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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le temple de Gergovie

Le temple de Gergovie

« La Culture, c’est l’emploi de demain. La France est le pays du monde qui a les ressources les plus extraordinaires par son histoire, ses monuments et ses savoir-faire. Ses ressources sont largement sous-utilisées. » Cette phrase a été écrite en 1986 par un actuel candidat à la présidence de la République, puis, comme beaucoup de phrases politiques, je me demande si on ne l’a pas oubliée.

Le jour où j’ai lu cette déclaration, je me suis dit en effet que dans la situation financière que connaissait notre pays, la solution qui consiste à créer des ressources nouvelles était tout aussi valable que celle de vouloir faire des économies sur le dos du contribuable. Attirer davantage le tourisme étranger et ses devises me semblait aller de soi, et pour cela, deux types d’action possibles. Premièrement, sauver la France des châteaux et des cathédrales tout en offrant du travail à ceux qui n’en ont pas, deuxièmement, valoriser notre patrimoine historique, ce qui pouvait également susciter des créations d’emploi. Mes deux précédents articles intitulés "Bibracte, capitale gauloise" et "Elle court, elle court, Gergovie" s’inscrivent dans ce deuxième type d’action. Les opinions favorables qui ont suivi cette publication m’encouragent à poursuivre dans cette voie.

Dans ce présent article, je propose au lecteur de me suivre dans une enquête résumée et rapide à la recherche du temple de Gergovie.


Le Crest a son église. Contrairement à l’habitude, elle ne se dresse pas au centre du village mais en dehors de l’ancien ensemble fortifié. Sur le dessin du XVI ème siècle de Guillaume Revel, elle est en dehors de l’épure. Le héraut d’armes s’est arrêté au grand monument aux hautes fenêtres cintrées. La première opération à faire est de supprimer l’édicule qui supporte le clocher lequel, manifestement, a été collé à l’édifice à une époque relativement récente. Il ne figure pas sur l’ancien cadastre. Nous avons affaire à une église sans clocher.

Deuxième opération. Nous nous rendons dans l’église Notre-Dame du Port de Clermont-Ferrand et nous cherchons dans ses chapiteaux une évocation de ce qui pourrait être le temple gaulois de Gergovie. Dans la sculpture de gauche, nous découvrons une abside, vue de l’extérieur en haut, vue de l’intérieur en bas. Dans la sculpture de droite, nous découvrons, en bas, la même abside intérieure, voûte bien représentée. Ceci fait, nous comparons ce que nous avons trouvé avec l’église existante (voir photo). Première constatation : côté choeur, il y a concordance. Seule différence, à la place de l’autel, un sarcophage/mausolée recouvert d’un voile évoque l’esprit d’une Marie ou Vierge-mère (Notre-Dame du Port) protectrice de la cité. Deuxième constatation : côté extérieur, il y a concordance en ce qui concerne l’abside mais à condition de comprendre que le sculpteur n’a représenté que les trois fenêtres centrales, les deux autres fenêtres latérales étant probablement closes ou non visibles (voir croquis ci-dessus).

Troisième opération : nous nous reportons au texte de Sidoïne Apollinaire qui nous décrit, dans les années 450 (?), les bains d’Avitacum (Gergovie/Le Crest). Nous identifions les bains froids au monument à hautes fenêtres cintrées que Guillaume Revel a représenté sur son dessin. Il s’agit d’un bâtiment semblable à celui d’Autun dit "temple de Janus" que je considère pour ma part comme un établissement de bains à l’usage du voyageur. Nous situons les bains chauds dans le chœur de l’église. Nous en déduisons que lorsque Sidoïne Apollinaire nous fait cette description, l’église du Crest est un établissement de bains et que ce n’est qu’ensuite qu’elle a été transformée en église "mariale", sous le règne de l’empereur Avitus beau-père de Sidoïne... ou après ?

Quatrième opération : Sidoïne Apollinaire écrit qu’on pouvait aller directement des bains chauds à une piscine extérieure, en passant par les trois ouvertures voûtée (les trois fenêtres centrales, la quatrième et la cinquième étant probablement closes comme je l’ai dit précédemment). Il précise que les colonnes (qui encadraient ces ouvertures) n’étaient pas de simples piliers mais des colonnes que les architectes des grands monuments appellent "purpuras". Je traduis cet adjectif par "rendues très belles par la sculpture" autrement dit "colonnes à chapiteaux sculptés". Le plus important de ces chapiteaux représente les trois manifestations de Dieu de la mythologie antique : le soleil, la lune et le dieu inconnu de Platon. Or Platon vivait au IV ème siècle avant J.C. Il n’y a rien de chrétien dans le temple/église de Gergovie mais uniquement du druidisme gaulois dans sa signification la plus symbolique et la plus émouvante. Voyez la feuille de chêne.

Cinquième opération : A partir de la description que Sidoïne Apollinaire nous a fait de son établissement de bains, nous remontons encore plus loin dans le temps jusqu’à imaginer le temple grec des origines, temple delphique, jusqu’à imaginer sous la surface du sol la piscine de Sidoïne, en réalité un baptisterion de style grec, aujourd’hui comblé.

Les Gaulois de Gergovie sont descendus, nus, dans l’eau lustrale, pour se purifier de leurs fautes, comme dans le chaudron mystique des origines, sous le regard des six lions divins qui crachaient sur eux le symbole de la pureté terrestre (voir le texte de Sidoïne). Ensuite, ils sont entrés dans l’adyton par les trois ouvertures voûtées, pour y recevoir à la fois la guérison spirituelle et la guérison physique au contact de l’eau miraculeuse qu’une canalisation de plomb faisait descendre de la montagne sacrée. Ils ont soumis les devins au feu de leurs questions. Ils ont reçu l’oracle de la pythie. Puis, ils sont passés dans le Mégaron pour y déposer leurs offrandes ou leurs ex-voto, et pour honorer Déméter, la déesse-mère entourée des dieux.

Conclusion : les Français sont un des peuples qui ont le plus contribué à extraire du sol l’histoire des autres... et le plus aveugle à comprendre la sienne. Du fait de mon ancienne profession, j’ai été amené à connaître de nombreuses techniques de lavage, de manipulation et de conditionnement des cerveaux. J’avoue que cet aveuglement qui se nourrit encore aujourd’hui de lui-même est le plus impressionnant et le plus étonnant que j’aie jamais étudié.


E. Mourey

http://www.bibracte.com

Cet article est un extrait très résumé et condensé d’un chapitre de mon "Histoire de Gergovie"

La description de Sidoïne Apollinaire se trouve dans "Lettres, II, II, II".


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47 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 11:22

    toujours aussi passionnant , cher émile .Nos ancêtres les gaulois sont aussi méconnus que les aztèques et les mayas et il y a beaucoup à faire pour améliorer nos connaissances . Les celtes étaient un grand peuple , mais dommage qu’il ne nous ont pas laissé d’écritures . les mérovingiens et carolingiens sont aussi très mals connus.... d’accord avec toi qu’il y a un gisement d’emplois dans notre patrimoine à exploiter et à préserver !


    • Emile Mourey Emile Mourey 20 février 2007 11:59

      @ Le Chat

      Merci ! Au début, j’avais peur qu’Agoravox ne me fasse pas confiance, surtout que certains lecteurs ne se sont pas cachés pour dire qu’ils allaient faire pression sur le comité de rédaction pour m’interdire de publication. Maintenant, avec la publication de cet article où je crois avoir tapé assez fort, j’ai toutes les raisons d’être rassuré.

      On va voir la suite. Pour le moment, les responsables archéologiques et culturels ne se sont pas manifestés. Ils laissent quelques fantassins mener quelques combats retardateurs en espérant que mon offensive s’embourbe. Si Agoravox ne me lâche pas, je compte poursuivre cette offensive et rallier - non pas à moi, car ce n’est pas une question de personne - mais à cette nouvelle vision des origines de notre histoire tous ceux qui veulent bien réfléchir, archéologues, historiens, et autres.


    • (---.---.30.109) 20 février 2007 12:16

      encore une vision méssianique du bon colonel !


    • Anténor (---.---.42.94) 20 février 2007 13:35

      @ Demian West

      Si le croquis de Guillaume Revel était une représentation standard réutilisable, l’église serait au centre du bourg ou au moins dans l’enceinte.


    • Anténor (---.---.42.94) 20 février 2007 14:04

      D.West

      Le fait est que sur le dessin de Revel ( article : elle court Gergovie), il n’y a rien qui ressemble à une église à l’interieur du bourg. Je vois très mal un modèle de représentation de village sans église à l’époque médiévale.

      Le dessin montre un village avec une église excentrée, le Crest a une église excentrée. Vous n’allez quand même pas me dire qu’il y avait aussi des représentations standards pour village à église excentrée !


    • roumi (---.---.74.206) 20 février 2007 18:01

      oh on a vus plus fort dans les théories de l’art et là c’est officiel ;http://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Damisch

      donc la théorie de monsieur Mourey me vas aussi .

      continuez ; vous me faites rever avec vos émotions


    • Milla 20 février 2007 22:17

      @ Emile Mourey,

      c’est extraordinaire, je vous félicite parce que sincèrement voilà de quoi s’enrichir...

      la culture oui Monsieur Mourey... j’allais faire un article sur ce thème, je ne le ferais pas et encore BRAVO... Milla smiley smiley


    • Antenor (---.---.64.196) 20 février 2007 11:59

      Il est indéniable que les chapiteaux de l’église du Crest montrés dans l’article ont quelquechose de Latènien.


      • Emile Mourey Emile Mourey 20 février 2007 12:31

        @ Antenor

        Savez-vous que lorsque j’ai demandé « avec insistance » à visiter l’intérieur de cette église dans les années 80 on me disait qu’il ne s’y trouvait rien d’intéressant et que les décorations y étaient très pauvres !!! Vous imaginez ce que j’ai pu ressentir en découvrant ces chapiteaux. La sculpture représentant le soleil est très usée comme si des milliers de mains l’avaient touchée (comme les pierres rondes dans les marabouts d’Algérie avec lesquels les musulmans se purifient avant de faire leur prière). Heureusement, comme le chapiteau n’était pas très haut, j’ai pu l’examiner de très près. Le sculpteur a, très naïvement mais d’une façon assez expressive, donné avec les cheveux et la barbe, l’illusion d’un soleil en pleine course.


      • Emile Mourey Emile Mourey 20 février 2007 13:00

        En outre, l’idée de faire sortir des lianes de la bouche du reflet du soleil et de la lune évoque sans aucun doute les demiurges de Platon qui créent la nature au nom du dieu des idées, lequel reste inconnu. C’est pourquoi le sculpteur a laissé l’espace central vide. Toutes ces lianes stylisées évoquent bien la végétation d’un fond de lac qu’un courant traverse en l’agitant, phénomène que les pêcheurs de rivière connaissent bien. Les grandes feuilles qui donnent l’illusion d’être les mains dressées des demiurges sont peut-être des feuilles de nénuphars que le courant tire en les déformant.


      • La mouche du coche La mouche du coche 20 février 2007 13:24

        Heu Demian, tu n’as pas à faire à répondre aux commentateurs sous ton article là ? smiley Plutôt que venir ici nous donner ton avis éclairé. smiley

        Ils t’attendent... smiley


      • Anténor (---.---.42.94) 20 février 2007 13:41

        Cette stylisation végétalo-anthropomorphique est typique de la culture de La Tène.


      • Emile Mourey Emile Mourey 20 février 2007 13:56

        @ Antenor

        Nous sommes tout à fait d’accord et cela montre bien l’influence que Gergovie a eu pour l’expansion de cet art sur le monde laténien.


      • pierrot (---.---.141.25) 20 février 2007 19:37

        Entièrement d’accord avec Demian. ça tourne au délire mystique. Navré !


      • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 14:45

        cher emile ,pour tes archives , voici ce que j’ai trouvé sur nos ancêtres du calaisis

        Des silex taillés ou polis des tombes d’hommes primitifs trouvés sur les hauteurs du Calaisis montrent que cette partie du continent fût habitée dès les temps préhistoriques. L’origine du nom de Calais est toutefois des plus obscures. Certains la font dériver du celtique KAL ou du saxon KEEL, signifiant « embouchure ». Suivant d’autres, (et c’est la version la plus probable car Calais est appelée « Caletum » sur une ancienne carte), les « Calètes » ou « CAUCHOIS », venus, selon les commentaires de César, aider les Morins (habitants des Mers ou des marais) à s’opposer à l’invasion romaine, se seraient établis sur ce point peu peuplé, y fondèrent une colonie à laquelle ils donnèrent leur nom ; celui-ci se transforma graduellement pour devenir CALAIS

        bien à toi


        • Marsupilami Marsupilami 20 février 2007 14:57

          @ Le Chat

          Pour un félin, tu es assez Calais en Histoire. On a retrouvé des ossements de souris et d’oiseaux dans ce coin ? Des fossiles de croquettes ?

          A part ça j’aime bien les articles d’Emile. Il me fait rêver, vu que je ne suis pas un spécialiste dans ce genre de trucs, même si je suis assez sceptique vis-à-vis de ses naïves lectures littéralistes de la Bible en particulier et des symboles en général. Et le rêve, c’est sacré... Et il a un côté dérangeur de vérités officielles qui me plaît bien. Ce monde manque de rebelles, qu’ils aient raison ou tort.


        • LE CHAT LE CHAT 20 février 2007 15:24

          @marsu

          exactement , et les cats sont des vrais rebels ! les articles d’emile nous font sortir des sentiers battus, sont vraiment informatifs et comme tu dis et laissent place à notre imagination ...


        • Emile Mourey Emile Mourey 20 février 2007 16:28

          @ Le Chat

          Suivant mon interprétation, la carte de Peutinger situe deux villes calètes, l’une à Harfleur/Graville, l’autre à Boulogne et les Morins à Thérouane avec leur port à Boulogne. Ces peuplades étant voisines, il est tout à fait logique qu’elles se soient alliées pour combattre César. Vue l’étymologie calète du mot Calais, cette histoire de fondation me semble tout à fait plausible.


        • stravos (---.---.132.162) 20 février 2007 17:42

          Selon un de mes frères connaisseur en Alchimie, il n’est pas rare de voir des demeures des 16em et 17em siècles comportant des figures alchimiques. Mais plus personne ou presque ne sait à quoi ces figures font référence... Je tiens aussi à vous préciser que nous n’avons pas encore réussi, mon frère et moi, à percer le mystère de la transmutation du plomb en or. Le Grand Oeuvre se laisse désirer ! Mais puisque nous ne cherchons rien d’autre que « l’or du temps », nous sommes déjà millionnaires en espérances... N’est-ce pas là d’ailleurs l’essentiel ? Plus que but du voyage, c’est le voyage lui-même qu’il faut chérir... Et j’ajouterais pour ma part que les chemins de traverse valent mieux que les chemins officiels. Il suffit parfois de sauter une haie pour faire mentir cette parole de P. Valery, qui veut que tous les chemins aient été parcourus et que nous autres, pauvres humains des temps modernes, soyons entrés dans l’ère du monde fini. Bref, l’école buissonière nous ramène aux temps bénis de Marco Polo, où la planète ressemblait à un corps de femme encore largement inexploré...


          • (---.---.30.109) 20 février 2007 17:57

            est-ce de la poésie ou de la littérature ? en tout cas il n’y a rien de scientifique dans ce que dit stavros ! tranmuter du plomb en or est faisable et a été fait par des méthodes scientifiques seulement cela revient beaucoup plus cher que de l’acheter sur le marché mondial !!! les méthodes dites alchimiques sont plus que dépassées et bonnes pour quelques fumistes ésotériques !!!!!!!


          • pierrot (---.---.141.25) 20 février 2007 19:34

            Fulcanelli : le Retour.

            On est vraiment « mal barre ».


          • stravos (---.---.132.162) 21 février 2007 08:38

            Je vois qu’il est effectivement plus difficile de faire sourire une pierre que de transmuer l’or en plomb ! Mais je continue mes recherches...


          • stravos (---.---.132.162) 21 février 2007 08:42

            Une coquille dans mon billet alchimique : il faut lire « plus que le but » et non « plus que but ».


          • La mouche du coche La mouche du coche 21 février 2007 08:57

            Stravos,

            ton commentaire est bien écrit et très drôle, et nous l’avons bien compris tel que tu l’as écrit. smiley


          • Consternant (---.---.25.74) 21 février 2007 02:45

            Consternant article encore une fois... mélangeant mégalomanie (je suis le seul à avoir trouvé, lalala, de part mon ancien métier...) paranoïa (mes méchants ennemis veulent m’empêcher de dire la vérité au monde), et de délires mystiques (détournement de Sidoine Appollinaire et « interprétation » café du commerce anti-culture des chapiteaux...).

            Venant de l’auteur, il nous a habitué à sa médiocrité intellectuelle, et on se dit, bon, après tout, tant pis pour lui, qu’il reste dans ses rêves crasseux.

            C’est plus inquiétant de voir certaines réactions, comme le Chat ou Marsupilami ou Milla, qui en gros affirment que pourvu que ca soit du rêve beau et contestataire, on prend. C’est même triste... volontairement abandonner son esprit critique, pour suivre grégairement un illuminé...

            Quand à Anténor, toujours complaisant et tendant la perche à l’auteur, il semble soit être un avatar ou un pote de celui-ci, soit un « idiot utile » comme disait Lénine, en tout cas cela défit le sens commun.

            Il y a quand même matière à rêver avec la vérité sans être obligé de se « shooter » au mensonge exaltant ! Le mensonge et la nullité culturelle ne devraient pas embrumer d’autres neurones que ceux de l’auteur.

            Finalement, ce genre d’article a tout à fait sa place sur agoravox et doit figurer à côté des discours politiques, il démontre, à son corps défendant, que l’important en manipulation mentale n’est pas de dire n’importe quoi, mais c’est de le dire de façon constante et intransigeante. Et finalement, les lecteurs seront persuadés du bien fondé de l’auteur non pas en raison de ses arguments, mais en raison de son charisme. On est dans un schéma incantatoire préhistorique. Et c’est vraiment consternant.


            • La mouche du coche (---.---.240.241) 21 février 2007 08:23

              Les arguments du commentaire de Consternant sont consternants. smiley


            • Emile Mourey Emile Mourey 21 février 2007 10:33

              @ la Mouche

              Merci pour votre soutien.


            • La mouche du coche (---.---.240.241) 21 février 2007 08:27

              Calme-toi Demian, ce n’est pas parce que tu fais pour la première fois un commentaire en rapport avec le sujet de l’article que l’on doit te répondre aussi sec. smiley


            • stravos (---.---.132.162) 21 février 2007 08:59

              Sans doute l’a t-il trouvé chez Pseudo Stavros l’Ancien, un auteur Byzantin. Mais pourquoi lui intimer l’ordre de répondre ? L’indifférence est une vertu aristocratique, et je connais moult personne qui gagnerait à la cultiver... Montherlant, grand Romain parmi les Gaulois, prétend avoir fait de l’indifférence sa passion. Je reste sceptique, mais il n’empéche que c’est un chemin des plus prometteurs pour la paix des âmes. A bon entendeur donc...


            • la mouche qui louche (---.---.146.34) 21 février 2007 10:11

              Cher Demian : le purpura est aussi un signe clinique de mauvaise augure en médecine...


            • Emile Mourey Emile Mourey 21 février 2007 10:23

              @ Demian West

              D’abord, reconnaissez que je ne cherche pas à tromper le lecteur puisque je laisse bien entendre que ma traduction du mot « purpuras » m’est personnelle.

              Ensuite, vous me parlez de méthode. Il me semble qu’un ancien militaire est tout aussi habilité qu’un professeur d’université à comprendre les batailles et le langage de César et même la façon de s’exprimer des auteurs antiques. En ce qui me concerne, cela serait bien triste si je n’avais rien retenu de ma formation et du temps où j’étais instructeur des candidats officiers de réserve à l’Ecole d’Etat-Major (méthode de raisonnement tactique, stratégie etc).

              Ensuite, vous me parlez du dictionnaire Gaffiot bien connu des latinistes. Loin de moi l’idée de critiquer M. Gaffiot. S’il avait fallu qu’il passe tout le temps que j’ai passé pour approfondir le sens de certains mots, sa vie n’aurait pas suffi. Oui, il m’est arrivé plusieurs fois de corriger le Gaffiot.

              Pour en arriver maintenant au mot « purpuras », voici la phrase de Sidoïne : Nec pilae sunt mediae sed columnae, quae architecti peritiores aedificiorum purpuras nuncupavere. Phrase que je traduis littéralement ainsi : les piliers qui sont au milieu ne sont pas seulement des piliers mais des colonnes que les architectes les plus expérimentés des monuments appellent « purpuras ». Dans le contexte de la phrase, ce qui, dans un monument digne de ce nom, est différent d’un simple pilier, ce ne peut être qu’une colonne sculptée donc à chapiteau sculpté.

              Deuxièmement, cherchez l’origine du mot purpuras. Bien sûr, cela fait penser au mot pourpre, d’où rouge pourpre, d’où pierre rouge pourpre, d’où porphyre d’Egypte. Mais la signification du mot « phéniciens », n’est-il pas « ceux qui amènent la pourpre », c’est-à-dire cette étonnante et très belle couleur qu’on tire de certains coquillages que l’on écrase ? Ceci dit, je pourrais tout aussi bien vous proposer une autre traduction « colonnes phéniciennes » ce qui signifierait que pour Sidoïne, ce serait les Phéniciens qui auraient apporté en Gaule ce type de colonnes sculptées.

              Eh oui, Monsieur Demian, en recherche historique, rien n’est simple.


            • Emile Mourey (---.---.184.186) 21 février 2007 15:21

              @ Demian West

              Premièrement : vous m’attribuez une interprétation du mot « forêt » que je n’ai jamais faite. C’est une calomnie. Je vous prie de bien vouloir vous excuser.

              Deuxièmement : vous m’accusez de supputations. J’attire seulement votre attention sur le fait que le rapprochement du mot phénicien avec la pourpre a été étudié par le professeur Sabatino Moscati de l’université de Rome, savant reconnu.

              Troisièmement : la connaissance n’avance que si on est capable de se remettre en question. Lorsque César décrit les murs gaulois en disant que les pierres étaient « coagmentis », si vous restez avec la traduction de Constans « pierres encastrées », vous condamnez tous les archéologues qui pensent avoir trouvé des murs gaulois cimentés au mortier de chaux et vous limitez forcément la recherche archéologique. Mais si vous traduisez par « cimentées », alors tout change. Il n’est pas nécessaire de connaître le latin pour trancher dans le sens « cimentées ».

              Il en est de même pour le mot « purpuras ».


            • chantecler (---.---.146.34) 21 février 2007 09:06

              Merci l’Emile ! Vous m’apportez beaucoup avec vos articles...Ca me change les idées...


              • chantecler (---.---.146.34) 21 février 2007 09:55

                @ Emile Mourey : ce que je veux dire c’est que j’aime en vous le passionné...

                J’aime beaucoup l’archéologie :il y a quelques années j’ai participé par hasard à des fouilles à Brouage, ville de l’ancienne Ligue Hanséatique:le but était de se procurer des échantillons des fondations en chène de ce site : leurs dispositions sont verticales et horizontales et ont supporté le poids des énormes murailles de ce lieu fortifié :

                A l’époque le sel avait une valeur énorme, comme l’essence aujourd’hui...Et puis ce lieu était « stratégique »

                Bref, il s’agissait en analysant les coupes de ces fûts de chène d’en rechercher l’origine et d’étudier, à travers les strates, les variations climatiques de l’époque, c’est à dire 100 ans avant la création de Brouage....

                Il en était de même de l’analyse des pierres...

                J’ai écouté les commentaires passionnés des organisateurs qui m’ont appris beaucoup sur une période et une organisation que j’ignorais...

                J’espère qu’un jour je pourrais me relancer dans de telles recherches...

                En attendant, je me concentre sur la musique : , j’écoute Ibéria, d’Albéniz, par A. de Larrocha...

                J’ai bien aimé l’article de Gilbert Spagnolo sur les topinambours et ses souvenirs...

                Amitiés.


              • Emile Mourey Emile Mourey 21 février 2007 10:34

                @ Chantecler

                Merci et bonne continuation.


              • Anténor (---.---.13.236) 21 février 2007 10:08

                Consternant, J’ai lu un des bouquins d’E.Mourey et si j’avais jugé que c’est de l’arnaque et malgré le fait que je sois idiot, je serais le premier à mettre en garde les lecteurs d’Agoravox.

                On peut parfaitement être opposé à sa vision de l’histoire et peut être à raison. Mais dire que c’est du délire, c’est un peu léger comme argumentation.


                • Emile Mourey Emile Mourey 21 février 2007 10:36

                  @ Anténor

                  Merci d’avoir lu un de mes ouvrages et merci pour votre témoignage face à des insinuations malveillantes.


                • chti (---.---.61.65) 21 février 2007 13:28

                  purpura est un terme médical qui désigne une peau couverte de taches rouges de différentes origines(rumatismale,vasculaire..). Je viens de relire Gombrich il décrit l’opposition du beau et du laid dans l’histoire de l’art.Pour lui l’art n’évolue pas vraiment jusqu’à l’apparition de la photographie et du cinéma. Le monde aussi a évolué avec l’apparition de la mécanisation.Mais avant il a été immuable dans l’agriculture, dans le batiment et l’industrie telle que nous la consevons n’existais pas. Pouvons nous diviser le temps en différentes époques si la façon de couper le blé était la même, si la façon de batir était la même, si la façon de se déplacer était la même. En lisant Gombrich on s’apercoit que l’art est plus une rupture, dans la représentation, entre des temps donnés qu’un réel progrés. L’histoire n’est pas immuable mais plutot le résultat d’à coup. IL ne faut pas citer des auteurs si on ne les comprend pas.

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