont des bras pour les machines Ces ventres des meres qui nourissent le capitalisme !


      • vesjem vesjem 7 novembre 2014 17:43

        chalot ,
        tu aimes bien déclarer ton côté social , n’est-ce pas ?


        • eric 7 novembre 2014 18:08

          Sous l’ancien régime, les prélèvements obligatoires varient. Quelques exemples.En 1147, Louis VII lève en France l’impôt du vingtième. Cette contribution prélève la vingtième partie du revenu des nobles, prêtres ou roturiers.Sous Philippe le Bel, le prélèvement des impôts se limite au domaine royal, le Trésorier de France étant chargé de son organisation. En 1296, il crée le centième, impôt de 1 % assis à la fois sur le patrimoine (immeubles, meubles corporels) et sur le revenu


          Bref, à la veille de la première guerre mondiale, l’Etat prélève de l’ordre de 10% de la richesse. 

          En 2014, il en dépense 57%, et c’est une richesse qui en gros, en tendance, n’a pas arrêté de s’accroitre.
          On sait donc ou est l’argent. A quoi sert-il ?
          2 exemples :

          - Entre 1873 et 1896, le nombre total d’agents de la fonction publique passerait ainsi de 285 000 à 416 000 (+ 46 %)
          Le montant total des traitements passerait de 340 millions de francs à 627 millions (+ 84 %)

          -Après 81, on se tape de’ l’ordre de 1 million (!) de fonctionnaires en plus. Surtout des cadres. c’est dans ce secteur que ce sont crée le plus grand nombre de postes de cadres en France.

          Donc, les prélèvement explose, le nombre d’agent publics aussi. Ce qui reste stable, c’est la pauvreté et l’exclusion d’une part. Donc tout cet argent ne va pas aux pauvres.
          C’est aussi la dégradation constante de la qualité des services publics, dénoncée avec constance par l’ensemble des syndicats concernés.

          Les périodes ou cela va un pue mieux, ou la pauvreté recul, et ou la pente naturelle à l’inflation administrative est un peu freinée, c’est historiquement, quand les droites sont au pouvoir.

          D’ou la concentration des syndicats sur les seuls enjeux publics. Si ils ont abandonné le privé, c’est parce que les pression politiques permettent d’assurer la progression des crédits, des postes, des moyens et des avantages acquis dans la fonction publique ( c’est le peuple qui paye). Dans le privé, le patron ne peut pas donner plus que ce qui est gagné.

          Onpeut se foutre de la pauvreté et considéré qu’obtenir le mariage des tous est primordial et voter à gauche.

          Si on a un tout petit souci du social, il faut voter à droite et pour celle des droites qui permettra la réforme de l’Etat.



          • TSS 8 novembre 2014 00:51

            Si on a un tout petit souci du social, il faut voter à droite et pour celle des droites qui permettra la réforme de l’Etat.

            La droite depuis 1958 a été plus souvent et plus longtemps au pouvoir que la

             gauche,je n’ai pas le souvenir qu’elle est fait grand chose pour le social... !!


            • eric 8 novembre 2014 07:35

              Vous devez êtes trop jeune ou pas très versé en histoire….


              Quand toutes les gauches parlent de période ou « l’ascenseur social fonctionnait, ou on construisait des logements, ou les services publics nous étaient »enviés par le monde entier« , ou l’Etat fonctionnait et était respecté, ou on investissait dans de grands projets industriels, ou en politique internationale, la France était écoutée etc…et avec 15 ou 20 points de PIB de dépenses publiques en moins », c’est à cette période qu’elles font référence. 

              Du reste il y a un critère objectif que vous pouvez vérifier par vous même :

              Les inégalités de revenu en France baissent en tendance jusqu’en 198…date à laquelle elle se mettent à stagner. 

              C’est aussi vers ce moment qu’apparaissent et commencent à se développer les « nouvelles pauvretés ». Or, celles- ci sont pour l’essentiel « sociétale » et non sociale. Les nouveaux pauvres sont des femmes isolées avec enfant et des hommes sans plus de famille SDF.

              Grace aux prélèvement public les plus élevées du monde, nous avons en plus, désormais, un développement de la misère purement sociale.

              C’est tellement vrai que même le gouvernement de fonctionnaires actuelhttp://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/parite-ils-se-foutent-de-nous-116986
              se rend compte qu’il y a un problème et fait semblant de faire quelque chose….

              Ce qui a changé structurellement depuis 81 et le temps béni ou les droites parvenaient vaille que vaille à limiter un peu les appétit des gauches fonctionnarisées, c’est cela : avec un quart de la population dont les revenus directs et statutaires dépendent de l’état, inamovibles, disponibles, organisés et contrôlant vaille que vaille les rouages de l’appareil, auquel s’ajoute les clientèles qu’ils arrosent, même quand tu vote contre eux, il est difficile de faire passer des réformes.

              Aujourd’hui, ces gens n’ont plus les moyens d’arroser pour se maintenir au pouvoir et les pauvres voient leur hypocrisie. 

              Non seulement il faut l’alternance, mais il faudra aussi remettre le service public sous le contrôle des citoyens et à leur service.

              Deux exemples entre 1000 : j’ai regardé un temps la « politique de la ville » : les crédits de fonctionnement ( salaires de ceux qui l’applique, était utilisés à 100%, les crédits d’intervention, l’argent qui va vraiment aux pauvres, à 60 %….)
              Leonarda : a la fin la famille recevait de quoi maintenir la tête hors de l’eau : mais les sommes dépensées pour les innombrables intervenant s’occupant d’elle représentaient des dizaines de fois les sommes nettes reçues.

              Les « pauvres sont tellement la jusification des revenus de ceux qui prétendent s’en occuper, qu’on se demande si ils n’en créent pas en tant que de besoin.
              Du reste, un des machins réputé s’occuper des Roms, a financé des missions en Roumanie pour évaluer les »besoins à venir".
              Les emplois à venir,petites mains dans des administrations qui n’embaucheront pas de toute façon, maintiennent les jeunes dans la précarité plutot que de risquer qu’ils trouent un emploi stable dans le privé :

              Les gauches aiment tellement les pauvres qu’elles en veulent toujours plus.

              SI il n’y a plus de cas sociaux, de nouveaux migrants, etc. ;; Qu’est ce qu’il fait dans la vie Chalot ?.


            • TSS 8 novembre 2014 12:58

              Vous devez êtes trop jeune ou pas très versé en histoire…

               moi je parle des gvts successifs.

              1958<1981:deGaulle,Pompidou,Giscard(droite)=23 ans

              1981<1995:Mitterand (avec une cohabitation de droite)=14 ans

              1995<2012:Chirac(avec une cohabitation de gauche)-Sarkosï=17 ans

              2012<2014:Hollande=2,5 ans

              Droite=40 ans

              Gauche=16,5 ans

              Quant aux haut-fonctionnaires et fonctionnaires catalogués à gauche ,ça c’est un fantasme

              de droite ! personne ne sait de quel coté ils votent ... !!

               Je suis vraisemblablement +agé que vous ayant attaqué(largement) la dizaine vers

               80 printemps et ayant assisté à la prise de pouvoir Gaullienne quand il a annoncé :« c’est moi

               ou l’armée. ».... !!
               


            • rocla+ rocla+ 8 novembre 2014 08:05

              Chalot comme  métier il est pauvrier .




              • eric 8 novembre 2014 08:39

                Enfin, lui, il est bénévole, il semble vraiment faire un vrai travail avec de vrais résultats. Mais il est le premier à se plaindre que les pros. des services publics soient peu réactifs vi à vis des besoins et des urgences pour ce qu’ils sont payés.

                ce sont quand même des chinovniks et des guichetiers massivement votant à gauche qui piègent les pauvres dans des impasses bureaucratiques. D’une certaine manière il est le cautère de leurs jambes de bois. Ceci expliquant pourquoi les administrations sont tellement enthousiasme à l’idée que des bénévoles fassent avec des budgets de misère, les boulots pour lesquels ils sont eux même payés.

              • rocla+ rocla+ 8 novembre 2014 09:31

                c ’est quoi un chinovnick ?


                • eric 8 novembre 2014 12:29

                  Sous le Tzar, en Russie, à peu prêt toute l société et en particulier l’administration, est organisée en « Rangs », Tchin, dans le russe courant aujourd’hui, cela veut dire en gros fonctionnaire avec une nuance fonctionnaire de responsabilité.

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