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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Les charmes inattendus de l’auto-édition

Les charmes inattendus de l’auto-édition

Depuis quatre semaines, j’ai mis une dizaine de livres en vente sur l’Amazon Kindle. Que dire… Pour un auteur, c’est un drôle de sentiment. Soudainement, des tas d’écrits qui dormaient, qui n’étaient plus réédités sont proposés au public. Pour le moment, les ventes ne sont pas mirobolantes, mais elles existent. Et avant tout, une sensation d’être entré dans une nouvelle ère se dessine. Et l’impression que certaines choses pénibles que l’on a pu vivre ne se répéteront plus…

En premier lieu, je tiens à le préciser, il y a des éditeurs très appréciables, fiables, agréables à fréquenter. Il y en a, je peux l’attester. Un grand nombre d’entre eux sont devenus des amis.

Mieux encore, je pense que, dans la plupart des cas, il est illusoire de vouloir faire un best-seller sans passer par un éditeur. Pour plusieurs raisons.

En premier lieu, un éditeur a un regard extérieur et il peut indiquer à l’auteur des passages faiblards, des incohérences, des points qu’il vaudrait mieux revoir. L’éditeur ayant pour métier de vendre le livre, il a souvent un regard aiguisé en la matière. Cet apport est parfois inestimable.

De plus, l’éditeur se charge de mille tâches que l’auteur n’a pas forcément envie d’assumer. Les meilleurs ont une attachée de presse qui se charge de promouvoir le livre, d’obtenir des interviews radios et télés, des chroniques du livre. Ce sont des tâches qui demandent énormément de temps et de savoir-faire.

Enfin, l’éditeur assure la distribution du livre dans les librairies et là aussi, c’est un sacré travail, nécessitant des forces de ventes qui se déplacent dans toute la France pour convaincre les libraires de prendre le livre, de le mettre en avant.

Tout cela est très loin d’être négligeable et même si important que le métier d’éditeur est loin, très loin de disparaître. Et la chose est pareillement vraie pour les maisons de disque…

 

À l’automne 2007, Radiohead a tenté une inexpérience inédite pour un groupe de rock de cette envergure. Jusqu’à présent, les disques de la formation étaent sortis sur EMI/Capitol mais le contrat qui liait Radiohead à cette maison de disque venait de s’achever. Après avoir écoulé un grand nombre d’albums par le circuit traditionnel des ventes en magasin, la formation que dirige Thom Yorke a lancé son album In Rainbows directement sur le Web. Mieux encore, l’acheteur décidait que ce qu’il voulait bien payer.

À cette époque, le chanteur Thom Yorke a confié ceci au magazine Time :

« J’aime beaucoup notre maison de disques. Toutefois, le temps est venu de se demander si l’on a réellement encore besoin d’eux. »

Paroles, paroles… Ce n’étaient que des mots. Passé l’effet de surprise, dès le 10 décembre 2007, le groupe a fermé le site de téléchargement, invitant les retardataires à acheter In Rainbows… dans un magasin de disques ! Sous cette forme classique, l’album est alors monté n°1 des charts américains et britanniques.

À l’automne 2008, Warner-Chappell a dévoilé quelques chiffres relatifs à une telle opération. Il s’est avéré que Radiohead avait vendu 3 millions d’albums en utilisant cette forme de vente - dont 1,75 millions de CD - un nombre très largement supérieur à ses ventes habituelles. Et quand bien même certains amateurs n’auraient payé qu’une somme modique en téléchargeant l’album, le groupe a récolté l’essentiel de cette manne. Dans la foulée, Radiohead a également écoulé 1,2 millions tickets de concert. L’opération a été jugée plus que profitable.

La grande question demeurait : est-ce que Radiohead aurait vendu autant de In Rainbows si le groupe était inconnu. La réponse est évidemment non. Or, qui a soutenu Radiohead durant plus d’une décennie et lui a permis d’enregistrer des albums sophistiqués et de les promouvoir : sa maison de disque !

 

Ce préambule pour dire que je ne pense pas que l’auto-édition puisse remplacer l’édition traditionnelle. Très peu d’auteurs sont en mesure d’assumer eux-même aussi bien l’activité d’écriture que celle de promotion. Par conséquent, passer par un éditeur – y compris pour les livres numériques – demeurera longtemps un passage obligé.

Depuis mes débuts d’auteur, j’ai publié des dizaines et dizaines de livres et seuls un petit nombre sont devenus ce que l’on appelle des best-sellers. Parmi eux figure Bill Gates et la saga de Microsoft (1995) qui s’est vendu à 200 000 exemplaires environ, Les 4 vies de Steve Jobs (sorti l’an dernier et qui a dépassé les 20 000 dont plus de 2 000 en version ebook sur l’iPad), Solfège, nouvelle méthode simple et amusante, sorti en 2003 et qui avoisine les 100 000 exemplaires vendus. Il y a aussi La Saga des Jeux Vidéo (14 000 à ce jour), Sauver la Terre (co-écrit avec Noelle Saugout et qui a frôlé les 20 000), le Dictionnaire des Instruments de Musique (25 000 environ à ce jour), Enigma I et II (livres d’énigmes – 10 000 exemplaires), et d’autres dont je parlerais plus loin. Etrangement, j’ai aussi connu de très bonnes ventes aux alentours du millenium pour des livres de solution de jeu vidéo… 

 

Flashback. Mon premier livre est sorti en 1986. Un ami, Camille Saféris, qui s’occupait du service minitel du fan club de Odeurs ( !), était venu me voir avec une drôle d’idée : écrire des messages comiques pour les répondeurs. Nous avions passé des soirées et même parfois des journées entières à ‘pondre’ des messages. Certains d’entre eux me font encore rire, tel celui-là :

« Bienvenue à SOS-Rasoir.

Vous avez composé le n° du rasoir à domicile. Après le top sonore, appliquez délicatement le micro du combiné sur votre visage en prenant soin de régler l'intensité à l'aide du cadran téléphonique. Appuyez sur la prise pour avoir de la mousse et n'oubliez pas de nettoyer votre appareil après usage. Pour profiter d'un jet d'after-shave, composez le n° 49-99-99-99. Attention aux blessures en raccrochant. A demain matin. »

Par une journée de printemps, nous avons commencé à appeler les éditeurs un à un. Au téléphone, on nous répondait régulièrement ceci : ‘Le directeur de collection n’est pas là, il est au Salon du Livre’. Progressivement le message est passé : ils sont tous au Salon du Livre. Nous avons imprimé plusieurs exemplaires du livre et avons foncé à ce fameux salon qui se tenait alors au Grand Palais.

Nous ne savions pas alors qu’il pouvait être difficile de placer un premier livre et nous sommes donc allé voir plusieurs éditions. À la fin de l’après-midi, sacré problème : 3 éditeurs voulaient nous signer un contrat. Lequel choisir ? Nous avons découvert au passage et sur le tas, les merveilleux à valoir : l’un d’eux nous offrait 10 000 francs chacun (1 500 euros) pour avoir notre livre.

Au bout de quelques jours, nous avons choisi l’un des trois : les Editions de l’Instant. Le livre, Ne quittez pas je vous passe mon répondeur est sorti un ou deux mois plus tard. Et surprise : un matin, je descends à la librairie, et que vois-je : notre livre était en Une d’un quotidien de l’époque, Le Matin de Paris. Peu après, nous avons eu droit à une page entière juste derrière la playmate du mois du magazine Lui.

Pour un bon début, c’était un bon début. Et pourtant, par la suite, il fallu quelque peu galérer durant plusieurs années. Pour un roman de science-fiction que j’avais co-écrit, XYZ, il a fallu près de 25 envois à des éditeurs avant d’en trouver un qui veuille le publier, Fleuve Noir. Il est sorti en 1993 mais n’a pas fait de prouesses particulières.

 

La chance est venue en 1995. J’avais écrit une biographie de Bill Gates. Elle avait été publiée chez Marabout également vers 1993 mais ne s’était pas énormément vendue. Et puis, Bill Gates est devenu l’homme le plus riche du monde. J’ai harcelé Marabout comme j’ai pu et insisté : ‘il faut le ressortir, il faut le ressortir…’. Mais comme Marabout n’en avait pas beaucoup vendu, son directeur qui était à Bruxelles ne voulait plus en entendre parler. Il m’a donc rendu les droits. Le livre a été placé chez Pocket et aussi complété. Et là, succès immédiat ! Dès la première semaine, il entre dans le Top 10 des ventes. Ce livre a été traduit dans plusieurs langues et s’est vendu à environ 200 000 exemplaires dans le monde.

On pourrait croire qu’un succès en entraîne un autre, mais ce n’est toujours aussi facile. En 1997, est sorti Bâtisseurs de rêves, un livre qui dès l’année suivante est devenu La Saga des Jeux Vidéo chez Pocket. Or, à sa sortie, cette histoire des jeux vidéo n’a pas fait de miracles. Il arrive que des livres sortent juste un peu trop tôt. Pour information, La Saga des Jeux Vidéo en est à sa 5ème édition – sortie en janvier 2012 - et la surprise a été de voir que ses ventes se sont accélérées au fil du temps

Ces quelques 25 années en tant qu’auteur m’ont appris énormément de choses sur l’édition et les éditeurs. Ce faisant, j’ai connu 4 types de situation extrêmement pénibles à vivre et que je vais décrire ici.

Mais il y a aussi des éditeurs dont le comportement est plus étrange ou plus inattendu…

 

Certains éditeurs semblent souffrir d’un étrange syndrome que l’on pourrait résumer ainsi : sortir un maximum de livres espérant que dans le tas, il y aura bien un succès qui sauve la mise. Signe particulier : ces personnes sûres de leur fait négligent généralement la promotion. De mon point de vue, c’est une erreur : ils feraient mieux de sortir 2 fois moins de livre et de consacrer un budget à la promotion intense !!!

Je connais un éditeur qui a réagi par un dédain condescendant lorsque j’ai évoqué comment un autre éditeur gérait la promotion. Et oui, il faut parfois affronter la vacuité de ceux qui ‘savent tout’ (je ne collabore plus avec cet éditeur, il va de soi).

Pourtant, j’ai très souvent constaté une montée spectaculaire des ventes d’un livre après un passage radio ou télé. Le mot ‘spectaculaire’ n’est pas de trop. Par conséquent, je crois très fort aux vertus de la promotion et ne rate jamais une occasion de donner une interview.

Mon maître en la matière est Bernard Werber avec qui j’ai travaillé en 1995 (pour Canal+). Il accepte toutes les interviews qu’on lui propose, y compris de la plus anodine des feuilles de chou, fanzine d’étudiant, bulletin d’information des homéopathes qui ne serait diffusé qu’à 200 exemplaires... Je n’ai jamais vu cela à une telle échelle. On dirait qu’il passe un quart de son temps à cela. Et cela lui réussit à merveille.

 

Parmi mes best-sellers, se trouve le livre Sauver la Terre (2007) co-écrit avec Noelle Saugout. Il s’en est vendu 19 000 exemplaires. Pourtant, ce livre ne m’a rien rapporté (en dehors de l’à-valoir). Comment expliquer cela ?

Il se trouve que cet éditeur, au demeurant fort sympathique (L’Archipel), applique un système un peu à part – mais clairement indiqué noir sur blanc dans ses contrats. Si l’un des livres que l’on a publié chez lui n’a pas remboursé son à valoir, ce manque à gagner est soustrait des revenus de l’auteur. Or, j’avais publié chez l’Archipel un livre, Comment Google mangera le monde, qui s’est insuffisamment vendu. L’année suivante, nous avons publié un autre livre d’écologie, Ma Maison Ecolo qui a fait un bide (à mon sens, la couverture a tué ce livre). Résultat des courses : Sauver la Terre s’est super bien vendu mais ne m’a pas rapporté un centime.

C’est très frustrant pour un auteur de recevoir son enveloppe annuelle et de voir qu’un livre bien vendu ne rapporte pas un centime. Conclusion : il faut lire les contrats scrupuleusement. On pourrait penser que tous les contrats d’éditeurs se ressemblent, c’est le cas la plupart du temps mais pas toujours.

 

En 2004, Brieuc Segalen et moi-même sortons un livre sur le logiciel Garage Band chez Eyrolles. Cette année là, nous sommes présent à l’Apple Expo et nous assistons à une scène incroyable : la pile de livres Garage Band descend à vue d’œil. Au bout d’une heure ou deux, le libraire installé à l’Apple Expo n’en a plus un seul. Seulement voilà : quand nous lui disons qu’il faut réapprovisionner ce livre, il met toute la mauvaise volonté du monde. De guerre lasse, je me retrouve à devoir appeler l’un des directeurs de l’édition pour signaler cette absurdité : nous avons un best-seller et le libraire Eyrolles de l’Apple Expo refuse de le réapprovisionner. Le livre va finalement arriver un ou deux jours plus tard ( !) et sera la meilleure vente de l’Apple Expo. Mais que de ventes ratées !... Et bizarrement, ce livre tant demandé n’a pas non plus rapporté un centime.

Comment comprendre un tel comportement ? Je me suis souvent posé la question et les conclusions auxquelles je suis arrivé ne sont peut-être pas les bonnes. Comment pourrait-on expliquer qu’une édition ne verrait pas d’intérêt particulier à vendre certains livres ? Peut-être parce que cette publication de livres lui apporte des intérêts à un autre niveau, par exemple au niveau fiscal. Pour mieux comprendre ma thèse, citons l’histoire de la chanson ‘Banana split’ de Lio. De façon étonnante, la maison de disque Ariola ne croyait pas à cette chanson et n’a sorti ce disque que pour des raisons fiscales – la sortie de disque d’artistes belges avant la fin 1979 lui permettait d’obtenir des déductions d’impôts !...

 

Le quatrième fait, je l’ai vécu l’an passé (en 2011) et il a été fort douloureux. L’un de mes livres, était constamment n°1 de sa catégorie. Pourtant, à partir du printemps, il a commencé à être en rupture de stock. Et à ce moment là, l’éditeur n’avait tout simplement pas les moyens de le réimprimer. Les mois ont passé et par la suite, l’éditeur a invoqué d’autres raisons. Il est douloureux, carrément douloureux, d’avoir un best-seller qui n’est tout simplement pas disponible à la vente ! Cet éditeur et moi nous sommes finalement mis d’accord : j’ai écrit trois nouveaux chapitres et le livre est finalement ressorti. Combien de centaines ou milliers d’exemplaires aurions-nous pu vendre durant ce temps où le livre a été absent des rayonnages ?

 

Voilà au moins 4 raisons – il y a en a bien d’autres - pour lesquelles j’ai trouve aujourd’hui formidable de pouvoir publier une dizaine de mes livres – qui n’étaient plus en vente – en auto-édition sur le Kindle. Tous ces livres qui ‘dormaient’, je peux à présent les proposer à faible prix en direct.

L’un de ces livres que j’ai pu mettre en auto-édition s’appelle Rock Vibrations. Il raconte l’histoire de tubes tels que « Stairway to Heaven », « Hotel California », etc. Le plus incroyable, c’est que ce livre d’abord sorti en 2003 et qui à mon sens possède encore des potentiels de séduire un public, a été proposé à deux éditeurs numériques. L’un d’eux a d’abord exprimé le désir de le publier, puis m’a fait perdre des semaines en tergiversations pour finalement dire qu’il ne le publiait pas. Alors qu’il n’a fallu que quelques heures pour le mettre en forme pour le Kindle et le mettre en vente (sachant qu’il faut une bonne journée ou plus pour qu’Amazon le valide). Et il se vend bien (il a été plusieurs fois n°1 de la catégorie Musique).

Un autre est le livre sur Bill Gates qui n’était plus en vente depuis 2007. Aucun éditeur papier ne voulait plus le publier. Régulièrement, des gens me demandaient comment le trouver. Je l’ai proposé à plusieurs éditeurs ‘papier’ qui ont tous estimé que cela ne serait pas forcément rentable de le réimprimer – et il se peut qu’ils aient raison. Et bien, il est maintenant sur le Kindle à 4 euros environ.

À présent, si un livre se vend ou ne se vend pas, l’auteur ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

En tout cas, avoir un livre sur une librairie d’ebooks tel que Kindle nous permet aussi d’être tranquille : les livres en rupture de stock appartiennent au passé. Ils seront toujours disponibles, aussi longtemps qu’Amazon existera…

Quid des ventes me direz-vous ? Amazon nous fournit des outils d’analyse et permet de les suivre semaine après semaine. Et de façon étonnante, mes livres en auto-édition se vendent assez correctement. Rien de miraculeux, mais il faut laisser le temps au temps ; le Kindle vient tout juste d’arriver en France et il faut qu’un public se développe.

En tout cas, il est très enthousiasmant pour un auteur de pouvoir proposer directement ses œuvres à ses lecteurs. Une nouvelle ère s’ouvre pour les écrivains...


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47 réactions à cet article    


  • velosolex velosolex 28 mars 2012 08:54

    Quid de l’auto-éditon ?
    En tout cas voilà un bon exemple d’auto-promotion !


    • focalix focalix 28 mars 2012 10:32

      « En tout cas voilà un bon exemple d’auto-promotion ! »
      J’allais le dire !

      Il y a, aussi, le livre libre, qui existe tout comme le logiciel libre et la musique libre.
      Un modèle économique viable, sur lequel Christine Albanel et Frédéric Mitterrand, ministres successifs de la Culture et de la Communication, n’ont jamais vraiment communiqué.

      Notre vieux copain Totor avait tout pigé :
      « Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n’est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. »
      Victor Hugo, Discours d’ouverture du Congrès littéraire international, 7 juin 1878


    • globigoulga 28 mars 2012 14:04

      j’adore les ignares économiques tels que focalix, ceux auxquels il faur parler comme à un enfant de 4 ans...

      le livre gratuit, pourquoi pas

      Etr troi, tu es prêt à travailler gratuitement ?

      Les donneurs de leçon tels que toi, sont hélas monnaie courant sur le Web. Il faut faire avec. Mais grandis un peu...

    • focalix focalix 28 mars 2012 14:42

      à globigoulga

      Tu cherches la bagarre ?
      Tu cherches à abaisser les autres pour paraître plus grand sur la photo ?
      Amuse-toi bien.
      Sans moi.


    • bakerstreet bakerstreet 28 mars 2012 15:42

      Focalix

      Victor avait bien raison
      Cette façon de découper le monde, la « création », et de mettre des étiquettes partout, et surtout des actes de propriété est bien à la mesure de notre époque, boursoufflée de vanité.

      Il est vrai que le nom de l’artiste conditionne maintenant la création, et sa reconnaissance. Que seraient les colonnes sans Buren ? 

      Pendant ce temps, celles du Parthénon, non signées, comme toutes ces cathédrales anonymes, continuent à défier les siècles


    • Walid Haïdar 28 mars 2012 16:33

      Globiboulga : comme l’auteur l’explique, l’auto-édition ne remplacera pas l’édition classique.


      Mais l’auteur ne va pas au bout de la perspective. L’auto-édition est l’avenir, et va remplacer l’édition classique petit à petit.

      Ce que vous ne voyez pas, c’est qu’on peut très bien imaginer des systèmes de mise à disposition gratuite des oeuvres littéraires et musicales.

      Pour la musique, c’est d’autant plus proche de nous que ça ne demande même pas de revoir fondamentalement la rémunération des musiciens : ces derniers peuvent déjà gagner une partie de leurs revenus grâce aux spectacles. D’ailleurs, la plupart des « petits » musiciens gagnent l’essentiel de leurs revenus marchands ainsi.

      Pour la littérature, c’est une autre histoire. Mais pour voir l’avenir, il faut se demander : aurait-on forcément organisé les choses ainsi si le support avait été dématérialisé dès le départ ? Est-il normal que les livres les plus diffusés soient ceux qui disposent des meilleurs commerciaux pour être vendus ?

      Personnellement, je pense qu’on ne sortira réellement des contradictions profondes induites par les nouvelles technologies, qu’en revenant aux fondamentaux : pourquoi la littérature ? Pour récolter de quoi manger ? Non, pour s’exprimer. Si tu ne veux pas écrire parce que tu n’as pas le temps, et bien n’écrie pas, c’est pas grave, mais si tu ne supporte pas de ne pas t’exprimer, alors interroge toi sur cette société qui ne t’en laisse pas le loisir.

      Il y aura moins d’écrivains ? Franchement, c’est pas grave. Mais ce qu’on lira sera authentique, désintéressé, et ce sera très probablement bien mieux inspiré.

      Mais bon, là je parle d’un monde pour des mentalités bien plus évoluées que les nôtres : inenvisageable avant 2 ou 3 générations minimum.

      « Comment ? perdre son temps à offrir gratuitement mon »travail«  ? mais vous êtes fou ? » Oui, dans notre monde cela n’a pas de sens, mais notre monde a une fin.

    • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 18:27

      Ce sont les auteurs richissimes à la Coehlo qui donnent des leçons aux autres oubliant le temps où ils ont galéré&


    • focalix focalix 28 mars 2012 18:38

      à bakerstreet et aux zotres ossi,

      Voici un exemple emblématique de livre libre, « La Bataille Hadopi » aux éditions in Libro Veritas.

      On peut le télécharger gratuitement, et vive la société numérique d’abondance !
      On peut aussi l’acheter. On paie alors le labeur de l’imprimeur, les coûts de transport, etc...
      J’ai fait l’un et l’autre, un bouquin papier c’est bien pratique aussi.
      Je ne pense pas que l’Internet tuera le livre de sitôt.
      Mais le livre évoluera certainement (bibiblophilie, art, photographie, livres-objets...).

      La musique libre est sur ses rails. L’auditeur ne paie pas l’écoute, mais il paiera bien sûr l’accès au spectacle vivant. L’artiste pourra vendre des CD ou DVD à la sortie, et en tirera la majeure partie du bénéfice.
      Sur un disque vendu en magasin, l’artiste touche des queues de cerises (environ 15% du prix HT). Celui qui se goinfre le plus, c’est bien sûr l’« ayant droit », en d’autres termes les industriels du disque. Ils sont 3, Universal, Sony et Warner à se partager plus de 70% du marché mondial.
      La musique libre va faire de l’ombre à ces sociétés mais ne vas pas les tuer. Elles évolueront, voilà tout. Il n’y a aucune raison pour que la collectivité comble le manque à gagner dû à l’obsolescence de leurs produits.


    • bakerstreet bakerstreet 28 mars 2012 19:25

      Le livre numérique a ceci de particulier que contrairement à pas mal de nouvelles inventions ( téléphone, voiture....) il n’apporte rien de nouveau. On ne lit pas plus vite, et d’ailleurs à quoi ça servirait.
      Nous voilà de plus prisonnier de l’énergie, de la fragilité de la tablette, de la possibilité qu’à l’éditeur certainement d’interagir sur le texte.
       Le pire n’étant jamais sûr, mais probable, il donnera la possibilité aux gouvernements totalitaires, de savoir qui lit quoi, à quel moment.....
      Tout comme le téléphone portable, et internet !
      .Rêve d’un contrôle sur le monde et sur la pensée que les régimes communistes auraient voulu avoir à leur disposition.
      Donc ne comptez pas sur moi pour m’emballer pour ce gadget insipide.

      Quand à cet histoire d’auto édition, elle me parait avoir les limites de la notoriété de l’auteur.
      N’importe qui, maintenant, au vu du prix ridicule des caméras, et du matériel de mixage et de projection, peut économiquement réaliser un film.
      Sans doute y a t’il un langage et une technique à apprendre, comme l’écriture, mais il ne manque pas de gens doués et novateurs.
      Pourtant, le circuit du cinéma n’a pas changé : Une culture de copains se faisant la courte échelle, s’auto promotionnant, faisant jouer leurs rejetons à l’infini, dans des comédies de boulevard encensées par les copains des médias.

      Un livre est de même un produit, dont sauf miracle, on ne voit pas trop qui le relèvera du vulgaire et de l’oubli et du mépris des critiques, qui ont les bouquins des copains à lire et à encourager surtout.

      La qualité ne suffit pas à assurer, à moins d’écrire le chef d’oeuvre que l’on attendait depuis le voyage au bout de la nuit....Aujourd’hui plus qu’hier, et peut-être encore un peu moins que demain, ce seront les produits marketing qui seront téléchargés, les autres servant de faire valoir.


    • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 20:03

      Les enqupetes montrent que le spropriétaires de liseuses comme le Kindle lisent davantage de livres. Il faut en essayer une pour comprendre. Le fait d epouvoir grossir les caractères, le faible poids et les défintiions qui s’affichent sous les mots, cela change la lecture...


    • Danic Daniel Ichbiah 3 avril 2012 15:14

      L’auto promotion, ce serait si j’avais mis un lien explicite vers mon site. Quelque chose comme cela : ichbiah.online.fr/kindle.htm


    • tikhomir 28 mars 2012 10:15

      je ne suis pas certain qu’Amazon ait l’exclusivité (à voir), donc vous pouvez toujours mettre vos bouquins sur d’autres plateformes de vente de livres numériques.

      Des kindles, il y en a effectivement trop peu en France et et le format ePub est quand même plus répandu sur les appareils de lecture.


      • velosolex velosolex 29 mars 2012 08:19

        Je reconnais l’utilité de l’agrandissement pour les personnes agées, du fait des problèmes de vue.

        Donc, vendre plutot cette tablette en pharmacie, comme les piluliers.

        Autre avantage du bouquin : On peut caler une armoire ou une commode avec. Pas sûr que ça soit possible avec la tablette, amazon ou non !


      • Danic Daniel Ichbiah 29 mars 2012 09:16

        Curieux commentaire. Fâché avec les opticiens, velosolex ? Oui en panne d’inspiration matinale ?


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 28 mars 2012 15:15

        @L’auteur,

        pour moi qui m’intéresse de trés prés aux nouvelles technologies votre témoignage est précieux et plein d’enseignements.
        Le livre numérique a un avenir c’est sûr.
        http://jmpelletier52.over-blog.com/ 


        • bakerstreet bakerstreet 28 mars 2012 15:57

          @L’auteur,

          J’ai bien peur que si le livre numérique a un avenir, le livre classique, en papier, n’a plus que ses pages pour courir et se sauver.
          Pas en raison d’un combat et d’une résignation, devenant un produit d’un autre âge, bien au contraire, tant il reste furieusement moderne, et sans doute encore davantage qu’hier : Objet ne nécessitant pas d’énergie, échangeable à l’infini ou presque, pouvant échapper à toute censure et contrôle, léger, non fragile, transportable....
          .Autant sans doute d’inconvénients pour la société marchande, et orwellienne : Il faut s’attendre tout simplement qu’au nom du coup, de prétextes fallacieux, les éditions se feront un jour uniquement par téléchargements.
          Nouvelle technologie, d’accord, mais plus vieille pensée du monde, enfin possible grâce à l’informatique, celle d’une société du controle, de la censure et de la manipulation..


        • bakerstreet bakerstreet 28 mars 2012 15:59

          Au nom du coup....Hum, du coût, bien sur.
          Avantage à se relire !


        • Surya Surya 28 mars 2012 15:47

          Je suis très attachée au livre-papier, mais j’ai découvert récemment les charmes du Kindle : télécharger en un rien de clic un livre (et pour moins cher !) sur son ordinateur (je n’ai pas acheté de Kindle mais ai téléchargé celui pour ordinateur) est extraordinaire. Dix secondes après, j’ai l’ouvrage.

          Je trouve incroyable que tant d’éditeurs « purement papier » ne songent pas à publier également leurs auteurs sur kindle ou epub. C’est l’avenir, et même si personne ne souhaite la disparition du livre papier, l’édition numérique ouvre grandes des portes jusque là hermétiquement closes. Comme vous le dites, le lecteur peut acheter le livre dix ans après sa publication si ça lui fait plaisir, plus de risques de rupture de stock. Et pour l’éditeur, plus (ou en tout cas moins) de risque de pilonner des livres, et finalement ils y gagneront.

          Aux USA il parait qu’il se vend désormais plus de versions Kindle que de versions papier. Je pense qu’à terme les autres pays prendront le même chemin. J’ai tout d’abord bloqué sur l’édition numérique, mais maintenant que j’ai essayé, je suis convaincue, même si je préfère encore la version papier, car j’aime tourner les pages d’un livre, écouter le bruit du papier, mettre un joli marque page...

          L’édition numérique ne doit pas remplacer le livre papier, ce serait tout de même bien dommage, mais elle doit compléter, offrir une alternative.


          • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 18:24

            Oui tout a fait d’accord avec ce point de vue !


          • Mor Aucon Mor Aucon 28 mars 2012 15:48

            Un grand merci pour votre article, j’ai beaucoup appris. Si un jour vous écrivez sur Tom Fogerty et CCR, prévenez-moi, s’il-vous-plaît.


            • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 18:25

              Wow... CCR quel groupe fabuleux !!!


            • Mor Aucon Mor Aucon 28 mars 2012 19:50

              Oui, bien meilleure que ma mémoire qui m’a fait écrire Tom ( le frère ) au lieu de John, I’m the fortunate son, Fogerty. Jail me !


            • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 20:01

              Récemment j’ai réécouté Have you ever seen the rain. Quelle claque. Quelle simplicité, quelle efficacité. Inoubliable.


            • Mor Aucon Mor Aucon 28 mars 2012 20:44

              Arrêtez ! On va squatter la Goure à Vox à nous deux, si ça continue. Dans ma jeunesse, j’ai presque troué Cosmos Factory à force de l’écouter, le réécouter et d’essayer de le jouer. C’est une passion. I want to know - Have you ever seen the rain - Comin’ down on a sunny day. Radical contre le cafard.

              Pour ceux qui ne connaissent pas ( on ne peut pas les laisser dans une telle misère ) : http://www.youtube.com/watch?v=TS9_ipu9GKw puis Proud Mary, I heard it through the grapevine, Fortunate son, etc, etc, etc car c’était le temps où un LP regorgeait de perles rares de créativité musicale d’à peine trois minutes chacune. On en avait pour ses sous.


            • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 21:39

              C’est juste que vous avez évoqué un groupe que j’adore... Je suis guitariste et j’ai joué ’Suzie Q" à n’en plus finir...


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 mars 2012 22:11

              Les Creedence ,bande de beatniks,foutrait tout ça au gnouf,après l’coiffeur ,et pis après avoir pris l’shit (souvenir d’algerie) !!))


            • Mor Aucon Mor Aucon 28 mars 2012 22:57

              Tiens c’est marrant, Suzie Q ne m’a jamais vraiment fait vibrer, par contre. Bon, j’arrête. Il y a une révolution en marche, parait-il, on ne peut pas perdre son temps avec des antiquités comme eux. Aita a raison, d’abord les coiffeurs et les souvenirs d’Algérie au gnouf, ensuite on verra s’il reste de la place pour ranger les vieilleries beatniks.


            • Danic Daniel Ichbiah 29 mars 2012 07:12

              Suzie Q à la guitare, c’est quelque chose...


            • paillekann 28 mars 2012 17:21

              Bonjour, très intéressant.
              J’ai écris un livre que je n’ai envoyé qu’à un éditeur, sans succès.
              Vous accepteriez de le lire et me dire ce que vous en pensez ?


              • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 18:25

                Je vais manquer de temps, désolé, mais pourquoi ne pas l’auto publier


              • focalix focalix 28 mars 2012 20:46

                à paillekann

                Tu peux essayer :

                - in-libro veritas

                - Mettre ton livre en ligne sous licence Creative Commons
                Pour un livre la licence CC-BY-NC-ND (Paternité - Pas d’utilisation commerciale - Pas de modification) me semble indiquée.
                http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Creative_Commons
                http://creativecommons.fr/

                Dans ce cas cela ne te coûtera pas un rond mais pour la promo de ton site tu devras retrousser tes manches smiley
                Et si ça marche tu peux - peut-être - gagner des sous avec la chose imprimée...

                Bon courage.


              • fredleborgne fredleborgne 28 mars 2012 21:24

                Il existe aussi www.atramenta.net, qui permet technologiquement exactement la même chose qu’ILV, mis à part le livre unique constitué par le lecteur sur la base des oeuvres des auteurs publiés en ligne.

                Mon dernier livre contient 50% de mes oeuvres, et 50% d’oeuvres empruntées à des auteurs qui ont cédé les droits de leurs textes pour permettre une diffusion gratuite

                La version bêta (sans la couverture « officielle » qui ne sera visible qu’après ma confirmation après lecture du premier exemplaire papier) est déjà disponible

                Un monde pourri 2 et autres raisons de s’indigner

                Désolé pour cette auto-promo, mais c’est vrai que cet article est un peu limite lui aussi


              • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 21:45

                Votre auto promo tombe à l’eau, le lien ne marche pas...


              • Danic Daniel Ichbiah 28 mars 2012 19:40

                Détrompez vous, les gens lisent davantage sur les ebOoks. Essayez en une, vous verrez, c’est étonnant...


                • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 28 mars 2012 22:00

                  Article au titre erroné, voire mensonger ; puisque vous utilisez les services d’Amazon, vous êtes édité par... Amazon ! Ce n’est pas réellement de l’ « auto-édition » !

                  Et puis c’est sympa le livre numérique, avec plein de petits problèmes à la clef dont personne ne parle, ou presque ; par exemple :

                  En effet, les contenus téléchargés sur le Kindle depuis Amazon.com ne peuvent pas être lus sur les appareils d’autres marques.

                  Lu sur la fiche Wikipedia du Kindle :

                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Amazon_Kindle


                  • Mor Aucon Mor Aucon 28 mars 2012 23:05

                    Alors il faut mieux lire pour comprendre la différence entre publier et éditer et pour apprendre de l’existence d’un tas de logiciels qui convertissent les différents formats entre eux.


                  • Danic Daniel Ichbiah 29 mars 2012 07:11

                    @ben_voyons 
                    C’est celui qui le dit qui l’est smiley)


                  • Roberto Gac Roberto Gac 29 mars 2012 11:51

                    « Une nouvelle ère s’ouvre pour les écrivains… »  Bravo , Monsieur, vous avez vu juste ! C’est à peu près ce que je disais dans mon article « Révolution dans l’édition littéraire » publié par AgoraVox, le 13 octobre 2011 :

                    http://roberto-gac.com/articles-en-francais/item/104-revolution-monde-litt%C3%A9raire

                    où je mets l’accent sur l’aspect  idéologique de cet extraordinaire bouleversement qui est en train de se produire au niveau de l’édition.

                    Bien à vous

                    Roberto Gac

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