A la fois metteur en scène et comédien, Nicolas Briançon cumule les spectacles brillants dus autant à son sens du timing dans la direction d’acteurs qu’à son feeling, particulièrement intuitif.
Longtemps révélation, son statut a désormais évolué vers le fer de lance d’une génération désormais bien ancrée dans le spectacle vivant contemporain.
Pour ce Volpone, l’artiste à double casquette s’est aussi armé d’un compte Twitter dédié, avec l’affiche de la pièce en logo, où il a rendu compte, durant l’été, de la mise en place de sa mise en scène :
Après avoir précisé qu’il avait bien du mal à apprendre son texte malgré ou peut-être à cause du plaisir que lui procuraient « ces quinze jours déserts à Paris », le réalisateur commençait à égrener le compte à rebours qui le séparait de la première, tout en lançant un appel aux réservations.
« La Madeleine… Le seul théâtre décapotable de Paris » informait-il à la mi-août » preuve à l’appui d’une photo montrant une verrière ovale ouverte sur le ciel en chaleur…
Quelques clichés online des répétions et du décor plus tard, voici qu’arrivait ce fameux 12 septembre : « Bon ben là... On peut plus reculer : Première de Volpone ce soir !!! C'est parti ! Venez !!! »
Parmi les premiers commentaires, on pouvait lire : « Le changement c' est d'aller enfin voir une bonne pièce de théâtre : Volpone » alors que lui-même dupliquait le titre d’un quotidien national : « Volpone, une pièce en or ».
Maintenant que les critiques élogieuses commençaient à se succéder, le metteur en scène relevait néanmoins, avec le sourire moqueur, « un déficit de subtilité » stigmatisée par l’une d’entre elles.
Passant directement à un « Il est chouette ce site : theatremadeleine.com », l’artiste reprenait alors plus que jamais sa double casquette en citant quasi quotidiennement chacun des liens renvoyant, au fur et à mesure, vers l’ensemble des critiques publiées en ligne :
Roland Bertin y est encensé, Anne Charrier louée, Yves Gasc et Philippe Laudenbach re-connus, tous célébrés à juste titre autour d’un acteur-metteur en scène hors pair.
Aussi, en ce 1er octobre, Nicolas Briançon poursuit toujours sa quête perspicace qui, a priori, pourrait s’apparenter à une simple revue de presse associée au dossier éponyme mais qui, au-delà, correspond davantage à une interactivité entre l’artiste et son public avec nécessairement des retombées permanentes sur le geste créatif.
Ainsi, que deviendra son « Volpone » à Noël 2012 ?
Bien entendu, toujours le même calé dans les rails posés cet été mais aussi, en raison de son « feeling intuitif » à l’écoute des gazouillis du monde, Nicolas Briançon saura renouveler ce qui en fait sa force intrinsèque proposée sur « La nouvelle seconde scène » de Jean-Claude Camus, à savoir :
Un cynisme à la fois poli et souriant à pleines dents jusqu’aux délices de la Tragi-Comédie.
photo © Bernard Richebé
VOLPONE - ***. Theothea.com - de Ben Jonson - mise en scène : Nicolas Briançon - avec Roland Bertin, Nicolas Briançon, Anne Charrier, Philippe Laudenbach, Grégoire Bonnet, Pascal Elso, Barbara Probst, Matthias van Khache & Yves Gasc - Théâtre de La Madeleine

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