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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le Temps qui passe » lie Elsa Zylberstein à Vincent Perez

« Le Temps qui passe » lie Elsa Zylberstein à Vincent Perez

Entre mémoire exacerbée et recherche du père, une auteure Karine Silla-Pérez projette sa quête identitaire dans l’écriture autobiographique de sa première pièce de théâtre en imaginant la rencontre de deux êtres fragilisés par le mal de vivre.

Celui-ci et celle-là vont tenter de remonter le temps à contre-courant d’une anxiété diffuse qui les rend sur scène, à la fois fébriles, maladroits et néanmoins plein de compassion respective l’un envers l’autre.

Lui, c’est Vincent Pérez, dans la vie le mari de l’auteure, et présentement le metteur en scène opportun du duo qu’il partage, ainsi, avec Elsa Zylberstein sur les planches des Mathurins.

Ni réellement psychanalyste, ni vraiment détective, c’est plutôt en confident de circonstances que le comédien aborde son rôle en cherchant davantage à le positionner en arrière-plan existentiel d'une scénographie qui devrait amener sa partenaire à déplacer peu à peu son angoisse de la vacuité vers le trop plein d’amour…

Cependant en se privant du regard distancié et professionnellement expérimenté d’un metteur en scène extérieur à ce jeu de famille, l’acteur se dédouble en réalisateur-interprète effacé mais quelque peu aveugle au désarroi implicite de la comédienne, contrainte à surcompenser le fil dramaturgique.

Comme en déséquilibre perpétuel, l’actrice avance dans sa progressive reconnaissance de l’autre, qu’elle soit figure paternelle sublimée ou image de l’amoureux transi, sans un réel tutorat qui, en quelque sorte, lui permettrait de laisser libre cours à l’expression artistique de sa panique intérieure.

Des derniers rangs de l’orchestre, la vue panoramique sur le plateau délibérément nu avec en visibilité ostentatoire tout le matériel d’incendie et de sécurité électrique, met inconsciemment les deux partenaires en situation d’urgences et de premier secours sans qu’il soit possible de les extraire, même dans l’imaginaire du spectateur, de ce huis clos déstabilisant.

Si, en happy end, la quête du père semblerait se résoudre favorablement dans la passion amoureuse, la démarche autobiographique parait, de son côté, vouloir se convaincre des vertus de l’oubli improbable du déficit originel.

photo © Theothea.com 

LE TEMPS QUI PASSE - **.. Theothea.com - de Karine Silla-Perez - mise en scène : Vincent Perez - avec Elsa Zylberstein & Vincent Perez - Théâtre des Mathurins

 


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4 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 25 mars 2011 13:00

    « Le temps qui passe », quelles que soient les qualités des acteurs et du texte, c’est effectivement un plateau désespérément nu. Un parti pris de plus en plus insupportable et dont la justification principale (ne pas nuire au texte) ne tient pas. RAS-LE-BOL !!!


    • Theothea.com Theothea.com 25 mars 2011 13:31

      A Fergus,

      Comme vous indiquez dans votre profil que vous vivez à Rennes, je suppose que votre désapprobation du «  plateau désespérément nu  » s’est forgé à partir d’un extrait télévisé.

      Vous précisez que l’intention serait de ne pas nuire au texte. Pourriez-vous expliquer pourquoi ce partis-pris vous parait insupportable, «  quelque soient les qualités des acteurs et du texte  » ?

      Cordialement

      JM / Theothea.com


      • Fergus Fergus 25 mars 2011 19:21

        Bonjour,

        Je n’ai pas vu de bande-annonce de cette pièce mais simplement lu votre article et la critique du Canard Enchaîné.

        Des pièces, j’en vois 5 ou 6 par an, notamment à Paris, ce qui sera encore le cas la semaine prochaine.

        Je supporte de moins en moins l’absence ou la quasi absence de décors, même lorsque la pièce est superbe et parfiatement interprétée, ce qui a été le cas de « Des souris et des hommes » à laquelle j’ai consacré un article en décembre.

        Malgré les jeux de miroir, « La Parisienne » m’a également déçu sur ce plan, de même que « Paroles et guérison » et ses blocs de décor amovibles.

        Des décors en revanche, il y en avait pour « L’éventail de Lady Windermere », « Pygmalion » ou « Baby Doll », preuve que cela ne peut nuire à un texte de qualité, ni Oscar Wilde, ni George-Bernard Shaw ni Tennessee Williams ayant été trahis par ces décors.

        La théâtre, c’est un spectacle constitué d’un texte, d’acteurs, d’une mise en scène, de décors et de costumes. Certes, on peut réduire les décors, parfois pour des raisons de budget ou de scène (ex : « L’illusion Comique » par la troupe de Marion Bierry) mais on recourt désormais trop souvent à ce m’apparaît comme une mode stupide.

        Weber a dit un jour, lui aussi, que le théâtre était un spectacle complet avec tous les ingrédients que j’ai évoqués. Il avait raison, mille fois raisons. Et si le théâtre connaît parfois des moments difficiles, peut-être cette défaillance en est-elle partiellement la cause. C’est du moins ce que j’ai compris des discussions, nombreuses, que j’ai eues avec des amateurs, eux aussi déçus de ce parti-pris.

        Cordiales salutations


      • Theothea.com Theothea.com 25 mars 2011 13:41

        correction :

        s’est forgée

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