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Les actrices du cinéma italien

Que serait le cinéma italien sans elles ? Par leur beauté, leur présence, leur charme, elles ont illuminé la pellicule et participé au rayonnement du 7e Art.

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Que serait le cinéma sans les actrices ? Certaines par leur beauté, leur présence, leur charme ont illuminé la pellicule de films, parfois quelconques, mais dont nous nous souvenons grâce à elles. Leur importance est donc capitale et les merveilleuses actrices qui ont illustré le 7e Art de la Péninsule, en participant activement à son rayonnement, sont là pour nous le confirmer. Commençons par la grande aînée, Anna Magnani qui, par son magnétisme, son tempérament volcanique, contribua au succès d’un grand nombre de chefs-d’œuvre. Née à Rome en 1908, elle débuta au cinéma en 1934, après avoir fait du théâtre et du cabaret, dans un film muet L’Aveugle de Sorrente. Mais le film qui la révélera sera Teresa Venerdi de son grand ami Vittorio De Sica en 1941, où elle a l’occasion de donner libre cours à sa nature explosive. Avec Rome, ville ouverte de Rossellini en 1945, elle émeut le monde entier en criant derrière le véhicule nazi qui emporte son fiancé : Alfredo ! Alfredo ! avant de tomber sous les balles ennemies. Anna Magnai, sans être belle, était - à la manière de Simone Signoret - une gueule, une actrice à part qui crevait l’écran par sa présence et sa force. Sa filmographie est impressionnante. Des metteurs en scène étrangers firent appel à elle, ainsi Renoir en 1952 pour Le Carrosse d’or, Autant-Lara, Sidney Lumet, George Cukor et elle tourna avec les plus grands maîtres du cinéma italien : De Sica, Rossellini, Camerini, Rossi, Visconti, Pasolini, Monicelli. Elle mourut à Rome le 26 septembre 1973.

Gina Lollobrigida, née en 1927, est un monument du 7e Art. Elle débuta sa carrière par un concours de beauté avant de travailler avec de nombreux cinéastes de toutes nationalités dont René Clair pour Belles de nuit et Christian-Jaque pour Fanfan la Tulipe, où elle eut les deux fois Gérard Philipe pour partenaire. Elle fut également l’inoubliable Esméralda de Jean Delannoy dans Notre-Dame de Paris (1956) et la belle Italienne des faubourgs dans Pain, amour et fantaisie et Pain, amour et jalousie de Comencini. Elle tourna, par ailleurs, avec King Vidor, John Sturges, Robert Mulligan et Frank Tashlin et s’honore d’une filmographie abondante et internationale, où ses formes généreuses, son tempérament, son talent de comédienne firent sa renommée. Très aimée du public, son seul nom servait à la promotion d’un film. Elle se consacra également avec succès à la photographie et s’impliqua même, un moment, dans la politique. Sa dernière apparition sur le grand écran date de 1995 pour un hommage à Agnès Varda Les Cent et Une Nuits, au côté du regretté Marcello Mastroianni qu’elle avait eu, quarante ans plus tôt, pour partenaire dans La Loi de Jules Dassin.

Sophia Loren, de son vrai nom Scicolone, bien que née à Rome en 1934, est d’origine napolitaine. Elle passa toute sa jeunesse à Naples et se fit remarquer lors du concours de Miss Italie (comme Lollobrigida) en 1950. Après avoir posé pour des romans-photos, elle est embauchée comme figurante dans Quo Vadis en 1951. En 1952, dans La Traite des blanches de Comencini, sa silhouette et sa classe attirent l’attention de Carlo Ponti, son futur époux, aussi s’empresse-t-elle de gravir les échelons de la notoriété. En 1954, Vittorio De Sica lui taille un personnage sur mesure dans L’Or de Naples, si bien que devenue star en peu de temps, elle ne cesse d’enchaîner film sur film. Ce seront La Ciociara (1960) de De Sica, Orgueil et passion de Stanley Kramer, Mariage à l’italienne (1964) toujours de De Sica, Une journée particulière d’Ettore Scola. Elle apparaîtra dans six films de De Sica et sera la partenaire privilégiée de Marcello Mastroianni. Sophia Loren eut l’intelligence de pas asseoir sa réputation sur ses seuls atouts physiques qui étaient grands, mais de travailler sa voix et de tirer le meilleur parti de son tempérament et de sa personnalité. Elle eut pour metteurs en scène quelques-uns des plus grands, dont De Sica, bien sûr, Scola, mais également Dino Risi, Rossi, Lattuada, Cukor, Monicelli et même Charlie Chaplin dans La Comtesse de Hong Kong. Son dernier film date de 1996 : Soleil avec Roger Hanin.

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Silvana Mangano, née à Rome en 1930, fut l’épouse du producteur Dino De Laurentiis (dont elle eut quatre enfants) et l’inoubliable interprète de Riz amer de Giuseppe de Santis en 1949 qui la fit remarquer. Dotée d’un physique superbe, elle enchaîne ensuite les rôles de sauvageonne qui conviennent à son style de beauté et sait utiliser ses talents de danseuse. Anna en 1953 d’Alberto Lattuada confirme sa notoriété. Son numéro de chant et de danse au début du film compte parmi les morceaux d’anthologie du cinéma. Elle tournera ensuite en péplum dans Ulysse (1954) et Barrabas (1962). Mais exigeante et toujours en quête d’œuvres de qualité, elle se produira peu et n’acceptera que les rôles proposés par des amis comme Viconti et Pasolini. Ainsi la voit-on successivement dans Mort à Venise (1971), Ludwig ou le crépuscule des dieux (1972) et Violence et passion (1974) de Visconti, ainsi que dans Oedipe roi (1967) et Le Décaméron (1970) de Pasolini. Après sa séparation d’avec Dino De Laurentiis, elle quitte Hollywood pour l’Europe. Elle joue encore dans Dune (1984) de David Lynch et dans Les Yeux noirs (1987) de Mikahlkov. Elle meurt d’un cancer à Madrid en 1989.

Alida Altenburger, née en Yougoslavie en 1921, change son nom en celui d’Alida Valli lors de son second film Il feroce Saladino de Mario Bonnard. Elle se spécialise ensuite dans les comédies et mélodrames italiens de l’ère fasciste, aussi le néoréalisme de l’après-guerre la boude-t-il parce qu’elle représente le cinéma de l’ancien régime. Elle débute alors une seconde carrière à Hollywood et tourne pour Hitchcock et Irving Pichel avant de regagner l’Italie et de participer à des productions franco-italiennes comme Les Miracles n’arrivent qu’une fois (1950) d’Yves Allégret et Barrage contre le Pacifique de René Clément. En 1954, Visconti lui offre son plus beau rôle dans Senso, où elle apparaît admirable de beauté et de passion. Par la suite, elle ne tournera plus que des rôles secondaires, dont un dans La Chair de l’orchidée (1974) de Patrice Chéreau. Elle meurt à Rome le 22 avril 2006.

Monica Vitti est née en 1933 à Rome et a partagé un temps la vie du metteur en scène Michelangelo Antonioni pour lequel elle tourne L’Avventura en 1960. Cette interprétation remarquée lui permet d’accéder au rang des plus grandes actrices italiennes et de poursuivre avec son compagnon sa collaboration dans des films comme L’Eclipse (1961) et Le Désert rouge (1964). Les films suivants, tournés avec d’autres cinéastes, ne lui apportent pas le même bonheur. Elle apparaît dans Château en Suède de Roger Vadim, Les Quatre Vérités d’Alessandro Blasetti, puis s’oriente vers la comédie. Elle obtient un grand succès auprès de Mastroianni dans Dramma della gelosia d’Ettore Scola. Autre film marquant : Fantôme de la liberté de Luis Bunuel en 1974. Elle poursuit en parallèle une carrière au théâtre et est devenue réalisatrice avec un premier film Scandalo secreto (1990), dont elle est également l’interprète. A obtenu le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise en 1995.

Stéfania Sandrelli, née en 1946, commence à se faire remarquer comme modèle et attire ainsi les cinéastes en quête de nouveaux visages. Après avoir débuté dans Gioventu di notte (1961) de Mario Sequi, aux côtés de Samy Frey, elle décroche dans la foulée l’un des rôles principaux dans Divorce à l’italienne de Pietro Germi. Actrice très demandée en France, elle tourne notamment sous la direction de Jean Becker dans Tendre voyou en 1966 et d’Alain Corneau dans Police python en 1975. En Italie, Antonio Pietrangeli lui permet d’élargir son jeu avec Je le connaissais bien (1965) où elle incarne une femme victime de la société de consommation, tandis que Germi lui confie des rôles plus matures dans Beaucoup trop pour un seul homme (1967) et Alfredo Alfredo (1972). Son talent, tout en nuances, l’autorise à jouer pour les plus grands : ainsi Bertolucci dans Partner (1968), Comencini dans Le Grand Embouteillage (1978), Ettore Scola dans Nous nous sommes tant aimés (1974) et La Terrasse (1979). Actrice éclectique, elle peut aussi bien et, avec une égale conviction, apparaître en femme bafouée dans La Famille (1986) de Scola qu’en épouse sulfureuse dans La Clé (1983) de Tinto Brass. A 60 ans, sa filmographie est riche de 89 longs métrages. Il lui est arrivée de tourner jusqu’à quatre films par an. Elle fut couronnée du Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise.

Claudia Cardinale. Gémini Films Claudia Cardinale et Marcello Mastroianni. Action Cinémas / Théâtre du Temple

Claudia Cardinale est née à Tunis en 1939. Elue la plus belle Italienne de sa ville natale, elle gagne un voyage à Venise où plusieurs producteurs la remarquent. Elle tourne quelques comédies avant de se lier par contrat au producteur Francesco de la Vidès qui lance la belle jeune femme à la voix rauque en lui obtenant le rôle de Ginetta dans Le Pigeon (1958) de Monicelli. La suite sera époustouflante : Rocco et ses frères de Visconti, Cartouche de Philippe de Broca, Huit et demi de Fellini, Le Guépard de Visconti qui officialisera sa consécration internationale et où elle apparaît éclatante sous les traits de la Sicilienne Angélina auprès de Burt Lancaster et d’Alain Delon. Suivront Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone (1968), Les Pétroleuses de Christian-Jaque avec Brigitte Bardot, Un homme amoureux de Diane Kurys (1986), Le Ruffian de José Giovanni avec Lino Ventura (1982), La Storia de Comencini (1986), Mayrig d’Henri Verneuil aux côtés d’Omar Sharif (1991). Sans oublier ses apparitions à la télévision dont Noso di cane (1986) de Pasquale Squitieri, son second mari. L’actrice se partage désormais entre la France et l’Italie et manque rarement d’éclairer de sa présence le Festival du film américain de Deauville. Elle reçut en 1993, le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la Mostra de Venise et en 2002 un hommage au Festival de Berlin. Très populaire dans notre pays, elle compte certainement parmi les actrices les plus appréciées des cinéphiles français.


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51 réactions à cet article    


  • maxim maxim 11 août 2008 13:14

    les belles Italiennes ,......

    dans le Fanfaron de Dino Rizzi ,il y en a de superbes ,pas connues comme les stars que vous présentez....( elle sont universellement reconnues pour leur beauté ...) 

    celles des seconds rôles ....

    mais ,la serveuse d’un restaurant ,la tante de Jean Louis Trintignant dans son rôle d’étudiant coincé ..

    la belle inconnue rencontrée un soir sur un quai de gare ,celle rencontrée dans le dancing ...

    toutes mystérieuses, sensuelles comme ces belle brunes de la péninsule ,le charme de ces filles qui font semblant de ne pas croire à ce qu’elles dégagent ,alors qu’elle savent en jouer ....

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