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« Le soulier de Satin » de Paul Claudel par Olivier Py au Théâtre de l’Odéon

Incité par le public à cette fameuse reprise Claudélienne, Olivier Py, le directeur de l’Odéon nous convie à l’expérience extraordinaire de onze heures de spectacle entrecoupées de trois entractes.

En effet, sa réalisation du « Soulier de satin » créée en 2003 est, de nouveau, proposée en intégrale, les samedi et dimanche du mois de mars 2009, à partir de 13H00 jusqu’à minuit.

En arrivant sur place à la mi-journée, l’intuition envisagerait aisément une déperdition notable de spectateurs au fur et à mesure des trois pauses à venir.

Que nenni !... L’engouement initial va donner suite à une exaltation euphorique s’emparant de la quasi totalité des troupes en présence, unissant en un même marathon de transcendance, la performance des interprètes à celle de l’assistance.

Tous regroupés autour de l’épreuve mystique sublimée par Dona Prouhèze (Jeanne Balibar) et Don Rodrigue (Philippe Girard), l’assemblée des comédiens, des musiciens et des techniciens de plateau va mettre en branle un tel processus joyeux, festif et onirique qu’il semblera, dès lors, impossible d’enrayer la fuite du temps vers son apothéose nocturne.

A travers la vision politique d’un univers global, l’époque des Constitadores va s’imposer, rapidement, comme une métaphore du monde d’aujourd’hui s’imbriquant dans un foisonnement de luttes et d’objectifs apparemment contradictoires mais possédant, en commun, la volonté impérieuse de donner un véritable sens métaphysique à la vie humaine.

Ainsi, l’amour de Prouhèze et de Rodrigue devra-t-il renoncer à la relation charnelle en s’éprouvant dans le sacrifice ultime de la perte de l’autre alors que la conviction de plénitude saurait remplir les deux amants, d’une Rédemption salvatrice.

En Don Quichotte de l’équité, Rodrigue, tenté quelque peu par la velléité d’un destin épique, ne trouvera son salut qu’en répondant aux hauteurs de vue et de considération, inspirées par la muse regrettée et sa fille, Dona Sept-Epées (Céline Chéenne).

Les polyvalences trublionesques de John Arnold (Le Chinois, La Maître drapier, Le Chapelain, Ruis Peraldo, Don Lépold Auguste & le pêcheur Alcochete), de Sissi Duparc (La Négresse Jobarbara, La Logeuse & la Bouchère) et de Michel Fau (L’Annoncier, L’Ange Gardien, L’Irrépressible, L’Actrice), sauront, à juste titre, cadencer et transgresser le temps et l’espace dévolus à la méditation, en faisant virevolter, sous des dominantes kaléidoscopiques, les facettes scénographiques, intensément mobiles, de Pierre-André Witez.

De manière plus conventionnelle, il est également possible d’apprécier ce spectacle en assistant aux deux parties constituées par les représentations du mercredi (1ère & 2ème journées en 4 h15) et du jeudi (3ème & 4ème journées en 4h45)... sous le même impact d’une thématique commune : « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ». 
  
Photo © Alain Fonteray
 
LE SOULIER DE SATIN - **** Theothea.com - de Paul Claudel - mise en scène : Olivier Py - avec Jeanne Balibar, Philippe Girard, Miloud Khétib, John Arnold, Olivier Balazuc, Damien Bigourdan, Nazim Boudjenah, Céline Chéenne, Sissi Duparc, Michel Fau, Frédéric Giroutru, Mireille Herbstmeyer, Christophe Maltot, Elisabeth Mazev, Jean-François perrier, Olivier Py, Alexandra Scicluna, Bruno Sermonne, les musiciens Stéphane Leach, Sylvie Magrand, Pierre-André Weitz, l’enfant sept-épées Sarah Abdeslam & Yasmine Bouland - Théâtre de l’Odéon -
 


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