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Leçon de théâtre et de ténèbres

Leçon de théâtre et de ténèbres, Rester vivant sur Baudelaire...

Leçon de théâtre et de ténèbres, La splendide actrice. n°4 ; quatrième spectacle d'une série huit, de Yves-Noël Genod, avec Simon Espalieu, Odile Heimburger, Yuika Hokama, Anna Perrin, Marlène Saldana, Gaël Sall, Rémi Studer, Antoine Truchi Lumière : Philippe Gladieux, Gildas Gouget

Théâtre du Point du Jour Lyon 5ème

Leçon de théâtre et de ténèbres est une série. On ne saura jamais bien ce qui est sérié. Il eut fallu tout voir, c'est-à-dire en fait, être présent à chaque numéro de la série. Numéro certes, cependant ce n'est pas le cirque. Sérieuse série. Un m'a échappé, de ceux que j'aurais pu voir, le n°5, pour cause d'attentats.

Apparemment, la série s'achève, voire est achevée.

Chez Yves-Noël Genod, l'accueil du public est un rituel avec variations. Petit prix (5 euros). Pas de réservation. Flûte de champagne. Feuilles A3 comme un journal non agrafé sur le spectacle. Des photos. Un bac avec les anciens numéros, pour ceux qui veulent... Yves-Noël Genod est là, offre une flûte de Champagne et demande, individuellement à chacun s'il a peur du noir. Il veut dire de l'obscurité... Ah non non non ! C'est plus que de l'obscurité. Alors, il faut dire : « Avez-vous peur d'être dans le noir ? Parce qu'il y en a quatre, moments de noir. » C'était pour La splendide actrice. Pour Rester vivant, la situation est pire, le public est dans le noir presque tout le temps. Personne n'a peur. Ou alors, on aime avoir peur ; comme au grand huit.

Beaucoup de choses « qui ne se font pas ».

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Photo Orélien Péréol

Leçon de théâtre et de ténèbres, Rester vivant. L'épilogue.

Un anti-spectacle ? A priori, il n'y a rien à voir. Après une entrée dans la lumière, faible lumière, Yves-Noël Genod vient nous redire qu'il fallait ne pas avoir peur du noir et aussi le respecter, ne pas le chahuter avec nos portables, qui doivent être éteints ou des montres pour ceux qui ont des montres qui brillent dans la nuit. Puis, l'obscurité prend l'espace. Chacun se met dans un état d'esprit idoine. L'animation se fait au son. Arrivent des textes, de Baudelaire le plus souvent. Dans des hauts-parleurs. Avec la voix d'Yves-Noël Genod retravaillée grave et caverneuse L'espace se recrée. Le plus souvent la voix est frontale. Le niveau sonore change. Il y a des hésitations, des raclements de gorge, des reprises, des bifurcations. Les diérèses, les oublier, revenir en arrière, les prononcer. Quelquefois. On n'est pas comme à la radio. Les textes ne sont pas entiers, surtout pour les plus connus. La rue assourdissante autour de moi hurlait n'y est pas. Au détour d'un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux y est bien, en entier ou presque. Dans le temple de la Nature, Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants... (...) et d'autres corrompus, riches et triomphants, ayant l'expansion des choses infinies. Ça, on l'entend beaucoup. Des éléments rythmiques, on pourrait dire, nous surprennent, parfois très fort. Des éléments sonores ou visuels. Avec une belle surprise à la fin, la femme et l'homme, bien vivants, totalité du monde.

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Où l’on entend Tchekhov nous dire ce qu’est écrire

La splendide actrice travaille sur La mouette de Tchekhov.

Des personnages très individualisés et qui vont ensemble cependant. Comme un chœur disparate. Un grand guerrier nu, jambes et épaules protégées, façon Don Quichotte ou guerrier des Sabines, ce tableau où les femmes tendent leurs bébés entre les belligérants pour faire cesser la bataille. Un guerrier comme une essence de guerrier, viril et vulnérable. Un vrai guerrier à faire peur, un vrai guerrier de théâtre.

Ce chœur a une vie de lenteurs et de silence, mâtinée de quelques chansons et quelques danses, vide et pleine de tristesse et de mélancolie. Chez Tchekhov, les gens discourent de rien et de tout, ils font salon, ils évoluent dans une indifférence froide et cruelle qui tâche de se prendre pour une mondanité, comme il se doit. On les voit se regrouper, s'éloigner les uns des autres, ce chœur vibre comme un soufflet de bandonéon...

La pluie, énergie du dehors tombe plusieurs fois.

La splendide actrice vient faire la rupture. Elle nous donne, avec quelques morceaux de texte, la quintessence de cette mouette qui porte le deuil de sa vie.


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2 réactions à cet article    


  • alberto alberto 30 décembre 2015 14:53

    Oui, ça doit être bien !

    Une Musique pourrait accompagner : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le%C3%A7ons_de_T%C3%A9n%C3%A8bres


    • La mouche du coche La mouche du coche 30 décembre 2015 18:36

      Pour se rendre interessants, les acteurs se présentent nus sur la scène, c’est juste ridicule.

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