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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les centres éducatifs fermés

Les centres éducatifs fermés

C'est à la vogue...Tout le monde en parle ou presque.

Il suffit qu'une bande de jeunes délinquants défraie la chronique pour qu'un député

vante les mérites des centres fermés.

L'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs n'a pas complètement volé en éclats, des associations comme DEI France et les mouvements enfance jeunesse veillent à éviter qu'on en revienne aux bagnes d'enfants, quelque peu toilettés....

Oui les délinquants doivent être punis mais la justice des mineurs a été fondée pour que la réponse

ne soit pas seulement répressive et qu'elle tienne compte de l'âge des auteurs des délits !

Il ne faut pas non plus confondre, celui ou celle qui a commis un acte violent avec celui ou celle qui est totalement ou partiellement déstructuré.

Le roman de Gayle Forman, journaliste américaine tombe à pic.

« Les cœurs fêlés »

roman de Gayle Forman

Oh ! Editions

220 pages

mars 2011

 

Peut-on se sortir de l'enfermement ?

Quand son père la conduit par « surprise » au centre éducatif fermé de Red Rock, la jeune Brit est désemparée....Pourquoi l'a t-on placée ici ?

Serait -elle folle aux yeux de son père parce qu'elle est punk et différente ?

A t-il peur qu'elle devienne schizophrène comme sa mère ?

En attendant elle est là dans un vrai milieu carcéral dit éducatif où la réalité dépasse la fiction.

On se croirait au 19 ème siècle dans les bagnes pour enfants sauf qu'aujourd'hui les violences physiques ont laissé place aux violences psychologiques.

Cette « école » bien spéciale est là pour briser celles et ceux qui sont différents, les révoltés, les homos...les fugueuses.

Les trois premiers mois de ce « séjour » sont pris en charge par l'assurance santé et si les parents n'ont pas le moyen de payer, leur fille a droit à une guérison miraculeuse !?

Ce que Red Rock veut , c'est que Brit se transforme « en une espèce d'automate obéissant, qui ne s'opposerait jamais à sa belle mère, approuverait tout ce que dit son père, et ne ferait jamais rien de « rebelle », du genre se tendre les cheveux et jouer dans un groupe ».

Rien n'est joué...La solidarité entre les quelques filles qui résistent au système implacable est peut être une planche de salut....

L'histoire est une fiction, certes mais les centres de redressement existent .

Des garçons et des filles sont parfois conduits de force dans des institutions comme celle décrite par l'auteure. Parfois ce sont les parents qui pensent bien faire et parfois c'est la société elle même, c'est à dire ses juges qui décident pour la famille.

Les équipes qui interviennent dans ces centres sont trop souvent là pour punir et mater les élèves et non pour les aider à se reconstruire...

Naturellement, d'autres entités réellement éducatives existent, elles ont une autre finalité.

Jean-François Chalot


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15 réactions à cet article    


  • Raymond SAMUEL paconform 19 août 2011 09:03

    Honte pour les adultes ces Centres fermés, Honte pour Sarkozy et la plupart de ses UMP.

    Honte pour ces adultes pompiers-pyromanes, qui ont transformé en révoltés des nouveaux-nés innocents.
    Ajoutons à ces révoltés les innombrables victimes de l’éducation qui souffrent toute leur vie de handicaps de tous niveaux qui altèrent plus ou moins gravement leur vie, celle de leurs proches, celle de toute la société à travers les troubles des comportements et les coûts sociaux induits.

    La solution ? Respecter les enfants dès leur naissance, dès leur conception.


    • Taverne Taverne 19 août 2011 10:26

      Cette fois je suis en désaccord avec l’auteur. Pour moi, les Centres éducatifs sont une bonne initiative et le prouvent. Ils sont sans doute encore perfectible mais la réalité n’a rien à voir avec cette histoire romancée qui se passe aux Etats-Unis. Ce ne sont ni des maisons de redressement ni des bagnes pour enfants.


      • foufouille foufouille 19 août 2011 13:29

        un bureaucrate, ca aimes les gens identiques
        plus facile a controler


      • CHALOT CHALOT 19 août 2011 11:06

        Ce n’est pas le retour que font les éducateurs, leurs orgas et les associations droits de l’enfant !


        • bretagne 19 août 2011 11:47

          Rapport coût-efficacité de ces centres ? Hummmm ????


          • bretagne 19 août 2011 11:50

            On a bien peur qu’ils ne soient des gouffres financiers qui ne permettent de retirer de la circulation ( si tel est effectivementle cas) que fort peu de délinquants juvéniles 


            • Raymond SAMUEL paconform 19 août 2011 14:09

              Il serait plus utile financièrement (puisque cela semble être une préoccupation dominante) d’éviter que les adultes ne fabriquent des délinquants avec des enfants nés sains.


              • CHALOT CHALOT 19 août 2011 15:39

                Ce n’est pas un hasars si les éducateurs spécialisés de la PJJ et les mouvements droits de l’enfant s’opposent aux centres « éducatifs » fermés !


                • LE CHAT LE CHAT 19 août 2011 15:52

                  Pour les jeunes voyous , rien ne vaut la vie au plein air ! adoptons la solution à la texane !
                  débroussaillage le long des routes , effaçage des tags dans les banlieues etc etc
                  le chain gang , c’est quand même mieux ! les boot camp c’est pas mal aussi , ils mouilleront le maillot plus qu’à voler les sacs à mains des vieilles !


                  • sparte sparte 19 août 2011 17:43

                    Très bon sujet, bien présenté, sans idéologie ... bravo et merci pour ces « jeunes »

                    Chalot vous serez surement intéressé par cette association SEUIL  : Marcher pour s’en sortir : http://www.assoseuil.org/index.html

                    http://www.generation-en-action.com/mag/marcher-pour-s-en-sortir-kzr.html
                    «  » Seuil propose une démarche inédite de prise en charge des adolescents en grande difficulté par la marche à pied. Pour ces jeunes, travailleurs sociaux et magistrats font le pari, en accord avec les familles, d’une rupture : soit 3 mois et 2 000 kms de marche avec un accompagnant, qui, sans être nécessairement un travailleur social a un rôle éducatif «  »

                    http://www.andreweill.fr/blog/content/marcher-pour-sen-sortir
                    La réinsertion des adolescents en grande difficulté par la marche à pied.
                    Une marche individuelle de 1800 kilomètres accompagnée par un adulte

                    Ceci étant il y a des jeunes qui ne cassent rien et qui n’en sont pas moins en grande difficulté psychologique ... et dont PERSONNE ne s’occupe : garçon ou fille en dépression pour motifs diverses, reclus chez eux jusqu’à 25 ans et plus, ayant interrompu leurs études et / ou échoué dans une voie professionnelle. Leurs parents, souvent un seul, pour cause de divorce, cachant leur détresse commune et ne sachant plus quoi faire ...
                    Ceux là n’ont rien cassé ...
                    Pour eux aussi ça serait bien une oeuvre de ce genre


                    • Pie 3,14 19 août 2011 19:52

                      Vous avez raison, il faut être contre les centre éducatifs fermés. La loi de 1945 excluait les mineurs du système pénitentiaire et c’était une bonne chose. Tout l’encadrement des jeunes depuis 60 ans s’est fondé sur ces bases, on demande aujourd’hui aux éducateurs de jouer les gardes chiourme dans des prisons qui n’en ont pas le nom.

                      C’est hypocrite, contre-productif et inefficace.


                      • Raymond SAMUEL paconform 19 août 2011 19:56

                        Merci SPARTE de rappeler que tous les enfants cassés, victimes des nouvelles cultures, notamment des désordres familiaux et sociaux ne tournent pas tous vers la délinquance. La grande majorité n’est pas visible et en effet, personne ne s’en occupe.
                        On peut parler de désastre.


                        • sparte sparte 19 août 2011 21:13

                          Par paconform (xxx.xxx.xxx.151) 19 août 19:56 
                          Merci SPARTE de rappeler que tous les enfants cassés, victimes des nouvelles cultures, notamment des désordres familiaux et sociaux ne tournent pas tous vers la délinquance. La grande majorité n’est pas visible et en effet, personne ne s’en occupe.
                          On peut parler de désastre.
                          *************************
                          Oui c’est un désastre - et ils pleurent en silence enfermés dans leurs murs - entre télé et internet ... - et aussi car la psychiatrie les met sous anxiolitiques dont l’accoutumance ( aux « benzo ) est pire que la drogue ...

                          Malheureusement cette structure est réservée au 15 - 18 ans ...

                          Peut être que l’auteur de cet article pourra » dupliquer « cette association ?

                          ET PEUT ETRE L’ EQUIPE DE REDACTION PERMANENTE OUVRIR UNE RUBRIQUE » BONNES ADRESSES POUR NOS JEUNES "  : AGORAVOX POURRAIT AINSI PARTICIPER A MELIORER LE MONDE AU QUOTIDIEN
                          ON PEUT REVER .... 


                        • Raymond SAMUEL paconform 20 août 2011 12:31

                          Bonjour,

                          Des associations, il y en a déjà. En créer dd’autres, c’est une urgence. Aider ces jeunes (délinquants ou non) c’est un devoir national (à pratiquer aussi au particulier), puisque ces maladessont bien réels, ils existent et ,souffrent (tout en faisant souffrir les autres)).

                          Mais le plus important c’est d’admettre que nous créons tous les jours, par notre pratique avec les bébés et très jeunes enfants, des malades futurs.

                          Soigner et aider les malades actuels, qu’ils soient enfants, adolescents, jeunes adultes ou adultes (anciens enfants), c’est bien, mais il faut savoir que cela revient à essayer de remplir le tonneau des danaïdes (le tonneau sans fond)
                          PARALLELEMENT IL FAUT S’EMPLOYER A FAIRE CESSER LA FABRIQUE D’HANDICAPES/MALADES/DESESPERES.
                          Et cette fabrique se trouve dans la petite enfance (pour les deux-tiers, les quatre cinquièmes ?)

                          Pour finir je cite une instit de 1ère section de maternelle : « Non ça ne m’inquiète pas. C’est comme ça. Ils viennent de la crèche ou d’un autre mode de garde, après ils iront à la grande école. Oui c’est fatigant, pour eux et pour moi, mais ils savent quand ils sont trop fatigués, ils deviennent malades, comme ça ils se reposent. C’est comme ça et ça ne changera pas, parce que personne ne veut que ça change. Les femmes ne retourneront pas à la maison ».

                          Un parent : « il y en a qui pleurent pendant des semaines... ils finisent par s’y faire. »

                          Il faut bien constater que les problèmes d’enfance barbent tout le monde. Les echos lorsqu’on soulève le problème sont quasi nuls, sauf de la part des tenants d’une plus grande violence éducative.

                          Avez-vous lu, les hommes : « les femmes ne rentreront pas à la maison » (sauf certaines). Les responsabilités de parent vous appartiennent au moins autant qu’aux mères. Il faut qu’un accord intervienne dans chaque famille : qui s’occupe des enfants ? La mère ou le père ? Les deux en alternance ? à mi-temps chacun ?
                          A mon point de vue, à compétence à peu près égale, la solution qui fait intervenir les deux parents de façon plus ou moins équivalente est la meilleure.

                          Malheureusement la pression financière dans notre société de consommation fait qu’on n’a pas le choix : il faut sacrifier les enfants pour couvrir le découvert et souvent le surendettement. Notre civilisation nous incite aussi (nous oblige ?) à faire taire nos états d’âme quand on en a.

                          La solution : réformer notre civilisation. Qui est d’accord ?


                          • guylain chevrier guylain chevrier 24 août 2011 15:28

                            L’auteur a raison sur le fond, il faut conserver l’esprit de la loi de 1945 qui prolongeait une évolution de la société qui avait pris conscience de la nécessité de juger les enfants, les mineurs comme tels et non comme des adultes, ce qui ne signifie nullement l’impunité pour eux. Il faudrait mobiliser les moyens de donner leur chance dans notre société à tous les jeunes quels qu’ils soient, car la cause principale à l’origine de leurs difficultés est à chercher d’abord dans les inégalités sociales qui frappent les couches populaires et l’immoralité d’un libéralisme qui fait voler en éclat nos valeurs collectives.

                            Eduquer, c’est savoir donner des limites, mais toujours dans l’esprit d’une autorité bienveillante qui est là pour construire ou reconstruire des individus, pas pour les casser, surtout lorsqu’il s’agit de jeunes. Il faut être exigent pour ces jeunes, c’est-à-dire leur montrer qu’aux yeux de la société ils ont de la valeur en sachant les dissuader de se détruire, de s’exclure, de se mettre hors d’elle, y compris en punissant par l’incarcération pour les délits les plus graves, mais sans oublier qu’il faut surtout intervenir le plus tôt possible auprès des jeunes délinquants, au lieu de les laisser sans réponse à leur délit trop souvent, et en les laissant ainsi s’enferrer illusoirement en croyant être dans l’impunité alors que la sanction arrive toujours à un moment ou à un autre, bien trop tard et de façon brutale, c’est tout le système qui est à repenser avec des moyens à la hauteur nécessaire.

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