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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Les Bienveillantes » de J . Littell ne finira jamais d’être (...)

« Les Bienveillantes » de J . Littell ne finira jamais d’être relu

La mémoire mise au travail et le roman de J. Littell

Il est possible que ce roman, les Bienveillantes , soit un des premiers grands livres du XXI ème siècle : un livre hors norme de 900 pages compactes. C’est un livre trés difficile à lire. Même si le lecteur s’accorde du temps et du courage il en sortira fourbu , exténué, interloqué et perplexe. En changeant de siècle et de nouvelle économie psychique , en passant de la névrose à la perversion, on est passé de l’ ère de la victime à l’ ère du bourreau. Le récit, dense, aride parfois, pourrait engendrer, une fois encore, la fascination pour la barbarie. En transposant dans son roman l’immense documentation qui existe sur cette époque, J. Littell suscite l’envie de savoir, le désir d’ Histoire, la volonté de comprendre l’une des pages les plus complexes et les plus prégnantes du siècle passé. Les lecteurs pensent trouver ce qu’ils cherchent dans Les Bienveillantes, car J. Littell revendique un implacable et irréprochable réalisme historique. Si l’ Histoire est convoquée, c’est la magie de l’écriture qui opère. Le lecteur qui voudra en savoir plus devra se mettre au travail. Il faudra du temps pour apprécier cette oeuvre.

Le roman inclassable de Jonathan Littell est le récit, pour faire littérature, d’un homme pas trés ordinaire, Maximillien Aue ( personnage fictif et narrateur ) . Son roman familial infiltre ses réflexions, ses attitudes et actions criminelles. Il est amoureux de sa soeur jumelle, Una, et homosexuel dans ses choix. L’image d’un homme torturé s’installe dans l’esprit du lecteur. Intelligent, cultivé, esthète, obstiné, il sera un officier supérieur de la SS qui aura bien de la chance malgré les situations les plus graves et les plus terribles de sa vie. Un juriste nazi courageux et pédant qui écrit des rapports inutiles à la chaine, omniprésent sur les chantiers de la mort . Ce thanatologue participera au judéocide européen , sans que ses paroles traduisent un antisémitisme haineux , présent lors des tueries massives en Ukraine , en Russie, en Hongrie.


La parole de Max Aue est une parole vraie qui peut révéler ses propres abîmes. Il laisse à ceux qui l’entendent, la tâche impossible d’une interprétation. Le roman de Littell ne livre pas à ses lecteurs le « pourquoi » de l’holocauste. Claude Lanzmann nous mettait en garde contre les exercices académiques qui promettent une explication de la Shoah. Ces abstractions, en effet, n’ont souvent réussi qu’à émousser ou à travestir l’événement oblitérant la réalité sans parvenir à clarifier quoi que ce soit. On ne fouille pas aisément la psyché des exécuteurs ( qui, d’ailleurs, ne parlent pas) . Lanzmann lance cet ultime avertissement en citant Primo Levi qui, détenu à Auschwitz, entendit un garde S.S. proférer « Hier ist kein Warum  »). Le regard de Max Aue est plus énigmatique et engendre un malaise.

J. Littell écrit en français , en imitant cette langue du III ème Reich, mais sans la connaissance intime de la langue allemande, que l’ensemble des judaïsmes de la Mitteleuropa avaient tous placée en position de langue supposée du savoir

( Wissenschaft - Judentumswissenshaft ) . Le texte est avant tout un objet littéraire. C’est d’abord un travail d’écrivain. L’habillage historique est quasiment sans faille, saturé par la masse documentaire . L’histoire personnelle subjective de Max Aue, est fragmentée, dispersée à travers tout le livre. C’est le moteur du roman, branché directement sur l’inconscient de l’auteur et celui du lecteur. Les faits intimes sont contradictoires, changeants , rêvés , fantasmés, hallucinés, refoulés.

Ce roman est comme une tentative d’approche du Réel lacanien . La notion de «  réel » a souvent été employée pour expliquer l’impossibilité d’expliquer . C’est un lieu symbolique où jamais aucun humain n’a, n’a eu, ni n’aura accès. C’est l’endroit où se trouvent archivés à foison tous les outils nécessaires à l’exercice de l’art. C’est la demeure des trois grands « A ». L’Art, l’Autre et l’Amour. On y trouve en nombre infini, toutes les lettres nécessaires à l’écriture d’un roman... Plus vous en utilisez, plus il y en a ! .

Antivolt


Les réactions les plus appréciées

  • Pallaké (---.---.---.105) 15 janvier 2007 15:37
    Pallaké

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi certaines personnes partent sur le principe qu’ils ne liront pas un livre ou n’iront pas voir un film et qui d’après ce qu’ils en ont entendu ou lu se permettent de juger. A mon sens qu’on ne lise pas les bienveillantes par exemple est un choix mais alors qu’on ne commente pas ce livre. Une personne comme Serge Klarsfeld que cette histoire touche au plus haut point a eu la décence de déclarer qu’il ne lirait pas ce livre et que par conséquent il ne le commenterait pas. Concernant le roman en lui-même, je trouve cela dommage qu’on se focalise sur l’aspect bourreau au travail, le personnage n’est pas en charge directe des massacres et quand il lui arrive d’y assister on ne peut pas dire que cela le réjouit. L’antisémitisme qu’il avance est celui d’un homme de sa position. Et quand à sa « pervertion », je trouve cela navrant de voir des personnes parler de « pervert déséquilibré paranoiaque » alors que le personnage est rongé par un amour impossible et en devient homosexuel par fidélité. Bref, certes le sujet est polémique mais il y a déjà eu des ouvrages sur le sujet (La mort est mon métier, les mémoires des criminels nazis...), l’antisémitisme de Céline n’empêche pas d’en faire un géni reconnu alors que là seul le personnage est antisémite (et c’est normal vu sa position), non tous les critiques devraient au moins s’accorder sur le point que c’est un roman extraordinnaire racontant un homme atypique dans un contexte extraordinnaire.

  • (---.---.---.108) 15 janvier 2007 14:52

    Pouvez-vous m’expliquer sur quelles bases vous avez pris la décision de ne pas lire le livre ? des commentaires dans la presse ? des recommendations d’amis ? autres ?

  • Antivolt (---.---.---.44) 16 janvier 2007 11:12

    Christian Ingrao ( Agrégé et docteur en histoire, directeur adjoint de l’Institut d’histoire du temps présent, maître de conférences à Sciences-Po) « Il est parfaitement légitime que la fiction s’empare d’un sujet pareil. Elle le fait avec ses forces et ses faiblesses. Ses forces : elle fait passer les sensations, les affects, les jeux mémoriels, elle transmet une expérience, quand le livre de l’historien, lui, reste analytique. La faiblesse de Jonathan Littell est malgré tout de rater l’émotion nazie, moteur du passage à l’acte. « J’ai fait ma thèse exactement sur le même sujet, ces intellectuels nazis du service de renseignements SS, qui ont pris les armes, ont tué des femmes, des enfants. Ce qui fait passer ces hommes à l’acte, c’est l’angoisse et la haine. C’est aussi la ferveur, l’utopie, dans laquelle l’extermination des Juifs est la condition sine qua non pour la germanisation des territoires occupés : ils pensent : « C’est eux ou nous » ; ils pensent aussi : « Il faut les tuer pour créer notre rêve. » Cette ferveur, qu’on sent dans les moments d’effondrement des stratégies de défense, au cours des instructions et des procès des responsables nazis, on ne la voit malheureusement jamais dans les Bienveillantes . Jonathan Littell a vraiment très bien travaillé, même s’il y a des sources qu’il n’a pas consultées. Il a réussi la vie intime de son personnage, pas l’émotion collective. « J’ai cependant une vraie sympathie pour ce roman. Je ne suis pas d’accord avec l’argument du voyeurisme. Le voyeurisme est un concept précis, il s’agit d’une perversion. C’est une étiquette-arme utilisée pour invalider sans discussion le livre. Mais ce n’est pas ce qui se passe avec les Bienveillantes. Il y a plutôt un phénomène de sidération. Je connais ce type de réactions. J’ai les mêmes lorsque je fais un exposé en public : les gens sont silencieux, ils viennent me dire qu’ils sont très intéressés, mais ils ne posent pas de questions. Une sorte de béance (maxillaire).

    Denis Peschanski ( historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, directeur de recherches au CNRS) . s’ ’interroge sur la signification du succès du roman « Les Bienveillantes » , qui a commencé bien avant l’attribution du prix de l’Académie française et du Goncourt. S’agit-il du temps long d’une fascination récurrente pour la barbarie ? S’agit-il du temps long d’une passion française pour la Seconde Guerre mondiale ? Ou bien ce livre et son succès sont-ils révélateurs d’un changement de registre mémoriel ? « Pour aller au plus simple, au lendemain de la guerre, c’était le moment du résistant ; dans les années 80, on est passé dans l’ère de la victime. Et depuis deux ou trois ans on voit d’un côté une concurrence des victimes, avec une multiplication des porteurs de mémoire au nom de la victimisation, et, de l’autre, une certaine saturation de l’opinion. Ce qui fait qu’on peut se demander si le succès de cet ouvrage, au-delà de tout jugement sur sa qualité littéraire, n’ouvre pas un autre registre mémoriel. Entre-t-on dans l’ère du bourreau ? Assiste-t-on à une diversification des genres : on parle de la victime, mais aussi du bourreau, du spectateur ? Ou bien est-ce une clôture sur une autre figure, la figure du bourreau ? Quoi qu’il en soit, je ne suis pas convaincu qu’on ait beaucoup à gagner en sacralisant certains événements et en interdisant certaines formes d’expression sur ces événements, en l’occurrence la Shoah. »

    Bruno Blanckeman, professeur de littérature française à l’université de Rennes II, est l’auteur des Fictions singulières (Prétexte Editeur) et codirecteur du Roman français au tournant du XXIe siècle (Presses Sorbonne nouvelle). « Je suis à la fois admiratif devant la gageure ­ l’auteur a assimilé une matière historique énorme ­, et gêné, car ce roman est très académique. « Jonathan Littell s’inscrit dans le champ de la fiction d’aujourd’hui. J’y retrouve cette préoccupation d’un tournant de siècle : on s’approprie les archives les plus fortes du siècle achevé. A partir de la fin des années 80, on voit beaucoup de romans qui tournent autour des deux guerres. Je mets à part Patrick Modiano, qui a accompagné le retour du refoulé. Régulièrement, des auteurs s’intéressent à la Seconde Guerre mondiale (Lydie Salvayre, Marc Lambron...) ou à la Première (Alice Ferney, Philippe Claudel...). Cela correspond à une volonté de relire l’Histoire, ou de la piller, je ne sais pas ; c’est peut-être une réévaluation de la question éthique.« Je remarque aussi que la figure du monstre resurgit, que l’on montre dans sa proximité. Voyez l’Adversaire, d’Emmanuel Carrère. Je m’explique mal le succès des Bienveillantes . Il y a sans doute une attirance pour ces problématiques-là, le monstre proche, une Histoire qu’on croyait canonique et qu’on traverse par le biais d’un destin unique. Il y a peut-être également une lassitude vis-à-vis des oeuvres hyperminimalistes. « Dans les débats qui ont entouré la sortie du livre, il me semble que Claude Lanzmann a posé une bonne question : qu’est-ce qu’on va retenir de ce livre ? Il sera intéressant de connaître la composition du lectorat. Quelle tranche d’âge se sent concernée ? »

  • Arturo Bandito (---.---.---.91) 16 janvier 2007 09:16
    Arturo Bandito

    Je suis toujours attristé quand j’entends quelqu’un dire qu’il ne lira pas « Les Bienveillantes ». Les raisons de ce refus sont rarement bien-fondées d’ailleurs mais basées sur des articles vite lues, des discussions télévisées entraperçues.

    L’absolu nécessité de lire ce roman en plus des ouvrages de référence de Browning, Hilberg et autres est justement de vous plonger dans le cerveau de ce nazi. Car ne nous y trompons pas même si Aue n’est pas un antisémite fanatique, il est antisémite, raciste et profondément épris intellectuellement de culture fasciste.

    Chaque page que va finir le lecteur aura été une lutte contre l’envie de voir son « héros » réussir : une mission, sa carrière, sa vie sentimentale, etc.

    Le mérite (énorme) de Littell est là : vous rappeler que la vie est chaque jour un arbitrage entre morale et satisfaction personnelle. Combien renonceraient à leurs avantages matériels et aux honneurs si notre système devenait totalitaire, génocidaire ? Chaque jour nous faisons des compromis avec une morale supérieure. Littell nous rappelle que d’autres l’ont fait avant nous et sont devenus les plus grands criminels de l’histoire de l’humanité.


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40 réactions à cet article

  • Radnor (---.---.---.91) 15 janvier 2007 13:46

    Mouais

    J’ai lu le bouquin de bout en bout et je pense que l’aspect « vie privée » du « Doktor Auwe » est totalement superflu.

    On finirait presque par croire que, in fine, pour être un « allgemeine SS » il faut avoir de sérieux problèmes psychologiques.

    Cet aspect du livre le déforce considérablement et je pense que si la description de sa vie avait été plus standard ( avec une femme et des enfants aimés ) le propos aurait été plus percutant dans le style « monstre au boulot ange à la maison ».

    D’après ce qu’on sait des nazis il semblerait que la plupart étaient de bon pères et époux attentionnés tout en exterminant avec zêle et sans le moindre remord les personnes « indésirables ».

    Bref, si quelqu’un connait J. Littell il devrait lui suggérer amicalement de réécrire la partie vie privée du « Doktor » dans une version 2.0 du livre.

    • Antivolt (---.---.---.45) 15 janvier 2007 16:08

      Le Mal est-il un effet de la perversion ou celui de la gratuité ? Beaucoup de commentateurs ( Michel Terestchenko , Alain Finkielkraut ) sont mal à la l’aise devant la gratuité de certains discours, de certaines actions de Max Aue.

    • Antivolt (---.---.---.46) 15 janvier 2007 21:01

      « On oublie que la force de la littérature tient au caractère exceptionnel de ses personnages. Elle aborde l’Histoire par la bande et se sont souvent des marginaux ou des pervers comme Vautrin ou Bardamu qui offrent le mieux accés à la réalité d’une époque. Peut-être même que seul un personnage atypique idéaliste, disent certains, pourrait faire office de passerelle entre nous , lecteurs humanistes du XXIe siècle et eux les nazis. » Paroles des auteurs de « l’écriture génocidaire » citées par Nathalie Crom de Télérama dans l’émission « Répliques » de France Culture.Vautrin , Bardamu, Max Aue ?

    • Pallaké (---.---.---.219) 16 janvier 2007 09:35
      Pallaké

      « J’ai lu le bouquin de bout en bout et je pense que l’aspect »vie privée« du »Doktor Auwe« est totalement superflu. »

      C’est un roman !!!!! Le personnage a le droit d’avoir une vie privée ! Sinon des ouvrages historiques expliquant les rouages du système SS, il en existe des vrais (sans histoire de fesses ni rien juré !).

    • Antivolt (---.---.---.47) 16 janvier 2007 19:09

      « Les Bienveillantes » n’est pas un livre qu’on peut « aimer » , qu’on emporterait sur un île déserte ou que l’on rangerait précieusement au cœur de la bibliothèque. Mais j’avoue l’avoir lu 3 fois - 2 fois en prenant des notes - avec les mêmes émotions , mais sans la fascination morbide que certains ont dénoncée. Je n’ai pas ressenti le malaise dont parlent Alain Finkielkraut et Michel Teretschenko et d’autres. Je ne déplore pas la rareté de l’humour ( il y en a , mais il faut chercher) : c’est un livre sérieux , qui prend l’Histoire au sérieux. J’ai ressenti le puissant souffle narratif , je me suis représenté des descriptions très belles et d’autres pornographiques ( je parle ici de l’obscénité de la mort) , j’ai apprécié les personnages romanesques , les faire valoir , les interlocuteurs de Max Aue. Je ne me suis pas identifié à lui et je n’ai pas ressenti de la sympathie pour lui. Mais l’émotion passe , avec douleur avec tristesse. La marionnette de Littell , on a envie de la suivre jusqu’au bout et voir ce qui lui arrive ( son corps vivant est malmené , troué, malade et son esprit n’est pas épargné ) On est captivé par ce qu’il fait , ce qu’il devrait faire. On est dans un gigantesque fantasme ( et non pas un canular comme déjà dit, ailleurs).On peut voir le roman comme le dernier rapport de Max Aue , avec ses aspects ennuyeux et ses éclairs de génie. Il y a un travail sur les mots , les signifiants , les signifiés , les significations , les signes. Il y a un travail sur les pulsions : pulsion scopique (il voit et ne voit pas ) , pulsion auditive, la faim , la soif , l’excrétion. Il y a ce qui ne se fait pas , il y a ce que Max ne fait pas, même et surtout dans sa vie intime. Le Réel , le surréel , l’imaginaire , le fantastique, la Mort , la Chance sont convoqués.Les victimes ne sont pas oubliées et leurs souffrances sont décrites comme jamais ailleurs elles n’avaient été écrites. Ce n’est pas un docu-drama , c’est vraiment un livre hors norme. Personnellement j’ai été « soufflé » par l’écriture , la documentation historique , la « présentification » de la Shoah , le surmenage démentiel des bourreaux, la folie raisonnante bureaucratique . Quant à l’aspect psychologique j’ai été frappé par l’effet de moiré ( ces interférences visibles dans les rideaux ) créé par la superposition de la structure fictive de Max Aue et la structure psychique supposée de Jonathan Littell. Le résultat est un peu étrange avec des accrocs dans la narration ( ralentissements , accélérations ) , dans les démonstrations etc... J’ai même noté un passage où Littell parle, avec la terminologie actuelle, des trous noirs chers à J.P Luminet , anachronisme dont je me fous complètement ( comme des anglicismes , belgicismes etc... dénoncés dans les « Malveillantes » de Paul Eric Blanrue ). Je n’avais rien lu d’aussi impressionnant , dans le domaine du roman, depuis 20 ans.

  • pingouin perplexe (---.---.---.53) 15 janvier 2007 13:52

    Votre propos est intéressant, pour parler d’un roman que beaucoup, dont je fais partie, décideront de ne pas lire. Comment apprécier un roman dans lequel le « lasciate ogni speranza » s’inscrirait en lettres de plomb, et non comme allégorie, invitant à penser au delà, et par delà. L’expression « hier ist kein warum » présente de curieuses similitudes avec un propos de Silésius concernant le « sans pourquoi ». En littérature, d’aussi tragiques déplacements ne sont malheureusement pas rares. Voir, par exemple, le très beau Lied wom Kindsein de Peter Handke, et les options qui se sont avérées être les siennes. Il me semble clair que la nouvelle économie psychique à laquelle vous faites référence, qui procéderait du primat de la jouissance, aurait probablement pour corrélat de dissiper la vigueur critique à l’encontre de la barbarie. Comment réagir ? : dire basta en ce qui concerne les productions glauques. Comme quoi... il serait peut être bien plus vivant de placer son économie libidinale sous le primat du désir. Quoi ? Pas évident à vivre en des temps d’argent roi, sujets plus ou moins « homeless », déterritorialisés et ce que l’on voudra ? Ce que j’aime bien, je vous le dit tout net : ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, et que l’on peut bien préférer à une littérature qui...« laisse à désirer ». Bref, les histoires, sans romans (parce que la littérature capte tout de même pas mal de névroses), entre un homme et une femme qui se plaisent, ça c’est le pied ! smiley

    • (---.---.---.108) 15 janvier 2007 14:52

      Pouvez-vous m’expliquer sur quelles bases vous avez pris la décision de ne pas lire le livre ? des commentaires dans la presse ? des recommendations d’amis ? autres ?

    • Antivolt (---.---.---.45) 15 janvier 2007 15:57

      Raconter le mal, est-ce l’exorciser ou en prolonger l’existence ? Je crois que beaucoup de lecteurs potentiels craignent de revenir de cette lecture non pas meilleurs mais pires.

    • zen (---.---.---.38) 15 janvier 2007 17:12
      ZEN

      @ Pingouin

      Bonjour

      Je n’ai pas bien saisi tout le sens de ton commmentaire. Je ne suis pas lacanien...Pour ma part, après un moment de réticence, aprés avoir relu certaine pages de A.Arendt, m’être longtemps attardé sur le retour introspectif du héros au début du livre, sur lequel je suis souvent revenu, j’ai plutôt eu tendance à voir dans le récit un exorcisme (un peu comme une dans une tragédie grecque). Même si l’insistance sur la sexualité particulière du héros est assez pesante et ne révèle en rien l’« allgemein SS » dont parlait un intervenant.Mais sans recul suffisant, que peut apporter une telle lecture ? je me le demande

    • Antivolt (---.---.---.46) 15 janvier 2007 18:02

      Oui , il y a des choses qu’il faut vivre sans que la vie soit un roman ( ceci est le domaine du fantasme ... qui un rempart contre le Réel et son horreur ).

  • Pallaké (---.---.---.105) 15 janvier 2007 15:37
    Pallaké

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi certaines personnes partent sur le principe qu’ils ne liront pas un livre ou n’iront pas voir un film et qui d’après ce qu’ils en ont entendu ou lu se permettent de juger. A mon sens qu’on ne lise pas les bienveillantes par exemple est un choix mais alors qu’on ne commente pas ce livre. Une personne comme Serge Klarsfeld que cette histoire touche au plus haut point a eu la décence de déclarer qu’il ne lirait pas ce livre et que par conséquent il ne le commenterait pas. Concernant le roman en lui-même, je trouve cela dommage qu’on se focalise sur l’aspect bourreau au travail, le personnage n’est pas en charge directe des massacres et quand il lui arrive d’y assister on ne peut pas dire que cela le réjouit. L’antisémitisme qu’il avance est celui d’un homme de sa position. Et quand à sa « pervertion », je trouve cela navrant de voir des personnes parler de « pervert déséquilibré paranoiaque » alors que le personnage est rongé par un amour impossible et en devient homosexuel par fidélité. Bref, certes le sujet est polémique mais il y a déjà eu des ouvrages sur le sujet (La mort est mon métier, les mémoires des criminels nazis...), l’antisémitisme de Céline n’empêche pas d’en faire un géni reconnu alors que là seul le personnage est antisémite (et c’est normal vu sa position), non tous les critiques devraient au moins s’accorder sur le point que c’est un roman extraordinnaire racontant un homme atypique dans un contexte extraordinnaire.

  • gem (---.---.---.250) 15 janvier 2007 18:44

    Personnellement, j’ai abordé ce livre comme d’habitude : en ouvrant au hasard une page. Je suis tombé sur une scène où les nazis creusent des fosses pour massacrer, et tombent à chaque fois sur des fosses du NKVD. Je ne sais pas quelle était l’intention (rendre compte de faits réels ? effet comique macabre ? exposé des réactions que ça inspire au personnage principal ? insister sur le coté bonnet-blanc-bonnet du communisme et du nazisme ? ), mais j’ai trouvé ça raté : ça ne m’a rien inspirer du tout, ni dégout ni rire, ni reflexion nouvelle. Il ne suffit pas d’exposer des faits réels pour être « vrai ». Le style ne m’a pas plu, la langue approximative et pas spécialement gouteuse (contrairement à celle de Céline, maitre de l’horreur dont on sait qu’il était passé du coté de la « force obscure ») ; et .

    Le « buzz » insiste beaucoup sur la « découverte » qu’on pouvait être nazi massacreur tout en restant « ordinaire » ou « hautement cultivé » : mais pour moi ça n’est pas une découverte, c’est une trivialité. Pour l’instant, je n’ai aucune raison de lire ce roman (et pas plus de raisons de le trouver nul ou sans intérêt, contrairement à d’autres auquels il n’est pas utile de fair de la pub, même négative).

    La meilleure réaction, pour moi, c’est celle que j’ai croisé sur un tract au coin d’une rue, que j’ai lu parce que j’avais déjà lu des choses intellignetes de l’auteur (le titre et l’image étant sans intérêt) :

    http://marc.edouard.nabe.free.fr/etlittellniquaangot.pdf

    • Antivolt (---.---.---.46) 15 janvier 2007 20:46

      A propos du tract de Marc -Edouard Nabe : Les ravages du style célinien, qui passait le message génocidaire comme en contrebande, se sont fait sentir jusque bien après la guerre, bien que bridés par la loi et l’absence de talent, sous la plume de négationnistes comme Paul Rassinier et Roger Garaudy, ou de « rouge-brun » tels que Jean-Edern Hallier et Marc-Edouard Nabe. Et de constater qu’aujourd’hui encore, le discours antisioniste, qui a achevé sa mondialisation, fait des Juifs, comme soixante ans auparavant et pour de tout autres raisons, dans un tout autre contexte, des cibles potentielles, où qu’ils se trouvent dans le monde.

  • Arturo Bandito (---.---.---.91) 16 janvier 2007 09:16
    Arturo Bandito

    Je suis toujours attristé quand j’entends quelqu’un dire qu’il ne lira pas « Les Bienveillantes ». Les raisons de ce refus sont rarement bien-fondées d’ailleurs mais basées sur des articles vite lues, des discussions télévisées entraperçues.

    L’absolu nécessité de lire ce roman en plus des ouvrages de référence de Browning, Hilberg et autres est justement de vous plonger dans le cerveau de ce nazi. Car ne nous y trompons pas même si Aue n’est pas un antisémite fanatique, il est antisémite, raciste et profondément épris intellectuellement de culture fasciste.

    Chaque page que va finir le lecteur aura été une lutte contre l’envie de voir son « héros » réussir : une mission, sa carrière, sa vie sentimentale, etc.

    Le mérite (énorme) de Littell est là : vous rappeler que la vie est chaque jour un arbitrage entre morale et satisfaction personnelle. Combien renonceraient à leurs avantages matériels et aux honneurs si notre système devenait totalitaire, génocidaire ? Chaque jour nous faisons des compromis avec une morale supérieure. Littell nous rappelle que d’autres l’ont fait avant nous et sont devenus les plus grands criminels de l’histoire de l’humanité.

  • Patrick Dussert-Gerber (---.---.---.52) 16 janvier 2007 09:28

    Cet article est remarquable. Plusieurs choses :
     Pour Pallaké qui répond à Pingouin : je suis d’accord sur le fait que l’on n’a pas à critiquer (en bien ou en mal) un livre que l’on n’a pas lu. On se forge son opinion par soi-même, pas par les ouï-dire.
     Ce livre est un livre, rien de plus, et certainement -en-dehors du fond- l’un des plus beaux essais sur la forme depuis une vingtaine d’années. Un vrai livre, un vrai roman. L’écriture est à la fois sensible et extravagante, puissante et le « timing » (le script) parfaitement maîtrisé. Il nous sort d’une littérature simpliste et nombriliste qui nous abreuve depuis un bon bout de temps (d’Angot à Picouly).
     Enfin, pour d’autres commentateurs (Antivolt...), je trouve au contraire que l’on ressort de ce livre avec une force supplémentaire pour lutter contre de telles horreurs. Il permet de ne pas fermer les yeux, de comprendre que cela était comme cela pour ces nazis, « naturel »... c’est une sacré façon de nous renvoyer aux abîmes qui sommeillent au fond de chacun d’entre nous. Raison de plus pour lire Les Bienveillantes.

    • Pallaké (---.---.---.219) 16 janvier 2007 09:59
      Pallaké

      « Ce livre est un livre, rien de plus, et certainement -en-dehors du fond- l’un des plus beaux essais sur la forme depuis une vingtaine d’années. Un vrai livre, un vrai roman. »

      Bravo, enfin un avis raisonnable. Et a tous ceux qui parlent d’une débauche de pervertion... Le nombre des rapports sexuels du personnage se comptent sur les doigts de la main !!! Au contraire, il refusent bon nombre d’aventures par amour et se démarque de ses petits camarades de la SS, souvent dépeind comme de sacrés fétards qui n’en manquent pas une.

    • pingouin perplexe (---.---.---.201) 16 janvier 2007 10:10

      Je ferais ici référence à un autre livre, celui d’E.E.Schmitt « La part de l’autre ». Ce livre constitue à la fois un roman et un essai. Il met en parallèle un excursus historique relatif à Hitler et la montée du nazisme, et une fiction, dans laquelle il est question d’imaginer ce qui se serait produit si Hitler avait été soigné par la psychanalyse. Dans le récit fictif, c’est une rencontre avec Sigmund Freud qui vient changer en mieux l’Histoire du vingtième siècle. A mon avis, il s’agit d’un livre dont la portée humaniste se rapproche particulièrement de l’éthique de la psychanalyse. La cruauté y est clairement présentée comme une maladie qu’il serait question de soigner par la parole analytique. Aussi, les leçons du « malaise dans la Civilisation » et de l’« Au delà du principe de plaisir » y sont présentes, et cela permet d’ajouter à la compréhension des conditions de possibilité de telles barbaries historiques.

      Il convient peut être, de ce fait, de considérer la notion d’une grande Loi, d’un principe, d’une sagesse, dont le caractère consiste à conserver une frontière infranchissable entre les personnes et les choses.

    • armand (---.---.---.218) 16 janvier 2007 10:58
      armand

      Le problème de ce « renvoi aux abîmes », est que beaucoup de lecteurs, j’en ai peur, n’auront pas envie de s’en extirper, tant est grande l’envie inconsciente (et consciente) de beaucoup de lecteurs à s’identifier au héros. Je pense à la citation de d’Annunzio : « Parfois, vraiment, l’homme trouve dans un sincère mépris de lui-même une joie singulière. »

      Pour le reste, j’en conviens, c’est un roman remarquable, à l’écriture classique (ce qui n’est pas une critique) même si les nombreux anglicismes auraient dû tempérer l’ardeur des décerneurs de prix de l’Académie. Je ne vois pas le chef d’oeuvre, cependant, et j’ai peur que l’essentiel de son attrait médiatique réside dans la fascination qu’éprouve le lectorat français (on verra ce que donne la traduction anglaise par les soins de l’auteur) pour le Nazisme, l’Occupation, quand c’est mâtiné de perversions sexuelles (le syndrome « Portier de nuit »). Il y a des appels ici et là à une vision « française » de l’occupant - la présence d’Ernst Jünger, plus apporécié en France que dans son pays, même l’amour frère-soeur mortifère qui fait penser au « Coup de grâce » de Marguerite Yourcenar. Mais je reconnais qu’une bonne part de mes réticences vient de l’envie que j’éprouve de m’identifier aux personnages des romans que je lis : dans ce cas, c’est impossible. Ceci dit, je serais curieux de voir l’accueil des nostalgiques de l’ordre brun, ceux qui ont réservé un triomphe aux « Rêves d’acier » de l’auteur de SF Norman Spinrad, incitant celui-ci à une mea culpa.

      En tout cas, Littell aura eu le mérite de secouer le roman français, perdu dans une stérile dichotomie entre formalisme vide et nombrilisme obsessionnel. Il aura surtout acclimaté au contexte français le « gros » roman historique, depuis longtemps l’apanage des auteurs anglophones ou hispanisants.

      Sur une note de plaisanterie, il serait peut-être temps de concocter un bestseller dont le héros, descendant à son insu de la Vierge Marie, finira officier SS après avoir fait sas classes dans une école de magie... Mais gare à l’ISF !

    • Antivolt (---.---.---.44) 16 janvier 2007 10:59

      Vers 1920 Paul Valéry s’en plaignait déjà. « En France, observait il, une oeuvre s’expose plus à un jugement qu’à la délectation ». Du côté des défenseurs de l’écrivain, « La revue des deux mondes » fait de l’« Après Littell » le thème de son numéro de décembre 2006, « dans un pays comme la France où l’Histoire s’est toujours racontée dans l’espace littéraire ». « Et si Littell avait marqué là un point décisif ? Non par on ne sait quelle victoire du roman sur l’Histoire, mais au contraire par un processus esthétique d’harmonisation des deux ? », s’interroge son rédacteur en chef, Michel Crépu.

      Conclusion sur « Les Bienveillantes » de la revue « L’Histoire », qui orchestre traditionnellement le débat historique en France : « Ce livre est insoutenable mais captivant. Il faut le mettre entre toutes les mains ».

    • Antivolt (---.---.---.44) 16 janvier 2007 11:12

      Christian Ingrao ( Agrégé et docteur en histoire, directeur adjoint de l’Institut d’histoire du temps présent, maître de conférences à Sciences-Po) « Il est parfaitement légitime que la fiction s’empare d’un sujet pareil. Elle le fait avec ses forces et ses faiblesses. Ses forces : elle fait passer les sensations, les affects, les jeux mémoriels, elle transmet une expérience, quand le livre de l’historien, lui, reste analytique. La faiblesse de Jonathan Littell est malgré tout de rater l’émotion nazie, moteur du passage à l’acte. « J’ai fait ma thèse exactement sur le même sujet, ces intellectuels nazis du service de renseignements SS, qui ont pris les armes, ont tué des femmes, des enfants. Ce qui fait passer ces hommes à l’acte, c’est l’angoisse et la haine. C’est aussi la ferveur, l’utopie, dans laquelle l’extermination des Juifs est la condition sine qua non pour la germanisation des territoires occupés : ils pensent : « C’est eux ou nous » ; ils pensent aussi : « Il faut les tuer pour créer notre rêve. » Cette ferveur, qu’on sent dans les moments d’effondrement des stratégies de défense, au cours des instructions et des procès des responsables nazis, on ne la voit malheureusement jamais dans les Bienveillantes . Jonathan Littell a vraiment très bien travaillé, même s’il y a des sources qu’il n’a pas consultées. Il a réussi la vie intime de son personnage, pas l’émotion collective. « J’ai cependant une vraie sympathie pour ce roman. Je ne suis pas d’accord avec l’argument du voyeurisme. Le voyeurisme est un concept précis, il s’agit d’une perversion. C’est une étiquette-arme utilisée pour invalider sans discussion le livre. Mais ce n’est pas ce qui se passe avec les Bienveillantes. Il y a plutôt un phénomène de sidération. Je connais ce type de réactions. J’ai les mêmes lorsque je fais un exposé en public : les gens sont silencieux, ils viennent me dire qu’ils sont très intéressés, mais ils ne posent pas de questions. Une sorte de béance (maxillaire).

      Denis Peschanski ( historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, directeur de recherches au CNRS) . s’ ’interroge sur la signification du succès du roman « Les Bienveillantes » , qui a commencé bien avant l’attribution du prix de l’Académie française et du Goncourt. S’agit-il du temps long d’une fascination récurrente pour la barbarie ? S’agit-il du temps long d’une passion française pour la Seconde Guerre mondiale ? Ou bien ce livre et son succès sont-ils révélateurs d’un changement de registre mémoriel ? « Pour aller au plus simple, au lendemain de la guerre, c’était le moment du résistant ; dans les années 80, on est passé dans l’ère de la victime. Et depuis deux ou trois ans on voit d’un côté une concurrence des victimes, avec une multiplication des porteurs de mémoire au nom de la victimisation, et, de l’autre, une certaine saturation de l’opinion. Ce qui fait qu’on peut se demander si le succès de cet ouvrage, au-delà de tout jugement sur sa qualité littéraire, n’ouvre pas un autre registre mémoriel. Entre-t-on dans l’ère du bourreau ? Assiste-t-on à une diversification des genres : on parle de la victime, mais aussi du bourreau, du spectateur ? Ou bien est-ce une clôture sur une autre figure, la figure du bourreau ? Quoi qu’il en soit, je ne suis pas convaincu qu’on ait beaucoup à gagner en sacralisant certains événements et en interdisant certaines formes d’expression sur ces événements, en l’occurrence la Shoah. »

      Bruno Blanckeman, professeur de littérature française à l’université de Rennes II, est l’auteur des Fictions singulières (Prétexte Editeur) et codirecteur du Roman français au tournant du XXIe siècle (Presses Sorbonne nouvelle). « Je suis à la fois admiratif devant la gageure ­ l’auteur a assimilé une matière historique énorme ­, et gêné, car ce roman est très académique. « Jonathan Littell s’inscrit dans le champ de la fiction d’aujourd’hui. J’y retrouve cette préoccupation d’un tournant de siècle : on s’approprie les archives les plus fortes du siècle achevé. A partir de la fin des années 80, on voit beaucoup de romans qui tournent autour des deux guerres. Je mets à part Patrick Modiano, qui a accompagné le retour du refoulé. Régulièrement, des auteurs s’intéressent à la Seconde Guerre mondiale (Lydie Salvayre, Marc Lambron...) ou à la Première (Alice Ferney, Philippe Claudel...). Cela correspond à une volonté de relire l’Histoire, ou de la piller, je ne sais pas ; c’est peut-être une réévaluation de la question éthique.« Je remarque aussi que la figure du monstre resurgit, que l’on montre dans sa proximité. Voyez l’Adversaire, d’Emmanuel Carrère. Je m’explique mal le succès des Bienveillantes . Il y a sans doute une attirance pour ces problématiques-là, le monstre proche, une Histoire qu’on croyait canonique et qu’on traverse par le biais d’un destin unique. Il y a peut-être également une lassitude vis-à-vis des oeuvres hyperminimalistes. « Dans les débats qui ont entouré la sortie du livre, il me semble que Claude Lanzmann a posé une bonne question : qu’est-ce qu’on va retenir de ce livre ? Il sera intéressant de connaître la composition du lectorat. Quelle tranche d’âge se sent concernée ? »

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