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Les Apaches

Spectacle vu à la MC 93 à Bobigny.

Mise en scène, décor et costumes : Macha Makeïeff.
Chorégraphie : Thomas Stache.
 
Avec : Braulio Bandeira, Philippe Borecek, Romuald Bruneau, Noëlie Giraud, Robert Horn, Hervé Lassïnce, Canaan Marguerite, Aurélien Mussard.

Pour commencer, laissons Macha Makeïeff nous expliquer les références qui ont présidé à la création de cet étonnant spectacle :

"Le style apache est né après la Première Guerre mondiale, en référence aux Apaches, voyous très jeunes, ultraviolents, qui eux sont apparus autour des années 1900. Être apache c'était à la fois un mode de rupture revendiqué, un style vestimentaire, une sorte de dandysme de la rue et du crime. Ces vrais apaches disparus du paysage, les artistes des années 20 qu'ils avaient fascinés les réinventent, les subliment, dans la littérature, au cinéma et au music-hall où les numéros apaches se multiplient."

 

Dans un décor de toute beauté, représentant un théâtre Nickelodéon un peu délabré et d'une infinie poésie, ce sont en effet deux tableaux qui se succèdent.
 

Le premier met en scène les véritables apaches, comme dans Casque d'Or, à travers une galerie de personnages allant du voyou à la prostituée, dont les rapports sont plus qu'ombrageux. J'ai été au départ un peu déstabilisée par ce début de spectacle, par son absence de narration au sens classique du terme et par la violence gratuite des protagonistes, omniprésente comme elle l'était sans doute dans la réalité, mais que j'ai néanmoins toujours un peu de mal à supporter.
 
Malheureusement, la photo ne rend que très médiocrement l'atmosphère du spectacle.

 

Le second tableau laisse la part belle à la re-création de ces apaches à travers le Music-Hall. Nous sommes au cabaret, au cinéma (muet !), pour finir sur un transatlantique en route pour le rêve américain. Les personnages s'humanisent, se font plus sensibles, plus touchants. Ce sont cette fois des artistes, tantôt virtuoses, tantôt patauds et bien souvent les deux à la fois. Le spectateur est alors emporté dans un festival mené tambour battant par des comédiens qui deviennent tout à la fois musiciens, chanteurs, magiciens, travestis dans l'esprit de Joséphine Baker, acrobates, ventriloques, danseurs de claquettes, héros du cinéma muet... Ils semblent en mouvement à chaque seconde ! Apparaissent un Raspoutine d'opérette qui joue de l'accordéon (mais qui fait peur quand même), un canard, un vrai, très sage dans une petite brouette poussée à vive allure, de faux jumeaux en perpétuelle rivalité... C'est une explosion, un ravissement, jusqu'au final grandiose avec une danse des masques.

Les références à notre époque actuelle, sans doute pas si éloignée dans l'évocation des bandes de jeunes ultraviolentes et dans les relations entre les arts et la rue, sont aussi drôles que fines : "Hip, hop, hip, hop..." se disent deux acrobates en pleine action, on nous parle des fameux "frères Mario", etc.

Macha Makeïeff évoque avec tendresse et avec une rare maestria la condition d'artiste. Elle nous offre un merveilleux cabinet de curiosité bien vivant.

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